Maître de la milice

Intérêt
Le commandement suprême des armées romaines revient aux maîtres de la milice à partir de l’empereur Constantin (306 – 337).

À l’origine de la création des maîtres de la milice se trouve une division d’ordre tactique entre les troupes de cavalerie, placées sous le commandement d’un magistri equitum, et les troupes d’infanterie, placées sous le commandement d’un magistri peditum. Ces officiers, véritables généraux en chef, sont comptés parmi les comtes, c’est-à-dire les compagnons de l’empereur.

Lorsque ce dernier participe aux campagnes militaires, ils sont ses chefs d’état-major et commandent en personne les troupes comitatenses qui forment les unités mobiles de l’armée impériale. Celles-ci vont rapidement devenir l’élite de l’armée romaine, par opposition aux troupes frontalières ou limitanei, qui ont théoriquement en charge la défense de la frontière à laquelle ils sont stationnés. Les « préfets du prétoire » perdent quant à eux le rôle militaire qu’ils avaient depuis leur création par Dioclétien.

À partir de la mort de Constantin, en 337 et jusqu'à ce que Constance II rétablisse l'unité de l'empire en 350, le nombre des maîtres de la milice est multiplié par deux, chaque empereur ayant les siens propres.

En 351, Gallus, associé par Constance II comme César pour l'Orient, crée un « maître de la cavalerie » pour l'Orient, dignité qui subsiste après son assassinat, en 354.

En 355, Julien est nommé par Constance II « maître de la cavalerie » pour les Gaules : sous son règne, l’empire possède alors deux maîtres de la milice qui résident à la cour (les praesentales) et trois maîtres de la milice locaux, attachés à la défense d’une partie de l’Empire (un pour les Gaules, un pour l’Orient et un pour l’Illyricum) : pour ces derniers, des troupes pseudocomitatenses sont créées.

En théorie, les maîtres de la milice sont égaux, mais en pratique le magister equitum est le seul à accéder au consulat, suivant ainsi l’évolution de l’importance des troupes.

Avec l’empereur Théodose (379 – 395), enfin, apparaissent les magistri utriusque militiae, commandant à la fois la cavalerie et l’infanterie tandis que cette division tactique a perdu son importance.

Au début du Modèle:Ve siècle, l’Orient compte deux maîtres de la milice praesentales et un pour l’Orient, un pour la Thrace et un pour l’Illyricum. L’Occident compte quant à lui un maître de l’infanterie et un maître de la cavalerie praesentales, ainsi qu’un maître de la cavalerie pour la Gaule, même si ces derniers paraîssent subordonnés à Stilicon.

À l'image de la « barbarisation » de l'armée du bas-Empire, ces charges peuvent alors être détenues, en effet, par des officiers d'origine germanique, comme le Vandale Stilicon ou, si l'on en croît Sozomène (8, 25, 3.), le Wisigoth Alaric Ier.

Devenir « Maître de la milice » est, avec le consulat, la plus haute dignité conférée aux derniers défenseurs de l’empire d’Occident, comme Ætius : ainsi, le titre de vir illustris, créé vers 372, ou celui de vir sublimis s’applique aux maîtres de la milice, notamment dans la Notice des Dignités[1].

Enfin, les successeurs des empereurs romains en Occident se parent du prestige attaché à cette fonction : Théodoric le Grand, bien que roi d’une Italie indépendante, est nommé magister utriusque militiae, de même que Gondebaud est, vers la même époque, magister militum praesentialis, après la déposition de l’empereur Romulus Augustule survenue en 476.


Copyright (c) les auteurs sur Libre Savoir.


Thème:Rome antique



Sujets Licence GFDL
Évaluation 66.67 %
Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2010-06-03 16:41:48




Découvrez nos contenus

par catégories

par mots-clés

par dates d'ajout et de modification

Index alphabétique

Partagez vos connaissances !
Pour publier durablement et librement sur Internet, contactez-nous.





/a>