Le journal - LIBRE SAVOIR -   -
mars 2010
dilumamejevesa




123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031
février | aujourd'hui | avril
Le journal XML


mardi 16 juin 2009 à 18h21

Le creux de la vague

Bureaucracie rampante, pouvoirs publics de plus en plus inefficaces (sauf lorsqu'il s'agit de satisfaire le Prince et de nourrir ses amis), pseudo-science érigée en religion des élites tandis que le peuple a droit au foot, aux faits-divers et à la publicité. Tout cela implique, d'une manière générale, un faible (très faible) niveau culturel, y compris parmi ces élites (nul groupe humain ne saurait être suffisamment pervers pour ne pas partager les défauts qu'il fabrique).

Tel est le paysage qu'évoque, en creux et à merveille, un article publié récemment sur le potentiel du E-book en Chine. L'article en question veut paraître bien informé, techniquement et économiquement (disons dans le domaine technico-commercial), seulement voilà :

1. Le prestige que portent les logos-partenaires associés (ADIT, Ministère français, Ministère européen), soit l'élégance de l'emballage ne doivent pas tromper : ces « blasons » colorés ne sont -au mieux- que l'héritage d'un passé prestigieux, au pire, un « paquet » attractif qui ne saurait à masquer le vide qu'il contient.

1. Qu'est-ce-qu'un E-book ? Le mot n'existe pas en bon français. Si on se réfère à l'usage commun[1], il ne peut s'agir que du livre numérique, ou contenu textuel (principalement) numérisé, certainement pas de l'objet technologique qui sert à le lire (d'ailleurs de plus en plus souvent nommé « liseuse » en nov-langue franco-technologique[2], plus modestement “reader” en bon anglais et par ceux qui le font[3].

2. Qu'a à voir la connectivité d'un appareil avec la lecture d'un contenu textuel numérique ? Un raccourci profane expliquerait cette association douteuse : la connectivité du lecteur d'Amazon, le Kindle (un des seuls appareils à posséder cette caractéristique) expliquerait son (encore timide) succès ; en fait, la cause est certainement à chercher du côté de la fourniture de contenus numériques (tiens, justement de « e-books ») par le géant de la distribution en ligne[4]

3. Wifi != 3G ; les deux technologies n'ont rien à voir, en fait. Elles ne sont ni inter-opérables, ni bâties selon le même schéma stratégique. D'autre part, le coût d'amortissement de l'une ne peut se déduire de l'autre.

4. Le président d'une obscure société chinoise qui fabrique, quoi au fait ? [5] Et bien, ce monsieur s'attend à vendre 500 000 appareils ou livres électroniques (la confusion précédente) en 2009 (à l'échelle du marché de l'électronique chinois, c'est un peu comme si j'ouvrais demain une épicerie dans un hameau du centre-ouest de la France ; pour H.T., cela représente quand même 1000 produits vendus pour chaque employ(é)e qu'ils possèdent, puisque leurs effectifs sont de 500) Cela, c'est la part de prospective de l'article (en termes pompeux), ou la marque d'une absence patente de données objectives qui pourraient étayer les propos précédents (en langage clair). Oui, mais voilà, ce Monsieur fabricant chinois est invité par la France.

5. Enfin, on en arrive à la téléphonie mobile, ou plutôt au téléphone mobile 3G qui devient -si je suis- le lecteur de livres électroniques de demain. L'idée est porteuse d'un mythe ancien (à l'échelle technologique) : celui de l'appareil universel/polyvalent qui servirait à téléphoner, regarder la télévision, lire, etc. Un J.-M. Messier, à sa grande époque, celle des gourous d'un futur techno-libéral (et technocratique), n'aurait pas hésité à employer le terme « convergence » pour qualifier un tel rapprochement. Seulement, la crise est venue et le terme est (un peu) passé de mode. Seulement, un tel rapprochement est, je le maintiens, un non-sens absolu ; l'utilisation de la technologie dite « d'encre électronique » (E-Ink) pour fournir une lisibilité adéquate aux écrans, le problème qui consiste à adapter la taille de ces écrans aux formats des livres (formats « roman », « in-octavo », « in-quarto » d'ouvrages scannés en PDF, par exemple) ou encore le besoin d'autonomie d'un appareil servant pour la lecture de livres sont autant de points qui tranchent radicalement avec les usages et les savoir-faire issus du monde de la téléphonie. Et cela, sans mentionner le problème sanitaire que mondial que pourrait poser la lecture sur des appareils connectés émettant des ondes semblables à celles d'un téléphone mobile[6].

Bref, il n'y a rien de valable (valide, du point de vue de l'intelligence) dans l'information que contient cet article, excepté ceci : a. la vague de la crise financière mondiale a passé[7], et les mêmes continuent de vouloir fabriquer le même monde qu'avant, de préférence en Chine pour le vendre aux mêmes, de préférence ici ; b. une société anonyme[8], en partenariat avec le Ministère des Affaires étrangères, propose un service de « veille technologique internationale » sur Internet nommé « bulletins tiret électroniques point com » dont le niveau scientifique (disons technique technico-commercial) semble en adéquation avec le niveau culturel général qui est actuellement vendu (oui, vendu) en France.

Pour conclure, une dernière question aurait mérité réponse ici : qui sont les actionnaires de l'A. D.I T. et pourquoi/comment un tel partenariat avec l'État a-t-il vu le jour ?

L'article, à lire : [9]

posté par L'administrateur du site le mardi 16 juin 2009 à 18h21 [ / | # ]

lundi 25 mai 2009 à 17h27

Libres-propos

« On sait que les révolutions n'ont jamais apporté rien de bon. »

–Un internaute sur le site lemonde point fr, le 25 mai 2009.

Non, justement, « on » ne savait pas.

Il faudrait songer à dresser une liste de tous ceux qui font une telle erreur, tels cet écrivain féministe[1], ce professeur de français du Masschussets[2], cet auteur du Stadtwanderer[3], ou encore ceux-là[4]. Enfin, [5], c'est bien vrai !

posté par L'administrateur du site le lundi 25 mai 2009 à 17h27 [ / | # ]

mardi 28 avril 2009 à 12h06

La crise

Face aux temps difficiles qui sont annoncés ici[1] et là[2], il nous est agréable de revenir sur les images d'opulence auxquelles nous avons été habitués par notre confortable civilisation industrielle.

« Et s'ils se décernaient alors entre eux honneurs et louanges, s'ils avaient des récompenses pour celui qui saisissait de l'œil le plus vif le passage des ombres, qui se rappelait le mieux celles qui avaient coutume de venir les premières ou les dernières, ou de marcher ensemble, et qui par là était le plus habile à deviner leur apparition, penses-tu que notre homme fût jaloux de ces distinctions, et qu'il portât envie à ceux qui, parmi les prisonniers, sont honorés et puissants? Ou bien, comme le héros d'Homère , ne préférera-t-il pas mille fois n'être qu'un valet de charrue, au service d'un pauvre laboureur, et souffrir tout au monde plutôt que de revenir à ses anciennes illusions et de vivre comme il vivait?

« Je suis de ton avis, dit-il; il préférera tout souffrir plutôt que de vivre de cette façon-là.

« Imagine encore que cet homme redescende dans la caverne et aille s'asseoir à son ancienne place : n'aura-t-il pas les yeux aveuglés par les ténèbres en venant brusquement du plein soleil?

« Assurément si, dit-il.

« Et s'il lui faut entrer de nouveau en compétition, pour juger ces ombres, avec les prisonniers qui n'ont point quitté leurs chaînes, dans le moment où sa vue est encore confuse et avant que ses yeux se soient remis (or l'accoutumance à l'obscurité demandera un temps assez long), n'apprêtera-t-il pas à rire à ses dépens, et ne diront-ils pas qu'étant allé là-haut il en est revenu avec la vue ruinée, de sorte que ce n'est même pas la peine d'essayer d'y monter? Et si quelqu'un tente de les délier et de les conduire en haut, et qu'ils le puissent tenir en leurs mains et tuer, ne le tueront-ils pas ?

« Sans aucun doute, répondit-il. »

Texte : Platon, La République, VII ; photographie par Glyphosate (Marseille, fin 2008) ; et pour continuer, [3] et [4].

posté par L'administrateur du site le mardi 28 avril 2009 à 12h06 [ / | # ]

mardi 24 février 2009 à 11h30

Connaître un auteur : I. bagatelles.

Lorsqu'une personne publie, elle offre au monde un formidable outil pour mieux pouvoir la connaître.

Certains auteurs demeurent difficiles d'abord, d'autres mettent en avant une personnalité complexe, ambigüe. Le visage qu'ils présentent au public peut n'être qu'un masque, une sorte de prolongation de la fiction en dehors du livre (pour les auteurs de fiction, évidemment ; il faut citer le cas de L.-F. Céline dont le personnage continue à fasciner, en grande partie parce qu'il échappe à la catégorisation). L'auteur de best-seller est d'une toute autre trempe : il est celui qui produit des caractères pour capitaliser sur le temps de cerveau disponible de ses lecteurs. En d'autres termes, il est productif (selon la norme).

Le jeune auteur que nous vous proposons de découvrir aujourd'hui est Madame la Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche[1].

Celle-ci a attendu pour être publiée : une fois son brillant cursus d'études[2] achevé, une vingtaine d'années lui aura été nécessaire pour faire paraître Être une femme politique… c'est pas si facile ![3] (publié aux éditions de l'Archipel en janvier 2007).

Ce travail occupe quelques 257 pages. En dépit d'un succès modéré, M.l.M.d.l.E.s.e.d.l.R. en tire (probablement) quelque temps après la matière pour un rapport au premier Ministre qu'elle rédige. Ce second opuscule est disponible dans la Documentation française et s'intitule Mieux articuler vie familiale et vie professionnelle[4]. Le sujet est plus vaste, mais la longueur est ici réduite à 103 pages. Ah, il est vrai que “Le poids relatif des différents types de “publication” est propre à chaque discipline. Les appréciations de chaque support de publication scientifique et des formes de contribution à la recherche sont différenciées en fonction des pratiques de chaque communauté disciplinaire.”

En tous les cas, il faut donc porter à l'actif de M.l.M.d.l.E.s.e.d.l.R. pas moins de deux publications en un peu moins de deux ans (sauf omission de notre part, que nous serions évidemment fort heureux de combler ; n.d.l.r. Nous ne comptabiliserons pas les préfaces). Nous pouvons la féliciter : elle donne ainsi une grande cohérence à son action politique et confirme la pertinence des “Critères d'identification des chercheurs et enseignants-chercheurs publiants” définis sous sa houlette[5]. Ces critères, n'en doutons pas, permettront à coup sûr de réconcilier les auteurs de genres aussi différents que les thèses ou les romans dits “tête de gondole”[6].

Soyons sérieux : Tête de gondole, par Christophe Rioux est présenté là : [7].

posté par L'administrateur du site le mardi 24 février 2009 à 11h30 [ / | # ]

vendredi 20 février 2009 à 10h23

Changement de serveur

Depuis quelque temps notre serveur était saturé, ce qui avait pour effet d'occasionner des lenteurs de chargement, voire d'interdire l'accès au site lors des tranches horaires les plus chargées. Nous venons donc d'effectuer une migration vers une nouvelle machine dotée de plus de mémoire vive. Reste à espérer que cela aura pour effet d'améliorer votre expérience du site…

posté par L'administrateur du site le vendredi 20 février 2009 à 10h23 [ / | # ]

mardi 06 mai 2008 à 15h33

Vers un autre monde : oui, mais lequel ?

Plus que la question, c'est toute la problématique sous-jacente qui est posée avec une acuité particulière dans le bandeau graphique de ce site de Consulting qui mène actuellement une campagne publicitaire dans le moteur de recherche Google : [1] ; où, en substance, l'internaute vigilant se demandera :

- ce qui est le plus laid entre un pipeline traversant une forêt sibérienne, et deux lignes d'éoliennes sur la crête de collines,

- si avec les deux lignes d'éoliennes on parvient à produire la même quantité d'énergie que celle qu'on distribue avec le pipeline,

- si ces gens : [2] ont quelque chose à voir (au-delà d'une vague connotation environnementale) avec ceux qui arboraient il y a sept ans à Seattle des banderoles avec le slogan Capitalism must be destroyed,

- si l'emploi répété de néologismes à connotation anglo-saxonne est une nécessité pour percer dans le milieu des « affaires »,

- si le T-shirt à l'effigie du Che est passé de mode au profit des inscriptions altermondialistes en espéranto,

- si les images et les mots on encore un sens,

- si cela est vraiment le futur vers lequel nous voulons aller ou un canular printanier…

Enfin, heureusement certain(e)s peuvent encore se prévaloir d'esprit critique : [3]

posté par L'administrateur du site le mardi 06 mai 2008 à 15h33 [ / | # ]

vendredi 08 février 2008 à 12h23

L'Évaluation en milieu de travail (EMT) / préalable à une embauche (EMTPE) / préalable au recrutement (EMTPR)

Ce « service offert par l'ANPE aux demandeurs d'emploi » est présenté ici : [1].

posté par L'administrateur du site le vendredi 08 février 2008 à 12h23 [ / | # ]

vendredi 27 juillet 2007 à 16h54

La fabrique de la réalité et le mal qui nous affecte

Ce mercredi 25 juillet, les internautes pouvaient lire sur le site du quotidien Libération[1] que N. S. avait nommé un nouveau titulaire au Collège de France. Dans la soirée, l'information était démentie et le journal allait jusqu'à présenter des excuses à l'heureuse nominée pour un malheureux raccourci qui aurait été à la source d'une confusion[2]. Et de rappeler : «Le choix des [titulaires] est bien évidemment fait par l'Assemblée des professeurs, et en aucun cas par la présidence ou les ministères», précise une porte-parole du Collège de France. . [3].

Le même jour, sur le site Slashdot.org[4], on pouvait lire qu'un ordinateur portable à 150 dollars était désormais en vente dans le commerce, offrant de remarquables performances et pouvant être acheté en ligne par carte bancaire avec un délai de livraison de 4-6 semaines[5]. Très peu de temps après la parution de la brève, les premières mises en garde étaient postées à leur tour : la société commercialisant ce portable et le propriétaire de celle-ci, un suédois nommé Valdi Ivancic, étaient hautement suspects de fraude. L'ensemble des informations et des images utilisées sur le site du produit avaient été copiées depuis différentes sources sur Internet. L'épilogue, encore à venir, sera probablement bientôt lisible à cette adresse : [6], mais la rédaction de Slashdot prenait rapidement la précaution d'ajouter un message de mise-en-garde à la nouvelle pour le salut de ses visiteurs.

Dans ces deux histoires, apparemment sans lien entre elles, un mensonge éhonté semble être pris pour la réalité. Le mécanisme qui aboutit à ce paradoxe est comparable : là, une information, raccourcie, pour reprendre l'expression d'un(e) journaliste (euphémisme grammatical ?), c'est-à-dire déformée au point qu'elle ne signifie plus rien, est diffusée, reprise, amplifiée et répétée. Ici, c'est probablement une arnaque délibérée qui atteint un de ses objectifs en accédant à la notoriété sur un site très fréquenté.

Dans les deux cas, les commentaires suscités ont les accents d'une tragédie antique :

Le ton est empreint d'un grand lyrisme. On note la présence de chœurs déplorant longuement la catastrophe ; toutefois, en général, la pièce ne comporte pas de véritable action tragique […] [7]

Il y a des crédules (probables), des victimes (potentielles : la nominée et les acheteurs), l'annonce d'un inéluctable enchaînement des faits qui ne semble pouvoir mener qu'au pire mais, au dernier moment, contre toute attente, l'histoire se termine bien, prenant le tour d'une tragi-comédie.

Comment de telles (mauvaises) constructions narratives peuvent-elles susciter des débats et ainsi participer à l'actualité, voire la créer ? Telle est la question qu'on se sent en droit de se poser après avoir entendu marteler pendant toute une journée sur les ondes FM qu'après la suspension du tour de France pour cause de possible dopage la veille du danois M. Rasmunsen, il n'y a pas de fait nouveau sur le tour de France (cité de mémoire, entendu sur France Info, la chaîne de l'information (sic) en continu le 26 juillet), ou encore que N. S. a téléphoné d'Afrique pour assurer les organisateurs du Tour de leur soutien (de mémoire également, des mêmes).

Outre l'utilité qu'il y a à relever la différence profonde entre le métier de journaliste et celui d'animateur/d'animatrice, pourtant le plus souvent confondus au profit du second, quelques éléments de réponse ici :[8], là : [9], et là : [10] , également là : [11] et sans oublier ceci : [12] suggèrent la seule explication possible : l'intelligence est actuellement impopulaire. Il nous reste plus qu'à espérer que le travail peut y suppléer[13].

posté par L'administrateur du site le vendredi 27 juillet 2007 à 16h54 [ / | # ]

jeudi 14 juin 2007 à 12h48

Code du travail et liberté d'expression dans l'entreprise

Comme il a été très souvent cité ou mentionné[1], le Code du travail contenait en tout et pour tout deux articles « consacrés spécifiquement à la liberté d’expression : les articles L.120-2 et L.461-1 ».

Seul le premier de ces articles, L.120-2, concernait les libertés qui n'étaient pas directement en relation avec le travail, en précisant que :

« Nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché. »

Protection excessive ?

L'article en question a été « abrogé par ordonnance nº 2007-329 du 12 mars 2007 art. 12 I Journal Officiel du 13 mars 2007 en vigueur au plus tard le 1er mars 2008) ».

Voir [2].

posté par L'administrateur du site le jeudi 14 juin 2007 à 12h48 [ / | # ]

L'ADN s'avèrerait plus complexe qu'on ne le pensait / un modèle statistique pour prévoir l'issue des guerres

Lu sur http://slashdot.org aujourd'hui :

Science: Human Genome More Like a Functional Network [1]

et parmi les articles du 13 juin 2007 :

Science: Can Statistics Predict the Outcome of a War? [2]

En particulier, le lien vers l'article publié par ce chercheur en 2006 (document PDF) donne des indications sur la méthode suivie.

posté par L'administrateur du site le jeudi 14 juin 2007 à 11h59 [ / | # ]



À la une

 

Archives




Rafraîchir la page mise-à-jour le mercredi 10 mars 2010 à 06h18. libresavoir.org est animé par le système de gestion de documents et de publication C-Arbre.