Verdon (rivière)

Intérêt
Le Verdon (virdones au Moyen Âge) est une rivière française qui prend sa source tout près du col d’Allos, dans le massif des Trois Evêchés (à 2819 mètres d’altitude). Il se jette dans la Durance, près de Vinon-sur-Verdon après avoir parcouru environ 175 kilomètres.

Modèle:Cours d'eau Son parcours le plus intéressant se trouve entre Castellane et le pont du Galetas sur le lac de retenue de Sainte-Croix : sur une vingtaine de kilomètres, le Verdon y traverse un canyon étroit et profond, communément appelé « Gorges du Verdon ». Après Quinson, d'autres gorges caractérisent à nouveau son cours : les « basses Gorges du Verdon ».

La teinte vert-émeraude des eaux du Verdon est due au fluor et aux micro-algues qu’elles contiennent : celle-ci est probablement à l’origine du nom de la rivière, formé à partir du latin viridum, « lieu verdoyant ». Toutefois, le lac de Sainte-Croix ou la retenue de Quinson, notamment, présentent sur son cours une teinte d’un bleu-turquoise changeant, due aux fonds argileux.

Table des matières

1. Histoire

Le Verdon a généralement joué un rôle de frontière plutôt que de voie de communication au cours de l'histoire, à l'instar de la Durance dont il est un affluent. À ce titre, aujourd'hui encore la rivière marque la limite entre les départements des Alpes-de-Haute-Provence et du Var. Enfin, il est notable qu'une partie du Grand canyon du Verdon n'ait été explorée qu'au XXe siècle seulement.

Néanmoins, comme nombre de rivières le Verdon a attiré l'Homme dès la préhistoire : si des traces d'occupation humaine existent dès le paléolithique sur le bas Verdon, c'est surtout le néolithique qui a livré en importantes quantités un matériel aujourd'hui principalement conservé au Musée de la préhistoire des Gorges du Verdon, à Quinson.

Durant la protohistoire, le haut Verdon fait partie de l'aire alpine tandis que le moyen et le bas Verdon sont rattachés l'espace méditerranéen provençal.

Quelques noms de peuples de cette période sont connus : les Gallitae ou Gallites (littéralement « petits Gaulois ») à Allos (aux sources du Verdon), sont vraisemblablement des Gaulois de Cisalpine – des Ombriens – ; les Suètres peuplent la vallée du Verdon dans les Alpes-de-Haute-Provence ; les Reii, qui ont donné leur nom à Riez, leur « capitale », sont quant à eux l’ethnie la plus importante au nord du bas Verdon

C’est, en effet, surtout sur le cours du Colostre, affluent du Verdon, et à partir de ce dernier oppidum que semble alors s’être développée une importante occupation humaine : en aval de Riez, Le nom du village d’Allemagne-en-Provence conserve le souvenir d’une déesse gauloise et, non loin de Saint-Martin de Brômes, l’oppidum de Buffe-Arnaud[1] domine le confluent stratégique du Colostre et du Verdon. Ce dernier site a été fouillé à l’occasion de la rectification de la route départementale 952 en 1992 et a notamment livré un fragment de bracelet laténien de style plastique.

Riez demeure une ville importante à l’époque romaine et paléochrétienne : les ruines d’un temple romain et d’un baptistère octogonal témoignent de la splendeur passée de cette cité qui est alors reliée à Aix-en-Provence par la via sextiana.

Au Moyen Âge, les familles nobles provençales de Simiane, Pontevès et Sabran se partagent la propriété des villages du Verdon avec les évêques de Riez. La région – surtout le plateau de Valensole – est durement touchée par les épisodes des Guerres de Religions, épisodes durant lesquels plusieurs villages ou places-fortes sont incendiées à l'instar de Montagnac, qui servit de refuge à l'évêque de Riez dont il était la propriété avant d'être incendié en 1590 non sans avoir soutenu un siège de six jours contre Lavalette. Ce village est également cité par Lesdiguières dans ses mémoires.

À l'époque moderne, les « pays » du Verdon sont intégrés à l'économie d'Ancien Régime. Ils fournissent notamment du gypse, prisé pour réaliser des décorations murales, et la célèbre faïence de Moustiers qui orne la table de Louis XIV.

Au XIXe siècle et durant la première moitié du XXe siècle, le Verdon connaît l'exode de ses populations vers les villes de la basse-Provence, en particulier Marseille. Durant la Seconde Guerre Mondiale, il constitue un haut-lieu de la résistance en raison de sa relative inaccessiblité.

Si l'histoire du Verdon de la seconde moitié du XXe siècle est surtout marquée par les grands aménagements hydroélectriques réalisés sur le cours de la rivière, elle aboutit, en 1997, à la création d'un parc naturel régional d'environ 180 000 hectares pour protéger les terres qui le bordent. Cet acte de naissance fait d'ailleurs suite au classement du site des grandes Gorges – ou grand canyon – survenu en 1987.

2. Aménagement hydroélectrique

Le Verdon est aujourd'hui qualifié de « château d'eau » des départements des Bouches-du-Rhône et du Var par Électricité de France : la rivière a, en effet, fait l'objet de la construction de cinq barrages sur son cours, à partir d'une loi promulguée en 1923 et jusqu'en 1975, pour alimenter la basse-Provence.

2.1. haut Verdon

L'aménagement du haut Verdon est le premier à avoir lieu : il est fait progressivement.

Entre 1928 et 1932, la Société Hydroélectrique du Verdon (S.H.V.) est responsable des chantiers de Castillon et de Chaudanne et bénéficie pour cette tâche des réparations dues par l’Allemagne au lendemain de la Grande Guerre. Suite à la faillite de la société en 1932, les travaux sont interrompus jusqu’en 1938, date à laquelle ils reprennent, d’abord temporairement sous la houlette de l’Énergie Électrique du Littoral Méditerranéen (E.E.L.M.), puis définitivement à partir de 1942.

Finalement, le barrage de Castillon, le plus en amont, est mis en eau au printemps 1949 : il donne naissance à une retenue de 500 hectares et de 150 millions de mètres cubes, dont 85 sont réservés à l'agriculture.

En aval, le barrage de Chaudanne, moins important, est mis en eau durant l'hiver 1952 par Electricité de France (E.D.F.) : situé dans un verrou du massif de la Victoire, il sert surtout à réguler le flux d'eau.

2.2. bas Verdon

Sur le bas Verdon, la phase d'études démarre dès 1926. L'aménagement de la rivière y est indissociable de celui de la Durance dans laquelle le Verdon achève sa course.

En 1957, la Société du Canal de Provence (S.C.P.) est créée : à partir de 1963, une centrale est construite par E.D.F. à Vinon-sur-Verdon et un barrage est édifié à Gréoux. Ce barrage sert donc à la fois à la production hydroélectrique, mais aussi à l'alimentation en eau du Canal de Provence.

Il donne naissance à la retenue de Gréoux communément appelée « lac d'Esparron-sur-Verdon » et est achevé en 1967.

Enfin, l'œuvre majeure d'Électricité de France est la construction à partir de 1970 du barrage de Sainte-Croix, dans la gorge de Baudinard : la retenue du même nom (le « lac de Sainte-Croix ») est mise en eau en 1975 et couvre une surface de 2 200 hectares pour stocker 760 millions de mètres cubes d'eau, dont 140 sont réservés à l'agriculture.

Sainte-Croix forme le deuxième plus grand lac artificiel de France (après celui de Serre-Ponçon). Sous ses eaux se trouvent la source de Fontaine-l'Evêque (première source de France), nombre de sites archéologiques (les résultats des fouilles d'urgence entreprises avant la mise en eau sont visibles au Musée de la préhistoire des Gorges du Verdon, à Quinson) et le village des Salles-sur-Verdon, reconstruit plus haut. 25 kilomètres supplémentaires de route et deux ponts ont dû être réalisés pour assurer la circulation de part et d'autre de la retenue.

En 1975 également, un dernier barrage est achevé à Quinson : il remplace un précédent ouvrage de 15 mètres de haut qui avait été construit en 1868 pour irriguer la plaine d'Aix-en-Provence et donne naissance à la retenue de Quinson, parfois nommée « lac de Montpezat ». Le rôle principal de cette dernière est celui de bassin de compensation du barrage de Sainte-Croix.

3. Milieux aquatiques

Les différents milieux aquatiques du Verdon sont listés comme suit par le Réseau des données sur l'Eau du bassin Rhône-Méditerranée-Corse :

  • Rivières et plaines alluviales
    • Haute vallée de l'Issole
    • Vallée du Riou de Vergons
    • Vallée du Verdon (en amont du Lac de Ste Croix)
    • Vallée du Colostre
    • Vallée du Verdon en aval de Vinon
    • Basse vallée de l'Artuby
  • Eaux courantes
    • Verdon en aval du Lance
    • Verdon entre les retenues de Chaudanne et Ste Croix
    • Issole aval
    • Artuby (amont)
    • Bruyère
    • Jabron (amont)
    • Mauroué (aval)
    • Malaurié
    • Colostre aval Mauroué

4. Liens externes



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Sujets Cours d'eau de France
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