Uxellodunum

Intérêt
Dernier épisode fameux de la Guerre des Gaules, le siège d'Uxellodunum par César montre bien la cruauté du conquérant. Comme pour Alésia se pose la question de la localisation du site. André David situe l'oppidum gaulois sur le roc de Colonjat (commune de Vers dans le Lot) à l'aide d'une démonstration très convaincante.


Table des matières

1. AVANT-PROPOS


Aborder la question de la localisation du site d'Uxellodunum (château haut, haute forteresse) semble, en ce début du 3° millénaire, encore aussi difficile qu'au temps de Napoléon III. Bien des auteurs ont traité des conditions politiques que devait affronter Jules César dans la Rome d'il y a 2000 ans et les raisons de s'impliquer personnellement dans ce qui fut la dernière tragédie connue de la Gaule occupée. Elle ressemblait fort à l'Afghanistan d'aujourd'hui où les tribus savent s'unir contre l'ennemi commun mais aussi se trahir et s'affronter au gré de leurs intérêts égoïstes. Il peut paraître anecdotique d'attacher de l'importance à la localisation d'un site, ce qui n'apportera pas du nouveau à l'Histoire. Si les lieux où se produisent les événements peuvent, parfois, être acteurs dans la suite de l'action, d'autres sont là par hasard et ne troublent pas le destin des humains qui y participent. C'est le cas d'Uxellodunum où 2000 gaulois restés sur la place, même déterminés ne pouvaient pas grand chose contre 4 légions romaines et la cavalerie de César, à minimum 24 000 hommes d'expérience, bien encadrés avec le chef militaire et politique le plus doué de sa génération et pressé d'en finir ; d'ailleurs le siège durera moins de 2 mois. C’est donc sans forfanterie que nous allons défendre le site qui nous paraît correspondre, au plus près, à la description de la Guerre des Gaules cet ensemble remarquable de rapports militaires effectués pour rendre compte. Les traductions s’accordent toutes dans les grandes lignes. Quelques interprétations, pour étayer des hypothèses pour le moins hasardeuses, ne sont que pollutions naturelles (ex. la traduction de flumen...).Elles sont dénoncées par des auteurs comme Rimbaud dans L’art de la déformation historique dans les commentaires de César ou Pignarol dans La Conquête romaine. Chaque tenant d'un site, il en est de prestigieux, a développé ses arguments laissant plus ou moins dans l'ombre les invraisemblances ou arrangeant un peu les textes, faute de mieux. Ce n'est pas malhonnêteté, peut-être esprit de clocher mais qui peut se vanter d'en être totalement exempt ? Un point est incontestable, tous les sites sont des « Caps Barrats » ou des villages fortifiés qui, au moins depuis l'âge du fer, servaient de refuges aux occupants des territoires alentour, chaque génération apportant sa pierre à la sécurisation du lieu. D'autre part, il n'est pas non plus contestable qu'ils aient connu des combats sûrement cruels et acharnés. La présence, entre autre, en de très nombreux endroits, de galets ayant servi de projectiles de fronde en atteste. C'est donc sereinement que nous voulons rendre hommage à André David (l'inventeur de la grotte du Pech-merle à Cabrerets) à son fils Pierre et à notre père en relatant les études qu'ils ont effectués, auxquels nous avons participé et que nous avons continué sur et autour du site de l'oppidum de Colonjat. André David avait essayé de mobiliser autour de sa découverte en vain... Tous ceux qui citent ses travaux n'en parlent que par ouïe-dire mais le site était connu de Viré, qui l'ignore comme un Uxellodunum possible mais « qui méritait d'être revu ».

Notre enquête n’ignore aucun des points de la relation des événements et s’articule autour de

  • la description du site,
  • l'approvisionnement en nourriture des assiégés, partie négligée par les auteurs,
  • la fontaine et son détournement,
  • la tour.

Elle s’appuie (entre autres) sur les récits de La guerre des Gaules de César, livre VIII rédigés par Hirtius à partir du chapitre XXXII, traduction et notes de Maurice RAT édition Gamier-Flammarion Intégral édition 1964




2. RÉSUMÉ DE L'ÉVÉNEMENT

Le Sénon DRAPPES (région de Sens) et le Cadurque LUCTERIUS (région de Cahors) rebelles de la première heure et menaçants pour les intérêts des Romains dans la Province (Provence) depuis longtemps colonisée, sont poursuivis par le Romain CANINIUS. Ils se réfugient dans le pays cadurque, à Uxellodunum, où Luctérius a de nombreux appuis. Les Romains assiègent la place mais les Gaulois peuvent secrètement la quitter pour aller chercher des provisions dans la région et les faire entrer par petite quantité. Les Romains mettent fin au système, Drappès est pris et Luctérius s’échappe. La place résiste toujours sans ses chefs. César arrive avec sa cavalerie alors que 2 légions le suivent. Ce seront, au grand minimum, 24000 Romains qui vont se retrouver sur le site face à 2000 Gaulois.

« La place est remarquablement défendue par la nature »(XXXII) et c’est incontestable si l’on compare les forces en présence. L’accès à la rivière qui traverse la vallée au pied de la montagne où, par des chemins abrupts s’approvisionnent les Gaulois, est coupé par les Romains mais les assiégés ont accès à une fontaine qui coule sous les remparts. En parallèle, César fait construire, avec beaucoup de mal, une tour pour dominer et interdire le passage vers la source et cherche, par des fouilles hors la vue des Gaulois, à la détourner. Les Gaulois en lançant « des tonneaux de suif et de poix » mettent le feu à l’ouvrage. Mais César parvient à détourner la source qui cesse de couler. Les Gaulois, croyant à une malédiction, se rendent et César leur fait couper les mains à titre d’exemple. Examinons maintenant les différents points du récit et mettons-les en regard du site lui-même.

Nota : les caractères en gras et en italique sont la reprise du texte des Commentaires.


3. LE SITE

(Cf. La carte d’état-major 2138 OUEST St GERY : 4930/4931- EST 385/386 SUD).

XXXIII - « (...) la place était de tous côtés défendue par des rochers à pic, dont l’escalade eut été difficile à des hommes armés, même en l’absence de tout défenseur... »

Le site de Colonjat mesure environ 250 m d'est en ouest et 200 m dans sa plus grande largeur du nord au sud soit à peu près 5 ha. L'inter-vallum fermé par un mur fortifié est de 40 m. L'ensemble a un périmètre de près de 900 m dont les 2/3 défendus par des falaises de 25 m. Ce nous semble tout à fait compatible avec l'effectif gaulois et justifie les difficultés rencontrées par les assiégeants, malgré leur nombre, à venir à bout de la place Ceux-ci étaient contraints de se tenir au bas de la pente d'éboulis 7 à 10 courbes de niveau au-dessous du bas de la falaise ou sur le plateau, devant le très important mur de défense si on juge ce qu'il en reste aujourd'hui. La parfaite connaissance des lieux permettait de quitter le site par des chemins abrupts et d'atteindre la rivière (le Vers) avant que les Romains n'en interdisent l'accès. C'est sur ces cheminements que sont faits des prisonniers qui vont dévoiler l'emplacement du camp où Drappès stocke les approvisionnements. On y reviendra.

XXXIII (suite) - « (Caninius) divisa ses cohortes en trois camps dans une position très élevée (... )et commença une ligne de circonvallation... »

  • La cote 294 m au nord permet de contrôler la pente là où elle s'atténue un peu et d'où sont probablement partis les commandos qui interceptèrent les groupes chargés d'approvisionner la place.
  • la cote 345 m à l'ouest face au mur.
  • Au sud un promontoire escarpé, de l'autre côté de la combe de l'Ifernet, sur lequel se trouve une vaste grotte, offre une vue remarquable sur les combats autour de la source et de la tour (on y reviendra) et qui peut avoir servi de camp à César. Sur la carte d'Etat Major sont figurés de curieux emplacements très réguliers non repérés sur le terrain, peut-être seulement visibles sur des photos aériennes et qui pourraient être des traces des circonvallations.

XL - « ... Une rivière traversait la vallée qui entourait presque en entier la montagne, où était située, à pic de toutes parts, la place forte d’Uxellodunum. La nature du lieu empêchait de détourner cette rivière : elle coulait, en effet, si profondément au pied du mont, qu’il était impossible de creuser nulle part pour la dériver. Mais la descente à cette rivière était pour les assiégés si difficile et si abrupte que, si les nôtres en défendaient l’abord, ils ne pouvaient ni arriver ni remonter la pente raide sans risquer d’être tués ou blessés... ". De façon incontestable la rivière (le Vers) est au pied de la montagne qu'elle entoure "... presque en entier..." ce « presque » est très important. En effet,

XLI - « Toute la population n’avait plus d’autre endroit où aller puiser de l’eau qu’au pied même du rempart, où jaillissait une fontaine abondante, dans l’intervalle d’environ 300 pieds (100 m) que la boucle de la rivière n’entourait pas... »

A aucun moment le texte ne dit que la rivière était un élément de défense du site mais qu'elle en était proche même si son accès en était périlleux. Il faut aussi remarquer que la boucle ne peut pas être très prononcée car elle « laisse libre » un côté de la montagne.

On verra plus loin que la fontaine asséchée se trouve bien à environ 100 m de la vallée face à la combe de l’Ifernet (le petit enfer...). Aucun des autres sites ne correspond d’aussi près, sur ces points, au texte des Commentaires.



4. L'APPROVİSİONNEMENT DU SİTE

XXXIV - « ... les assiégés, au souvenir lamentable d’Alésia, craignirent d’avoir à subir un siège semblable ; Luctérius, qui avait assisté à ce désastre, les avertit avant tous les autres de se pourvoir de blé ; ils décident, d’un consentement unanime, de laisser là une partie des troupes et de partir eux-mêmes, avec les soldats sans bagages, chercher du blé. Cette résolution est approuvée, et la nuit suivante, laissant 2000 soldats dans la place, Drappès et Luctérius en sortent avec les autres... »

Nous avons vu que les Romains occupaient les hauteurs, sur le plateau. On a vu, au chapitre précédent, que des chemins escarpés permettaient de quitter la place à l'insu des Romains. Ce sentier existe sur la face nord et peut permettre, en suivant la falaise, de rejoindre plus en amont la vallée du Vers. Face au pont sur le Vers, c'est le moyen le plus rapide mais pas le moins fatigant de monter sur l'oppidum. Il débouche, actuellement, juste au bord du rempart. Deux failles dans la falaise permettent aussi de quitter le site dont l'une, la grande arche, permettait d'accéder à la fontaine.

XXXV - « Après avoir fait une ample provision de blé, Drappès et Luctérius s’établissent à dix mille pas (environ 15 km) au plus de la place forte, pour y faire passer le blé peu à peu. »

Un simple coup d’œil sur la carte et le simple bon sens montrent que les provisions abondantes ne peuvent se trouver que dans la riche vallée du Lot, comme par hasard à la distance annoncée. Le cheminement pouvait se faire soit le long de la vallée, soit par le plateau en face. C'est d'autant plus vraisemblable que, nous le verrons ci-dessous (XXXVI) les gaulois avaient installé un camp au bord d’une rivière et on peut remarquer, en aval de Vers, au bord du Lot, là où la vallée s'élargit et devient plus fertile, appuyé contre le plateau escarpé, un lieu-dit « las camps »... coïncidence ?

XXXV (suite) - « Ils se partagent les rôles : Drappès, avec une partie des troupes, reste à la garde du camp ; Luctérius conduit le convoi vers la place. Là, il dispose des postes, puis, vers la dixième heure de la nuit, il entreprend de faire entrer le blé par d’étroits chemins forestiers. Les veilleurs du camp entendent le bruit de cette troupe ; on envoie des éclaireurs qui rapportent ce qui se passe ; Caninius, rapidement, avec les cohortes armées qu’il tire des forts les plus proches, tombe sur les pourvoyeurs au petit jour : ceux-ci, épouvantés par cette malchance soudaine, s’enfuient de tous les côtés vers leurs postes (...). Luctérius s’enfuit avec un petit nombre des siens, mais ne rentre pas à son camp.»

Les cohortes partent probablement des camps installés à la cote 294 qui surplombe la falaise près d'un petit col et à la cote 345.

XXXVI - « Après ce bon coup, Caninius apprend par des prisonniers qu’une partie des troupes est restée avec Drappès dans un camp, à une distance de 12 milles au plus. Cet avis étant confirmé de plusieurs parts, il comprit que, l’un des deux chefs étant en fuite, il lui serait facile d’accabler, dans leur effroi, le reste des ennemis ; cependant il se rendait compte que ce serait une grande chance qu’aucun de ceux qui avaient échappé au carnage n’eut pris la route du camp pour porter à Drappès la nouvelle du désastre subi. Mais, ne trouvant nul danger à essayer il envoie en avant sur le camp ennemi toute la cavalerie et les fantassins Germains, qui étaient d’une rapidité extrême ; lui-même, après avoir réparti une légion dans les trois camps, il emmène l’autre avec lui sans bagages. Arrivé tout près des ennemis, il apprend, par des éclaireurs qu’il avait envoyés en avant, que, selon leur usage, les Barbares, négligeant les hauteurs, avaient placé leur camp sur le bord d’une rivière ; que les Germains et les cavaliers n’en sont pas moins tombés sur eux à l’improviste, et qu’ils ont engagé le combat. Sur cet avis, il fait avancer sa légion, les armes prêtes et en ordre de bataille. Alors, tout à coup, à un signal donné, surgissant de toutes parts les troupes s’emparent des hauteurs. Là-dessus les Germains et cavaliers, voyant les enseignes de la légion, redoublent de vigueur ; tout d’un coup les cohortes s’élancent de toutes parts, et, massacrant ou faisant prisonniers tous les ennemis, s’emparent d’un grand butin ; Drappès lui-même est fait prisonnier dans le combat. »

Les Germains et les cavaliers ont descendu la vallée du Vers puis celle du Lot pour tomber sur les Gaulois « à l’improviste ». La légion est arrivée par le plateau et occupe les hauteurs qui dominent la vallée du Lot. Au lieu dit « las camps » cette stratégie semble couler de source, si l’on peut dire. On peut noter l’incroyable insouciance des Gaulois qui, par désinvolture bruyante, se font prendre en approvisionnant l’oppidum et par désinvolture coupable ne placent aucune sentinelle pour prévenir les mauvaises surprises.

On doit noter également le très important oppidum de Murcens à 4 km au nord de Colonjat. Cette vaste place, comprenant plusieurs villages, est défendue par d'imposants remparts. De la falaise surplombant le Vers, il est aisé, discret et rapide, par un puits naturel, appelé par les gens du pays, cheminée à blé et un sentier assez facile, de descendre dans la vallée et de reprendre, en face, des sentiers, qui, le long du travers, mènent tout droit au roc de Colonjat. Certains ont cru y voir, un temps, Uxellodunum mais la place est indéfendable par 2000 hommes ce qui semble aussi le cas au puy d'Issolu. II est tout à fait possible que les Gaulois remontaient la nourriture au-delà de l'oppidum vers le nord pour reprendre les sentiers escarpés ce qui justifie la différence de 2000 milles donnée par certaines traductions.


5. LA SOURCE

On a vu dans l'examen du site, qu'à son arrivée. César fait couper l'accès à la rivière (ch. XL) et les habitants se retournent vers la fontaine abondante qui coule sous les remparts mais qui pourrait être d'un accès plus malaisé que la descente à la rivière que l'on sait abrupte. puisqu'on semblait la négliger jusqu'alors.

XLI - « On souhaitait qu’il fût possible d’interdire cette fontaine aux assiégés ; César seul en vit le moyen. Face à la fontaine, il fit pousser des mantelets contre la montagne et élever une terrasse, non sans de grandes peines et de continuels combats. Les assiégés, en effet, descendant à la course de leur position supérieure, combattaient de loin sans danger et blessaient quantité des nôtres qui, obstinément s’avançaient. Cependant cela n’empêchait pas nos soldats de pousser leurs mantelets et de vaincre, par leurs travaux, les difficultés du terrain. »

D’abord les travaux d’André David ont permis de découvrir la source sous les remparts et l’eau devait être hissée sur le plateau par des cordes ou des treuils. En effet, s’il reste un ravin de déversement sur l’éboulis, il a fallu aller chercher, par des galeries laborieusement creusées, le grand réservoir, aujourd’hui vidé de la fontaine vauclusienne qui contenait, à quelques mètres sous le sol de l’oppidum, des millions de mètres cubes d’eau (voir les courriers d’André David en fin d’article).. Son emplacement est bien conforme au texte « au pied même du rempart » et « dans l’intervalle de 300 pieds que la boucle de la rivière n’entourait pas. »(XLI). Son accès est difficile à trouver. Il faut quitter le plateau par un petit sentier acrobatique près de l’entrée de l’oppidum du côté de la combe de l’Ifernet, passer dessous et le long de la falaise la plus basse, sur une petite terrasse qui mène à la fontaine. C’est de cette terrasse que les Gaulois harcelaient les constructeurs de la tour. Deux galeries ont été creusées par André David; la première a avalé une barre à mine par un petit orifice dans la calcite qui faisait obstacle à toute progression; une deuxième fut creusée un peu plus loin qui débouche en haut du cône de glaise. Il était difficilement imaginable qu’une fontaine, de cette nature, c’est-à-dire alimentée par le fond, puisse se trouver dans ce contexte géologique. Il est probable que se côtoient, dans ces lieux, plusieurs réseaux souterrains, fossiles comme actifs qui devraient passionner un hydrogéologue...

Un deuxième indice extrêmement important, primordial même, existe dans la pente d'éboulis sous la fontaine. Deux masses rocheuses émergent, l'une de manière importante, à peu près à l'aplomb du bord Est de la falaise. Il a été arasé et a certainement supporté des infrastructures comme le suggèrent des traces d'encoches. Ce passage était particulièrement vulnérable car aucun obstacle naturel n'empêchait les projectiles des Gaulois de toucher leurs cibles. La plate-forme arasée qui supportait la tour se trouve plus vers la pointe de l'oppidum, à l'aplomb d'une galerie dans la falaise. Elle est rejointe par une rainure taillée dans le roc sur laquelle s'appuyaient les mantelets. André David avait fait de la source le point central de sa démonstration. La difficulté du contexte vauclusien lui a fait entrevoir des hypothèses, à notre sens confuses, que ces travaux considérables et maladroits n'ont pas étayé, brouillant, peut-être définitivement, certaines pistes. Si les travaux de sape avaient percé la conduite forcée alimentant le réservoir, c'est le poids de milliers de m3 d'eau qui aurait fait jaillir un geyser gigantesque noyant tout sur son passage. C'est en miniature ce qui est arrivé quand A. DAVID a bouché la galerie qui coule sous la combe de l'Ifernet et qu'il pensait être celle de détournement.

Quand le bouchon qu’il avait posé a sauté sous le poids de l'eau accumulée dans la galerie, il a inondé toute la vallée de l'Ifernet et cela n'est pas passé inaperçu... ! Alors que dire d'un geyser de plusieurs mètres de haut.

XLI (suite) - « En même temps ils creusent des galeries couvertes dans la direction des ruisselets et de la source de la fontaine, genre de travail qui pouvait se faire sans gêne et sans donner l’éveil à l’ennemi. »

André David dans ses lettres fait état de ses recherches et a noté, en plusieurs endroits, des traces de travaux dans des galeries. Nous ne les avons pas toutes constatées par nous-mêmes, mais connaissant sa probité intellectuelle et la facilité avec laquelle il renonçait à une hypothèse infondée, nous pouvons les prendre en compte. Cependant César, avant André David, a tâtonné avant de trouver la solution, ce qui a laissé des traces. Mais l'existence de ses traces est, en même temps, un indice supplémentaire.

Il reste donc une énigme à dénouer et nous pouvons suggérer que couper l'approvisionnement de ce type de fontaine, qui coule en débordement, suffit à la tarir. Il faut donc, peut-être, trouver, en partie haute du plateau pour éviter l'effet geyser, le réseau qui alimente la conduite forcée et le détourner. La circulation des eaux sur ce plateau semble capricieuse et pour preuve le « lac nègre », à un peu plus d'un km à l'est de la place, qui est intermittent selon le temps qu'il fait. Son site est curieux et mériterait la visite d'un hydrologue. Plusieurs affleurements d'eau existent dans l'environnement proche, outre le « lac nègre », dont l'un près de la cote 294 m où pouvait être installé l'un des trois camps Romains et un dans la vallée de l'Ifernet dans un puits artificiel de 1,5 à 2 mètres de profondeur (vestige des recherches pour couper la source ?).




6. LA TOUR


Nous avons vu que le siège n'empêchait pas les Gaulois de s'approvisionner en eau à la fontaine sous les remparts. César était pressé d'en finir... !

XLI (suite) - « On construit une terrasse de 60 pieds de haut, on y place une tour de 10 étages, non point telle sans doute qu’elle atteignait la hauteur des murs (car aucun ouvrage ne permettait d’obtenir ces résultats), mais suffisante pour dominer l’endroit de la fontaine. Du haut de cette tour les machines lançaient des projectiles sur les abords de la fontaine, et les assiégés ne pouvant plus se ravitailler en eau sans péril, non seulement les bestiaux et les bêtes de somme, mais les hommes mêmes en grand nombre mouraient de soif ». On trouve encore en grand nombre des galets de différentes roches (granit, basalte, quartz...) éparpillés dans les éboulis et André David en possédait deux ou trois pleins seaux. »’

XLII - « Épouvantés par cette menace, les assiégés remplissent des tonneaux de suif, de poix et de petites lattes, et les font rouler enflammes sur nos ouvrages. En même temps ils livrent un combat acharné pour que les Romains, occupés à une lutte périlleuse, ne puissent éteindre le feu. Une grande flamme jaillit soudain au milieu de nos ouvrages. En effet, tout ce qui avait été lancé sur la pente abrupte, se trouvant arrêté par les mantelets et par la terrasse embrasait l’obstacle même qui les arrêtait. Nos soldats, par contre, en dépit d’un genre de combat périlleux et d’une position défavorable, faisaient face à tout avec l’intrépidité la plus grande; l’action se passait sur une hauteur, à la vue de notre armée; une grande clameur s’élevait de part et d’autre. Aussi chacun se signalait-il le plus possible, pour que sa bravoure fût connue et attestée, en s’exposant aux traits de l’ennemi et à la flamme". »

Il faut placer là une découverte de toute première importance par André David : des amas de scories solides ayant épousé la forme du fond d'un vase : les toutes premières bombes incendiaires. Il en avait plus d'une dizaine ramassée autour de la base de la tour. On trouve encore dans l'éboulis de nombreux débris, petites masses brunâtres ou noires et informes. Il faut noter la cohérence de l'ensemble : les mantelets posés sur leur rainure qui barrent la pente pour accéder à la tour et les bombes incendiaires et restes calcinés.

Les Gaulois étaient maîtres du pied de la falaise où ils pouvaient circuler sans danger et assez aisément et d'où ils pouvaient narguer et "canarder" les Romains qui trimaient dans la terrible pente d'éboulis.

D'autre part, nous avons déjà indiqué qu'un des camps, probablement celui de César se trouvait sur un promontoire escarpé, au sud, de l'autre côté de la combe de l'Ifernet ; les soldats romains le savaient ce qui accroissait leur bravoure. César et son Etat Major étant au balcon... !

Nous arrivons au terme de l'héroïque résistance gauloise. César fait donner l'assaut par le plateau avec de grands cris de toutes parts. Les Gaulois, effrayés, quittent le pied de la falaise par la brèche de l'arche naturelle et réintègrent la défense du rempart de bouclage du plateau menacé ce qui laisse enfin le loisir aux Romains d'éteindre l'incendie et de sauver leur tour.

XLIII - « ... A la fin nos canaux souterrains coupèrent et détournèrent les ruisselets de la source. Alors voyant soudain à sec l’intarissable fontaine, les assiégés en ressentirent un si grand désespoir qu’ils virent là l’effet non de l’industrie des hommes, mais la volonté des dieux.. Aussi, contraints par la nécessité, ils se rendirent. »

Ainsi se termine la dernière grande bataille connue, dirigée par César sur le sol gaulois, ce qui fait sa singularité. Il fait couper les mains des survivants. Drappès, prisonnier, pour ne point finir lors d'un « triomphe » humiliant, se laisse mourir de faim. Luctérius croyant se mettre à l'abri chez l'Arverne Epasnact, celui-ci le livre aux Romains. Ainsi, « la paix romaine » commence par la cruauté et la trahison...


7. COURRİER ADRESSÉ À LA FAMİLLE BRONDEL PAR LA FAMİLLE DAVID (extraits)

Des lettres sont perdues mais celles présentées ici montrent la genèse et les principales étapes de l'exploration du site. Beaucoup a été échangé oralement lors des nombreuses rencontres sur le site ou ailleurs. La plus grande franchise était de rigueur et les hypothèses diverses soumises à la critique la plus impitoyable. André David travaillait sur la base de sa grande expérience de recherches diverses et en particulier autour de la grotte du Pech-merle à Cabrerets qu'il avait « inventée », jeune berger aventureux, avec des amis, dans son adolescence. Elle a été l'objet de ses soins les plus attentifs. Son expérience enrichie d'une intuition étonnante lui a fait doubler le réseau connu de la grotte avec de nouvelles peintures. C'est tout cela qu'il mit au service de la recherche du site d'Uxellodunum sur les suggestions de René Brondel.

Cette recherche commence au début des années 1960 avec la visite de tous les sites cités par Viré dans son étude des sites possibles d'Uxellodunum ou revendiqués par des chercheurs ce qui le conduira finalement à Colonjat situé curieusement aux confins de la commune de Cabrerets. On est prié de ne pas voir là un choix de convenance ce serait faire injure à sa mémoire mais surtout nier la réalité des faits matériels observables sur place. « Les faits sont les faits les commentaires sont libres », dit la sagesse populaire.

Cette correspondance clot ce travail. Elle montre aussi les hésitations et les faiblesses de certaines hypothèses, par exemple la fontaine ne recoulera pas, mais il exagérait cet élément de preuve « folklorique » alors que le site regorgeait d'indices très convaincants.

Trop vite disparu peu de temps après son épouse et son fils Pierre, il emportait avec lui des indices aujourd’hui difficiles à retrouver et disparaissaient des objets trouvés sur le site, laissés en dépôt à Cabrerets, dont nous pouvons témoigner de l’existence pour les avoir observés. Ces lettres rejoignent les matériaux bruts de l’observation sur le terrain « pour servir et valoir ce que de droit... ». Pierre BRONDEL

LETTRE n°1 DU 27-03-1962 - (extraits).

À PROPOS DE LA DÉCOUVERTE DE LA SOURCE

Je viens vous donner des nouvelles concernant nos recherches sur Uxellodunum, tout va très bien. Nous avons travaillé déjà deux dimanches avec les gars du pays au dégagement de la galerie naturelle agrandie d’ailleurs par les Romains à plusieurs endroits sur les 50 m de galerie que nous connaissons pour le moment. Ce travail parait assez important vu les difficultés rencontrées...

La galerie que nous dégageons se trouve à environ 15 m sous la ville ; elle s’ouvre au-dessus du terre-plein à environ 60 m de celle-ci. La différence de niveau est de 10 m environ. C’est-à-dire que la galerie en question étant située plus haut que la fontaine des Gaulois, (elle) est un étage fossile tandis que l’autre était l’étage actif. Les Romains (l’) ayant explorée ont pu retrouver la galerie active et l’ont déviée ailleurs. Mais où ? Peut-être assez loin de là.


LETTRE N°2 DU 07-01-1963 - Pierre DAVID (extrait).

L'ALİMENTATION DE LA SOURCE

II y a du nouveau sur notre roc historique. Mon père a creusé quelques mètres à la source gauloise et quelle ne fut pas sa stupéfaction de pénétrer dans une grande salle conique dont la base du cône serait le haut, l’eau devait venir du fond ; malheureusement tout s’arrête là, pas la moindre galerie. Il va falloir reprendre les travaux ailleurs. Nous allons tomber dans un réseau formidable avec de grandes différences d’altitude. Il n’y a que des vauclusiennes dans ce pays ! ...


LETTRE N°3(a) DU 27-04-1963 - (extrait)

HYPOTHÈSES SUR LE RÉSEAU SOUTERRAIN

Comme Pierre vous l’a dit dans sa lettre (...) en creusant une galerie de 4m de longueur dans une castine très dure, j’ai abouti à une salle énorme dans ses proportions : plus de 1000 m2 et 35 m de profondeur. Quand vous vous trouvez au fond et que vous apercevez un peu de lumière arrivant par l’entrée, vous avez vraiment une impression d’être écrasé tellement les proportions de cette salle à l’aspect lugubre vous paraissent énormes.

Cette caverne n’a jamais été pénétrée par l’homme. L’eau arrivait par le fond entre les éboulis assez importants qui arrêtent toute progression. Je pense d’ailleurs les faire sauter à la dynamite dans le courant de l’été.

Vous aviez sûrement remarqué lors de vos visites précédentes que la falaise de l’oppidum, pas très loin de la source, était percée par une entaille assez importante qui a conservé encore un peu de voûte. Cette brèche était la sortie d’un assez grand réseau souterrain qui, d’ailleurs, doit traverser de part en part l’oppidum. L’année dernière, j’ai pu me convaincre que cette galerie existe vraiment. A la fin de l’été dernier qui avait été très sec, dans une bande de 10 à 15m. de largeur qui traversait l’oppidum, la végétation était restée aussi fraîche qu’au printemps tandis que toute la surface qui restait était complètement grillée...

J’ai aussi pas mal de chose à vous montrer sur le déroulement des combats de la fontaine et aussi des emplacements occupés par les belligérants. Quant au rempart, il était très compliqué. C’était un véritable château fort.


LETTRE N°3(b) DU 14-07-1963 - André DAVID À FAMILLE BRONDEL (extrait).

FOUILLES AU FOND DE LA GRANDE SALLE

Au fond de la grande salle, avec un appareil à moteur, nous avons percé des trous de mine dans les éboulis. Ce travail fut exécuté assez facilement, les gaz d’échappement s’évacuaient assez vite par l’entrée prouvant ainsi qu’il existe un léger courant d’air arrivant des éboulis.

Je vais les faire sauter quand la salle sera moins humide dans le courant de l’été. Cette salle n’a que de toutes petites fissures et aussi par infiltration à travers le haut des éboulis les occupants du plateau ne s’était jamais douté que, si près d’eux, se trouvait une poche d’eau d’une telle ampleur.


LETTRE N°4 DU 16-01-1964 (extrait).

HYPOTHÈSE SUR LA COUPURE DE LA SOURCE

Et maintenant place à l’histoire. Je crois que cette fois-ci, l’énigme de l’emplacement d’Uxellodunum est bien éclaircie. Les travaux que j’ai faits au fond de la salle m’ont permis d’explorer, au moins du regard, 25 m de profondeur de plus qui, ajoutés aux 35 m de la salle m’ont permis de jeter un coup d’œil jusqu’à 60 m de profondeur. J’ai pu me rendre compte que l’eau qui alimentait la source gauloise arrivait à celle-ci par de petites fissures verticales très profondes, impénétrables pour l’homme. De ce fait, l’hypothèse de déviation dans un réseau naturel souterrain disparaissait.

Etant dans l’impossibilité de pénétrer sous terre jusqu’aux travaux de César, j’ai quand même compris après ce que je venais de voir, que la source située dans la combe de l’Ifernet à 500 m de la salle était la coupure exécutée par les Romains. Je savais déjà qu’une rivière souterraine importante coulait entre la salle et la source de la vallée de l’Ifernet et même beaucoup plus loin... Mais voilà, cette fontaine coule abondamment, presque toujours obstruée par des pierres qu’il fallait enlever pour se rendre compte si elle avait été creusée de main d’homme. Elle n’avait pas cessé de jaillir depuis le mois d’octobre 1962. Et voilà qu’après cette période de froid que nous venons de subir, les sources et les rivières d’ici ont baissé beaucoup et notamment la fontaine en question. L’eau, pour le moment, est à 4 m de profondeur.

Aussi lundi dernier et mardi le lendemain, avec Pierre, nous avons dégagé la sortie de la source et pu constater que le plafond des veines où passe l’eau a été crevé par les hommes après avoir percé 2 m d’épaisseur dans le roc. Il semble que sur une grande surface de terrain aujourd’hui comblée par la terre se trouvent pas mal de traces de creusement dans le roc.

« Ceux qui, à l’abri de tout danger et à l’insu des assiégés, pratiquaient des mines pour couper les veines de la fontaine, étant parvenus à les découvrir, en diminuèrent d’abord le volume en les divisant et mirent à sec la fontaine ». Evidemment la coupure a eu lieu à 80 m plus bas que la source gauloise.

La grande salle pleine d’eau a dû mettre un moment pour se vider complètement et pensez un peu à la pression de l’eau quand elle a commencé à s’échapper... ! Le travail de percement sur la distance de 500 m pouvait se faire sans être vu ni entendu des assiégés. Le mot veine convient très bien puisque l’eau circule dans des failles d’une moyenne de 30 cm. de largeur. Je pense, si l’été prochain est sec, fermer le plafond des veines avec du ciment en laissant une vanne qu’on puisse fermer et ouvrir à volonté pour faire comprendre au public, en faisant recouler la source tarie depuis 2000 ans et la re-tarir que c’est bien là Uxellodunum.

Pour bien comprendre comment se sont déroulé mes recherches depuis le début veuillez consulter le croquis des lieux très approximatif mais qui vous permettra, je l’espère, de vous rendre compte de l’ensemble.

Après les premières investigations aux environs de l’oppidum, deux grandes sources, une de chaque côté (la 1 et la 2 du croquis) deux hypothèses s’offrait à moi : voici la première.

Si la déviation avait été faite dans le réseau naturel n° 9 du croquis encore inexploré, l’eau ainsi détournée coulerait maintenant à la source n°1 cette hypothèse s’est révélée fausse après les travaux faits au fond de la salle. Grâce à ces travaux, j’avais la certitude absolue que c’était la rivière souterraine n° 7 du croquis qui avait été coupée au point 2 toujours du croquis ou coule aujourd’hui l’eau qui autrefois montait à la source n°3. C’était d’ailleurs pour cela que j’avais pénétré dans le lit de l’ancienne source. Si la première hypothèse avait réussi elle aurait prouvé que César était un spéléologue ; la deuxième prouve qu’il était un bon radiesthésiste... !

Légende :

  • 1 : source Marty
  • 2 : coupure de la rivière souterraine par César
  • 3 : sortie de la source gauloise coupée au point 2
  • 4 : entrée de la galerie supérieure agrandie par les Romains
  • 5 : intervallum de 40m de large et ruines des remparts
  • 6 : descente au ruisseau
  • 7 : emplacement approximatif de la rivière coupée à 500m du point 3
  • 8 : galerie arrivant sous l'oppidum encore inexplorée


LETTRE N°5 DU 10-01-1966 - (extrait).

ÉCHEC ! LA SOURCE NE COULERA PAS

Depuis Noël, par forte pluie, le bouchon de la source a fermé hermétiquement mais sous l’effet de la pression une nouvelle sortie d’eau s’est créée à proximité dans le terrain...



8. A SUİVRE...


Les sites prétendant à la gloire posthume de nos ancêtres les Gaulois sont nombreux. Des personnages notables ou savants ont défendu ou défendent tel ou tel pour des raisons qu'il ne nous appartient pas de juger même s'il nous semble que toutes ne sont pas à l'écart d'enjeux touristiques mercantiles. Que chacun, honnêtement, aligne ses indices avec le texte comme nous avons tenté de le faire. Il n'y a pas de honte à se tromper et c'est par l'erreur que, pour une bonne part, l'Humanité progresse quand elle daigne le reconnaître et se réformer.

Aucun intérêt particulier ne s'attache à ce petit coin du Quercy que désertent même les brebis qui savaient au moins, en plus de leur lait et des agneaux, faire table rase des épines, chardons et autres ronces qui rendent nos sites quasi inaccessibles.

Des auteurs ont souligné les déformations historiques autour des Commentaires et les sites hâtivement reconnus (pour des raisons politiques ?) par Napoléon III prêtent le flanc à la polémique tant Gergovie qu’Alésia. Le site de Colonjat est celui qui présente le plus grand nombre de similitudes avec le texte des Commentaires.

Le Puy d'Issolu Comme Capdenac le haut sont des oppida d'une grande richesse archéologique, ayant connu comme beaucoup d'autres, des drames ce qui justifie grandement leur étude mais aucun ne peut être Uxellodunum. Aucun des points du texte ne s'applique. Or Uxellodunum n’existe que par sa fidèle description.

Nos recherches ont mis 40 ans pour mûrir et l’âge nous rend la montée sur le site difficile, nous avons voulu prendre date avant que notre mémoire ne défaille. II n’y a pas eu de démarche scientifique au sens traditionnel du terme mais, à défaut de chercheur autorisé, un vrai travail d’Amateurs au sens de ceux qui aiment. Cette triste histoire romantique et cruelle nous a bouleversés et rendons aux héros de cette épopée « hommes perdus, esclaves appelés à la liberté, exilés pris dans tous les états, brigands, avec lesquels (il) avait intercepté les bagages et les convois des Romains... » (chap. XXX) ce qui leur appartient à défaut de rendre à César ce qu’il a pris sans rien demander à personne...


Chercheurs de bonne volonté, au travail... et n'oubliez pas un bon hydrogéologue... !


9. A PROPOS DES AUTRES SITES

Les chercheurs qui travaillent sur les autres localisations se doivent de répondre, entre autres, à ces questions :

  • La superficie est-elle efficacement défendable par 2 000 hommes, jours et nuits, pendant deux mois, contre au moins 24000 assaillants ?
  • Où et comment les Gaulois s'approvisionnaient-ils ?
  • La source tarie est-elle là où la rivière n'entoure pas la montagne, est-elle d'un accès relativement aisé pour les défenseurs et très difficile pour les assaillants ?
  • Les combats se déroulaient-ils à proximité et sous les regards d'un camp romain ?
  • Comment la source a t-elle été détournée ?

A l'exception du dernier point (qui continue d'être étudié) le site du roc de Colonjat répond à ces questions. Jusqu'à preuve du contraire, c'est Uxellodunum, ce qui ne dévalorise en rien l'intérêt archéologique des autres sites proposés.

Les seuls éléments disponibles sont Les Commentaires. Ce doit être la « bible » de tout le monde, sans état d’âme !


10. BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE SUR UXELLODUNUM


PERIER Roger : Veyrac Uxellodunum ou l’oppidum de la dernière chance (imprimerie RIOL à ST-CERE). Basé sur la traduction de L.A. CONSTANT le descriptif ne néglige pas les restrictions du traducteur sur le site de Vayrac. Il reprend les comparaisons de Camille JULLIAN dans « Histoire de la Gaule (Hachette,1909) » qui est sûr de l’adéquation du site et du texte (8 points POUR et 1 point CONTRE) mais a-t-il bien compris le déroulé de TOUS les événements ? L’auteur signale quelques entorses à la traduction destinées à faire passer la démonstration en force (comme pour Alésia et Gergovie) mais il n’en donne pas moins une conclusion poético-enthousiaste, ébloui par les trouvailles archéologiques faites lors des fouilles. Cela ne suffit pas à faire preuve pour Uxellodunum même si cela est d’un très grand intérêt.

PONS Georges : Uxellodunum haut lieu quercynois (1994). Très exhaustif sur le contexte politique de Rome au dernier siècle AV JC et les conditions de la conquête de la Gaule il passe en revue les sites "prétendants". Une explication de texte très fouillée n’éclaire guère la vision générale qu’il faut avoir des caractéristiques spécifiques du site et de la chronologie des événements. L’auteur opte pour un positionnement différent sur le site de Capdenac. On peut lui reprocher d’écarter beaucoup trop légèrement le roc de Colonjat (Coronzac).

COMMISSION D’ETUDE ET DE RECHERCHE SUR CAPDENAC UXELLODUNUM : La fontaine gauloise et la fontaine de César dans le dispositif du siège et de la bataille d’Uxellodonum (Imprimerie SALINGARDES à Villefranche de Rouergue 1965). Le travail des auteurs autour des fontaines et de la tour ne prouve pas grand chose hors le fait que, comme dans presque tous les oppidums, les fouilles sont fructueuses. Ils assurent avoir fait le tour de tous les sites "prétendants" et de n’avoir pas trouvé plus convaincant que Capdenac le Haut. Mais est-on obligé de ramener le Lot près du pied de l’oppidum pour "coller" avec le texte ?

LES TRADUCTIONS DES COMMENTAIRES DE CÉSAR :

CONSTANT L.A. : Collection des Universités de France (Association Guillaume BUDE). Cette traduction et richement et judicieusement annotée.

RAT Maurice : Garnier Flammarion texte intégral 1964. C'est le texte que nous avons reproduit. Il faut noter des index très éclairants sur les termes militaires, les peuples et les chefs gaulois...

ROUSSEL Germaine : Le Monde en 10-18.

DE WAILLY M. : chez BARBOU imprimeur à Paris-1806. Edition latin/français. L'auteur traduit Uxellodunum par Cahors !


Edité avec l’aimable collaboration de l’Association Louis Luc pour l’Histoire et la Mémoire de Choisy le Roi : courriel : histoire.memoire.choisyleroi@gmail.com - Dépôt légal 2009




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