The Majestic de Frank Darabont

Intérêt
Par le biais d’une belle histoire, Frank Darabont s’inscrit dans le droit fil de Franck Capra et délivre tout à la fois un vibrant hommage au cinéma et aux Etats-Unis des années cinquante .


Table des matières

1. ANALYSE


On retrouve dans ce nouveau film de Frank Darabont le goût du fantastique et la sentimentalité qui avaient fait le charme de La Ligne verte (1999). Cette fois, les années 1950 aux Etats-Unis servent de cadre à l’histoire d’un scénariste ambitieux, Peter Appleton joué par Jim Carey, et indifférent à ce qui se passe autour de lui. Mais la « chasse aux sorcières » communistes initiée par le maccarthysme va injustement le mettre en cause. Brutalement dépossédé des premiers signes de la réussite (maîtresse qui le quitte, studio qui se détourne de lui), le héros se voit privé de l’avenir dont il rêvait et se retrouve victime d’un accident hautement symbolique : projeté, au volant de sa voiture, dans un fleuve, et emporté par le courant il échoue au bord d’une plage, vivant mais amnésique. Ce qui clôt la première partie du film.

Accident symbolique, s’il en est. En effet, cette plongée dans les eaux peut apparaître comme une sorte d’immersion dans le liquide amniotique et prélude à une re-naissance. Un autre film commence : désormais amnésique, il se retrouve dans une petite ville très différente du milieu qu’il fréquentait à Hollywood dont les valeurs (ambition, réussite, hypocrisie, faux-semblants) sont aux antipodes de celles qu’il va découvrir (dévouement, solidarité, respect, sincérité) et qui sont celles de l’Amérique profonde encore marquée par les sacrifices en vies humaines consentis pendant la deuxième guerre mondiale. On notera ici que le réalisateur propose une originale idée de mise en scène : dès que Peter Appleton arrive dans la petite ville, il n’est plus fait mention du prologue pendant une dizaine de minutes, sans doute pour que le spectateur en oublie la réalité : ainsi peut-on dire que l’amnésie est, en quelque sorte, « filmée » par cette « absence » de référence au début du film.

La suite va permettre à Frank Darabont de montrer l’évolution de son héros. Peter est pris pour un autre (Luke, disparu lors des combats de 1940-1945) en raison d’une ressemblance physique, est tout de suite adopté par les habitants, et se voit offrir famille, amour et amitié. De son côté, il va progressivement rendre à la ville sa joie de vivre d’avant la guerre en faisant revivre le cinéma « The Majestic », tel le Messager du Bonheur. L’essentiel du film est, on l’a compris, directement inspiré par le cinéma de Frank Capra (et, notamment, par l’optimiste La vie est belle, 1947 ) auquel est ainsi rendu hommage.

La dernière partie du film est marquée par le retour du passé du héros dans sa nouvelle vie et les bouleversements qui s’ensuivent. Un instant remise en question, l’harmonie de la petite ville sera rétablie car l’arriviste indifférent à tout, voire cynique, du début s’est métamorphosé en héros humaniste positif dont le discours final dénoncera la « chasse aux sorcières » et célèbrera les valeurs traditionnelles de l’Amérique.

Les intentions de Frank Darabont sont éminemment sympathiques : vibrant hommage au cinéma, couleurs chaleureuses, reconstitution émouvante d’une époque disparue, hommage à Martin Landau, l’acteur au regard inquiétant du magnifique La Mort aux trousses [1] d’Hitchcock, etc. Malheureusement, le spectateur ne peut manquer d’être irrité par une réalisation qui pèche par un excès systématique de sentimentalisme : ce n’est pas se montrer insensible que de refuser les (vraiment trop) gros plans de visages des acteurs longuement filmés jusqu’à ce que … coulent les larmes ! Quant aux bons sentiments, ils sont, hélas !, bien trop lourdement montrés.

Bref, le film développe une métaphore – l’Amérique d’aujourd’hui (incarnée par la première vie de Pete) est oublieuse des vraies valeurs de celle d’hier (représentée par la petite ville de Lawson) dans laquelle elle doit se replonger pour se ressourcer et retrouver son humanis (comme l’a fait Pete s en devenant Luke, messie attendue par tout le village) - qui peut séduire, voire convaincre, mais reste maladroitement présentée…


2. SYNOPSIS


Dans les années cinquante (1951), Peter Appleton est un scénariste talentueux dont l’avenir s’annonce brillant à Hollywood. Hélas pour lui, ses idées politiques ne sont pas partagées par le milieu dans lequel il travaille au point qu’il est mis à l’index et soupçonné par la Commission des Activités Anti-Américaines. Dès lors, Peter voit s’effondrer ses rêves de réussite. Sous le coup de la désillusion, il prend sa voiture après avoir bu plus que de raison et percute contre le pilier d’un pont. La voiture bascule dans la rivière. Inconscient, il dérive et échoue sur la rive à proximité d’une petite ville, Lawson.

On lui porte secours, mais Pete est devenu amnésique. Les habitants de la ville accueillent chaleureusement Pete en qui ils voient, en raison d’une ressemblance physique, l’un des leurs. Harry Trimble, affirme même que Peter est son fils Luke Timble qui était porté disparu depuis sa participation aux combats de la Deuxième Guerre Mondiale.

Pete est si ému par la joie du père qu’il finit par s’identifier à Luke. D’autant plus que Pete est en pays de connaissance, lui le scénariste de film, et accepte d’aider Harry Timble puisque ce dernier a pour objectif de rendre vie au « Majestic », cinéma de la ville, et d’offrir de nouveau aux habitants ce lieu convivial - et temple du rêve s’il en est - qu’est le cinématographe. Pete rencontre même la fiancée de celui dont il a pris la place : Adele. Une grande fête chaleureuse unit les habitants de la ville.

Cependant, sa longue disparition alerte Hollywood et le FBI lance des recherches pour retrouver sa trace.

Le « Majestic » ouvre enfin ses portes et la petite ville connaît le bonheur de la communion partagée autour d’un film. A l’occasion de la projection du film « Les Pirates du Sahara », Pete reconnaît l’un de ses scénarios et son vrai passé s’impose à lui. Mais Harry est victime d’un malaise dans la cabine même de projection et meurt peu après, toujours dans l’illusion d’avoir retrouvé son fils.

Toutefois Adele, qui n’est pas dupe, obtient les confidences de Pete et la vérité sur son identité. Elle lui conseille de comparaître devant la Commission et de dire la vérité concernant ses amis. Ce qu’il fait. Lors de l’audience, il commence par être impressionné par le Jury et a du mal à s’exprimer avant de retrouver confiance et d’invoquer le premier Amendement de la Constitution qui garantit la liberté de pensée. Dès lors, de plus en plus sûr de lui, Pete prononce un brillant plaidoyer contre « la chasse aux sorcières » qui achève de convaincre la Commission, notamment parce qu’il révèle que sa participation à une réunion de sympathisants communistes était fortuite : il se contentait d’accompagner une jeune femme qu’il envisageait de séduire !

Ainsi lavé de tout soupçon, Pete retourne à Lawson où il est accueilli en triomphe. Et il épouse Adele.


3. FICHE TECHNIQUE


  • Réalisation : Franck Darabont.
  • Année : 2001.
  • Scénario : Michael Sloane.
  • Musique : Mark Isham.
  • Photographie : David Tattersall.
  • Production : Frank Darabont.
  • Durée : 152 minutes.
  • Production : Castle Rock Entertainment / Darkwoods Productions / NPV Entertainment / Village Roadshow Productions.
  • Distribution : Warner Bros.

Distribution :

  • Peter Appleton / Luke : Jim CAREY.
  • Harry Trimble : Martin LANDAU.
  • Adèle Stanton : Laurie HOLDEN.
  • D. Stanton : David OGDEN STIERS
  • Stan Keller : James WHITMORE.
  • Ernie Cole : Jeffrey DeMUNN
  • Kevin Bannerman : Ron RIFKIN.
  • Le sénateur Doyle : Hal HOLBROOK.
  • Le conseiller Elvin Clyde : Bob BALABAN.
  • Le shérif Cecil Coleman : Brent BRISCOE.


4. BANDE ANNONCE




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  Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2015-02-04 17:03:01




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