Stand by me de Rob Reiner

Intérêt
Ce film de Rob Reiner connut un grand succès en 1986 tant auprès des adultes que du jeune public grâce à un portrait juste et émouvant de l'enfance, mais aussi à des acteurs vrais et au regard inspiré du réalisateur sur ce moment privilégié de la vie.


Table des matières

1. Analyse


Devenu un film culte depuis sa sortie en 1986, Stand by me de Rob Reiner, d’après une nouvelle de Stephen King - The Body, publiée en 1982 et conforme à l’original sauf pour la fin (1) -, offre 85 minutes d’un émouvant tableau de ce qu’est l’enfance, à la fois innocence, émotion et cruauté.

Dès l'ouverture du film, le ton est donné : un écrivain, Gordon Lachance, apprend par un journal daté de 1985 la mort de Chris Chambers qui fut son ami d'enfance. Il se souvient aussitôt d'un épisode de leurs douze ans à travers les deux journées d'août 1959 au cours desquelles, en compagnie de deux autres copains, ils vécurent une aventure inoubliable. Il entreprend alors de la raconter…

Une structure conforme au propos du film

Le réalisateur organise donc le récit de ces deux journées sous la forme d’un retour en arrière de vingt-six ans qui constitue l’essentiel du film et qui prend fin par le retour au point de départ avec le même Gordon Lachance. Le film se construit donc sur un double plan : d’une part, le récit proprement dit de cette escapade de deux journées ; d’autre part, le commentaire de ces événements par l’un des protagonistes – sans doute le plus réfléchi et le plus sensible – quelque vingt-six années plus tard, énoncé par une voix off.

Cette structure en forme de double point de vue permet ainsi de proposer un film plus riche dans la mesure où, de cette confrontation entre l’enfance montrée telle qu'elle a été vécue et le souvenir de l'âge adulte, surgissent les émotions les plus diverses : du sentiment que le destin de chacun se joue dès les premières années, à la perception que le hasard conduit toute vie, pour finir par la nostalgie du temps qui passe.

Ce retour en arrière se construit par ailleurs sur un montage en parallèle de séquences qui concernent tantôt la bande des enfants, tantôt celle des adolescents (« les grands ») menée par Ace. Cette symétrie entre les deux groupes – tous deux également constitués de quatre membres – permet, du point de vue du récit, de suivre leur progression vers ce qui les réunit, à savoir la découverte du corps de Ray Brower. Mais il présente le second intérêt d’opposer deux âges de la vie : le temps de l’enfance qui s’achève (Gordie et ses amis) et celui de l’adolescence à venir (le groupe des « grands » avec Ace et sa bande).

Un voyage initiatique

Le point de départ de l’aventure est donc le désir des quatre jeunes garçons d’être les premiers à retrouver le corps d’un jeune, Ray Brower, porté disparu depuis plusieurs jours (2). L’enjeu du film réside dans cette confrontation entre l’expérience personnelle de la vie qu’ils vont faire à travers leur aventure et l’obsession de la mort. Il s’agit donc d’un voyage initiatique qui va les transformer peu à peu au gré des aventures et des mésaventures qu’ils vont devoir affronter -à l’inverse, le groupe des adolescents (les « grands ») ne montrent aucun signe d’évolution pendant le film.

On apprend ainsi que Chris, considéré comme le meneur du groupe, souffre d’être assimilé à sa famille délinquante et d’être suspecté de malhonnêteté quoi qu’il fasse. Gordy, de son côté, vit dans le désespoir de la mort de son grand frère, un désespoir ravivé par la certitude que son père lui reproche d’être le survivant des deux. Quant à Teddy, il doit endurer la mauvaise réputation de son père qui a pourtant combattu pendant la Seconde guerre mondiale en héros, mais est devenu un ivrogne. Vern, enfin, supporte mal d’être le souffre-douleur du groupe et d’être perçu comme un pleutre.

Les épisodes du récit sont toujours captivants : le drame (instinct suicidaire de Teddy Duchamp ; course de voitures des adolescents ; fuite des enfants devant le train, conflit entre les deux groupes pour s'emparer du corps découvert) côtoie l'énorme farce (récit du concours de tartes imaginé par Gordie et visualisé dans le film), l'émotion (souffrance de Teddie ou de Gordie née de leur rapport difficile avec leur père), voire la poésie pure (l’apparition de la biche). L’accent est mis sur cette amitié – dont la force est caractéristique de l’enfance - qui les lie et leur permet de s’épauler lorsque les épreuves les affaiblissent, au moment même où les parents ne sont plus d’aucun secours.

S’il fallait s’appuyer sur une séquence du film pour cerner ce moment de vie qu’évoque le film, nul doute que l’épisode du pont sur la rivière est un symbole parfait, qui leur fait franchir une étape décisive sur le chemin de la vie : ils quittent à jamais la rive de l’enfance pour aborder au territoire de l’adolescence – ce qu’ils ne savent pas encore. Mais, à la fin du film, à leur retour à Castle Rock, comme le constate Gordie avec un certain étonnement, leur ville lui paraît alors « plus petite qu’à leur départ. »

C’est que ce voyage court par sa durée – mais si décisif pour eux – leur a permis de compenser cette douleur collective de l’absence (Gordie a perdu son frère aîné qu’il vénérait ; Chris est sans modèle dans sa famille, ni dans son entourage ; Teddy ressent un vide qu’il ne peut combler devant ce père alcoolique déchu : Vern manque de courage) par la présence chaleureuse et amicale de leur groupe (Gordie et Chris se confient l’un à l’autre ; Teddy essaie de ressusciter l’image de son père, Héros du débarquement ; Vern entend faire avouer aux autres qu’ils connaissent eux aussi le sentiment de peur). Bref, ce sont les épreuves subies ensemble le temps de l’aventure qui leur ont permis de dire leurs souffrances et de ne plus se sentir seuls au monde. Le titre « Stand by me » (« Reste près de moi », c’est-à-dire « Je compte sur toi » mais aussi « Compte sur moi »), particulièrement bien choisi, témoigne judicieusement de ce besoin d’autrui…

Des personnages en évolution

Et la transformation des personnages se reflète précisément dans leur perception de la recherche du corps de Ray Brower, qui se modifie au cours du film. L’objectif initial du groupe – et fondement du récit - s’apparente à un jeu conçu en toute naïveté par des enfants (ramener le cadavre à Castle Rock et devenir célèbres en étant filmés à la Télévision). Or, une fois que les épreuves ont été surmontées et la bande soudée, Vern, Teddy et Chris ne souhaitent plus aller jusqu’au bout du projet, mais préfèrent renoncer, puisque, entre-temps, ils ont obtenu ce qu’ils cherchaient, à savoir la satisfaction du besoin d’affection et de reconnaissance de la part de leurs amis. Ramener le corps du disparu leur paraît désormais superflu : ce n’est plus, à leurs yeux, qu’un objectif vidé de son sens.

Gordie, à l’inverse, refuse avec véhémence d’interrompre les recherches. (« J’ignore pourquoi il me fallait voir ce cadavre. », dit la voix off) N’est-ce pas parce que la découverte – et la vision - du corps de Ray Brower s’apparente à une aventure intérieure plus intime ? Gordie l’associe, en effet, à l’épisode douloureux de la mort de son frère puisque, mis en présence du cadavre de Ray Brower, il s’écrie en pleurs : « Pourquoi il a fallu que tu meures ? » On peut comprendre cette confusion ô combien ! révélatrice : depuis la disparition de Denny, Gordie – qui confie à Chris n’avoir pas pleuré à l’enterrement – n’avait sans doute pas la maturité suffisante pour comprendre et encore moins pour accepter la mort de ce grand frère « sur lequel il comptait tant. » Cette expédition à quatre – qui s’apparente à un voyage à l’intérieur de lui-même - peut être considérée comme une seconde chance, qui, ravivant la douleur du deuil, lui a permis de verser ces larmes qui le rendent – enfin – « normal » à ses yeux. La preuve en est, ensuite, son refus énergique de ramener le corps ; il dicte même à ses trois copains la voie à suivre : avertir la police de la découverte du corps de Ray Brower par un coup de téléphone anonyme, selon les termes énoncés par la voix off.

La séquence finale marque le retour au début du film – soit vingt-six années plus tard – et montre Gordie écrivant le récit des événements narrés par la voix off. Bref, devenu cet écrivain qu’avait pressenti Chris, Gordie éprouve le besoin de redonner vie et présence à celui dont il vient d’apprendre par le journal l’absence définitive, en une sorte d’hommage posthume. Plus généralement, ce sont ces deux journées qui sont exhumées du passé et sauvées de l’oubli du temps. L’œuvre d’art, selon les mots de Malraux, comme un « anti-destin »…

Ce film gai et grave fait passer, à travers les personnages du film, par toutes les émotions et renvoie le spectateur - placé dans la situation du Gordie adulte - à sa propre enfance à jamais disparue, dont la réalité s’est effacée comme s’efface, sur l’écran même, l’image du personnage de Chris lorsque sa mort est évoquée par le narrateur...

Un beau film sur l’enfance et l’amitié, sur l’absence et la disparition…


2. Notes


(1) On notera que trois personnages du film portent des patronymes français (Lachance/Duchamp/Cormier) comme si l’Oregon de Stephen King gardait toujours trace de l’ancienne présence française...

(2) Stephen King a vécu, dans son enfance, une expérience dramatique : il a vu l’un de ses amis percuté par un train sur une voie ferrée. Cet accident est sans doute à l’origine de sa nouvelle. Le film fait ainsi référence à l’accident du jeune Ray Brower.

(3) Pour les amateurs de la musique de l’époque, une liste des principales chansons du film s’impose. Sorties entre 1956 et 1959, elles illustrent musicalement la randonnée des quatre copains et donnent au récit la coloration des années cinquante au cours desquelles il est censé se dérouler.

Great balls of fire (1957), un rock violent de Jerry Lee Lewis, se fait entendre lors de la casse des boîtes à lettres par la bande de Ace. En argot américain le mot « balls » fait explicitement référence aux « couilles », c’est-à-dire à la virilité et au courage supposés de ces garnements adolescents en mal de puissance.

Yakety Yak (1958) de The Coasters, dont les paroles moquent la vie insipide réservée aux adolescents, sert de fond sonore à la course de voitures suicidaire conduite par Ace, et renvoie au film – mythique, pour toute une génération - de Nicholas Ray, La fureur de vivre (1955), interprété par James Dean.

Every day (1957) de Buddy Holly, à l’inverse, chanson émouvante, fait allusion, avec délicatesse et douceur, aux états d’âme des quatre copains.

Lollipop (1958) de The Chordettes, rythme l’enthousiasme de leur marche vers l’aventure.

Book of love (1958) de The Monotones, qui évoque l’amour romanesque, sert de contrepoint ironique au discours macho de la bande Ace quand ils évoquent crûment les filles.

Stand by me (1961) interprétée par Ben E. King and The Drifters, enfin, donne son titre au film. Seule chanson à être postérieure à l’époque à laquelle se déroule le récit, elle sert de leitmotiv à cette magnifique randonnée et submerge le film de son pouvoir nostalgique. En voici les paroles :

« When the night has come/ « Quand le soir est tombé
And the land is dark/ Et que noire est la nuit
And the moon is the only/ Quand à nos yeux la lune
light we’ll see/ Est la seule lueur
No, I won’t be afraid/ Non je n’aurai pas peur
No, I won’t be afraid/ Non je n’aurai pas peur
Just as long as you stand/ Tant que tu seras
Stand by me/ Près de moi
So darling, darling/ Alors, toi que j’aime
Stand by me / Reste avec moi
Oh, stand by me / Oh oui tout près
Oh, stand / Oh reste
Stand by me / Et compte sur moi
Stand by me / Oui compte sur moi
If the sky that we look upon / Si le ciel sur nos têtes
Should tumble and fall / S’effondrait
Or the mountains should crumble / Si les monts dans la mer
To the sea / S’écroulaient
I won’t cry, I won’t cry / Je ne pleurerais pas, je ne pleurerais pas
No, I won’t shed a tear / Non, même pas une larme
Just as long as you stand / Aussi longtemps que tu resterais
Stand by me / Près de moi
So darling, darling /Oh toi que j’aime
Stand by me / Reste avec moi
Oh, stand by me / Oh reste avec moi
Oh, stand / Oh reste
Stand by me / Oh compte sur moi
Stand by me / Tu peux compter sur moi
Whenever you’re in trouble / Chaque fois que tu auras des problèmes
Won’t you / N’est-ce pas
Stand by me / Reste avec moi
Oh, stand by me / Oh reste avec moi
Oh, stand / Oh reste
Stand by me / Oh compte sur moi
Stand by me » / Tu peux compter sur moi »

(Paroles et Musique: Ben E. King, Jerry Leiber, Mike Stoller.) (Traduction française de Liou)


3. Synopsis


Le 4 septembre 1985, un homme d’une trentaine d’années, Gordie Lachance, apprend, par le quotidien du jour qu’il vient de lire dans sa voiture immobilisée sur le bord d’une route et qu’il a posé sur le siège du passager, qu’un nommé Chris Chambers, Procureur, a été tué par un délinquant (à ce moment-là, deux enfants en vélo passent dans le champ de la caméra). Lui reviennent alors en mémoire les événements de deux journées inoubliables vécues par leur bande de copains, alors qu’il n’avait que douze ans et que, dit-il, « Pour la première fois, il avait vu un mort. »

Puis sa voix off raconte ces événements dont le souvenir imagé s’inscrit à l’écran.

C’était à Castle Rock, dans l’Oregon, pendant l’été 1959. Gordie, Chris, Teddy, les trois copains inséparables, réunis à leur habitude dans leur cabane pour se distraire, jouent aux cartes tout en plaisantant.

Vern, le quatrième garçon de leur bande les rejoint tout excité – mais il a, une fois, oublié le mot de passe pour y accéder ! Il leur révèle que, se trouvant par le plus grand des hasards sous la terrasse de sa maison (il creusait la terre à la recherche de son trésor une fois de plus égaré !), il a entendu son grand frère Billy raconter à Charlie Hogan que le corps de Ray Brower, l’adolescent qui avait disparu de leur petite ville depuis plusieurs jours, aurait été découvert mort dans un accident de train à une trentaine de kilomètres de là. Mais les deux « grands » hésitent à alerter la police dans la mesure où ils se trouvaient dans une voiture volée lors de la découverte.

Après un bref échange, nos quatre amis décident alors de partir eux-mêmes à la recherche du cadavre sans en parler à quiconque, afin d’être les premiers à annoncer la nouvelle et tirer ainsi gloire de leur découverte (passer à la télévision !).

Gordy se prépare pour l’expédition et emprunte la gourde de son frère aîné qui est mort dans un accident de voiture. Il le revoit lui parler et l’encourager en lui offrant sa casquette. Son père qui surgit à ce moment-là dans la chambre le sort de sa rêverie en lui reprochant sa présence dans la chambre de son fils vénéré et ses mauvaises fréquentations, notamment celle de Chris que l’on a accusé d’avoir dérobé l’argent du lait à l’école.

En route vers le lieu de réunion, Gordie rencontre précisément Chris qui a « emprunté » le pistolet de son père, mais assure qu’il n’est pas chargé. Pourtant, suite à une fausse manœuvre, un coup part. Les deux jeunes garçons, affolés, prennent la fuite cependant qu’une voisine alertée par la détonation les réprimande. Gordie s’en prend alors à Gordie qui proteste de sa bonne foi.

Tous deux croisent ensuite le chemin du frère de Chris, Eyeball, et du chef de la bande des « grands », Ace, un mauvais garçon violent qui cherche aussitôt à les humilier et vole la casquette du frère de Gordie. Chris a beau s’y opposer, il est jeté au sol et les deux voyous partent avec leur butin. Gordie, Chris, Teddy et Vern s’organisent pour réaliser leur projet : chacun met en commun ce dont il dispose en fait d’argent, de matériel de couchage et… du pistolet « emprunté » pour l’occasion par Chris. Et c’est le début d’une marche-randonnée qui représente pour eux l’Aventure de leur jeune vie.

Ils arrivent sur la voie de chemin de fer et calculent que, selon l’itinéraire qu’ils choisiront, ils ont 32 ou 48 kilomètres à parcourir avant d’atteindre leur but. Le premier événement qui les met en émoi concerne Teddy qui entend jouer au torero avec une locomotive lancée à vive allure ; ce qui oblige Chris à intervenir pour lui éviter in extremis un mauvais sort. Puis ils s’aperçoivent qu’ils ont oublié les provisions de nourriture et en accuse Vern qui proteste vainement.

Pendant ce temps, sur la route qui conduit au corps du jeune Ray Brower, la bande de Ace exerce sa violence gratuite sur les boîtes à lettres, pulvérisées à coups de batte de base-ball. De leur côté, les quatre amis vont vivre leur seconde expérience mémorable… Ils arrivent en vue d’une casse de voitures et Chris et Gordie en profitent pour se lancer un défi pour savoir qui court le plus vite. Ils pénètrent à l’intérieur du dépôt pour s’éviter un détour. Vient ensuite le moment de rassembler quelque argent et de tirer au sort qui ira jusqu’à l’épicerie acheter les provisions indispensables. Le hasard choisit Gordie, qui est aussitôt reconnu par le commerçant. Ce dernier évoque le souvenir de son frère Denny et, pour le consoler, cite la Bible (« La vie côtoie la mort. »). Gordie semble désemparé et un nouveau souvenir de son frère remonte alors à sa mémoire : son frère aîné, Denny, pour le mettre en valeur aux yeux du père qui admirait ses talents de joueur de football américain avait insisté sur le talent incroyable de son jeune frère pour écrire des histoires.

Lorsque Gordie, chargé des provisions, revient à la casse, il ne trouve plus ses amis. En effet, Gordie voit débouler un chien et n’a que le temps de prendre ses jambes à son cou avant de sauter la barrière derrière laquelle l’attendent ses trois copains. Le propriétaire de la casse les invective et, afin d’humilier les enfants, il prend à parti Teddy dont il insulte le père en prétendant qu’il est fou ; ce qui a le don de mettre Teddy dans une rage folle. Ses trois copains ont du mal à l’éloigner et Chris révèle à Gordie que M. Duchamp a effectivement failli tuer son fils qui l’adore pourtant et célèbre ses faits de guerre lors du débarquement en Normandie en 1944.

Le voyage des quatre amis se poursuit, agrémenté par les échanges entre eux. Teddy et Vernes discutent de la supériorité de leurs héros respectifs, tandis que Gordie et Chris s’interrogent sur leur caractère (le premier se trouve « anormal ») et leur avenir (le second sait qu’il doit intégrer une voie professionnelle, à la différence de son ami, et qu’ils vont devoir se séparer). Les quatre amis sont ensuite amenés à traverser une rivière que franchit le pont étroit de la voie ferrée sur laquelle ils sont engagés. Mais un train surgit alors qu’ils ne sont pas rendus de l’autre côté et, faute de place, ils sont obligés de courir, talonnés par le convoi, puis de sauter dans le vide pour échapper à une mort certaine.

Au cours de la nuit qu’ils passent ensemble autour d’un feu improvisé, Vern, chargé de monter la garde mais effrayé par l’obscurité, se fait moquer une fois de plus pour ses peurs. Gordy puise alors dans son imagination fertile et raconte une histoire désopilante de concours du plus grand nombre de tartes à avaler, ce qui dissipe l’atmosphère lugubre de la nuit. En plein sommeil, Gordy est réveillé en sursaut par un cauchemar : il est à l’enterrement de son frère Denny, et son père le regarde d’un air sévère lui disant : « Il aurait mieux valu que cela t’arrive à toi. » Chris, quant à lui, se confie à Gordy : quoi qu’il fasse, il est suspecté du moindre vol qui se produit - même lorsqu’il n’y est pour rien et qu’il est accusé par la responsable, la maîtresse d’école en l’occurrence, qui l’a laissé accuser du vol - alors qu’il avait rendu l’argent - pour s’acheter une robe avec l’argent rendu par Chris. Étant donné qu’il appartient à une famille malhonnête, il sera toujours le coupable idéal. Au petit matin, Gordie, qui s’est isolé un bref instant, voit une biche, mais décide de n’en dire rien à ses amis : ce sera son secret…

De leur côté, les « grands » s’informent à la radio des nouvelles concernant la disparition du corps de Ray Brower. Eyeball Chambers et Charlie Hogan finissent par informer Ace et Billy qu’ils savent où se trouve le corps. Ace décide qu’ils vont s’y rendre. Leur longue marche reprend et la journée s’avance : pour gagner du temps avant que la nuit ne les surprenne, ils décident de passer par une zone marécageuse, mais s’aperçoivent avec effroi que des sangsues se sont collées sur tout leur corps et leur aspirent le sang. Gordy, le plus sensible, choqué, s’évanouit. Quand il reprend conscience, ses amis sont en train de se disputer pour savoir s’il faut ou non continuer l’expédition. Gordy prend la parole et insiste pour qu’ils continuent (« J’ignore pourquoi il me fallait voir ce cadavre. »). Pendant ce temps, Ace affiche son prétendu courage et son goût pour le risque en doublant dangereusement à vitesse excessive et en obligeant les véhicules qu’ils croisent à se jeter sur le bas-côté s’ils veulent éviter la collision : une camionnette est ainsi amenée à faire une embardée qui renverse son chargement.

Les quatre amis, plus soudés que jamais après ce nouvel incident, retrouvent la voie ferrée et atteignent enfin leur but : Vern découvre bien le corps du jeune disparu au chemin de Harlow ! Ils se préparent donc à le ramener dans leur petite ville et, pendant que Teddy et Vern s’éloignent pour confectionner un brancard, Gordie fond en larmes et apostrophe le corps comme s’il s’agissait de celui de son frère : « Pourquoi a-t-il fallu que tu meures ? », avant de raconter son rêve à Chris qui essaie de le consoler (« Sois fier de toi, Dieu t’a donné un don. Tu seras un grand écrivain. »).

C’est alors que surgit la bande des « grands » dirigée par Ace, le mauvais garçon. Ce dernier entend qu’on lui laisse le corps ; mais Chris refuse et Ace fait le geste de lui trancher la gorge avec son couteau. Un coup de feu retentit alors : Gordie vient de faire usage du pistolet que Chris avait emporté. Dans le silence effrayé qui s’ensuit, il avertit tous les protagonistes interdits que personne n’emportera le corps de l’adolescent. Ainsi contraints et mis en joue par Gordie, Ace et ses acolytes quittent les lieux, non sans menacer la bande de Chris des pires représailles. Gordie et ses copains décident de prévenir la Police de la présence du corps de Ray Brower par un coup de téléphone anonyme. Lorsqu’ils sont de retour à Castle Rock, la voix off du narrateur précise que, suite aux moments forts vécus pendant ces deux journées, les enfants qu’ils étaient avaient mûri au point que le regard sur leur ville était modifié : elle leur paraissait désormais « plus petite qu’avant ». Puis la voix du narrateur évoque, sur les images de la séparation des garçons (Vern et Teddy vont retrouver leur famille, Gordy et Chris retournent à la cabane et se séparent après une dernière poignée de main), le destin de chacun d’eux. Au fil des ans, ils se sont vus de moins en moins, puis se sont perdus de vue : Vern est devenu un citoyen sans histoire ; Teddy a été recalé par l’armée, a vécu d’expédients et a fini par se retrouver en prison.

Le retour en arrière du film vers l’année 1959 prend alors fin sur l’image de Gordie devenu adulte : il est en train d’écrire, en 1985, le récit que le film mettait en images. C’est lui qui lisait le journal au début du film et c’est de Chris dont il était question dans le journal qui donne les détails de sa mort. Chris Chambers avait fait de longues études pour devenir avocat, puis procureur. Récemment, toujours courageux et responsable, il avait voulu s’interposer dans une rixe et avait été mortellement blessé d’un coup de couteau à la gorge : sa mort fut immédiate.

Après ce voyage éprouvant dans son passé, il est alors temps pour Gordie d’éteindre son ordinateur, de rejoindre ses propres enfants et de jouer avec eux…


4. Fiche technique


  • Réalisation : Rob REINER.
  • Titre original : Stand by me.
  • Année : 1986.
  • Scénario et production : Raynold GIDEON, Bruce A EVANS, d’après la nouvelle The Body (1982) de Stephen KING.
  • Directeur de la photographie : Thomas DEL RUTH.
  • Musique : Jack NITZSCHE.
  • Distribution : Jane JENKINS et Janet HIRSHENSON.
  • Chef costumière : Sue MOORE.
  • Cadreurs : Gary B. KIBBE, S.O.C Craig DENAULT.
  • Chef accessoiriste : Russel GOBLE.
  • Scripte : Faye BRENNER.
  • Ingénieur du son : Bob EBER.
  • Superviseur musical : Celest RAY.
  • Musique programmée et interprétée par Brian BANKS et Antony MARINELLI.
  • Directeur de production : Steve NICOLAIDES.
  • Production : Andrew SCHEINMAN - Act III Productions.
  • Distribution : Warner – Columbia.
  • Durée : 87 minutes.

Distribution :

  • Gordie Lachance : Wil WHEATON.
  • Chris Chambers : River PHOENIX.
  • Teddy Duchamp : Corey FELDMAN.
  • Vern Tessio : Jerry O’CONNELL.
  • L’écrivain (Gordie adulte) : Richard DREYFUSS.
  • Bob Cormier : Matt Williams.
  • Denny Lachance : John CUSACK.
  • M. Lachance : Marshall BELL.
  • Mme Lachance : Frances Lee MCCAIN.
  • John « Ace » Merrill : Kiefer SUTHERLAND.
  • Billy Tessio : Casey SIEMASZKO.
  • Charlie Hogan : Gary RILEY.
  • Richard « Eyeball » Chambers : Bradley GREGG.
  • Vince Desjardins : Jason OLIVER.


5. Bande annonce

La bande annonce du film Stand By Me de Rob Reiner (1986).



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et plus précisement par le contrat Creative Commons Paternité - Partage des Conditions Initiales à l’Identique Licence France 2.0 de Creative Commons, plus connue sous le nom de "CC-BY-SA".


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Mots-clef film  1986  jeunesse  Rob Reiner 
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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2017-09-16 13:28:37




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