Rock'n'Roll : les années 60

Intérêt
Né dans les années 1950, le Rock américain est à un tournant à la fin de la décennie et semble s’essouffler. C’est en Angleterre qu’il va renaître et déferler sur le monde.


Les origines américaines

Le mouvement musical appelé « Rock’n’Roll » prit naissance aux Etats-Unis vers les années 1954-1955. Les origines, multiples et mal définies, prennent racine, pour simplifier, dans la musique noire et, notamment, le blues à laquelle s’ajoutent la musique Hillbilly traditionnelle et la Country. Très vite l’engouement est vif chez les adolescents qui vibrent au spectacle des Bill Haley (Rock around the clock), Elvis Presley (Heartbreak hôtel), Little richard (Tutti frutti/Long tall Sally), Gene vincent (Be Bop a Lula), Eddy Cochran (C’mon Everybody), Buddy Holly (Peggie Sue) pour ne citer que les plus connus.

Pourtant, à la fin des années cinquante, le Rock’n’roll triomphant et irrépressible s’essouffle quelque peu, violemment combattu par les bien-pensants de l’Amérique qui en dénoncent la violence et la sexualité implicite. D’autre part, certains des pionniers du Rock meurent accidentellement et entrent dans la légende du Rock : l’avion dans lequel se trouvaient Buddy Holly, Big Bopper et Ritchie Valens s’écrase ; Eddie Cochran est tué en 1960 dans un accident de voiture et Gene Vincent qui partageait le taxi avec lui est grièvement blessé. D’autres, tel Elvis Presley qui part en Allemagne en 1958 faire son service militaire, Little Richard qui devient pasteur, ou Chuck Berry mis en prison en 1961 pour détournement de mineure, mettent leur carrière entre parenthèses. La disparition de ces pionniers et/ou leur effacement contribuent à l’affaiblissement de cette musique si décriée, d’autant plus qu’à son retour d’Allemagne, Elvis Presley, figure emblématique du Rock’n’Roll, semble vouloir s’assagir et se lance dans un répertoire de chansons guimauves à mélodie lente, indigne du novateur qu’il fut. La question se pose alors : le Rock’n’Roll allait-il disparaître ?

Le renouveau européen

La réponse allait venir de l’Europe et, notamment, de l’Angleterre où les tournées d’Eddy Cochran, puis l’installation de Gene Vincent avaient maintenu la flamme d’une révolte que des Rockers locaux comme Tommy Steele, puis Cliff Richard et les Shadows continuaient de propager. La vague du Rock avait atteint l’Allemagne avec Peter Krauss Wenn (Teenager träumen) ; l’Italie avec Little Tony et Adriano Celentano (24 mila baci) ; la France, enfin, avec les Johnny Hallyday, Les Chaussettes noires et autres Chats sauvages. Quant à Gene Vincent, survivant d’une époque héroïque, il offrait aux amateurs anglais, puis français, le Rock pur qu’il interprétait aux Etats-Unis six années auparavant.

Ces prémices annonçaient le raz de marée provoqué par le groupe Les Beatles [1] qui réussit le tour de force de se maintenir premier au « cash-box » américain pendant plusieurs semaines (1964) : jamais auparavant un groupe ou chanteur étranger n’avait connu pareil succès.
Alliant un sens très sûr de la mélodie de variété rythmée (Can’t buy me love/A hard day’s night/Michelle) à un goût prononcé pour le Rock pur et dur des pionniers américains (I saw her standing there/Boys/Long tall Sally), le grand mérite du groupe est, selon Gene Vincent d’avoir « rendu à l’Angleterre et même à l’Amérique le goût du Rock que ce pays avait failli perdre » et d’avoir repris le rock là-même où un Eddie Cochran l’avait laissé.


De leur côté, Les Rolling stones proposait un Rock teinté de rythm’n’blues, ce qui apportait une note originale. Très décontractés, les Rolling stones jouent de leurs instruments d’une façon inimitable : que ce soit un blues (Good times bad times) ou un rock déchaîné (Carol/Route 66), leur musique est toujours efficace.

Un bouleversement venait ainsi de se faire qui relançait le Rock’n’roll partout dans le monde. Successivement, plusieurs groupes de rock anglais (Le Dave Clark Five, les Kinks, etc.) occupèrent les premières places de la liste des meilleures ventes aux États-Unis même. On peut y ajouter The Animals dont le fracassant The House of the rising sun – suivi du percutant I’m crying - fut numéro 1 dans la plupart des pays. Si bien que l’Angleterre, prenant le relais des États-Unis, apparut comme la nouvelle patrie du Rock et influença le reste du monde.

Au point qu’Elvis Presley lui-même retrouva une nouvelle jeunesse en se réappropriant le Rock : il donna, en 1968, un concert unique à la télévision où il apparut en costume de cuir noir pour interpréter les classiques du rock.

Dès lors, le Rock’n’roll ne cessa plus d'évoluer pour devenir sans doute éternel !




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Droits d'auteur © Henri Philibert-Caillat


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Catégorie (1) Chanson 
 
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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2017-09-30 09:25:42




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