Retour vers le Futur de Zemeckis

Intérêt
Ce film est devenu une référence de la comédie d’aventures. Son titre manie le paradoxe tout en écartelant le lecteur entre passé et avenir. Pourtant, au-delà du vertige futuriste, c’est bien la nostalgie qui l’emporte dans cette trilogie qui a marqué toute une génération.


Table des matières

1. Analyse

Une nostalgie qui se retrouve comme point commun à cette génération de cinéastes (Robert Zemeckis, Steven Spielberg, Rob Reiner, George Lucas) éclôt dans les années 80 mais dont l’adolescence a été marquée par les années 1955-1960, époque charnière que James Dean et Marlon Brando pour le cinéma et Elvis Presley pour le rock’n’roll marquèrent durablement. Une époque qu’ils ont tous évoquée dans leurs films : American graffiti (1973) pour Lucas,; Rusty James (1984) pour Francis Ford Coppola ; Stand by me[1] (1986) pour Reiner et, donc, Retour vers le futur (1985) pour Robert Zemeckis. Le point commun aux trois cinéastes est également celui des trois volets de Retour vers le Futur : le premier film nous envoie à l’époque de l’adolescence des parents de Marty (1955) ; le second reprend le récit et les décors du premier en y ajoutant une incursion en 2015 ; quant au troisième, il a pour cadre l’époque du western vers 1880. Bref, il s’agit, pour l’essentiel, d’une balade dans le passé de l’Amérique.

Mais ce retour vers le passé, nostalgique, s’accompagne en permanence de projections vers le futur : 1955→1985 / 1985,1955→2015 / 1880→1955. Culte du passé et goût pour l’anticipation composent cette merveilleuse série de trois films dont on a du mal à accepter une absence de suite… Consolons-nous toutefois en rappelant que cet indispensable coffret DVD nous propose 328 minutes d’images, soit plus de cinq heures continues de pur bonheur - et plus de huit heures pour la récente édition Blu Ray (cf. ci-dessous) !

Retour vers le Futur 1

Zemeckis fixe les bases du récit et souligne, d’entrée, le malaise de son héros Marty (Michael J. Fox) pris entre un père velléitaire et une mère plutôt mythomane et alcoolique. Thème éternel que celui de l’adolescent en porte à faux avec ses parents. Mais ce qui est plus original, c’est de montrer que si Marty a trouvé une évasion et une sorte de père de substitution en la personne de « Doc » Brown (Christopher Lloyd), il n’en reste pas moins très lié à ses parents. Point de conflit de génération donc, mais, à l’inverse, une étroite et inattendue interdépendance (Marty devra faire se rencontrer ses parents de façon à « exister ») : c’est en effet Marty l’adolescent qui « éduque » ses parents pour les rendre plus raisonnables et plus responsables. Bref, c’est le monde à l’envers !






A l’intérêt d’une situation originale, s’ajoute celui d’une réalisation particulièrement enlevée et efficace. D’autant plus que le thème musical de Silvestri – véritable leitmotiv – est l’un des éléments clés du film, tout comme la magique, la mythique DeLorean – véritable sésame des portes du Temps et de l’Espace -, ou encore certaines expressions devenues « cultes » : « Nom de Zeus ! Marty, tu n’arrives toujours pas à raisonner en quatre dimensions ! » et le fameux « continuum spatio-temporel ». On pourrait citer également la séquence irrésistible de l’invention du rock’n’roll par un Marty déchaîné. En résumé, humour, fantaisie, suspens, rock, émotions, famille, amitié, amour et situations imprévues se combinent en un cocktail détonant et jubilatoire. Unique !

Retour vers le Futur 2

Ce second film s’enchaîne logiquement avec le précédent. Si dans le premier Marty devait remonter le passé trente ans plus tôt pour s’occuper de ses parents, il va s’échapper vers le futur, trente ans plus tard, pour remettre son fils dans le droit chemin : après avoir responsabilisé les parents, il s’agit de raisonner son enfant !






Le décor est le même mais la petite ville de Hill Valley, déjà vue en 1985 et en 1955, a passablement changé : la place principale est le lieu symbolique de ce passage du temps qui a altéré l’essence même du centre ville qui a périclité (les commerces sont allés s’installer à la périphérie dans les centres commerciaux), mais qui reste reconnaissable. Bref, une subtile méditation sur le temps qui passe et modifie notre décor de vie le plus habituel et le plus intime. D’autre part, le récit est plus complexe, qui fait interférer trois époques : 1985, 2015 et 1955. Mais situations imprévues cocasses, fantaisie débridée et émotions se succèdent avec le même bonheur.

Retour vers le Futur 3

Moins logiquement, le troisième film envoie ses personnages à l’époque du Far West, vers 1880. Après tout, le western, comme la vitesse, le rock’n roll ou la science-fiction sont les thèmes emblématiques du cinéma américain et cette dernière aventure mêle en un hommage habile les genres du western (et ses codes obligés : la locomotive, le saloon, le duel et – clin d’œil - le nom d’emprunt « Clint Eastwood ») et de la science-fiction. L’histoire paraît toutefois plus artificielle que les deux précédentes et le film est un peu moins enlevé que les deux premiers opus.






La conclusion du film - et de la trilogie - est humoristique : « Doc » et sa femme Clara rendent visite à Marty accompagnés de leurs deux enfants symboliquement prénommés Jules et Verne ! Bel hommage, en effet, que cette trilogie au père spirituel du roman d’Aventure moderne et, surtout, sorte de coup de théâtre tout à fait inattendu de ce Retour vers le Futur. A l’heure où Hollywood multiplie les nouvelles versions, ou encore les suites, voire les antépisodes de films anciens, nous sommes tous - faut-il le préciser ?! - favorables à une reprise de la trilogie pour un quatrième opus si possible avant le trentenaire de... 2015 !

Ce merveilleux film qui joue sur le passage d’une époque à l’autre, qui vieillit ou rajeunit les personnages, qui confronte les générations, favorise une réflexion sur les différents âges de la vie et, donc, sur ce que l’on est et ce que l’on devient. En définitive, on notera aussi – au-delà de la fantaisie inoubliable de cette trilogie - le thème discret de l’obsession du temps (le premier film s’ouvre sur un fondu noir cependant qu’un tic-tac se fait entendre avant que n’apparaissent à l’écran des dizaines de réveils et autres horloges) qui altère toute chose et que l’on retrouve visuellement transcrit dans l’image récurrente de l’horloge de l’Hôtel de Ville de Hill Valley qui se transforme selon les époques. Ces changements mesurent le temps qui est passé, qui passe et qui passera et dont Zemeckis joue à la manière d’un enfant : alors que le temps est insaisissable et irréversible, il se plaît à le tourner et retourner pour mieux en annihiler les effets ou, du moins, les atténuer. Sans doute faut-il y voir une façon d’exorciser une hantise qui traverse son œuvre, tantôt présente, comme ici, sur le mode léger et fantaisiste, tantôt de façon plus grave dans ses dernières productions comme Forrest Gump (1994) et, surtout, Seul au monde (2000) [2].


2. Synopsis

La machine à remonter le temps ! Voilà ce que présente « Doc », savant farfelu et inventeur fantaisiste, à son jeune ami Marty dont le quotidien n’est pas des plus amènes entre un père humilié par son voisin, bafoué par son patron et une mère à la dérive. Quelle diversion en perspective, mais aussi quels bouleversements insoupçonnables !…


3. Fiche technique

  • Titre original : Back to the Future
  • Réalisation et scénario : Robert ZEMECKIS
  • Co-scénariste : Bob GALE
  • Directeur de la photographie : Dean CUNDEY
  • Musique : Alan SILVESTRI
  • Décors : Lawrence G PAULL
  • Effets spéciaux visuels : Industrial Light and Magic
  • Production : Bob GALE, Neil CANTON
  • Distribution : CIC Universal
  • Durée : 116 minutes
  • Dates : 1985 (I)-1989(II)-1990 (III)

Distribution :

  • Marty McFly : Michael J. FOX
  • "Doc" Emmett : Brown Christopher LLOYD
  • Lorraine Baines McFly : Lea THOMPSON
  • George McFly : Crispin GLOVER
  • Biff Tannen : Thomas F WILSON
  • Jennifer Parker : Claudia WELLS
  • Dave McFly : Marc McCLURE
  • Linda McFly : Wendie Jo SPERBER
  • Sam Baines : George DiCENZO
  • Stella Baines : Frances LEE McCAIN
  • Mr Strickland : James TOLKAN
  • Le skinhead : Jeffrey Jay COHEN
  • 3-D Casey : SIEMASZKO
  • Match : Billy ZANE
  • Un professeur : Huey LEWIS


4. Edition DVD zone 2


Les remarques suivantes concernent le coffret édité en 2002 par Universal.

  • Image : format écran 1.85 : 1. Certes, nos vieilles VHS dont l’image fourmillait sont d’un autre âge ! Mais si l’image est d’excellente qualité (une texture très «cinéma», des couleurs fort bien rendues et chaudes ; une compression réussie), on remarque parfois un grain très présent dans certaines scènes sombres. Il n’en reste pas moins que l’image des trois films nous ravit.
  • Son : la VO est en DD 5.1 et la VF bénéficie du DTS. La bande son a été remixée et propose, pour la VF, le choix entre DD 5.1 et DD DTS : plus puissante et précise, la piste DTS est à privilégier. Les effets arrière sont toutefois plutôt discrets – ce qui n’est pas un reproche dans la mesure où ce remixage paraît plutôt naturel et montre une belle amplitude!
  • Suppléments : il serait fastidieux d’énumérer les suppléments de chacun des trois DVD. On signalera surtout la quantité d’informations précieuses délivrées par les coulisses du tournage et le tournage lui-même (70’ réparties sur les trois DVD). Le DVD 1 propose également un commentaire audio indispensable de Zemeckis et du scénariste B. Gale. A noter enfin - pour ses informations et ses photos- le livret livré dans le boîtier.
  • Boîtier : un beau boîtier à trois volets propose les trois DVD à la sérigraphie différente et amusante (DVD1 : un personnage représenté ; DVD 2 : deux personnages ; DVD 3 : trois personnages !). La jaquette est très réussie : sur fond noir la DeLorean fonce vers le futur ou le passé, escortée de flammes jaune orangée. Au verso figurent, sous forme de vignettes, les trois images des disques..

5. Edition Blu Ray

Une nouvelle édition Blu Ray a été éditée en novembre 2010 et propose une image respectueuse du film original et un son de qualité bien que la version française ne bénéficie que d’un DTS à mi-débit. Pour ce qui est des Suppléments, le Blu Ray propose, en plus de ceux du coffret de 2002, six nouveaux documentaires intitulés Légendes du Futur.

6. Bande annonce

La bande annonce originale du premier film.



Les droits de ce document sont régis par un contrat Creative Commons

et plus précisement par le contrat Creative Commons Paternité - Partage des Conditions Initiales à l’Identique Licence France 2.0 de Creative Commons, plus connue sous le nom de "CC-BY-SA".


Droits d'auteur © Henri PHILIBERT-CAILLAT



 
Évaluation 100.00 %
Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2013-11-22 15:16:18




Commentaires


*


Anti-robot
Veuillez résoudre l'opération suivante :


* obligatoire



Découvrez nos contenus

par catégories

par mots-clés

par dates d'ajout et de modification

Index alphabétique

Partagez vos connaissances !
Pour publier durablement et librement sur Internet, contactez-nous.





/a>