Pulp Fiction de Quentin Tarantino

Intérêt
Le dernier film réalisé par Tarantino, Django unchained, est sorti le 16 janvier 2012 sur les écrans : l’occasion de revoir Pulp Fiction, qui obtint, à la surprise générale, la Palme d’Or du Festival de Cannes, en 1994, et a rejoint, depuis, le panthéon du Film Culte pour toute une génération. Un film à la fois familier, malin et profondément original...



Table des matières

1. Analyse


Il faut, en premier lieu, signaler que le titre Pulp Fiction s’explique par la mode des Pulp Magazines, sortes de romans populaires à bon marché proposant des récits policiers dans les années 1930. Ce sont d’ailleurs des personnages simples saisis dans leur quotidien ordinaire qui constituent la matière même du film. La filiation avec les Pulp Magazines est donc bien réelle, ne serait-ce que dans l’évocation du combat de boxe truqué - un classique de la littérature policière d’alors et le sujet de nombreux films « noirs » des années 1950. Simplement, les temps ont changé et l’univers présenté est forcément contemporain par les décors (le Jack Rabbitt Slim’s rétro du concours de twist) et les nouveaux divertissements (trafic de drogue plutôt que commerce lié à l’alcool).

1.1. Des personnages simples présentés en couple

Cet univers populaire d’aujourd’hui est celui de gens simples dont les préoccupations et le discours sont désarmants par leur côté inapproprié et toujours décalé par rapport aux normes habituelles ou attendues. C’est ainsi que l’on assiste à une - inénarrable - longue discussion passionnée entre Vincent et Jules sur les différents noms du Big Mac selon les pays. Plus étonnant encore, à la suite du miracle qui épargne Vincent et Jules sur lesquels on a tiré à bout portant, se développe une discussion argumentée sur Dieu, dont la nature sérieuse, voire métaphysique — mais complètement hilarante, car elle est tout à fait inattendue — ne peut que fasciner le spectateur.

Ces personnages hauts en couleurs nous sont d'ailleurs présentés — c'est à noter — allant par deux. Que l'on songe aux nombreux "couples" qui peuplent le film. Comme si le réalisateur s'ingéniait en effet à faire se croiser des associations binaires. Il met en scène de très nombreux couples d'homme et de femme : deux paumés amoureux Pumpkin et Honey Bunny ; Marsellus Wallace, un dangereux truand, et sa femme Mia ; Lance, le revendeur de drogue, et Jody, sa femme aux dix-huit perçages ; un boxeur déchu, Butch et sa compagne française, Fabienne, touchante de fragilité naïve ; Jimmie, enfin, qui ne cesse d'évoquer le retour de sa femme à son domicile.

Mais, en parallèle, le réalisateur présente des binômes : un duo de tueurs Vincent Vega et Jules Winnfield et deux abominables sadiques, dont aucune présence féminine ne vient adoucir le quotidien.

Aucun solitaire ne traverse vraiment le film : même le capitaine Koons (Christopher Walken) se rattache à la famille de Butch dont il assure en quelque sorte la pérennité à travers la transmission de la montre ; quant à M. Wolf, il s’en va, après avoir rempli sa mission, accompagné d’une présence féminine. Par ailleurs, a contrario, les quatre jeunes voleurs de la mallette de Marsellus du début sont tués. Bref, tout se passe comme s’il n’était de vie heureuse qu’à deux (homme + femme), dans et par l’amour. Mais, précisément, il faut que le couple soit accordé par la tendresse et l’attention réciproque. Si l’on observe les destins des différents personnages, il faut bien admettre que seuls les deux couples (Butch/Fabienne et Pumpkin/Honey Bunny) se tirent d’affaire pour la seule raison qu’ils sont amoureux l’un de l’autre. Les autres couples vivent dans la difficulté : Marsellus et Mia ne s’aiment pas (on ne les voit pas ensemble) et sont châtiés par le viol et la drogue ; Lance et Jody vivent dans l’artifice, la dispute et la drogue. Deux dernières preuves du rôle essentiel de l’amour pourraient être trouvé, d’une part, dans la relation qui aurait pu se nouer entre Vincent et Mia si Vincent avait su affronter Marsellus pour concrétiser l’attirance qu’il ressent pour elle (se retrouvant seul, Vincent sera éliminé) et, d’autre part, dans la décision que prend Jules de renoncer à tuer et de protéger - c’est-à-dire d’aimer - son prochain. Cet amour lui épargnera sans doute une mort violente.

1.2. La Bible, le Bien et le Mal

S’il est un sens au film, c’est assurément celui véhiculé par la référence récurrente à la Bible (Ezéquiel 25 - Verset 10) de Jules et l’évolution de son personnage : de l’amour divin à l’amour humain. Dans ce Los Angeles qui dessine une moderne Tour de Babel où les hommes se côtoient sans véritablement communiquer, se comprendre ou s’aimer, et qui rappelle même les antiques Sodome et Gomorrhe du sexe, de la sodomie, de la drogue, des meurtres, le personnage qui a l’apparence d’un Christ - ô combien dérisoire -, (Lance), est celui qui distribue aux hommes de l’héroïne (et non des pains à la façon de Jésus) dans une sorte de confusion totale des valeurs (Vincent assassine sans le moindre état d’âme, mais est choqué parce que la carrosserie de sa voiture a été rayée).
Le Salut ne touchera que ceux ("Heureux les simples d’esprit", professe la Bible) qui ont l’assurance (le courage ?) d’une Foi qui permettra leur Rédemption. Ce miracle qui sauve les deux tueurs, seul Jules a su l’interpréter comme un Signe divin. Il est aussi le seul des deux à rester en vie, voire à savoir raisonner Pumpkin et Yolanda, avant de les épargner. (1)

C’est qu’en effet l’univers du film, contrairement à ce que pourrait laisser croire une vision superficielle, ne fait la part belle ni au cynisme ni au nihilisme. Dans Pulp Fiction, en dehors des deux sadiques qui incarnent le Mal - d’ailleurs éliminés pour notre plus grand plaisir de spectateur - rares sont les personnages entièrement méchants : le terrible Marsellus, au final, montre son sens de la justice ; de son côté, l’inquiétant Jules est capable de s’élever (!) jusqu’à Dieu et de philosopher, voire de prêcher. Surtout, la romance "fleur bleue" (Cf. True Romance dont Tarantino a écrit le scénario) entre Butch et Fabienne, voire entre Pumpkin et Honey Bunny, colore de rose ce film ô combien noir. Bref, la Grâce divine est présente au cœur même de cet univers du Mal, et l’incroyable histoire de la montre passera alors pour la métaphore par excellence qu’elle est : cachée dans l’anus (synonyme de trivialité), la montre symbolise pourtant la fidélité, l’amitié et l’amour familial (par essence nobles). On peut proposer de même une explication à la lueur qui irradie de la fameuse mallette dès l’instant qu’on l’ouvre : ne s’agirait-il pas de ce Signe d’une espérance, forcément lumineuse, que nous recherchons tous tout au long de notre vie ?

1.3. Des personnages guidés par leur instinct

Mais la plupart des personnages du film agissent selon un réflexe tout animal et l’instinct semble leur tenir lieu de pensée. Il faut donc les raisonner comme le montre la longue, patiente et vaine discussion de M. Wolf aux prises avec les deux tueurs pour le nettoyage de la voiture ensanglanté, ou encore le discours sur le miracle qu’adresse - sans succès - Jules à Vincent. Bref, Tarantino nous présente des personnages dont l’humanité est incertaine (Vincent, le "premier" Jules et les deux sadiques) ou, au contraire, très affirmée (Cf. les rapports sentimentaux très étroits qui unissent Butch et son amie et l’attitude de Jules après sa rédemption), mais qui sont tous susceptibles de trouver le bonheur ou, du moins, de s’engager sur le bon chemin.

Ce décalage entre la réalité prosaïque et celle du film, qui définit certains des personnages ou qui rythme les dialogues, fait naître chez le spectateur une double réaction de fascination et de distanciation. Chaque séquence est si élaborée et si forte émotionnellement que l’on est constamment pris par ce qui se déroule à l’écran. Mais, à l’inverse, certaines scènes sont si désopilantes que l’on se retrouve dans la position de l’observateur. Dès lors, il nous appartient, prenant le recul nécessaire, de tirer la leçon de ce qui nous est montré.

1.4. Une utilisation efficace du temps et de l'espace

Ce sentiment incertain que le spectateur éprouve, partagé qu'il est entre adhésion et répulsion, est renforcé par un travail évident sur les notions d'espace et de temps dans le film. Jouant sur l’espace, Tarantino multiplie les lieux de l’action (le restaurant, un bar, les cinq différents appartements, le Jackrabbit, le taxi, le motel, le magasin, la voiture, la maison) limitant délibérément l’unité de lieu à la seule ville de Los Angeles, filmée en extérieurs à de rares moments et toujours réduite à une rue ou un jardin. Pour autant, chaque séquence s’inscrit dans un espace qui lui est propre, mais la plupart du temps cet espace est confiné et limité à un intérieur, ce qui installe un véritable huis clos. Le propos est clair : la vie que l’on mène est pour le moins étriquée, étouffante et sans perspective véritable, en dehors des activités immédiatement utilitaires et matérielles du quotidien. Aucune échappatoire à cet enfermement ne semble même envisageable. Ainsi la tension entre les personnages est-elle sans cesse - quoi qu’il se passe - à son extrême. On notera même qu’un lieu - le magasin du sadique - peut devenir, à l’occasion, une sorte de labyrinthe, métaphore d’une véritable exploration des enfers de l’âme humaine.

Une exacerbation qu’accentue le double travail de Tarantino sur le Temps dans un film qui se déroule en quatre journées (Cf. la partie Reconstitution de la chronologie proposée ci-dessus dans le Synopsis). D’une part, il fait éclater le classique déroulement chronologique. S’il s’agit bien d’une seule histoire qui concerne une douzaine de personnages, le refus de la chronologie et l’entrecroisement de trois récits met face à un puzzle qu’il s’agit de reconstituer, de sorte que le spectateur est sans cesse surpris, sollicité et se doit de déchiffrer et - surtout - d’interpréter ce qu’il voit. (2) On rappellera à ce propos que la scène initiale dans le restaurant qui présente le couple de paumés se situe avant le générique et qu’ensuite chaque passage d’un récit à l’autre est signalé, à partir d’un fondu au noir, par des inscrustations (à trois reprises) qui jouent le rôle des titres de chapitres d’un livre. Par ailleurs, on peut remarquer que lorsque l’histoire s’achève (après que Butch a sauvé Marsellus, il s’enfuit à moto avec Fabienne), le film se poursuit par un double retour en arrière qui nous renvoie au prologue du pré-générique dans le restaurant où se trouvent Pumpkin et son égérie, Honey Bunny. Paradoxalement, le film semble être construit sur une boucle - il commence dans un restaurant et se termine dans ce même restaurant - alors qu’en fait, du strict point de vue de la chronologie du récit, il s’achève bien avant cette pseudo fin, à peu près aux trois-quarts du film, avant que n’apparaisse l’inscription The Bonnie situation. Cette histoire dé-construite relève, à l’évidence, d’un propos délibéré, de la part de Tarantino, de nous séduire plutôt par son univers, ses personnages et leur mise en situation extraordinaire au sens propre du terme pour mieux cerner le destin qui les attend. Un destin que le spectateur se doit de comprendre, ce que la dé-construction du récit l’oblige à faire. Ce refus de la chronologie donne, par ailleurs, à chaque séquence une aura singulière : détachée, en partie, du contexte, elle semble se suffire à elle-même comme si elle formait un tout plutôt qu’un élément du tout. C’est du moins ainsi que le spectateur la perçoit et la savoure !

D'autre part, dans cet espace confiné évoqué ci-dessus et déjà propice à faire naître une extrême tension, il dilate délibérément la durée de chaque séquence pour mieux faire éclater, brutalement, le déferlement de l'émotion ou de la violence qui se traduit toujours en un paroxysme, qu'il s'agisse de la scène de la surdose de Mia dans l'appartement étroit de Lance ou du viol de Marsellus dans l'arrière-boutique du prêteur à gages.

1.5. Des scènes de bravoure inspirées

Précisément, la force de Pulp Fiction réside également dans les scènes de bravoure imaginées par un Tarantino inspiré. Sauf à reprendre une grande partie du film, il faut bien opérer un choix. sans doute arbitraire. On proposera donc trois séquences significatives. Deux sont associées par le style : celle de la surdose d’héroïne de Mia et celle du viol de Marsellus. Avait-on jamais filmé des situations aussi extrêmes - à couper le souffle - avec un tel art de la mise en scène doublé d’un réalisme le plus crû ? Ce faisant, il refuse toute ellipse et dissèque ce que l’on montre rarement au cinéma. Quant à la troisième - le concours de twist au Jackrabitt - elle associe atmosphère, décor, couleurs, gestuelle des acteurs et musique rock pour composer un moment magique d’anthologie en ce qu’il éveille nos souvenirs enfouis et fait quelque part écho à la mémoire collective de toute une époque.

Il faut d’ailleurs rappeler à ce propos que la musique du film n’est pas une musique originale mais qu’elle est entièrement faite de reprises de morceaux musicaux des années 60 à 70 préexistant au film. Images fortes et musiques familières, étroitement associées, confèrent dès lors au film une grande part de son pouvoir d’attraction. On pourrait ajouter qu’il enrichit son film de références cinéphiliques en un hommage appuyé au cinéma et à la culture qu’il aime. Le couple des deux tueurs étranges et inquiétants, et la mallette qu’ils doivent récupérer - et dont le contenu restera à jamais secret - citent clairement le En quatrième vitesse (1955) de Robert Aldrich, récemment sorti en Dvd. Pourtant cet hommage n’a rien de servile mais innove par rapport aux classiques du genre : où Aldrich - et la plupart des films « noirs » de toutes les époques - privilégiait le rythme soutenu et la vitesse dans l’action, Tarantino installe, tout au contraire, la lenteur en dilatant la durée de chaque séquence, et, en particulier, en allongeant systématiquement les ineffables propos des dialogues. Enfin, le mélange - unique - des tons rappelle le scénario-collage de trois récits entre eux, et fait de Pulp Fiction un objet malin et inclassable. Qu’il s’agisse des moments de bravoure, des scènes incroyablement dramatisées, du burlesque, du second degré ou de la violence distanciée par l’humour noir et la dérision, Tarantino nous conduit au septième ciel de son cinéma, un cinéma pour le moins original qui joue sur les codes du film "noir", qui est fait pour procurer du plaisir au spectateur (grâce à l’élimination des deux sadiques et à la fin heureuse qui sauve les deux personnages les plus empathiques du film, Butch et Fabienne) et qui doit être dégusté tel un mets savoureux. Pulp Fiction, en effet, ne ressemble à nul autre film et - il faut le rappeler - a été célébré par une Palme d’Or au Festival de Cannes en 1994.

NOTES :

(1) S’il est un discours récurrent dans le film, c’est bien celui de Jules lorsqu’il invoque la Bible juste avant d’exécuter ses victimes. Il cite Ezéchiel 25, 10 : « La marche du vertueux est semée d’obstacles que fait sans fin surgir l’œuvre du Malin. Béni soit-il l’homme de bonne volonté qui au nom de la charité se fait le berger des faibles qu’il guide dans la vallée d’ombre, de la mort et des larmes car il est le gardien et la providence des enfants qui se sont égarés. J’abattrai alors le bras d’une terrible colère, d’une vengeance furieuse et effrayante sur les hordes impies qui pourchassent et anéantissent les brebis de Dieu et tu connaîtras pourquoi mon nom est l’Eternel quand s’abattra sur toi la vengeance du tout puissant. »

Mais, une fois qu’il connaît la Rédemption, suite à ce qu’il estime être un miracle de l’intervention divine qui les laisse indemnes, Vincent et lui, malgré un tir nourri à bout portant, il contrevient à sa doctrine (« Ça fait des années que je répète ça, l’enfoiré qui l’entend, il meurt aussitôt. »). En effet, lors du braquage du restaurant, il cite bien Ezéchiel à Pumpkin mais, par un effort sur lui-même - comme il en prévient Pumpkin (« Ça peut signifier que tu es le Malin et moi le Vertueux et mon joli 9 mm serait mon protecteur, mon berger. Ou encore mieux, je suis le berger, toi l’homme vertueux. Et le monde est l’œuvre de Lucifer. (..) Ce qui est vrai c’est que j’essaie, au prix d’un effort harassant de protéger le faible. ») -, il l’épargne ainsi que Yolanda : désormais, la Grâce divine l’a touché et il est devenu un autre homme.

(2) Cette rupture dans la chronologie du récit ne nuit, toutefois, en rien à sa cohérence et préserve la psychologie des personnages. Deux exemples en font foi.

Le premier se situe vers la 60ème minute lorsque le capitaine Koons rend la montre à Butch, enfant, en insistant sur la ténacité et le sens du sacrifice de ses père, grand-père et arrière grand-père. Or, la séquence suivante montre Butch immédiatement sur le point de monter sur le ring au moment où il a fait le choix de ne pas truquer le combat. La séquence avec Koons justifie ainsi la décision de Butch : ce dernier va combattre et ne peut donc déshonorer ceux qui l’ont précédé – auxquels rendait hommage le capitaine Koons - en faussant le résultat de la rencontre de boxe.

Une autre preuve témoigne du même souci d’un enchaînement cohérent. A la 25ème minute, Butch finit son entretien avec Marsellus au cours duquel ce dernier lui a expliqué qu’il devait truquer la rencontre, et se rend au bar où Vincent se trouve accoudé. La scène est brève mais révèle une grande tension entre les deux hommes au bord de l'empoignade. Une tension justifiée puisqu’ils sont à cran : Butch d’avoir à livrer un combat arrangé par Marsellus ; Vincent d’avoir subi l'ironie de Jules et du barman, pour devoir s’occuper de Mia. Bref, ce court moment de tension entre eux se justifie : il sont tous deux contraints par Marsellus et ont du mal à l’accepter !

D'un autre point de vue - plus malicieux -, on peut remarquer que la scène au cours de laquelle Jules fait reproche à l'un des jeunes gens, qu'il va abattre, d'avoir voulu « baiser » Marsellus (en lui rappelant que ce dernier ne « baise » qu'avec sa femme Mia) a son contraire à la fin du film où - démentant ce qu'affirmait Jules - Marsellus se fait bel et bien, au sens propre du terme, « baiser » par le violeur de la cave !

On signalera, enfin, le souci de Tarantino de proposer une réalisation en harmonie avec le propos du film. Lors la séquence où Vincent s’interroge sur la suite à donner à la soirée, partagé entre son attirance pour Mia et sa fidélité envers son patron, Marsellus, Tarantino filme - dans le même plan de la salle de bain - Vincent et son reflet dans le miroir : un clin d’oeil pour nous montrer, visuellement, le dilemme qui est le sien à travers l’image des deux Vincent qui s’affrontent alors !


2. Synopsis


Etant donné l'apparente complexité du récit, je propose ci-après une analyse du synopsis selon trois niveaux : d'abord, un synopsis abrégé ; puis un synopsis qui suit le film de façon très détaillé, séquence par séquence ; enfin, un essai de reconstitution de la chronologie qui ne tient pas compte de l'ordre des séquences dans le film.

2.1. Version abrégée

Résumer Pulp Fiction relève de la gageure dans la mesure où le scénario a pour origine plusieurs nouvelles, écrites par Tarantino et son ami Roger Avery, fondues en trois histoires dans un film dont le montage refuse toute chronologie. Pour simplifier (?!), on dira que deux tueurs sont chargés de récupérer une mallette. Ce qu’ils font à l’issue d’un véritable bain de sang. Puis ils sont obligés de se débarrasser, non sans difficulté, du corps d’une de leur victime tuée accidentellement dans leur voiture. Par la suite, ils évitent un carnage dans un restaurant. Puis l’un des deux tueurs, Vincent, est chargé de distraire la femme de son patron, Marsellus, avant de la sauver d’une surdose d’héroïne. Il enchaîne sur une nouvelle mission qui consiste à liquider Butch, un boxeur qui essaie d’escroquer Marsellus ; mais il se fait abattre. Butch en fuite croise Marsellus. La poursuite qui s’ensuit les fait se retrouver dans un magasin de troc où ils sont tous deux fait prisonniers par deux sadiques. Marsellus est violé, mais sauvé par Butch, qui obtient de lui, en guise de récompense, la promesse de pouvoir s’enfuir en toute impunité avec son ami Fabienne.

2.2. Version détaillée par séquence

Pumpkin et son amie Yolanda, dite Honey Bunny, ont une discussion décousue dans un restaurant. Très rapidement, leur échange prend un tour inattendu. Il est question de braquage et de la meilleure cible à viser : les banques ou les restaurants ? Après avoir passé en revue différents arguments sur les avantages et les inconvénients, ils décident de tester le restaurant dans lequel ils se trouvent. Ils partagent les rôles : il se charge du personnel ; elle s’occupe des clients. Ils scellent cet arrangement d’un baiser et d’une déclaration d’amour. Puis ils passent à l’acte : Pumpkin sort un révolver, se dresse sur la banquette et prévient les consommateurs de leurs intentions cependant que Honey Bunny brandit à son tour un pistolet et hurle des menaces à leur encontre. [4mn48]

Un fondu au noir interrompt la scène et le générique déroule ses informations. [7ème mn]

Un nouveau fondu au noir assure la transition avec une nouvelle séquence : dans une voiture, deux nouveaux personnages, Vincent Vega et Jules Winnfield, échangent des points de vue sur des sujets très divers. Vincent évoque le haschich autorisée dans les bars ; l’interdiction pour les policiers de fouiller ; disserte sur le nom étonnant des hamburgers en France – en raison du système métrique ! - et sur l’habitude qu’ont les Français d’inonder les frites de mayonnaise. Jules n’en croit pas ses oreilles. Puis la voiture s’arrête et les deux hommes extraient des armes du coffre pour se rendre dans un appartement où ils ont rendez-vous avec quatre ou cinq hommes. De leur voiture à l’immeuble, ils poursuivent leur discussion dont le sujet porte, cette fois, sur une certaine Mia, femme d’un certain Marsellus Wallace. Jules informe Vincent qu’elle a joué dans le pilote d’une série ; mais Vincent ignore ce dont il s’agit et Jules doit lui expliquer, avant de lui apprendre que Marsellus a fait défenestrer d’un troisième étage le nommé Tony au motif que ce dernier avait massé les pieds de sa femme. S’ensuit un long et savoureux échange sur le bien-fondé d’une telle mesure. A la fin de la discussion, ils se trouvent devant la porte de l’appartement où ils ont, semble-t-il, rendez-vous. Mais il est 7h22 et Jules juge qu’ils sont en avance et propose d’attendre en reprenant leur propos. On s’aperçoit alors que les deux hommes ont, sans s’en rendre compte, échangé leur point de vue : désormais, c’est Vincent qui donne raison à Marsellus. Jules finit par reconnaître que l’analyse de Vincent est intéressante. De retour devant la porte, Vincent annonce à son acolyte qu’il doit s’occuper – en tout bien tout honneur – de Mia, pour la distraire, pendant la prochaine absence de Marsellus partant en Floride. Jules, surpris, demande des explications et ricane. [13mn55]

La porte s’ouvre sur trois jeunes gens à l’air passablement craintifs. Jules leur reproche de ne pas avoir respecté leur engagement envers lui. Dominateur et brutal, il mange et boit leur nourriture, les menace et obtient qu’on lui dise où se trouve une mallette. Vincent, qui l’ouvre pour en vérifier le contenu, est illuminé par une lueur jaune qui s’en dégage. L’un des jeunes gens proteste de leur bonne foi, mais Jules, froidement en abat un à bout portant. Puis, après avoir cité la Bible (Ezéchiel 25 – Verset 10), au mot « vengeance », il vide son chargeur sur celui à qui il parlait, bientôt imité par Vincent. [20mn21] Un nouveau fondu au noir fait apparaître un titre :

Vincent Vega & Marsellus Wallace's wife/Vincent Vega et la femme de Marsellus Wallace

Butch, un boxeur, filmé de face, se fait sermonner par le fameux Marsellus Wallace (hors champ) : il arrive à un âge où sa carrière est derrière lui ; il lui faut songer à l’avenir et accepter de truquer la rencontre moyennant une forte somme en simulant un KO à la cinquième reprise. Butch accepte, mais à contre-cœur, semble-t-il. [23mn26]

Vincent (présenté comme « notre agent à Amsterdam ») et Jules (« d’Inglewood ») entrent, en caleçon, dans le bar où Butch et Marsellus sont en discussion au fond de la salle. Ils demandent à voir ce dernier. En attendant qu’il soit libre, la conversation avec le barman porte sur Mia, la femme de Marsellus, que Vincent doit « sortir » le lendemain. Jules et le barman s’amusent de voir Vincent obligé de s’occuper de Mia. Butch, qui a fini son entretien avec Marseluus, croise Vincent au bar : leur rencontre est tendue. [25mn25]

Nouveau fondu au noir. Cette fois, ce sont deux femmes (Trudy et Jody) qui échangent des propos sur les avantages du perçage (sensibilité de la fellation, par exemple). Jody précise à son interlocutrice médusée qu’elle en a dix-huit, quasiment sur toutes les parties du corps, notamment les plus intimes. On s’aperçoit que les deux femmes se trouvent dans la même pièce que Lance, le mari de Jody en train de vanter, de son côté, la qualité de sa drogue à Vincent, très intéressé qui en achète et se pique aussitôt. L’effet est immédiat et on le retrouve dans sa voiture en pleine euphorie artificielle. [30mn13]

Il arrive chez Mia, la femme de Marsellus, pour la distraire. Un mot sur la porte lui indique d’entrer et de se servir à boire. Elle l’observe par une caméra de surveillance et lui parle par un micro. Pendant qu’il l’attend elle se drogue à son tour. Ils se rendent au Jack Rabbit Slim’s, une boîte qui recrée les années cinquante par son décor, par ses animateurs et ses serveuses. Ils font plus ample conaissance à travers une discussion plutôt décousue : on apprend que Vincent a passé trois années à Amsterdam ; elle confirme qu’elle a bien joué dans un pilote. Elle se rend aux toilettes pour se droguer une nouvelle fois. En revient et décide qu’ils vont participer au concours de twist qui commence. Leur numéro, très réussi, leur fait gagner la coupe. Après quoi ils rentrent chez Mia, qui, pour la troisième fois, se drogue. Mais elle fait une surdose et tombe dans le coma. [52mn47]

Vincent la porte dans sa voiture et fonce chez Lance qu’il prévient de son arrivée avec son portable. Malgré sa vitesse excessive, il arrive à bon port. Lance commence par refuser d’intervenir avant de se raviser et de piquer Mia en plein cœur, ce qui la fait réagir et la ramène à la conscience. Vincent, Lance, Jody et Trudy se félicitent de cette issue heureuse. Puis Vincent raccompagne Mia chez elle et ils se promettent de faire le silence sur l’incident pour ne pas s’attirer les foudres de Marsellus. [61ème mn ]

Un dessin animé introduit la nouvelle séquence : on y voit Butch, enfant, regarder la TV quand le capitaine Koons entre dans la pièce. Ancien prisonnier au Vietnam, à Hanoï, où il a est resté prisonnier cinq années en compagnie du père de Butch, il vient lui apporter une montre en or qui a appartenu à son arrière-grand-père, qui l’a transmise à son grand-père, puis à son père. Cette montre, le père de Butch l’a cachée dans son anus, comme l’a fait ensuite Koons pendant deux ans, pour qu’elle soit remise un jour à Butch. [1h05mn]

Sans transition, on retrouve Butch sur le point de livrer le combat de boxe arrangé par Marsellus.

The gold watch/La montre en or

On entend, à la radio, les commentaires de la rencontre qui vient de se dérouler : Butch Cooleridge a vaincu son adversaire dont on explique qu’il est mort sur le ring des suites du combat. Il est même précisé que Butch a rapidement quitté la salle. On découvre que cette radio est celle d’un taxi appelé par Butch qu’une femme, Esmeralda Villa Lobos, conduit. Elle le prend en charge. Pendant ce temps, on assiste à l’arrivée de Vincent chez Marsellus qui, fou de rage que Butch ne se soit pas laissé battre, menace de le faire abattre. Alors que Butch, encore en tenue de boxeur, se change à l’arrière du véhicule, la conductrice du taxi le questionne sur ses sensations d’avoir tué un homme. Il répond qu’il l’ignorait mais que cela ne l’intéresse pas. Il se fait arrêter devant une cabine téléphonique pour appeler un ami : on comprend qu’il a fait parier sur sa victoire et qu’il a gagné une grosse somme d’argent avec laquelle il compte s’enfuir dans le Tennessee, en compagnie de Fabienne. Il se fait déposer chez elle et renvoie le taxi après avoir demandé le silence en échange d’un bon pourboire. [1h12mn ]

Il passe la nuit chez Fabienne. Mais, au réveil, il s’aperçoit qu’elle a oublié de prendre la montre en or chez lui. Il ne lui reste plus qu’à y retourner en espérant que les tueurs de Marsellus ne l’attendent pas pour lui régler son compte. Il entre dans son appartement en passant par un accès dérobé ; l’appartement semble vide ; il récupère sa montre en or et se fait griller deux tranches de pain lorsqu’il remarque une arme posée sur un buffet. Il s’en empare et vise la porte du WC derrière laquelle il entend que la chasse a été tirée : c’est Vincent - chargé par Marsellus d’exécuter Butch - qui apparaît ! Surpris, il découvre Butch qui fait feu sur lui et le tue. Butch s’enfuit mais, à un croisement, il voit Marsellus traverser la rue. Ce dernier comprend qu’il a échappé à son tueur et Butch n’a d’autre solution que d’essayer de l’écraser. Un carambolage s’ensuit. Mais Marsellus, bien que meurtri et secouru par les témoins, fait feu sur Butch, lui-même blessé dans l’accident, et le touche. Ce dernier s’enfuit et s’introduit dans un magasin de troc. Lancé à sa poursuite, Marsellus le rejoint et ils se battent. Butch assomme Marcellus. Mais le propriétaire contre toute attente le menace d’un fusil, l’assomme à son tour, ligote les deux hommes et appelle un certain Zed. Ce Zed est un policier en uniforme qui, aussitôt arrivé, demande à Meynard de faire venir la Crampe, être mi-humain mi-bestial séquestré dans une cave, sorte d’esclave, enchaîné, masqué, entièrement bardé de cuir et menaçant. Zed choisit Marsellus pour le violer en compagnie de son complice dans la chambre voisine, tandis que Butch reste sous la surveillance de la Crampe. Mais Butch parvient à se libérer, se débarrasse de son geôlier et s’apprête à s’enfuir seul. Mais il marque un temps d’hésitation et décide de faire demi-tour pour secourir Marsellus. Après une brève lutte, Marsellus libérée promet une vengeance terrible à ses deux bourreaux, pourtant déjà blessés par Butch et bien mal en point.

Il autorise Butch à s’enfuir à condition qu’il ne parle jamais de ce qui s’est passé à qui que ce soit et qu’il quitte définitivement Los Angeles. Butch s’empare de la moto de Zed et rejoint Fabienne. Ils quittent la ville en toute hâte sans emporter le moindre bagage. [1h47mn]

The Bonny situation/Le cas de Bonny

Un retour en arrière ramène à la séquence au cours de laquelle Vincent et Jules viennent récupérer la mallette de Marsellus chez les trois jeunes gens. Mais on revit la scène du point de vue d’un quatrième personnage dissimulé dans une pièce attenante. Apeuré, il est armé d’un pistolet et entend Jules citer Ezéchiel juste avant d’abattre Bret. Puis on voit Jules raisonner Marvin terrorisé par le meurtre de ses deux amis, quand, surgi de sa cachette, le quatrième jeune homme déclenche un feu nourri sur Vincent et Jules sans les atteindre. Il est aussitôt abattu. Les deux tueurs quittent l’appartement en compagnie du rescapé. Jules, très impressionné par la scène évoque une intervention divine et parle de miracle à un Vincent dubitatif. En manipulant son arme, ce dernier tire accidentellement une balle qui fait éclater la tête du survivant de leur tuerie dont la cervelle macule leurs visages, leurs vêtements et l’intérieur de la voiture. Jules appelle un certain Jimmy qui peut les aider à se nettoyer et à se débarrasser du cadavre. Mais ce dernier refuse, devant eux, de s’en occuper car il craint la réaction de sa femme. [1h53mn] Jules téléphone donc à Marsellus qui se montre bienveillant et leur envoie M. Wolf un spécialiste de ce genre d’affaires dans la minute qui suit, dit-il. Contacté par téléphone, et après avoir noté noms, adresse, et nature du problème, M. Winston Wolf arrive chez Jimmie dix minutes plus tard très exactement et prend aussitôt les choses en main. Il calcule qu’ils disposent de quarante minutes pour régler le problème et disparaître avant l’arrivée de Bonnie à 9h45. Expéditif, il dicte ses ordres, au grand dam de Vincent qui demande plus d’égards, mais finit par se ranger à l’avis de tous, car M. Wolf a réponse à tout et se montre très efficace : il fait nettoyer la voiture par Vincent et Jules ; puis, en compagnie de Jimmie, il passe les deux hommes au jet d’eau ; enfin, il les accompagne jusque chez Monster Joe, un casse où doit être broyée la voiture nettoyée. Vincent et Jules, en caleçon, et Winston se séparent après qu’il leur a présenté une amie. Vincent propose à Jules de prendre un petit-déjeuner dans un grill. [2h08]

La discussion porte sur la viande de cochon, puis Vincent aborde le problème du miracle évoqué par Jules lors de la fusillade. Vincent est sceptique et refuse de parler d’intervention divine au contraire de Jules qui y voit un signe à interpréter et envisage de se retirer des affaires. Vincent, scandalisé par cette décision, essaie vainement de le dissuader et finit par se rendre aux toilettes. Pendant son absence, un braquage a lieu, conduit par un homme et une femme. La boucle est bouclée : ce grill est celui où, au début du film, se trouvaient Pumpkin et son amie Honey Bunny et ce braquage est celui qu’ils avaient décidé de faire ! On assiste à la séquence complète du braquage qui avait été interrompue à l’entame du film. Jules a dégainé son révolver et discute avec Pumpkin hors de lui parce qu’il refuse de lui donner la mallette de Marsellus récupérée chez les quatre jeunes gens. Sous la menace, il finit cependant par l’ouvrir et la même lueur jaune s’en échappe, qui subjugue Pumpkin. Jules en profite alors pour s’emparer de son arme et le mettre, à son tour, en joue. Honey Bunny, furieuse, menace Jules. La situation est à deux doigts de dégénérer, d’autant plus que Vincent, sorti des toilettes, surgit un pistolet à la main. Mais Jules commence par offrir 1500 dollars à Pumpkin et à le persuader qu’avec l’argent de la caisse il ne perdra pas au change. Il arrive par ailleurs à le convaincre que c’est le bon choix moral. Pumpkin et Yolanda quittent le grill bras dessus bras dessous. Jules a réussi son premier prêche. Toujours en caleçon mais très dignes, Jules et Vincent leur emboîtent le pas et sortent du restaurant. [2h23mn]

2.3. Essai de reconstitution de la chronologie

Le film se déroule sur quatre journées. Les deux premières journées se suivent, ainsi que la troisième et la quatrième. Mais le film ne donne - à ma connaissance - aucune indication sur le laps de temps qui s'écoule entre les deuxième et troisième journées. Rien n'interdit toutefois de penser que les quatre journées s'enchaînent dans la continuité. Une fois rétablie la chronologie des séquences du film , le film suivrait l'ordre suivant :

Journée 1

Tôt le matin, vers 7h30, Jules Winnfield et Vincent Vega, deux tueurs à gages, récupèrent une mallette appartenant à leur patron, le redoutable Marsellus Wallace et exécutent trois jeunes hommes responsables d’avoir voulu le duper. Ils emmènent avec eux un quatrième, nommé Marvin, qui est tué accidentellement dans la voiture par Vincent. Les deux complices, éclaboussés de sang et de débris de cervelle, se rendent chez un ami de Marsellus, Jimmie, pour obtenir de l’aide. Mais ce dernier refuse de les aider car sa femme revient de son travail à 9h45 et il n’est pas question qu’elle voie quoi que ce soit d'anormal. Jules contacte alors Marsellus qui s’adresse à M. Wolf, un homme à tout faire autoritaire et efficace, pour leur porter assistance . Dix minutes plus tard ce dernier est sur place, prend les choses en main et résout tous les problèmes (nettoyage de la voiture, des vêtements, mise du corps dans le coffre, broyage de la voiture) en moins d’une demi heure.

Jules et Vincent, en caleçon, décident ensuite de prendre un petit déjeuner dans un café-restaurant. Pendant que Vincent est aux toilettes, un couple, Pumpkin et Yolanda, décident de braquer l’établissement. Jules parvient à les raisonner et à leur faire quitter les lieux en se contentant de l’argent de la caisse et des 1500 dollars qu’il leur donne : il sauvegarde ainsi la mallette de Marsellus.

Toujours en caleçons, ils vont rendre la mallette à Marsellus qu’il trouve en conversation avec un boxeur, Butch. Marsellus paie Butch pour qu’il se couche lors du combat qu’il doit livrer prochainement. Butch croise Vincent qui le provoque verbalement.

Journée 2 (le lendemain)

Vincent se rend chez un revendeur de drogue, Lance, qu’il trouve en compagnie de sa femme, Jody, et d’une amie, Trudy. Vincent achète trois grammes qu’il consomme aussitôt et un sachet qu’il emporte avec lui. Il se rend chez Mia que Marsellus lui a demandé de distraire en son absence. Elle aussi prend sa drogue et lui propose une soirée au Jack Rabbit Slim. Sur place, ils se restaurent, puis elle se rend aux toilettes pour reprendre de la drogue. Après quoi, elle veut qu’ils participent à un concours de twist, qu’ils gagnent. Mais, de retour chez elle, Mia se drogue de nouveau et victime d’une surdose tombe dans le coma. Vincent la traîne jusque dans sa voiture et prévient par téléphone Lance qu’il arrive avec l’amie de Marsellus dans le coma. Lance commence par refuser. Mais, poussé par Vincent qui agite la menace Marsellus, il décide de piquer Mia en plein cœur, ce qui la ramène à la conscience. Vincent ramène Mia chez elle et ils décident de ne jamais parler à quiconque de l’incident.

Journée 3

Avant d’entrer sur le ring pour disputer le combat arrangé par Marsellus, Butch se souvient du capitaine Koons à qui son père mort au Vietnam avait confié la montre en or de son père et qui la lui avait rendue quand il était encore un enfant. Aussi décide-t-il, pour être digne de son père, de livrer un combat propre. Tant et si bien qu’il met son adversaire KO. Pour échapper à la fureur de Marsellus – qui jure de se venger et convoque Vincent pour qu’il l’élimine -, Butch s’enfuit de la salle en sautant par une fenêtre et monte dans un taxi qu’il avait appelé. La conductrice lui rapporte l’information qu’elle tient de la radio : il a tué son adversaire. Butch reste indifférent et l’on comprend qu’il a parié sur sa victoire. Le voici riche. Le taxi le dépose au domicile de son amie Fabienne chez qui il passe la nuit.

Journée 4 : (lendemain de la journée 3)

Mais, au matin, Butch se rend compte que Fabienne a oublié de prendre chez lui la montre en or. Il décide de retourner à son appartement pour la récupérer et découvre une arme, celle de Vincent qui, à ce moment-là, sort des toilettes. Il fait feu et le tue. Sur la route qui le mène chez Fabienne, il croise Marsellus. Vincent cherche à l’écraser, mais, bien que blessé, Marsellus fait feu sur lui et le blesse. La fuite de Vincent le conduit dans un magasin où le rejoint Marsellus. Un bref combat met Marsellus hors d’état de nuire. Mais Maynard, le commerçant, assomme à son tour Vincent et attache les deux hommes, avant d’appeler un complice, Zed, un policier. Ce sont deux sadiques qui séquestrent dans une cave une sorte d’esclave monstrueux bardé de cuir et enchaîné. Zed viole Marsellus sous les yeux de Maynard. Mais Butch parvient à se libérer, élimine le monstre et Maynard. Marsellus promet à Zed le pire des châtiments. En revanche, il accepte que Butch quitte Los Angelès. Butch s’empare de la moto de Zed et retrouve Fabienne. Ensemble, ils quittent, enfin heureux, Los Angeles.


3. Fiche technique


  • Réalisation et scénario : Quentin TARANTINO, d’après des histoires de Q. TARANTINO et Roger AVARY.
  • Directeur de la photographie : Andrzej SEKULA.
  • Musique : Karyn RACHTMAN.
  • Production : Lawrence BENDER / Miramax International.
  • Distribution : Bac Films.
  • Durée : 149 minutes.
  • Année : 1994.

Distribution :

  • Vincent Vega : John TRAVOLTA.
  • Butch : Bruce WILLIS.
  • Jules Winnfield : Samuel L. JACKSON.
  • Mia Wallace : Uma THURMAN
  • Winston Wolf, dit « The Wolf » : Harvey KEITEL.
  • Pumpkin  : Tim ROTH.
  • Yolanda, dite « Honey Bunny » : Amanda PLUMMER.
  • Fabienne : Maria de MEDEIROS.
  • Marsellus Wallace : Ving RHAMES.
  • Lance : Eric STOLTZ.
  • Jody : Rosanna ARQUETTE.
  • Jimmie : Quentin TARANTINO.
  • Le capitaine Koons : Christopher WALKEN.


4. Edition Dvd zone 2


NB : le compte rendu ci-dessous concerne l’édition Wild Side (Edition Collector : un livret, 2 DVD et un CD avec 5 titres inclus) présentée dans un beau coffret noir et mise en vente le 4 octobre 2005.

Image : transfert anamorphique 16/9 compatible 4/3 format 2.35 - L’image entièrement remasterisée HD. Ce nouveau master annoncé est, bien sûr, à comparer à celui de la précédente édition de Polygramvideo. La première impression concerne la compression et elle n’est pas entièrement favorable. En effet, des blocs de compression subsistent sur certaines scènes. Fort heureusement, on admire les couleurs à la fois plus justes (par exemple, la robe de Honey Bunny qui tirait vers un bleu mauve indistinct s’avère franchement mauve), plus nuancées et plus chaudes (l’édition précédente offrait une image aux tonalités vraiment froides). Sur le même plan positif, on note des contrastes plus tranchés. On notera que si la définition de l’image, de grande qualité, ne bénéficie pas du procédé du edge enhancement (filtre qui améliore la perception des détails), elle ne présente pas les désagréments de cette technique employée pour l’édition précédente (halo qui souligne les contours). En découle une image légèrement moins définie mais plus agréable à l’œil. Il semble, enfin, que l’image ait été légèrement recadrée (rognée sur la gauche, mais agrandie en haut et en bas). Dans l’ensemble, donc, une image meilleure mais encore imparfaite.

Son : anglais Dolby Digital 5.1 et DTS 5.1 - français Dolby Digital 5.1 - Sous-titres français et français pour malentendants. On regrette, une fois de plus, que la VF ne propose pas de DTS. Dans la VO DTS, on constate une belle présence et une bien plus grande précision des voies arrière en ce qui concerne surtout la musique et, à un degré moindre, les bruits ambiants (conversations en fond de salle, rumeurs de la ville, etc.) que dans les autres versions. Les voix, par contre, révèlent dans certaines scènes une certaine résonance (peut-être voulue par Tarantino) . La VO et la VF Dolby Digital, ne présentent pas cette caractéristique: les voix sont claires sans résonner. On notera, pour les coups de feu, une dynamique impressionnante dans la VF.

Suppléments : ils sont fort nombreux mais d’un intérêt bien inégal. On évoquera ci-après l’essentiel, non sans avoir salué la présence d’un livret d’une quarantaine de pages joliment illustré et commenté par Cédric Melon et d’un CD audio qui reprend cinq morceaux musicaux du film (pourquoi d’ailleurs ces cinq-là à l’exclusion des autres ?!).

Le tournage :our l’essentiel, le reportage est centré sur le concours de twist au Jackrabbit Slim’s. Une seconde séquence est montrée : celle de la rue où Butch arrive en auto. En tout, trente et une minutes.

Cinq scènes coupées : Elles sont présentées par Tarantino qui justifie qu'elles aient été raccourcies. Et on ne peut qu'être d'accord avec lui lorsqu'il explique que, plus courtes, elles correspondent davantage au rythme du film. Il est à noter que malgré son débit de paroles torrentueux, la durée de son intervention donne parfois l'impression d'être presque aussi longue que la durée de certaines scènes ! L'ensemble dure 25'. Dans l'ordre, sont proposées les scènes suivantes. (Le point de vue du dealer) Cette scène reprend l'incroyable dialogue entre Vincent et Lance qui s'inquiète de l'état du monde alors qu'il tient un sachet d'héroïne à la main ! (Vincent et Mia) Cet extrait ajoutait à la scène du film un questionnaire posé par Mia à Vincent. Exemple : « Etes-vous pro Elvis ou pro Beatles ? ») pour mieux le connaître, pendant qu'elle le filmait. Le passage est intéressant et n'aurait pas été inutile dans le film. (Esmeralda et Butch) Cette séquence, déjà trop longue dans le film et peu justifiée, a été justement réduite. (Monster Jo et Raquel et Jackrabbit Slim's) Ces deux dernières scènes apparaissent également plus à leur avantage dans le film que dans cette version longue.

Interview du designer et de la décoratrice : C’est le designer qui prend la parole. Il évoque principalement le style googie de Los Angeles pour expliquer sa conception du Jackrabbit Slim’s et de l’appartement de Mia. Il précise que l’essentiel des décors (Jackrabbit, appartement, sous-sol du magasin des sadiques, etc.) se trouvait réuni dans un même bâtiment.

Les bandes-annonces : On nous propose la bande-annonce anglaise, allemande, japonaise et française ! Surtout (promotion oblige !), la bande-annonce de « Kill Bil » volume 1 est présentée pendant 2'26 : c'est très efficace.

A propos de Tarantino offre trois ensembles :

- (Palme d'Or-Cannes 1994) : propose la remise de la Palme d'Or assurée par Jeanne Moreau traduisant les propos américains et présidé par ce cher Clint Eastwood, alors Président du Jury. Mais nous avions déjà tous vu ces 4 minutes à la TV.
- (The Tarentino connection) : propose un commentaire (25') lu d'un ton monocorde sur l'univers de Tarentino (objets qui peuplent ses films ; références cinéphiliques, détails autobiographiques, etc.). Il s'agit de renseignements et d'anecdotes qui se trouvent sur le livret joint au coffret. Voici quelques titres qui donnent une idée plus détaillée de l'ensemble : Vincent Vega / Pumpkin et Honey Bunny / La vue du coffre / Les fringues / Big Kahuma burgers / Red apples / Miroirs /Les toilettes / Bonnie / Le sabre / Fruit brute cereale / Cherry nova / Square. Il est inutile de visionner ce supplément si l'on a lu le livret.
- (The Charle rose show) : il s'agit du passage de Tarantino dans une émission TV d'entretiens. Elle est intéressante par sa durée (une bonne heure) et, bien sûr, par ce que dit le réalisateur sur lui, son cinéma et le monde.

Documentaire : trente minutes sont consacrées à des propos tenus sur Tarentino par des amis, des acteurs du film et par des commentaires de Tarentino lui-même.

Filmographies : il s’agit des traditionnelles filmographies acteur par acteur. Une photo de l’acteur et un carton sur lequel s’affichent les films dans lesquels ils ont tourné occupent alors un écran fixe. Si l'on dispose d'un DVD ROM, une possibilité de nouveaux suppléments est offerte. Sur l'image du Menu, en cliquant sur ce qui se révèle être - par un effet de zoom - la fameuse montre du film, au pied du juke-box (la voix de Koons-Christopher Walken se faisant entendre), un nouveau Menu complémentaire permet d'accéder au scénario de « Pulp Fiction » et, simultanément, à la scène correspondante : c'est du plus haut intérêt pour les cinéphiles. Sont également proposés des fonds d'écran et un économiseur d'écran.

CD audio : il faut signaler qu’un CD regroupant cinq des morceaux musicaux du film est proposé. On se demande ce qui a présidé à ce choix et l’on déplore qu’il ne soit pas plus complet. Cette demi mesure est bien discutable, d’autant plus que les titres proposés sont loin d’être les meilleurs de la bande originale! On y trouve : Let’s stay together (Al Green) ; Jungle Boogie (Kool & the gang) ; You never can tell (Chuck Berry) ; Son of a preacher man (Dusty Springfield) et Strawberry letter (Brothers Johnson).

Coffret : le film est présenté dans un superbe coffret de couleur noire, très sobre et élégant, qui est censé imité un livre en cuir. Le titre, sur la couverture, s’inscrit en lettres dorées discrètes et est accompagné au centre d’un pistolet en filigrane. Sur la tranche, on retrouve le pistolet en haut, le titre au milieu et le logo de l’éditeur en doré. Sur la quatrième de couverture, s’inscrit le passage d’Ezéquiel cité par Jules en lettres dorées. Vu de côté la ressemblance avec un livre est parfaite dans la mesure où le carton couleur sable est strié de fines rayures plus sombres qui imite la tranche des pages. Un très bel objet !

Lorsqu’on ouvre le coffret, il se déploie en deux parties. A gauche, s’affichent Butch et Mia ; à droite, Vincent et Jules. Puis les deux parties se déploient en quatre volets dans une couleur sable nuancé de brun qui évoque un vieux parchemin. Sur la partie de gauche, dans une encoche (sur laquelle s’inscrit la définition du mot Pulp) est glissé un livret de quarante pages dont la couverture reprend l’affiche du film et de l’édition DVD précédente. Les deux volets centraux exposent respectivement le DVD 1 (le film) et le DVD 2 (les Bonus). La partie de droite offre un CD audio de cinq des titres de la bande-originale du film. L'ensemble, mis à plat, révèle les quatre volets avec, pour illustration en fond, un montage très réussi : les personnages s'inscrivent sur le double décor du restaurant relié à celui d'une rue de Los Angeles. Une magnifique composition !




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et plus précisement par le contrat Creative Commons Paternité - Partage des Conditions Initiales à l’Identique Licence France 2.0 de Creative Commons, plus connue sous le nom de "CC-BY-SA".


Droits d'auteur © Henri PHILIBERT-CAILLAT


5. Bande annonce





 
Mots-clef Quentin Tarantino 
Évaluation 93.55 %
Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2017-03-01 10:22:03




Commentaires


samedi 24 décembre 2011 – Manu Bramand
Intérêt
Bonjour,

Je vous envoie ce mail pour vous dire "chapeau" ! Je viens de lire votre commentaire sur le film Pulp Fiction et, étant passionné de ce film, je n'ai jamais lu une si bonne critique. Tres bien définie, avec justesse et perspicacité, je vous dis BRAVO !







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