Provence

Intérêt
La Provence est une province historique du sud-est de la France, qui s’étend aproximativement de l’est du Rhône jusqu’à la ville de Nice.

Elle couvre les départements des Bouches-du-Rhône (13), du Vaucluse (84), des Alpes-de-Haute-Provence (04), du Var (83) et des Alpes-Maritimes (06), ainsi que le sud de l’Ardèche (07) et de la Drôme et se compose de nombreux pays. Traditionnellement, la basse Provence (plaine de la basse-Durance, de la Crau, côte) est distincte de la haute Provence (Luberon, plateaux d’Albion, de Valensole, etc.).

Table des matières

1. Histoire

La Provence doit son nom à la première « province » romaine constituée hors d’Italie au IIe siècle av. J.-C. : la Provincia romana, alors nommée Narbonnaise.

1.1. De la préhistoire à l'antiquité

Vraisemblablement fortement peuplée dès l'âge du bronze, elle reçut l'établissement de colons grecs à Marseille, vers -600. La majorité de la Provence était alors dominée par une confédération de peuples formée autour des Salyens, dont l'oppidum d'Entremont, près d'Aix-en-Provence, était vraisemblablement le principal lieu de pouvoir. Les relations tumultueuses entre les indigènes et les Grecs servirent de prétexte à sa conquête par Rome, pendant la première moitié du IIe siècle av. J.-C..

  • Chronologie sommaire
      • -181 : Marseille appelle Rome au secours contre les pirates Ligures
      • -154 : Nice et Antibes assiégées par les Ligures des Alpes Maritimes, expédition d'Opimius
      • -125/-124 : coalition de tribus celto-ligures (les Salyens) soutenus par les Voconces, Allobroges et Arvernes : le consul Fulvius Flaccus franchit les Alpes et les vainc. En -123, nouvelle campagne qui se termine par la destruction de l'oppidum d'Entremont.
      • En -123/-122 : fondation d'Aix-en-Provence pour contrôler les Salyens.
      • -122 : le proconsul Cn. Domitius Ahenobarbus écrase les Allobroges
      • -121 : les Volques, à la tête d'un vaste territoire de 24 oppidums accueillent sans résistance les légions de Rome. Nemausa (Nîmes), la ville gallo-romaine est sur le point de naître.
      • -120 : Cn. Domitius Ahenobarbus en campagne ; on lui attribue la fondation et l’organisation de la Provincia
      • -117 : début de la construction de la Via Domitia (en l’honneur de Cn. Domitius Ahenobarbus) en direction des Pyrénées. Elle emprunte le tracé d’une ancienne route grecque (la voie héracléenne). Son aménagement est le symbole de la romanisation et apporte un développement des échanges commerciaux.
      • -109/-105 : incursions des peuples germaniques (Cimbres, Teutons, Tigurins, Ambrons) : Marius écrase les Teutons à Aix-en-Provence (-102) et les Cimbres à Verceil (-101).

1.2. Le Moyen Âge

Au Moyen Âge, la Provence fut successivement un marquisat, un comté et un royaume.

En 947, le bosonide Boson, comte d’Arles fut investi de la Provence. À sa mort, les deux fils de ce dernier, Guilhem dit le Libérateur et Roubaud, se partagèrent en indivis le comté, indivision que maintinrent leurs descendants. La branche issue de Guilhem donna celle des comtes de Provence, celle issue de Roubaud, les comtes de Forcalquier – Forcalquier se détacha en 1054 –, également marquis de Provence.

En 1037, Emma, marquise de Provence, se maria à Guillaume III Taillefer, comte de Toulouse, transmettant les droits de la lignée de Roubaud à la maison de Toulouse. En 1112, Douce de Provence, héritière des droits de la ligne de Guilhem, épousa Raymond-Bérenger III, comte de Barcelone, qui devint Raymond-Bérenger Ier de Provence. Le maisons de Toulouse et de Barcelone entrèrent alors en conflit pour posséder le marquisat, lutte qui s’acheva par un traité en 1125, entre Raymond-Bérenger et Alphonse-Jourdain de Toulouse. En 1193 Alphonse II de Provence épousa Gersande de Forcalquier : leur union donna naissance au comté de Provence-Forcalquier.

Pendant cette période le comté d'Orange, vassal de Provence, fut érigé en principauté (1181).

En 1245, Raymond-Bérenger V de Provence mourut alors que ses quatre filles étaient mariées : Marguerite à Saint-Louis, Sance à Richard de Cornouaille, Éléonore à Henri III, roi d'Angleterre et Béatrix à Charles, comte d'Anjou et du Maine, frère de Saint-Louis. C'est cette dernière qui reçut en héritage les deux comtés – de Provence et Forcalquier –, les transmettant à la première maison capétienne d'Anjou.

Accumulant les titres royaux (roi de Naples-Sicile, de Jérusalem, de Chypre, d’Acre, de Thessalonique, etc.), les membres de cette lignée se firent donc appeler roi : le plus célèbre d’entre eux est René d’Anjou (de la seconde maison capétienne d’Anjou).

Mais entre temps le comté de Provence-Forcalquier avait été démembré. Conformément au traité de Meaux-Paris (1229), qui marquait la fin de la croisade des Albigeois, le marquisat passa au roi de France Philippe III après la mort d'Alphonse de Poitiers, survenue en 1271. Une partie du comté fut cédée au pape Grégoire X (1274) et devint le Comtat Venaissin. En 1388, par la Dédition de Nice, le comté de Nice fut détaché de la Provence au profit de la Savoie.

En 1382, la première maison capétienne d’Anjou s’acheva avec la mort de la reine Jeanne. Cette dernière avait adopté le frère du roi Louis Ier, fait comte puis duc d’Anjou : ce dernier devint ainsi le fondateur de la seconde maison capétienne d’Anjou. La dynastie prit fin avec Charles III du Maine, en 1491. À la mort de ce dernier, le roi de France Louis XI prit possession du comté et l’annexa au domaine royal.

2. Langue

La langue propre de la Provence est la langue d'Oc (aussi appelée langue occitane), plus précisément le provençal et le niçois, variantes locales du rameau oriental du sud-occitan, qui comprend également le languedocien.

Jusqu'au XIXe siècle, le nom « provençal », associé à la langue des troubadours du Moyen Âge, désignait l'ensemble de la langue d'Oc. En 1854, se forma autour de Frédéric Mistral le Félibrige, association littéraire qui se donna pour objectif la renaissance de la culture du Midi par la littérature et particulièrement la poésie. En 1904, Frédéric Mistral obtint le Prix Nobel de Littérature pour l'ensemble de son œuvre littéraire et philologique.

L'IEO et le Felibrige assurent aujourd'hui l'essentiel du travail de récupération linguistique, en Provence comme dans l'ensemble des pays d'Oc. Parlée par près de 500 000 personnes (Blanchet) et comprise par plusieurs millions, la langue d'Oc vit actuellement un renouveau. En 2003, le Conseil régional de PACA a voté une motion qui affirme que la langue occitane est la langue régionale de la Provence.

3. Culture provençale

La culture provençale est une culture méditerranéenne : la vigne, l'huile d'olive et la terre cuite en sont les plus anciens éléments, qui remontent à l'Antiquité.

Mais ses traditions, ses mets et son art de vivre, mondialement connus, datent pour la majeure partie de la période moderne jusqu’au XIXe siècles : les hôtels particuliers des rues d’Aix-en-Provence, construits dès la Renaissance en pierre de Rognes, témoignent de l’importance de son parlement sous l’Ancien Régime. Sous Louis XIV, la faïence de Moustiers fournit la vaisselle de la cour, à Versailles. Sous Louis XV, le mobilier provençal, en bois fruitier (noyer et cerisier), notamment fabriqué à Arles, se développa : il est aujourd’hui très apprécié. À la même époque, des tissus très colorés, utilisés pour la fabrication de toiles embouties (les boutis) ou des costumes traditionnels, comme celui des arlésiennes, furent importés d’Inde (les indiennes) avant d’être fabriqués dans la région. Dès le début du XXe siècle, puis pendant les années 1950, le tourisme, d’abord de luxe, connut un essor considérable sur la côte d’Azur, entraînant la construction de nombreux casinos et donnant naissance au Festival de Cannes. Pendant les années 1970, la montagne du Luberon devint un lieu de villégiature apprécié par les élites parisiennes.

Un tourisme de masse existe aujourd'hui, sur les côtes (côte bleue et côte d'Azur) et autour des gorges du Verdon, mais la région, riche de trois parcs naturels, cherche avant tout à développer le tourisme culturel en s'appuyant sur ses traditions.

La cuisine provençale, relativement épicée, fait un usage abondant de l'ail, du vin, et de l'huile d'olive. Elle peut s'appuyer sur plusieurs produits « A.O.C. », dont l'agneau de Sisteron, les fromages de chèvre de Banon, les huiles des Baux de Provence, etc.


Copyright © les auteurs de l’article original sur le site Wikipédia : l’encyclopédie libre et gratuite pour les sections inaltérées et – dans le cas d’une version modifiée – les auteurs de ce document sur Libre Savoir. (Dans le cas où le nombre total de contributions est supérieur au nombre affiché sur la page d’historique du document, veuillez utiliser les liens de navigation pour obtenir la liste complète des auteurs.)



Sujets Provence-Alpes-Côte d'Azur
Évaluation 100.00 %
Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2016-10-25 01:26:10




Découvrez nos contenus

par catégories

par mots-clés

par dates d'ajout et de modification

Index alphabétique

Partagez vos connaissances !
Pour publier durablement et librement sur Internet, contactez-nous.





/a>