Première Guerre mondiale

Intérêt
La première Guerre mondiale est le nom donné au conflit généralisé auquel participèrent les nations européennes, leurs alliés et leurs colonies de 1914 jusqu’en 1918.
Table des matières

1. Causes

Il existe de nombreuses causes au déclenchement de la Première Guerre mondiale et rétrospectivement, elle paraît inévitable.

Au début du XXe siècle, l'Europe, et en particulier le Royaume-Uni et la France, dominait le monde, possédant des colonies sur tous les continents. Cette domination s'étendait aux domaines militaire, économique, politique, mais aussi culturel. En revanche, l'Allemagne ne possédait pas de colonies, ou très peu. Elle lorgnait donc avec intérêt vers les colonies françaises. De son côté, la France ne s'était toujours pas remise de la défaite de 1870 contre l'Allemagne. Dans les écoles françaises, où allaient tous les enfants depuis les lois de Jules Ferry, on coloriait l'Alsace et la Lorraine en noir sur la carte de France. La génération qui entrait dans l'âge adulte en 1914 avait donc été élevée dans l'idée qu'il fallait laver l'affront de 1870 et battre les Allemands.

De vastes systèmes d'alliances se créèrent : la France, la Grande-Bretagne, la Serbie et la Russie d'un côté (l'Entente) ; l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Empire ottoman, ennemi de la Russie et de la Serbie, de l'autre.

L'événement déclencheur du conflit fut l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d'Autriche-Hongrie, commis à Sarajevo le 28 juin 1914 par de jeunes nationalistes serbes. L'Autriche-Hongrie posa un ultimatum le 28 juillet à la Serbie, mais la Serbie refusa de se soumettre. L'attaque autrichienne provoqua alors une réaction en chaine : le 30, les Russes déclarèrent la guerre à l'Autriche pour aider leurs alliés serbes, les Allemands vinrent à leur tour prêter main-forte aux Autrichiens en déclarant la guerre à la Russie le 1er août, puis le 3 à la France. Le 4, le Royaume-Uni déclara la guerre à l'Allemagne, suite à l'invasion par celle-ci de la Belgique restée neutre.

Ce fut le début de la guerre. Parmi les principaux pays européens, seule l'Italie resta neutre. Les deux camps étaient équilibrés, possédant chacun un peu moins de 2 millions de soldats. Les Allemands avaient un net avantage du point de vue de l'artillerie, mais il était compensé par la suprématie sans partage des Britanniques sur la mer.

2. Front occidental

2.1. Guerre de mouvement

Le début du conflit marqua une profonde mutation dans l'art de faire la guerre tel que le voyait les généraux, français notamment. Il est souvent choisi comme la véritable date d'entrée dans le XXe siècle.

En 1914, les Français pensaient que la guerre serait courte. On disait aux soldats partis en juillet qu'ils seraient revenus pour les moissons. Mais les généraux, qui avaient étudié les guerres napoléoniennes, avaient un siècle de retard dans la manière d'envisager un affrontement. Il s'agissait pour eux d'une « guerre en dentelle », menée entre gentilshommes honorables. Les soldats français possédaient des uniformes à pantalon rouge et veste bleue et chargeaient sabre au clair droit sur l'ennemi. Mais l'Allemagne possédait des mitrailleuses bien plus perfectionnées qu'à l'époque de Napoléon et des régiments entiers se firent faucher avant que le commandement français ne se rende compte de son erreur.

Les Français avaient massé leurs troupes près de la frontière franco-allemande, entre Nancy et Belfort, divisées en cinq. Ils prévoyaient une attaque frontale, le plan XVII. Les Allemands possédaient quant à eux un plan bien plus ambitieux. Ils comptaient sur la surprise et sur la rapidité pour surprendre les troupes françaises, en passant par la Belgique et en marchant directement sur Paris (plan établi par Schlieffen en 1905). Ils laissèrent environ les 2/7 de leurs troupes à la frontière pour résister à une attaque frontale et préparèrent les 5/7 à cette marche forcée.

Cette invasion de la Belgique, pays jusqu'alors neutre, poussa la Grande-Bretagne à entrer en guerre. Le début du plan se déroula à merveille et les Allemands battirent l'armée française à Charleroi (21 au 23 août). Simultanément les Français lancèrent le plan XVII, mais il s'avéra être une catastrophe en raison de l'anachronisme de leur stratégie : il s'en suivit un repli prématuré des troupes françaises vers leurs lignes. Les Allemands progressèrent rapidement et rencontrèrent les Français lors de la bataille de la Marne qui marqua l'échec définitif des plans d'avant-guerre. Après cette défaite allemande, les troupes ennemies tentèrent des débordements réciproques (plus tard surnommés la « course à la mer ») et finirent par créer un front à peu près stable allant de la mer du Nord jusqu'à la Suisse. Cette situation donna naissance à une guerre de position.

2.2. Guerre de position

Après ces différentes stratégies vouées à l'échec, trop datées ou trop ambitieuses, les soldats épuisés bloquèrent le front. Les états-majors firent creuser des tranchées, poser des kilomètres de barbelés, des mines et des pièges afin de consolider leurs positions. Dans ce contexte, l'assaillant était tellement désavantagé par rapport au défenseur qu'aucun des deux camps n'osa plus lancer d'offensive générale. Les généraux ordonnèrent toutefois de nombreuses offensives localisées : les soldats devaient courir parmi les mines, éviter d'être fauchés par les mitrailleuses, pour arriver dans la tranchée ennemie où les combats finissaient souvent au couteau et à la baïonnette.

Fin 1915, Falkenhayn proposa un projet nouveau à l'Empereur : attaquer Verdun, place-forte dite imprenable par la propagande française. Il espérait que sa chute affaiblirait le moral des soldats français. Le 21 février 1916, l'attaque proprement dite débuta : l'artillerie se mit à pilonner les bases françaises. Les Allemands avançaient peu, mais les pertes du côté français étaient énormes. Le 25 février, le général Langle de Cary décida d'abandonner, ce qui était le plus raisonnable d'un point de vue stratégique. Mais le commandement français pensait qu'il ne pouvait pas se permettre de perdre Verdun et nomma Pétain à sa place. Il ordonna une série de violentes contre-attaques et les Allemands transformèrent cette bataille au front réduit en une vaste guerre d'usure. Le 1er juillet ,les Anglais déclenchèrent une bataille parallèle à Verdun, sur la Somme afin de diviser les troupes allemandes. Les Allemands reculèrent le 15 décembre, perdant ainsi 5 kilomètres de territoires après 10 mois de guerre.

3. Front oriental

Les stratégies allemandes de guerre de mouvement, qui avaient échoué en France, fonctionnèrent à merveille contre la Russie. Les armées russes, en effet, avaient une taille considérable et les Français comptaient beaucoup sur elles pour attaquer simultanément et diviser l'armée allemande, mais le nombre considérable de soldats russes (8 millions en 1914) masquait le fait qu'il ne s'agissait le plus souvent que de simples paysans sans aucune formation militaire, parfois armés d'une simple faux. Le commandement russe, également, était médiocre.

Les deux armées russe et allemande se rencontrèrent à Tannenberg (en Prusse orientale) du 26 au 30 août 1914, puis aux lacs Mazure, du 6 au 15 septembre 1914. Dans les deux cas, les Russes subirent une cinglante défaite et furent obligés de se replier. Lindenburg, le commandant allemand de cette campagne, fut ensuite envoyé sur le front ouest pour appliquer les même méthodes. Il échoua car le front s'était déjà stabilisé et les Français étaient préparés (mines, barbelés, tranchées). Il ne put empêcher la guerre d'usure.

4. Autres fronts

Les deux camps tentèrent des manœuvres de diversion ou de contournement, mais aucune n'eut autant d'importance que les deux fronts principaux :

  • les Alliés déclenchèrent la guerre des Dardanelles en 1915. Le contrôle de ce détroit aurait permis à la France et à l'Angleterre de ravitailler la Russie et d'encercler les Empires centraux. Cette idée, défendue notamment par Winston Churchill, déboucha sur un débarquement à Gallipoli mais les alliés ne parvinrent jamais à pénétrer par surprise comme ils l'auraient voulu et leur tentative se solda par un échec.
  • Lawrence d'Arabie : les anglais firent se soulever les Turcs et les tribus arabes pour gêner les Ottomans.
  • Le ministre des Affaires Étrangères anglais, Lord Arthur Balfour promit l'établissement d'un état juif en palestine pour motiver les Juifs américains à pousser leur pays à entrer en guerre : les Anglais attaquèrent la Palestine et gagnèrent le contrôle du territoire, qu'ils devaient conserver jusqu'en 1947. De nombreux juifs s'établirent en Terre Sainte peu après et y achetèrent des terres.
  • Les Allemands, avec les premiers sous-marins, tentèrent d'imposer un blocus complet à l'Angleterre et à la France, notamment pour mettre fin au soutien de leurs colonies. Cette guerre maritime provoqua l'entrée en guerre des Américains, qui prirent le naufrage du Lusitania comme prétexte pour joindre l'Entente.

5. 1917, le tournant de la guerre

Après la deuxième révolution russe d'octobre 1917, les bolcheviks signèrent un armistice avec les Empires Centraux dès le mois de décembre, puis la paix de Brest-Litovsk (négociée par Trotski). Pour obtenir cette paix séparée, ils consentirent à d'énormes sacrifices et perdirent notamment la Pologne, l'Ukraine, la Finlande, les pays Baltes et une partie de la Biélorussie.

Les Allemands profitèrent de cette défection pour concentrer toutes leurs forces sur le front ouest et tenter d'obtenir une victoire rapide avant l'arrivée effective des Américains. Ce fut le retour de la guerre de mouvement.


6. Chronologie et batailles importantes

  • Chronologie 14-18
  • Bataille de la Marne

7. Autres articles

  • accord Sykes-Picot
  • Traité de Versailles

8. Liens externes :



Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2016-12-05 10:36:17




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