Périodes de l'histoire

Intérêt
Un découpage en périodes de l’histoire a pour double objectif de répondre à une exigence chronologique et de poser des repères, d’indiquer des ruptures qui traduisent un changement d’objet.

Si l’histoire de la terre commence avec la formation géologique du globe terrestre et si l’histoire de l’humanité commence avec l’apparition du genre homo, on limite traditionnellement l’emploi du mot « Histoire » (avec une majuscule) pour les périodes qui nous sont connues par l’intermédiaire de sources écrites, quel que soit le support de ces sources et quels que soient les moyens par lesquels elles nous sont parvenues. Les périodes pour lesquelles de telles sources n’existent pas ayant été nommées, quant à elles, préhistoire ou protohistoire.

Cet usage, popularisé à la suite de la création des archives nationales (1808) et de la professionalisation des historiens s'explique principalement par l'importance historique de l'écrit en tant que source privilégiée de la connaissance historique. Cette suprématie de l'écrit perdure jusque dans la deuxième moitié du XXe siècle pour l'ensemble des champs d'études de l'histoire.

Table des matières

1. Découpage conventionnel

Par convention, dans le monde occidental, les quatre périodes majeures de l'Histoire sont :

  • l’Antiquité (des premières civilisations jusqu’à la chute de l’empire romain occidental en 476),
  • le Moyen Âge (jusqu’à la découverte de l’Amérique en 1492),
  • la période moderne (jusqu’à la Révolution de 1789),
  • la période contemporaine (jusqu’à nos jours).

En raison de l'élargissement du champ de la discipline historique, aux quatre périodes de l'histoire classique, il convient d'ajouter :

  • La préhistoire (de l’apparition de l’homme jusqu’à l’émergence des premières civilisations)
  • La protohistoire (période intercalaire des « peuples sans histoire », c’est-à-dire des civilisations postérieures à l’invention de l’écriture mais n’en faisant pas usage ; par exemple, les Celtes, les civilisations pré-coloniales de l’Afrique noire ou les « Indiens » d’Amérique entrent dans cette « période ».

1.1. Critères

Ce découpage est évidemment arbitraire et ses limites mêmes peuvent varier selon plusieurs critères. Un premier critère est thématique : il n’existe pas, en effet, de ruptures claires dans tous les domaines de l’histoire (politique, social, culturel, etc.) à chaque changement de période.

Les histoires nationales, également, proposent des dates qui sont plus significatives en ce qui les concernent : on admet ainsi que les Américains font débuter l'époque contemporaine en 1776 ou que les Allemands privilégient l'imprimerie de Gutenberg pour marquer la fin du Moyen Âge.

Plus largement, cette partition est dictée par des considérations culturelles et géographiques : elle apparaît correcte pour l'Occident mais elle est inadaptée à l'histoire des autres continents.

De plus, elle n'est pas figée et reflète en elle-même des changements historiographiques :

  • le passage entre l’Antiquité et le Moyen-Âge prête à débat depuis quelques dizaines d’années suite à l’émergence du concept d’Antiquité tardive hérité de l’historiographie allemande. Cette Spätantike tend à empiéter sur le Haut Moyen-Âge tel qu’il était délimité au XIXe siècle en se fondant sur l’idée erronée que la déposition du dernier Empereur romain d’occident avait mis fin aux structures du Monde antique.
  • le nom de « Moyen-Âge », quant à lui, reflète une conception de l'histoire datant du début des temps modernes, lorsqu'entre un âge d'or supposé de l'« Antiquité » classique et leur propre période de « restauration antique », les historiens de la Renaissance (le nom apparaît sous la plume de Jules Michelet) intercalèrent une période intermédiaire d'obscurantisme, réduite au rôle de transition.
  • l'appellation de la période « moderne » peut surprendre dans la mesure où elle ne désigne pas les temps actuels (la période « contemporaine ») : elle montre surtout que la partition de l'histoire est une convention qui s'est imposée au fur et à mesure du déroulement de l'Histoire : l'adjectif « moderne », en effet, convenait au XIXe siècle alors que l'histoire de la révolution française n'était pas achevée.
  • la limite « jusqu'à nos jours » qui marque la fin de l'histoire contemporaine est également discutable. L'historien prend, en effet, le relais du journaliste dès lors qu'il a accès à des archives dont le journaliste de disposait pas au moment où se déroulaient les événements. En France, où l'ouverture des archives est règlementée, certaines peuvent être bloquées plus d'un demi-siècle après la fin des événements qu'elles concernent. La guerre d'Algérie, dont les archives s'ouvrent progressivement, entre désormais de plein droit dans le champ de l'histoire, en revanche, ce n'est pas vraiment le cas pour les événements postérieurs dont les archives sont encore inaccessibles aux historiens.

2. Question des limites

En raison de l’extension du champ de l’histoire et à cause d’un certain relativisme de rigueur, les césures événementielles qui étaient admises sans difficulté en histoire politique et artistique ne le sont plus si facilement aujourd’hui, notamment dans les cas de l’histoire juridique, économique, sociale, etc. Aussi, les historiens ont tendance à préférer mentionner des décennies, voire des ensembles cohérents d’événements, comme « périodes de transition » : ces temps sont ceux qu’il faut aux mentalités pour changer.

  • la fin de l'Antiquité en Occident a lieu au Ve siècle (entre la prise de Rome et la déposition du dernier empereur romain d'occident, lorsque les contemporains prennent conscience de la disparition du régime politique impérial) ; si l'on intègre à l'antiquité une « antiquité tardive » qui durerait du milieu du IIIe siècle jusqu'à la période carolingienne, c'est toutefois au IXe siècle seulement que débute le Moyen Âge.
  • la fin du Moyen Âge a lieu entre 1450 – 1453 (dates de l'invention de l'imprimerie et de la prise de Constantinople par les Turcs, laquelle fournit nombre d'œuvres antiques à l'Occident) et 1492, date emblématique des « grandes explorations » lancées par les nations européennes.
  • entre période moderne et période contemporaine s'intercalent « les révolutions » : de 1776 – 1786 à 1815, elles dessinent les contours d'une période qui n'appartient plus, ni au XVIIIe siècle historique (à l'Époque moderne), ni au XIXe siècle historique (à l'Époque contemporaine) et qui s'achève par le congrés de Vienne.

3. Autres découpages

D’autres découpages de l’Histoire existent. Ainsi, dans l’enseignement actuel de l’histoire pour les collèges, en France, 6 périodes ont été retenues : la Préhistoire, l’Antiquité, le Moyen Âge, du début des temps modernes à la fin de l’époque napoléonienne, le XIXème siècle, et enfin, le XXème siècle et le monde actuel (source : SNUIPP).

4. Voir aussi

HistoirePréhistoireProtohistoireAntiquitéAntiquité tardiveMoyen ÂgePériode modernePériode contemporaine







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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2020-05-29 10:13:38




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