Mystères à Twin Peaks de David Lynch

Intérêt
Le cinéma de David Lynch excelle à jouer sur des apparences plutôt avenantes avant de donner à voir une réalité autrement plus étrange, bizarre, délirante et très souvent dérangeante. Le feuilleton télévisé Mystères à Twin Peaks n’échappe pas à ce double regard.


Table des matières

1. ANALYSE


1.1. Un générique-métaphore


Avant même d’entrer plus avant dans le feuilleton Mystères à Twin Peaks, on peut revoir le célèbre générique porté par l’envoûtante musique de Badalamenti faite de doux bercements ponctués de basses rampantes sourdement inquiétantes ; une composition musicale si propre à créer cette atmosphère magique de fascination hypnotique... Dans la mesure où David Lynch ne laisse rien au hasard et montre un rare souci du détail, il est possible de glaner quelques informations sur ce qui nous attend au cours du « Pilote » et des vingt-neuf épisodes suivants.

Ce générique est, en fait, le tout début du « Pilote », dont la première minute et demie sera conservée (sauf le plan sur la grume) et répétée ensuite comme générique introduisant tous les épisodes du feuilleton. Il se compose de sept éléments qui s’enchaînent avec fluidité par le truchement d’un premier thème musical aux notes de guitare douces et harmonieuses suivies d’un crescendo de violons évocateur de paix et d’harmonie. Une fluidité renforcée par le procédé de la surimpression d’images : un oiseau (une grive à collier), bec dressé, en gros plan ; une usine aux cheminées fumantes ; des machines-outils qui aiguisent des crans de disque de scie circulaire ; une énorme grume à débiter sur une remorque de camion ; un panneau (« Welcome to Twin peaks – Population : 51,201 ») planté au bord d’une route sur fond de montagnes sombres, blanchies de quelques névés ; une cascade torrentielle et un paisible cours d’eau. Les éléments bucoliques (l’oiseau/les montagnes/l’eau) font penser à une vie naturelle et paisible, cependant que l’usine et la grume évoquent l’activité industrieuse de ses habitants.

Pourtant, une certaine discordance se perçoit dès l’entame. Déjà, la vision de ce paysage naturel semble contradictoire avec la présence d’une usine polluante. Mieux encore, l’abondante fumée des cheminées qui s’élèvent à la verticale de l’usine fait contraste avec le violent mouvement de chute de l’eau. Par ailleurs, la route oblique vers la gauche de l’écran, car elle semble comme déviée par la masse sombre des montagnes. Enfin, le mouvement descendant de la caméra qui suit la cascade commence par se figer en un plan fixe du cours d’eau, avant qu’un lent travelling n’en suive le courant de surface. Une surface presque étale, aux vagues remous, où se reflètent les lignes – verticales mais allongées horizontalement sur l’eau – de troncs d’arbres qui s’y noient, au point que l’on ne distingue déjà plus la réalité de son reflet en une parfaite illusion.

Ainsi ce court générique, construit sur un dualisme du haut et du bas, semble s’achever sur l’image d’un trouble confus. Et l’on peut imaginer qu’il s’agit là d’un miroir brouillé annonciateur d’une suite plus complexe que ce à quoi l’on pouvait s’attendre à la vision des toutes premières images...

D’autant plus que le courant finit par conduire à une découverte macabre – un corps dans un linceul échoué sur une berge - qui est le point de départ du récit.

Blue velvet [1] suit déjà, en 1987, un cheminement très proche. Son générique énumère, de la même façon, les éléments accueillants : un ciel bleu écru, une clôture de bois d’un blanc immaculé, un camion de pompiers rouge vif qui saluent le spectateur, des tulipes jaune d’or, une sage traversée de rue par des enfants scolarisés, un jardin bien ordonnancé arrosé : nous sommes à Lumberton, une calme petite ville américaine comme l’est Twin peaks. Et, déjà, un innocent rouge-gorge fait l’objet de conversations...

En apparence...

Car M. Beaumont qui arrose son jardin est bientôt jeté à terre par une crise cardiaque dans le désordre du jet d’eau serpentant sous l’effet de la pression et les jappements fous du chien. Son fils adolescent, Jeffrey, qui se rend à son chevet découvre une oreille humaine grouillant d’insectes dans l’herbe d’un terrain vague. Dès lors, un autre univers va se révéler au cœur même de Lumberton…


1.2. L'éternelle lutte du Bien contre le Mal


  • « La plupart du temps, j’ai les sensations que j’avais entre neuf et dix-sept ans, parfois à six ans ! Depuis, les ténèbres se sont insinuées. Ces ténèbres sont la prise de conscience de ce qu’est le monde, la nature humaine et ma propre nature, le tout noyé dans la boue. » (David Lynch)

Cet aveu intime de Lynch confessant combien l’enfance et l’âge adulte ont des regards différents sur la vie préfigure la conscience qu’a le réalisateur d’un antagonisme irréductible entre un monde apparent avenant et une réalité souterraine inquiétante. (1) C’est pourquoi la lutte de l’un contre l’autre est au cœur même de Mystères à Twin Peaks, d’abord en ce qui concerne les personnages.

D’un côté, se regroupent autour du shérif et de Dale Cooper - qui, assez rapidement, sympathisent - Andy Brennan et Lucy Moran, l’adjoint indien du shérif, Tommy « Hawk » Hill, Ed, voire le Dr William Hayward et sa femme, et, avec quelques réserves, le major Briggs et sa femme ou Pete. Tous participent de cette gentillesse complice, certes naïve mais attachante, qui, traversant le feuilleton, unit l’ « étranger » Cooper « aux vraies gens de Twin peaks » (comme le dit et redit avec force le détective Cooper à Albert) et donnent au feuilleton une « respiration » vitale. On songe, bien évidemment, aux rapports fluctuants, inattendus et pleins d’humour entre Andy et Lucy. Ou encore aux petites histoires, touchantes ou naïves, qui unissent les maladroits Norma Jennings et Ed Hurley. Dale Cooper, personnage emblématique de cet humanisme chaleureux, qui expose clairement sa philosophie de vie hédoniste (« J’ai un petit secret, shérif. Chaque jour faites-vous un petit cadeau. Sans le planifier. Comme ça. Pour le plaisir. Que ce soit une chemise neuve, une petite sieste au bureau, ou deux bonnes tasses de café bien chaud. ») et toujours prêt à savourer les tartes et beignets locaux sait témoigner une amitié sincère au shérif en lui faisant une totale confiance ainsi que le montre le court dialogue entre eux à propos de Josie Packard (« Croyez-vous qu’elle dit la vérité ? » demande Cooper. « Je l’aime et je la crois. » répond le shérif. « Ça me suffit. On va s’en occuper. » conclut le shérif.) Cette sincérité de Dale Cooper se révèle, en outre, dans le discours – authentique déclaration d’amour à la ville - qu’il tient à son collègue Albert Rosenfield à qui il essaie vainement de faire comprendre et apprécier les habitants de la bourgade : « Je suis à Twin peaks depuis peu de temps. Mais je n’ai vu ici que décence, honneur et dignité. La mort de Laura Palmer a touché hommes, femmes et enfants. Ici, un meurtre n’est pas une chose insignifiante, une statistique. Ici, la vie a un sens. Chaque vie. Je croyais qu’on ne vivait plus ainsi. Mais c’est comme ça à Twin Peaks. » On notera d’ailleurs que, d’abord méprisant envers les habitants de Twin Peaks et, notamment, envers le shérif Truman, avec lequel il en vient aux mains, Albert Rosenfield finit par faire amende honorable et par reconnaître qu’il a évolué en avouant, à la fin du feuilleton, son amitié pour lui. Le cercle rapproché des intimes de Harry Truman, par sa simplicité, son attention aux autres et sa chaleur humaine, déteint donc sur les « étrangers » à la petite ville. Bref, les défenseurs du bien sont le plus souvent enfantins, innocents et tragiques.

D’un autre côté, les trafiquants Leo Johnson et Jacques Renault, voire Benjamin Horne aux multiples activités toutes plus malhonnêtes les unes que les autres et, surtout, Leland, père incestueux de Laura et assassin de Teresa Banks, dessinent en noir, chacun à leur façon, la vie de la bourgade. Ce sont les adolescents et les plus jeunes qui sont la proie de leurs agissements. Ainsi que le révèle l’homélie du prêtre à l’enterrement de Laura (« Je l’ai aimée avec la tendresse qu’on réserve aux caractères forts. Laura était intelligente. Elle était belle, charmante. Mais Laura était surtout impatiente. Impatiente que sa vie commence, que le monde soit à la hauteur de ses rêves et ambitions. Elle disait que je parlais trop. ») et que confirme le Dr. Jacoby : « Laura avait ses secrets. Autour de ces secrets, elle avait construit une forteresse qu’il m’a été impossible de pénétrer durant ces six avec elle. »

Cette dualité du monde « extérieur » transcrit, en effet, un écartèlement plus « intérieur ». Par exemple, Laura mène une double vie, suite à l’inceste dont elle a été victime : étudiante normale, le jour, elle est une débauchée, la nuit ; officiellement accompagnée d’un amoureux transi, James Hurley, et d’une amie sage, Donna, elle se livre, en secret, la nuit, aux orgies les plus débridées dans des bars louches avec Ronette Pulaski. On prendra comme autre exemple le double rendez-vous si symbolique qu’a Laura le soir du meurtre : l’un, avec James (l’honneté) et l’autre, avec Leo et Jacques Renault (la perversité).

Il est vrai que c’est au cœur même de sa famille que Laura a rencontré le mal avec celui qui était censé la protéger : son père, être double lui aissi. Ainsi Mystères à Twin peaks renoue-t-il avec les contes pour enfants pour proclamer que l’innocence semble s’être enfuie de notre vie. (2)

Plus généralement, Mystères à Twin Peaks apparaît comme une métaphore de l’éternelle lutte du Bien contre le Mal qui oppose innocence et perversité, ainsi que le montre la révélation à Dale Cooper, par le shérif Harry Truman, de l’existence d’un maléfice étrange qui habite la forêt et se métamorphose, menaçant la paisible petite ville.
Si Twin Peaks est une ville où il fait bon vivre, c’est parce que, depuis la nuit des temps et pour l’éternité sans doute, les bonnes volontés citoyennes - réunies en une sorte de « société secrète » réunie au Bookhouse - s’emploient à lutter contre ce monde obscur qui déprave et sème le malheur. Ce Mal séculaire qui rôde autour de Twin Peaks est illustré visuellement, de façon saisissante, par un mouvement de caméra qui, partie des sombres frondaisons d’un arbre, saisit, en un lent mouvement de plongée, la maison des Palmer, comme si l’arbre par ses longues branches étendait son emprise sur la maison même. L’image relaie ainsi le discours du shérif sur la permanence du Mal. On peut aussi évoquer le vent violent qui secoue les arbres lors de scènes dans la forêt, ou encore l’image récurrente du hibou immobile. De même, le fréquent retour de la cheminée rougeoyante aux flammes dansantes et aux jeux d’ombres, foyer central au sens propre du terme, devant laquelle se tient le plus souvent - que ce soit au Great Northern Hotel ou au One Eyed Jacks - Benjamin Horne, le deus ex machina du Mal, le rattache symboliquement à ce monde des Enfers qu’il organise méthodiquement à Twin Peaks.
Il en est de même pour Jean Renault, cet autre envoyé du Mal, qui est filmé, à plusieurs reprises, devant cette cheminée, véritable chaudron du Diable, lorsqu’il vient faire chanter Benjamin à propos de l’enlèvement d’Audrey (Episode 11).

Le feuilleton multiplie, par ailleurs, les signes de cette dualité qui oppose clarté et ténèbres : que ce soit par la figure de l’opposition entre les activités du jour et celles de la nuit, ou par celle du contraste entre les lieux urbains conviviaux et illuminés et la forêt sombre et hostile. Ou encore l’antinomie, selon Harold, entre le monde extérieur et celui, intérieur, de la pureté à préserver. On peut aussi citer, comme autres exemples, le collier de Laura au coeur découpé en deux, ou encore les deux hommes (le bon et le méchant) entre lesquels Shelly et Norma sont écartelées. Voire peut-être le nom prémonitoire de ce Double R Diner... Enfin, le nom même de la ville de Twin Peaks ou Pics jumeaux c’est-à-dire doubles. Plus représentative encore, la fin du feuilleton (le dernier quart d’heure de l’épisode 29) installe, au coeur même du « Monde Obscur », la confusion par le recours, d’une part, aux décors à la fois identiques et modifiés (visualisant l’idée de labyrinthe), et, d’autre part, aux doubles des personnages : c’est le Nain qui avertit Cooper que, lorsqu’il le reverra, ce ne sera pas lui ; ce sont les visages et les voix d’Annie et de Caroline qui interfèrent ; c’est, surtout, Dale Cooper qui se dissocie en deux Dale Cooper, l’un poursuivant l’autre de sa vindicte ! On rappellera, à ce propos, les paroles de Hawk : « Il existe la Loge Noire où l’on rencontre son double que l’on nomme le Gardien du Passage (...) et la loge Blanche (...)» qui oppose donc une double « loge ». Le tableau proposé par Twin Peaks est donc un diptyque : innocence d’un côté et perversité de l’autre. Ce rêve du grand amour chez Audrey (pour Dale Cooper, puis pour John Wheeler), Shelly (pour Bobby), Norma (pour Ed), Andy (pour Lucy), James (pour Donna), se transforme en mal-être dans la mesure où ils se retrouvent partagés entre deux hommes (Norma et Shelly) ou deux femmes (Ed, et James pour Laura et Donna, puis pour Donna et Maddie, voire, enfin, pour Donna et Evelyne). Pis, ce rêve devient un cauchemar sordide qui livre à la prostitution des corps et des esprits (Ronette et Laura, bien sûr, mais aussi les toutes jeunes filles du One Eyed Jacks) sans que l’on sache très bien si le passage de l’un à l’autre s’effectue par un glissement intérieur ou est provoqué par un facteur extérieur. A moins que les âmes les moins fortes ne soient dans l’impossibilité de résister aux forces obscures des instincts qui poussent à aller toujours plus loin dans les expériences. Le discours de reproche que tient Harold Smith à Donna et à Maddie est révélateur de ce divorce : « Je vous faisais confiance. Je vous ai ouvert mon cœur et mon âme. Je vous croyais différentes. J’avais l’impression que je pouvais réintégrer le monde et y trouver quelque chose de bien, de pur. Mais vous êtes comme les autres. Vous mentez, vous trahissez et vous en riez. Vous êtes impure. Vous m’avez contaminé. »

Il est d’ailleurs symptomatique que le feuilleton « Invitation à l’amour » soit vu, peu à peu, par la plupart des personnages de Twin Peaks : à un moment ou à un autre, ils sont montrés devant l’écran de télévision qui le diffuse, qu’il s’agisse de la famille Hayward à son domicile, de Lucy dans le bureau du shérif, de Benjamin Horne, de Leland, de Shelley (y compris Leo qui en voit les images avant de sombrer dans le coma !) chez eux, ou au Double R Dinner, etc. Il arrive même que l’épisode en cours de vision soit commenté, par exemple par Shelly qui encourage le personnage fictif à se défendre, ce qu’elle ne parvient pas à faire elle-même face à Leo ! Cette mise en abyme - le téléspectateur regarde le feuilleton « Twin Peaks » dont les personnages regardent le feuilleton « Invitation à l’amour » -, cette référence à la fiction dans la fiction elle-même, révèle, sur le mode ironique, combien le monde réel et le monde imaginaire se nourrissent l’un de l’autre et comment chacun de nous se retrouve écartelé entre réalité prosaïque et aspirations au bonheur. Le personnage de Donna et son évolution en offre un bon exemple. D’abord dans l’ombre d’une Laura qui a su attirer James pour mieux le rejeter, elle connaît ensuite, à la disparition de cette dernière, de vrais moments d’un bonheur partagé dans la découverte que James et elle font de leurs points communs et de leur attirance ancienne. Pourtant, à mesure que se révèlent les sombres penchants de son amie, les certitudes de Donna semblent se désagréger au point d’altérer sa propre personnalité. Elle commence, en effet, à vouloir porter les lunettes de soleil de Laura, se présente à James en prison la cigarette à la bouche et clame son envie de lui faire l’amour, s’attirant une remarque étonnée de son amoureux. Elle devient même jalouse de Maddie lors de la soirée musicale où ils chantent tous les trois. Si bien que l’on peut se demander si la présence de Maddy – physiquement si semblable à sa cousine – n’agit pas comme un facteur de trouble. Pour Donna, cette Maddy surgie à Twin Peaks à l’occasion de la mort de Laura ne serait-elle pas la réincarnation d’une Laura amendée et convenable, mais toujours présente pour s’interposer entre elle et James ? En témoignent ses paroles et ses pleurs devant la tombe de son amie : « Tu es morte, mais tes problèmes sont toujours là. Comme si ta tombe n’était pas assez profonde. » Cette dissolution de sa personnalité à l’œuvre, jour après jour, illustre la prise de possession de son esprit par le sentiment destructeur de la jalousie, semblable, toute proportion gardée, à la désagrégation de Leland envahi par le mal représenté par Bob. Ainsi peut-on dire, que dans le feuilleton Twin Peaks, les entités, abstraites, s’incarnent dans des formes visibles.

NOTES :

(1) Ne serait-ce pas là - outre la localisation géographique - l’explication métaphorique du titre « Mystères à Twin Peaks » ? Twin (jumeaux) Peaks (pics) indique bien la gémellité des sommets que représentent le Bien et le Mal...

(2) On notera que David Lynch dessine, de film en film, un tableau des pratiques sexuelles en y inscrivant, à chaque fois, un élément supplémentaire. C’est ainsi que Blue Velvet [2] (1986) met en scène crûment, à travers les personnages de Frank et de Dorothy, à la fois le voyeurisme et, surtout, un sado-masochisme aussi bien visuel que dialogué. Mystères à Twin Peaks (1995) et Fire walk with me (1992) insistent sur l’inceste et l’échangisme des orgies auxquelles se livre une Laura aspirée par le mal, mais en quête d’une impossible rédemption. Lost Highway (1997) met en scène la jalousie sexuelle morbide. Mulholland Drive (2001), enfin, explore l’amour saphique à travers la relation entre Betty/Diane et Rita/Camilla.


1.3. Une lutte vouée à l’échec : de l’espoir amoureux entrevu à la désillusion tragique


  • « Les plans les mieux conçus des souris et des hommes souvent ne se réalisent pas. » Robert Burns (cité par John Steinbeck dans son roman Des Souris et des Hommes)

Dans « Mystères à Twin Peaks », tout échoue, qu’il s’agisse des sombres projets conçus par les tenants du Mal ou des radieux espoirs de vie à deux entrevus par les personnages au service du Bien. Les personnages négatifs, malfaisants ou corrompus, ne réussissent pas à mener à leur terme leurs activités nuisibles : les frères Renault sont tués et leurs projets défaits ; Leo perd toute autonomie ; Ben Horne ne réalisera pas l’opération Ghostwood qui lui échappe au profit des Packard. Mais Catherine Packard pourra-t-elle mener le projet à son terme à présent que son frère a été tué dans l’explosion du coffre de la banque ? Du côté des personnages sympathiques, Andy retrouve, certes, Lucy mais il ne saura pas si l’enfant à venir est le sien. Harry Truman est le jouet de Josy qu’il ne pourra protéger de ses démons. Quant à Audrey, elle meurt en étant convaincu en son for intérieur que Wheeler ne reviendra pas. Par ailleurs, on peut supposer que Norma et Ed vont être de nouveau séparés par Nadine puisqu’elle est guérie. Donna, enfin, doit se contenter d’une carte postale de James et d’une vague promesse de retour. Mais c’est surtout le destin de Dale Cooper qui confère à Mystères à Twin Peaks son atmosphère finale de sombre désillusion puisque les promesses de sa rencontre avec Annie restent sans lendemain. Il faut bien revenir sur les détails de leur relation.

Annie Blackburn apparaît tardivement dans le feuilleton (au début de l’épisode 24). Dès qu’il la voit, Cooper est sous le charme et il semble bien que ce soit réciproque. La romance se développe selon le schéma classique des quatre phases : la rencontre (Episode 24) et le contact par la main (Episode 25), à laquelle succède la promenade romantique en barque sur le lac conclue par un baiser chaste (Episode 26), avant la visite d’Annie dans la chambre de Cooper et leur union charnelle (Episode 28). Nul doute que Lynch utilise, au premier degré, les étapes classiques du feuilleton sentimental (la rencontre des regards/le contact par la main/Le baiser/l’union des corps) – un regard que l’on sait toutefois non dépourvu d’une intention parodique et satirique.

Ils se rencontrent pour la première fois au Double R Diner (Episode 24 – 27ème mn). Cooper est au comptoir et Annie vient le servir. Dès qu’il la voit, il est charmé et la reconnaît pour Annie, la sœur de Norma. Il se présente et engage une conversation plutôt personnelle :

- « Vous allez rester ici longtemps ?
- Un bon bout de temps.
- Tout comme moi.
- Vous vous y êtes fait.
- Quand on y est, on y reste. »

Son souci immédiat est donc de savoir s’il pourra revoir – et durablement – la jeune femme.

Le second tête à tête se déroule au bar du Great Northern Hotel (Episode 25 – 40ème mn) où Cooper la rejoint et lui exprime son admiration de la voir découvrir le monde avec ingénuité.

« - Je suis toujours étonnée, abasourdie. La musique, les gens. Leur façon de parler, de rire… leur façon d’être amoureux. C’est comme une langue étrangère pour moi. Je connais peu de mots, je comprends donc peu de choses.
- J’aimerais voir le monde par vos yeux.
- Pourquoi ?
- Il y a certaines choses que je ferai différemment.
- Moi aussi.

(Il voit pour la deuxième fois la cicatrice sur le poignet d’Annie ; ce qu’elle remarque.)

- Vous savez, j’ai déjà échoué, alors… J’ai peur que ça m’arrive à nouveau.
- Vous voulez en parler ?
- C’est trop tôt.
- Je peux peut-être vous aider.
- Vous croyez ?
- Si vous le voulez.
- Je suis têtue comme une mule.
- Je ferai avec.
- On me trouve bizarre.
- Je connais ça.
- Je ferai des choses auxquelles vous ne vous attendrez pas.
- Je n’attends rien.
- Alors j’accepte votre gentille et généreuse proposition.
- J’en suis heureux. »

Et il lui prend la main.

Une troisième phase (Episode 26 – 28ème mn) approfondit leur relation, qui intervient lors d’un rendez-vous au cours duquel ils se font des confidences dans une barque sur un lac, lieu privilégié de l’enfance d’Annie.

- « Je suis plus proche de la nature que des gens.
- Pourquoi ?
- Je n’ai jamais eu beaucoup d’amis, contrairement à Norma. Elle était toujours ouverte et moi, renfermée. Je vivais dans ma tête. C’est plutôt bizarre.
- Ce n’est pas si mal.
- C’est plutôt bizarre. »

Alors Annie, poussée par les questions de Cooper, se confie : elle a connu un garçon en terminale et cela s’est mal passé. Puis elle préfère ne plus évoquer le sujet, ce que comprend Cooper. Annie lui confie alors ses résolutions :

- « Je veux m’ouvrir à la vie. J’étais trop peureuse. On ne chasse pas la peur en essayant de l’éviter. Il a fallu que je la regarde en face. Il a fallu que je le fasse quand tout allait si mal.

(Touchant alors les cicatrices d’Annie) Cooper s’épanche lui aussi :

- « Les choses peuvent parfois paraître sans issue. Je sais quelle détresse on peut traverser.
- Ça m’est arrivé à cause de ce garçon.
- Moi aussi, j’ai voulu disparaître de la surface de la terre. C’est pour ça que je peux vous aider.
- Annie : Je ne vous connais pas bien. J’essaie de faire confiance à mon intuition.
- Cooper : Et que dit-elle ?
- Annie : De faire confiance. »

Un baiser clôt leurs confidences.

La quatrième phase (Episode 28 – 16ème mn), après l’union de leurs âmes, scelle l’union des corps. Annie rejoint Cooper dans sa chambre du Northern Hotel. Ce dernier est en train de dicter à Diane qu’il éprouve pour Annie les sentiments qu’il avait pour Caroline.

- « Vous arrivez comme une fleur. Que puis-je faire pour vous.
- Je dois faire un discours dans six heures, mais je n’ai aucune idée de ce que je vais dire. (…) J’ai besoin de vous parler. (…) Les arbres ne sont pas des gens, mais ce sont des êtres vivants.
- Votre forêt est belle et paisible.
- Elle est à moitié détruite. J’essaie de la faire revivre, mais en vain. Tout arbre a son ombre. Vous arrivez à lire à travers moi. Et je ne sais pas si le veux.
- Je ne veux plus parler d’arbres. Je veux faire l’amour avec vous. »

Mais cette romance amoureuse - magnifiée encore par l’élection d’Annie comme Miss Twin Peaks – qui irradie, en un pur moment de bonheur, vers le spectateur plongé dans la nostalgie de l'enfance où l'Amour et le Bien sont accessibles, s’achève brutalement dans la tragédie. Dale Cooper ne reverra Annie que dans le « Monde Obscur » et encore son image se confondra-t-elle avec celle de Caroline. Enfin, de retour dans le monde réel, Annie (morte) et lui (possédé par Bob) n’existent plus tels que le feuilleton nous les montrait.

Ainsi Cooper, malgré son humanisme maintes fois affiché dans le feuilleton, sa générosité et ses constants efforts pour s’opposer au Mal, est responsable de la mort de deux femmes. Alors même qu’il confiait à Harry Truman le désespérant secret de sa vie - ne pas avoir su protéger son premier amour, Caroline, la femme de Windom Earle -, il connaîtra les mêmes déboires avec Annie à qui il promet protection, mais dont il ne peut empêcher ni l’enlèvement ni le meurtre par Windom Earle. Lynch signifierait-il que l’expérience de la vie est inutile et ne permet pas d’éviter - voire de répéter - les mêmes erreurs ? Ainsi Cooper ne sait-il pas interpréter les signes - pourtant si évidents - de la mise à mort du hippy et l’exposition, en forme de mise en scène orchestrée par Windom Earle, de son cadavre sur les lieux mêmes (le kiosque au bord du lac) qui ont vu son idylle avec Annie (la barque sur ce même lac). De même, il ne comprend pas le message du Géant qui essaie vainement de le prévenir par un signe de dénégation – lui signifiant qu’Annie ne doit pas se présenter - pendant les répétitions de l’élection. Enfin, quand Cooper reçoit le message du major Briggs (« Protégez la Reine (…) C’est la peur et l’amour qui ouvrent l’accès aux loges. »), il a beau se précipiter au Bang Bang Bar, sa surveillance se révèle inefficace. Cette triple incompréhension scelle, dès lors, le destin d’Annie…

Or, cette idylle – tardive - entre Cooper et Annie est emblématique de ce que peut porter d’espoir des personnages caractérisés par l’ingénuité, la bonté et animés par le sentiment de compassion. Fracasser ce rêve du bonheur revient ainsi à donner de la vie une vision désespérante : l’enlèvement d’Annie par Windom Earle, sa mort et la prise de possession de l’âme de Cooper par Bob, qui s’enchaînent en une accélération rapide des événements, paraissent encore plus noirs et cruels et colorent le feuilleton d’une tonalité finalement pessimiste. On pourra noter la différence avec Blue Velvet [3], dans lequel la descente aux enfers de Jeffrey n’altère en rien son idylle avec Sandy. Si l’on sait combien, pour David Lynch, franchir la frontière entre l’enfance et l’âge adulte est irrémédiable (« La plupart du temps, j’ai les sensations que j’avais entre neuf et dix-sept ans, parfois à six ans ! Depuis, les ténèbres se sont insinuées. Ces ténèbres sont la prise de conscience de ce qu’est le monde, la nature humaine et ma propre nature, le tout noyé dans la boue. »), on peut imaginer qu’entre Blue Velvet (1986) et Mystères à Twin Peaks (1990), Lynch s’est enfoncé plus avant encore dans les ténèbres. Pour Lynch, dont le regard est, aussi, celui d’un petit garçon ou d’un adolescent confronté à la réalité violente et brutale du monde des adultes, cette fin désespérante signifie-t-elle autre chose que le sentimentalisme ingénu de Cooper et d’Annie, hérité de l’enfance et prolongé dans l’adolescence, n’est, désormais, que vaine aspiration ?...


1.4. La Nature « double » de Mystères à Twin Peaks


Le feuilleton Mystères à Twin Peaks tout entier imprégné de mystère, d’étrange et de fantastique invoque volontiers les esprits maléfiques et les forces obscures. Mais il est à noter que c’est dans la Nature même que gît la raison d’être de ce dérèglement qui peut saisir un jour tout être humain.

Dans sa géographie, la bourgade de Twin Peaks se caractérise, en effet, par la présence environnante d’une forêt dense et d’une abondante cascade. Autrement dit, le bois et l’eau en sont les éléments naturels les mieux représentés. Ils se déclinent sous diverses représentations imagées : vues de la scierie, des imposantes grumes transportées par camion semi-remorque, images des maisons, des cabanes ou de l’hôtel faisant la part belle à ce matériau et plans d’arbres majestueux secoués par le vent, pour l’un ; rivière et lac, pour l’autre. Ils dessinent un paysage idyllique que Cooper apprécie en répétant son admiration pour les pins de Douglas et en célébrant la beauté du lac sur lequel il communie avec Annie. Mais il est, à Twin Peaks, un autre élément primordial, le feu. Il embrase la scierie lors de l’épisode central de l’incendie criminel et se présente fréquemment à l’image à travers la vision récurrente des flammes des cheminées domestiques chez les Horne ou au Great Northern Hotel. Il est même fréquemment cité (« Fire walk with me/Feu, marche avec moi ») et accompagne le Mal dont il est l’un des attributs. Autrement dit, les bûches et les arbres de la forêt de Twin Peaks nourrissent le feu, symbole du mal. Par ailleurs, le hibou et la lune sont montrés de façon récurrente, le plus souvent comme transition entre les séquences nocturnes. Enfin, des éclairs de lumière jaillissent de l’ombre au cours des visions qu’ont les personnages ou encore lors de la disparition du major Briggs et de la mort de Leland. Pour résumer, ces éléments naturels récurrents, utilisés en une sorte de leitmotiv, visent à suggérer une présence soupçonnée comme maléfique : omniprésente, elle épie et menace sans jamais se dévoiler.

Il en résulte une plus grande force du feuilleton dans la mesure où ses mystères naissent de l’environnement lui-même, dont les éléments agissent les uns sur les autres. On en veut pour preuve la remarquable séquence de la mort en prison de Leland. Alors qu’il est toujours habité par le feu de Bob, l’eau du système anti-incendie se déverse dans la cellule comme une pluie bienfaisante qui éteint Bob en lui et lui permet de mourir rasséréné par la vision d’une lumière bénéfique qui lui rend Laura. Cette conjonction des trois éléments naturels (l’eau éteint le feu de Bob et la lumière accueille Leland) agit donc comme une catharsis sur Leland et le réconcilie avec lui-même et les autres : après la terreur introduite en lui par Bob, la compassion de Cooper - qui joue le rôle antique de Charon, le passeur vers la mort - le conduit vers une rédemption tardive mais apaisante.

Le fait qu’un Indien, Hawk, fasse partie de l’équipe de Harry renforce la cohérence du propos sur les forces telluriques à l’œuvre à Twin Peaks. Sa culture indienne en prise directe avec la Nature lui donne autorité pour expliquer à Cooper les légendes qui ont cours à Twin Peaks et sont propagées à travers les générations : « La Loge Blanche est la résidence des esprits qui gouvernent l’homme et la nature. Il existe une Loge Noire, le double obscur de la Loge Blanche, par où tout esprit doit passer pour atteindre la perfection et où l’on rencontre son double que l’on nomme le Gardien du Passage. Mais si l’on n’a pas assez de courage l’âme peut alors être détruite. » Cette forêt est le lieu de tous les mystères, ce qu’accrédite le toponyme Ghostwood, c’est-à-dire Bois fantôme. Une forêt qui enserre Twin Peaks et contre laquelle le juge Sternwood met en garde Dale Cooper : « Surveillez la belle, mais étrange forêt de Twin Peaks. » (Episode 10 - Saison 2, Partie 1) n’est toutefois pas laissée sans surveillance. La Femme à la bûche habite la forêt, dans une cabane en planche, et elle porte une bûche dans ses bras, comme si elle était en relation avec les bois. C’est d’ailleurs elle, l’air grave, qui vient prévenir Cooper, peu avant le meurtre de Maddy, de l’imminence d’un événement dramatique en l’avertissant ainsi : « Les hiboux sont au Bookhouse. » Il en est de même pour le major Briggs qui parcourt la forêt pour l’explorer à des fins professionnelles d’observation et, sans doute, de surveillance, comme le laisse sous-entendre sa femme.


1.5. Un art consommé du mélodrame


Proposant un rythme d'enchaînement d’images lent - c'est-à-dire solennel - et grâce à une musique qui berce et inquiète tout à la fois, David Lynch place les quinze premières minutes du « Pilote » sous le signe d’une émotion dramatisante. Jouant sur les effets d’un thème musical répétitif mais fluctuant en intensité, multipliant les gros plans de visage, au plus près de ses personnages, il fait sourdre chez le spectateur émotion et compassion. C’est, d’abord, la découverte entrevue, puis retardée du cadavre échouée sur la berge et le désarroi de Pete qui se propage, comme les cercles concentriques qui s’élargissent dans l’eau, pour susciter l’émotion du shérif Truman et du docteur, puis les larmes d’Andy et, plus profondément encore le pressentiment inquiet de Sarah, la surprise et la souffrance de Leland avant que les hurlements de douleur de la mère de la victime ne déchirent la trame musicale. Cette contagion de l’affectif donne, d’emblée, la tonalité si particulière du feuilleton.

Le même procédé est repris une seconde fois lorsque la nouvelle de la mort de Laura parvient à l’école. La transmission s’effectue d’un personnage à l’autre cependant que le thème musical est porté à son crescendo. C’est d’abord la vie du lycée où, dans un couloir bien achalandé, on adopte des conduites transgressives (Audrey prend des talons haut et des cigarettes dans son casier d’élève) ; où s’échangent des propos anodins (James plaisante avec Donna à propos d’un pique-nique) et où s’esquissent les pas de danse d’un élève enjoué. Jusqu’à ce que le passage de deux policiers dans la profondeur de champ annonce l’arrivée du malheur, puis que l’intrusion de l’un d’entre eux dans une classe bouleverse cet ordre quotidien de la vie, métamorphosant chacun. Un cri déchire l’espace de la cour bientôt traversé par une course en forme de fuite ; un regard caméra se pose sur une chaise vide et deux regards se croisent dans la salle de classe, qui savent, désormais ; un savoir ponctué par un crayon que l’on brise. L’annonce faite au micro par le directeur se diffuse en parcourant des couloirs vides et emplit l’établissement.

David Lynch traite donc le mélodrame de façon expressive, mais sa réalisation impose pourtant rigueur et sobriété au moment même où l’émotion envahit l’image et le son. Lynch filme – et l’on a l’impression que c’est la première fois qu’on le voit – le vide, cet espace qui sépare les objets comme si l’absence de celle que l’on attend encore, que l’on veut encore attendre malgré tout, dénouait le sens usuel que l’on donne aux objets du décor de la vie apparaissant désormais pour ce qu’ils sont, des trompe-l’œil. Il en est ainsi de ce ventilateur suspendu au-dessus du vaste escalier où se perd Sarah, déjà habitée par l’horrible nouvelle qu’elle pressent, de cette porte ouverte sur une chambre et un lit abandonnés. Des trompe-l’œil qui deviennent autant de signes funestes révélant l’absence de l’être cher et privent de sens le quotidien censé être la vie (ainsi pour le rendez-vous d’affaire de Leland, l’avocat, interrompu par l’atroce nouvelle apprise par Leland, le père). Ce bouleversement irréversible d’une vie, David Lynch l’exprime au travers d’un mouvement de caméra qui glisse le long du fil torsadé du téléphone jusqu’au combiné jeté au sol par l’événement de la mort de Laura Palmer et d’où s’échappe une douleur incommensurable avec l’objet qui la transporte.

Cet art du mélodrame est bien l’une des multiples raisons qui rendent le feuilleton fascinant et envoûtant.

La longue séquence de l’épisode 14 (Saison 2 - Partie 1) – également réalisée par David Lynch – reprend ce même procédé de la contagion émotionnelle. La scène se déroule au Bang Bang Bar où se sont rendus Cooper et Harry, alertés par les propos alarmistes de la Femme à la Bûche, qui les accompagne, sur l’imminence d’un événement dramatique. Lorsqu’ils arrivent, la soirée a commencé et, sur la scène, Julee Cruise capte l’auditoire par une chanson rythmée. Ainsi, dans l’assistance, Donna et James, détendus et heureux, évoquent dans la bonne humeur leur avenir en s’appropriant les paroles simples de la chanson, que Donna se met d'ailleurs à fredonner en fixant James.

Mais, soudain, une lumière blanche illumine la scène où apparaît le Géant qui annonce, d’une voix sépulcrale, un malheur recommencé (It is happening again/Cela recommence répété deux fois), transformant ainsi la tonalité de la séquence.

[Lui succèdent les cinq minutes de la séquence du meurtre sauvage de Maddy chez les Leland (de la 37ème à la 42ème mn).]

La caméra est, ensuite, de retour au Gang Gang Bar, où le Géant, muet, toujours sur la scène finit par disparaître. Mais l’atmosphère s’est métamorphosée et la tonalité n’est plus la même. Julee Cruise susurre alors d’une voix éthérée une berceuse mélancolique, lancinante et incantatoire orchestrée en harmonie (3). La caméra saisit le vieux garçon de chambre venu exprimer une réelle compassion à Cooper en lui posant la main sur l’épaule ; elle s’attarde sur Cooper, devenu très attentif, préoccupé, et la Femme à la bûche, émue ; elle fixe un Bobby au visage inhabituellement sérieux, voire anxieux ; elle surprend une Donna aux yeux soudain embués qui ne peut retenir des pleurs inattendus avant de fondre en larmes qui deviennent longs sanglots irrépressibles. La chanteuse ferme les yeux. Un instant fixé, le visage anxieux de Cooper se fond dans le rideau rouge qui se substitue à lui et occupe l’écran jusqu’au générique de fin. Quelque chose est en train de se passer et Lynch, de façon détournée, par la seule magie de la voix de la chanteuse, de la musique, de ses images et de l’absence de parole, comme dans un effet de ralenti, fait ressentir à ses personnages le drame qui se déroule au même moment chez les Leland – le passage de la mort frappant sauvagement l’innocente Maddie - à travers de simples traces affectives qui marquent les visages et se propagent d’un personnage à l’autre... La chanson de Julie Cruise, par son effet de propagation, suggère aussi que les personnages présents pressentent que l’équilibre de leur univers qui a déjà été mis en péril par la mort de Laura, est en train de basculer définitivement, et anticipent peut-être un futur de plus en plus incertain, voire tragique – comme la suite du feuilleton le montrera, notamment pour Cooper dans sa future relation avec Annie (d’où la compassion du vieux garçon de chambre à son égard) . Ce désespoir des personnages est amplifié par les paroles mêmes de la chanson : malgré la douleur de chacun d’entre eux - de chacun de nous, spectateurs - The World Spin/Le Monde continue de tourner et poursuit sa rotation, en toute indifférence au chaos de leurs vies, de nos vies...

Cette façon de filmer l’émotion à l’état brut à travers les images immédiatement visibles, tout en leur donnant un prolongement en arrière-plan, procède bien de ce double regard sur la réalité qui était évoqué en introduction à propos de Lynch et évoque, par bien des côtés, le cinéma d’Hitchcock, notamment dans Vertigo [4] et Psychose [5] et dont on trouve un autre exemple dans le Plein soleil [6] de René Clément. Pour résumer, tout le talent du réalisateur est de suggérer bien autre chose que ce que l’image, à première vue, montre ; comme si le temps du récit, dans Twin¨Peaks, était suspendu au profit d’un pur moment de bonheur : celui de contempler des images émouvantes, savamment mises en scène, qui retentissent au plus profond de notre être. Et nous poussent à reconsidérer la scène, plus tard, à la lumière des faits nouveaux qui surviennent et lui donnent une autre dimension.

NOTE :

(3) : Cette chanson (The World spins - Paroles : David Lynch ; Musique : Angelo Badalamenti ; Interprète : Julee Cruise) qui, malheureusement, ne figure pas dans la BO de « Mystères à Twin Peaks » illustre de la plus parfaite des façons les images de la séquence, l’une des plus belles du feuilleton, par l’intensité émotionnelle qu’elle exprime. Un arpège lancinant déroule ses six notes répétées, deux sons graves de guitare ponctuent la mélodie, une montée lente, traînante, du saxophone insiste comme une plainte, une voix éthérée susurre dans le lointain des paroles mélancoliques d’amour enfui, puis, évanescente, laisse les sons de l’orchestration emplir les vides de cet instant suspendu au mystérieux velours rouge de l’écran. Bouleversante, cette chanson évoque le tournoiement affolé du monde (the worls spins) - marqué ici par l’assassinat de Maddie - qui étreint les personnages et les met au diapason.

Voici les paroles de l’extrait illustrant la séquence évoquée ci-dessus :

« Moving near the edge at night/En approchant de la lisière la nuit
Dust is dancing in the space/La poussière danse dans l’espace
A dog and bird are far away/Le chien et l’oiseau sont au loin
The sun comes up and down each day/Le soleil se lève et se couche tous les jours

[Intervention du Géant sur scène]

Light and shadow change the walls/La lumière et l’ombre métamorphosent les murs
Halley’s comet’s come and gone/La comète de Halley a fait son va-et-vient
The things I touch are made of stone/Les choses que je touche sont de pierre
Falling through this night alone/Echouant seules cette nuit
Love/Mon amour
Don’t go away/Ne t’en va pas
Come back this way/Reviens vers moi
Come back and stay/Reviens et reste avec moi
Forever and ever/Pour toujours et à jamais
The world spins/Le monde continue de tourner (...) »


Extrait de la séquence évoquée ci-dessus :



1.6. La fusion de la musique et des images : un essai d’« art total »


  • « Un film est – ou devrait être – beaucoup plus proche de la musique que du roman. Il doit être une suite de sentiments et d’atmosphères. Le thème et tout ce qui est à l’arrière-plan des émotions qu’il charrie, la signification de l’œuvre, tout cela doit venir plus tard. Vous quittez la salle et, peut-être le lendemain, peut-être une semaine plus tard, peut-être sans que vous vous en rendiez compte, vous acquérez quelque chose qui est ce que le cinéaste s’est efforcé de vous dire. » (Stanley Kubrick)

Comme en écho, Lynch confirme le point de vue de Kubrick : « J’ai commencé à faire des films uniquement parce que la peinture ne me satisfaisait plus. Lorsque je regardais une toile, je voulais avoir plus que l’image, je voulais pouvoir ajouter le son, une atmosphère. J’ai donc décidé de m’intéresser au cinéma. » Mystères à Twin Peaks illustre parfaitement l’opinion des deux cinéastes. Faisant communier musique et images, David Lynch crée un amalgame d’où sourd l’émotion des sentiments dans une atmosphère fascinante. De même que se multiplient les images qui se font écho d’un épisode à l’autre, la partition musicale, à l’identique, recourt au retour obsédant de thèmes sonores. Images et musique sont bien placées toutes deux sous le même signe du leitmotiv.

La récurrence des images d’une séquence à l’autre :

La première remarque qui vient à l’esprit concernant les images est leur tonalité qui tire sur le rouge et le noir et colore le feuilleton de couleurs si symboliques. Qu’il s’agisse du One Eye Jacks où un décor ouaté de pourpre enferme des jeunes filles qui arborent les tenues écarlates et déshabillées du désir, ou de l’âtre du Great Northern Hotel où les flammes incandescentes se tordent en arrière plan, et, surtout, de la Chambre rouge, lieu intemporel et fantastique où vivants et morts se rencontrent et se mêlent, le rouge, couleur de sang et de vie, exprime la vie, la force des passions et leur côté sombre qui inquiète. Il est ainsi lié au noir, indissociable de la nuit et de la forêt, où rôdent le danger et le mal – et c’est bien au cœur de la nuit que Dale Cooper accède à la Chambre rouge.

Par ailleurs, s’il est un procédé qu’affectionne David Lynch, c’est bien celui des correspondances entre certains faits, certaines situations, certains décors ou certaines paroles déjà montrés ou dites, qui permettent de relier des séquences entre elles et de les enrichir l’une par l’autre. Ne peut-on parler de musicalité des images si l’on considère qu’elles agissent, par leur répétition même sur le coeur et l’esprit des spectateurs, à la façon du refrain pour une chanson ? Au-delà des répétitions des plans identiques (le décor des lieux de Twin Peaks : le poste de Police/le Great Northern Hotel/le Double R Diner/le Gang Gang Bar/la maison des Palmer/le Bookhouse,etc. ; les images de la nature : cascade/forêt/hibou ; les camions chargés de grumes ; le feu de cheminée dans l’âtre, etc.) le feuilleton signifie par une mise en images reliant présent, passé et futur. Le montage en parallèle de deux séquences, celle de la mort de Maddy alternant avec celle se déroulant, au même instant, au Bang Bang Bar (Episode 14), est prémonitoire de la fin du feuilleton (Episode 29). Dans l’épisode 14, on voit, en effet, le visage ensanglanté de Maddy auquel fera écho celui d’Annie au sortir du « Monde Obscur » : même position allongée du corps, même traces de sang sur le visage. Ce parallèle n’est-il pas une façon pour Lynch – si l’on songe au « J’m so sorry/Je suis vraiment désolé. » du vieux garçon de chambre venu alors témoigner sa compassion à l’agent fédéral – de mettre en question Dale Cooper qui n’a pas su éviter la mort de Maddy et qui ne pourra empêcher celle d’Annie ? Un autre exemple concerne Dale Cooper : dans l’épisode 14, son visage fixe et préoccupé, par le procédé du fondu enchaîné, disparaît dans un rideau rouge. Or, dans l’épisode 29, au cœur de la forêt, Harry voit son ami absorbé par un rideau rouge avant qu’il n’entre dans « le Monde obscur ».

Ce procédé assure, certes, dans le feuilleton, une homogénéité et une cohérence que la multiplicité des réalisateurs utilisés (seize noms de réalisateurs différents mentionnés !) pouvait mettre à mal. Mais ces similitudes participent d’une intention délibérée – les deux épisodes 14 et 29 ayant été réalisés par le même David Lynch - visant à inscrire, visuellement, la présence permanente du Mal qui accompagne les personnages et rôde autour d’eux. Ce sont des signes qui, du point de vue du récit (Cf. l’analyse du Psychose d’Hitchcock [7] sur Libre Savoir), permettent au spectateur de lier présent et passé, ou présent et futur, c’est-à-dire de « pressentir ». Ainsi, les sanglots de Donna dans la scène évoquée ci-dessus du Gang Gang Bar (épisode 14) ne témoignent-ils pas tout à la fois de son sentiment de culpabilité d’avoir été responsable de la mort de Harold Smith (retentissement du passé) et de sa douleur d’appréhender le départ de James (perception du futur). La charge émotionnelle des scènes en est d’autant plus renforcée chez le spectateur poussé ainsi à participer au film face au désarroi des personnages et à s’identifier davantage à eux. Cette utilisation de l’image filmique vise à produire le même effet que la musique, à savoir faire naître une émotion qui nous touche au plus profond de nous-mêmes.

L’omniprésence d’une musique obsédante :

Au début, il y a l’inoubliable musique d’Angelo Badalamenti (3) Pourtant, comme le musicien le reconnaît lui-même, l’influence de David Lynch est essentielle : « La plupart du temps, il vient me voir avant même d’avoir commencé le tournage. Je suis assis devant mon clavier et lui est là, à mes côtés, qui me raconte ses histoires (…) J’accorde la musique à son récit, spontanément, des thèmes me viennent. C’est ainsi qu’il m’a littéralement soufflé à l’oreille la musique de Twin Peaks. » Pour Lynch, la musique est une part essentielle de sa création au même titre que les images : « Je vais à fond dans l’expérimentation musicale (…) J’ai enregistré une partie de la musique à Los Angeles sans Angelo Badalamenti, bien que je ne sois pas musicien. Je me contentais d’indiquer aux musiciens des notes et des sentiments qu’ils devaient exprimer (…) Je mets souvent la musique à fond pendant que je tourne, ça crée une atmosphère plus intense sur le plateau : tout le monde se concentre et entre dans le film. »

La musique, dans Mystères à Twin Peaks, se superpose à la récurrence des images. Le retour lancinant des thèmes composés par Angelo Balamenti, par leur effet répétitif et obsédant, contribue à installer cette atmosphère magique de fascination hypnotique si caractéristique du feuilleton. On ne regarde pas Mystères à Twin Peaks, on s’immerge, bien plutôt, dans un univers sonore et l’on se laisse porter par les images et les dialogues. Manions le paradoxe et demandons-nous si les images ne viennent pas habiller de chair une musique préexistante, alors que dans la plupart des films la musique ne fait, à l’inverse, qu’illustrer les images montrées… Bien des scènes clés du film ne semblent exister que comme une illustration visuelle de la composition musicale, ainsi que le montre la séquence du Bang Bang bar étudiée ci-dessus : c’est la chanson interprétée par une Julee Cruise diaphane qui crée le climat de contagion affective et l’émotion qui envahit les personnages les uns après les autres… jusqu’au spectateur, captivé, fasciné et violemment ému. Si la composition musicale fait naître le pouvoir onirique des images et amplifie leur effet, elle assure aussi l’enchaînement des séquences et tisse la trame même du récit : le plus souvent, un thème musical éclôt peu avant la fin d’une séquence et, sur des images de transition, annonce la tonalité de la scène à venir. Mystères à Twin Peaks atteint ainsi à cette alchimie rare de fusion entre musique et image, l’une et l’autre, indissociables, s’enrichissant mutuellement de leur pouvoir de suggestion en une sorte de leitmotiv visuel et sonore qui contamine l’ensemble du feuilleton.

NOTE :

(3) : Onze titres (Musique : Angelo Badalamenti - Paroles : David Lynch) figurent sur le CD de la BO : Twin Peaks theme/Laura Palmer’s theme/Audrey dance/The nightgale (interprété par Julee Cruise)/Freshly squeezed/The Bookhouse boys/Into the night (interprété par Julee Cruise)/Night life in Twin Peaks/Dance of the Dream man/Love theme from Twin Peaks/Falling (interprété par Julee Cruise). Il est à noter - pour le regretter - que la chanson The World spins ne figure pas sur la BO, sans doute pour des raisons de droits.


1.7. Les procédés utilisés dans Mystères à Twin Peaks


Les personnages étranges :

Si la plupart des personnages du feuilleton sont présentés comme des êtres en proie à une fantaisie rare ou mus par des pulsions insolites, certains vivent toutefois dans un univers personnel d’une « bizarre étrangeté ».

1 - Dale Cooper, l'agent (très) « spécial ».

Dale Cooper, dans cette galerie de personnages étonnants, n’est pas, à l’évidence, l’un des moindres. Il ne ressemble pas, et c’est peu dire, au portrait type de l’agent du FBI. C’est ainsi qu’il s’adonne à une gymnastique matinale renversante qui le montre pendu au plafond par les pieds et la tête en bas – une façon, sans doute, de nous avertir que ce personnage intervertit les normes. Il utilise, par ailleurs, un dictaphone pour donner le détail du déroulement de son enquête – voire ses intentions d’achat immobilier - à une certaine Diane, que l’on ne voit jamais et dont on ne sait rien. Par ailleurs, il manifeste, bruyamment et fréquemment, un côté bon vivant par son goût pour les beignets (tarte aux cerises) et sa passion quasi-mystique pour le bon café. Surtout, il utilise tout autant l’intuition et le rêve pour accéder à la vérité que le recours aux méthodes traditionnelles, d’ailleurs plutôt réservées à Harry Truman ou à Albert Rosenfield. Il montre, en définitive, une égale propension à avoir de bonnes intuitions et à faire des erreurs. Il est une sorte de mage et de poète. Souvent visité par des rêves énigmatiques ou des apparitions étranges, il met en pratique un voyage au Tibet pour s’inspirer de méthodes locales de méditation qui le font entrer en contact avec Laura Palmer, par exemple. Il se montre, le plus souvent, impassible et étrangement calme : ne se contente-t-il pas de tendre un mouchoir propre à une Audrey, désirable et en larmes, qui vient s'offrir toute nue dans son lit ? Il n'est toutefois pas aussi indifférent face à Annie - car il l'aime -, démontrant ainsi qu'il est un sentimental « fleur bleue », un romantique convaincu...


2 - La femme qui n'a qu'un oeil, Nadine Hurley.

Elle porte, certes, un bandeau sur un oeil, dès sa lune de miel, suite à un accident provoqué par Ed. Mais ne serait-ce pas une façon de dire qu’elle n’a qu’un œil car elle se refuse à voir les deux réalités ? Elle ne prend en compte que son amour pour Ed (œil visible) et se cache l’amour que se portent Ed et Norma (œil caché). Et il est vrai que sa passion pour les bibelots, pour la technique du tirage silencieux des rideaux et son retour à l’adolescence suite à un choc la maintiennent à l’écart d’une réalité qu’elle ne peut jamais voir dans toute sa dimension. On peut observer, d’autre part, que sa rivale dans le coeur de Ed, Norma, travaille au double RR Diner : il est donc bien naturel qu’elle refuse le chiffre deux et préfère le chiffre un...


3 - La femme à la bûche, Margaret.

Alors qu’elle consomme au bar du Double R Dinner, elle est remarquée par Dale Cooper qui la salue, alors qu’il est accompagné du shérif. Elle feint le désintérêt, avant de prendre l’initiative de lui adresser la parole. Le dialogue qui s’ensuit est des plus étranges : « Si ça vous intéresse, je vous ai entendus parler de Laura Palmer. Un jour, ma bûche aura des choses à dire là-dessus. Elle a vu quelque chose, cette nuit-là. » Dale Cooper, intrigué, lui demande ce qu’elle a vu. Son interlocutrice lui tend alors la bûche qu’elle tient dans ses bras : « Demandez-lui. » Dale Cooper, surpris, reste muet et s’entend dire : « Je m’y attendais. » Et la femme à la bûche s’éloigne aussitôt. Cette dernière réflexion et son brusque volte-face mettent l’accent sur l’impossibilité dans laquelle elle est de pouvoir communiquer et d’être comprise. Si l’on met en avant sa féminité, voire sa maternité (elle porte sa bûche dans les bras comme on le fait d’un enfant et l’on peut remarquer que la bûche est faite d’un morceau central auquel s’accrochent à droite et à gauche deux tronçons de branche qui peuvent figurer de petits bras), ce personnage semble incarner quelque entité - déesse ou Pythie des forêts ? - en liaison avec la Nature et, plus précisément, avec cette Forêt mystérieuse qui enserre la petite ville, une Forêt où se déroulent les événements les plus sordides et où vivent des personnages foncièrement maléfiques. Elle véhicule ainsi, à travers ses va-et-vient et ses brèves apparitions, le mystère même qui rôde dans Twin Peaks.


4 - Le Docteur Jacoby.

Le Dr Jacoby affiche une véritable extravagance - il est même traité de « hippy » par Albert -, que ce soit dans son mode de vie, dans son cadre intime et dans son accoutrement. Serait-ce une façon de le présenter comme un charlatan ? Les verres de couleurs différentes de ses lunettes n’expriment-ils pas, au fond, son impuissance à voir le réel tel qu’il est et, par voie de conséquence, à exercer – sérieusement et efficacement – son métier d’analyste. Ne reconnaît-il pas, d’ailleurs, ses limites dans le court hommage qu’il rend à Laura lors de l’enterrement de sa jeune patiente : « Laura avait ses secrets. Autour de ces secrets, elle avait construit une forteresse qu’il m’a été impossible de pénétrer durant ces six mois avec elle. Ça fait de moi un détestable raté. » On notera, de même, que le traitement qu’il essaie sur Ben Horne pour l’amener à sortir de son délire de la Guerre de Succession et à retrouver le sens des réalités ne le satisfait pas, comme il l’avoue lui-même : « Le laisser exprimer sa folie n’a rien arrangé. » Enfin, sollicité par Norma et Ed pour faire comprendre à Nadine qu’une nouvelle vie s’ouvre pour eux et, donc, pour elle, il intervient, à deux reprises, pour lui faire prendre conscience de cette nouvelle situation. Mais il n’ose pas prononcer le mot « divorce » ; de sorte que son refus d’utiliser ce mot - tabou, selon lui - est une erreur et entraîne son échec : à la suite de ses deux tentatives, Nadine n’a toujours pas compris !


5 - Philip Michael Gerard, le « manchot ».

Le « manchot », qui exerce la profession de représentant en chaussures, est l’un des personnages les plus étranges du feuilleton puisqu’il est habité par Bob et apparaît comme l’une de ses âmes damnées (drogué, il est capable des pires crises de démence) avant de connaître une véritable rédemption suite à une expérience qui l’a bouleversé, comme il le révèle à Dale Cooper et à Harry Truman en une confession hallucinée : « A travers les ténèbres du passé à venir, le magicien espère voir un passage entre deux mondes. Feu, marche avec moi. Puis j’ai vu la face de Dieu et j’ai été purifié. Je me suis coupé le bras tout entier et suis resté près de cette enveloppe que j’habite de temps en temps, dans un seul but. Trouver Bob pour l’arrêter. C’est son vrai visage, mais peu le voient. Les élus et les damnés. » Désormais, il va lutter contre Bob. Cooper fait sa connaissance au cours de l’un des nombreux rêves étranges (Episode 2) : le manchot lui explique alors s’être coupé le bras pour supprimer le tatouage du Malin.


6 - Harold Smith.

A Donna qui lui demande pourquoi il est inscrit sur la liste des gens à qui on livre leurs repas alors qu’il est jeune et valide, Harold Smith répond qu’ « il n’aime pas sortir de chez lui, qu’il ne peut pas sortir. » A la troisième visite qu’elle lui rend, il lui explique qu’en fait il écoute ses visiteurs raconter leur propre histoire et que cela lui confère une sorte de fonction utile pour eux : « Les gens, amis, maîtresses, viennent me raconter leur vie, dans le monde, au-dehors. Je prends leurs histoires et je leur donne un cadre plus large. C’est un roman vivant. » Cette impossibilité – ou cette renonciation volontaire – ne s’explique-t-elle pas par un refus de côtoyer le monde réel si peu conforme à ce que les âmes nobles en attendent ? D’ailleurs prenant conscience qu’il a été dupé par Donna, Harold Smith entre dans un violent désespoir, lui reproche de lui avoir fait croire qu’il pouvait réintégrer ce monde extérieur sous l’emprise du mal, dont il se protège et se sent, selon ses propres mots « contaminé ». Finalement, cohérent avec lui-même, il se suicide...


7 - Annie Blackburn.

Cette jeune femme qui apparaît tardivement dans le feuilleton (au début de l’épisode 24) offre certaines ressemblances avec Harold Smith avec qui elle semble partager une vision idyllique du monde et une même difficulté à vivre sereinement une existence en butte au mal. Certes, c’est sous le coup d’une déception sentimentale qu’elle avait décidé de quitter le monde réel pour s’enfermer dans un couvent, mais son discours idéaliste s’apparente, par bien des aspects, à celui du jeune homme. Ce qu’elle confie à Dale Cooper – qui s’émerveille de voir en elle une âme sœur - rejette, avec un ingénuité certaine, mais attachante, le monde tel qu’il est (épisode 24/[42mn24]).



Les figures du mystère et du mal, ou le recours à des éléments formels symboliques :

1 - Le rideau plissé est un élément constitutif de l’univers de Lynch déjà présent dans son Blue Velvet [8]. Le lourd rideau de « velours bleu » qui remue doucement sert alors de toile de fond aux génériques de début et de fin du film. Entre-temps, il est devenu rouge dans « Mystères à Twin Peaks » (le rideau du Bang Bang Bar, le lieu de réunion). Ce rideau est le signe visuel symbolique de l’accès au Monde obscur qu’il dissimule. Plus généralement, fermant la scène du théâtre, le rideau du spectacle peut symboliser l’Art qui, lieu de connaissance et d’initiation privilégié aux mondes parallèles de la réalité et du rêve, permet d’accéder à une représentation plus riche et plus vraie du simple réel banal. Ce rideau (bleu ou rouge) n’évoque-t-il pas Gérard de Nerval (« Le rêve est une seconde vie. Je n’ai jamais pu percer sans frémir ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. », in Aurélia ou Le rêve et la vie, 1855 ? Dale Cooper, à l’écoute de ses intuitions et de ses rêves qui le guident tout au long de son enquête, finit par passer au travers de ce rideau et entrer dans cet autre univers, celui de la Chambre rouge.

2 - La surimpression des images (par exemple, le visage de Dale Cooper absorbé par le rideau lors de l’épisode 14 au Bang Bang bar, puis son personnage se fondant dans le rideau, au cœur des ténèbres de la forêt, à l’épisode 29), fréquente, est utilisée pour rendre compte de cette superposition du monde obscur sur le réel : la forme maléfique investit le personnage et, comme Leland devient Bob, Cooper deviendra in fine Bob.

3 - Les intermittences de lumière, les crépitements d’éclair signalent les moments de tension que sont le passage d’un monde à l’autre : l’apparition du géant à Cooper au Bang Bang Bar ou la mort de Leland abandonné par Bob dans un scintillement de lumière.

4 - Le miroir est présent à chaque métamorphose des personnages dont Bob prend possesssion : Leland avant le meurtre de Maddy se regarde dans le miroir et aperçoit Bob ; Dale Cooper, de retour du Monde obscur, se place devant un miroir et c’est Bob qui se reflète. A l’inverse du rideau rouge qui absorbe, le miroir, symbole d’une porte et d’une limite vers un autre monde (Cf. Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll), restitue la dualité du Bien et du Mal à l’œuvre.

5- Les couleurs, enfin, et, notamment, le rouge et le noir rivalisent pour colorer le feuilleton de leurs couleurs si symboliques. Qu’il s’agisse du One Eye Jack’s où un décor ouaté de pourpre enferme des jeunes filles qui arborent les tenues écarlates et déshabillées du désir, ou de l’âtre du Great Northern Hotel où les flammes incandescentes se tordent en arrière plan, et, surtout, de la Chambre rouge, lieu intemporel et fantastique où vivants et morts se rencontrent et se mêlent, le rouge, couleur de sang et de vie, exprime la vie, la force des passions et leur côté sombre qui inquiète. Il est ainsi lié au noir, indissociable de la nuit et de la forêt, où rôdent le danger et le mal – et c’est bien au cœur de la nuit que Dale Cooper accède à la Chambre rouge. Les deux couleurs ainsi indissociables entrent en correspondance avec les images et les sons : un même leitmotiv visuel et sonore contamine l’ensemble du feuilleton.


Le mélange des tons, ou comment passer du mélodrame au burlesque :

Le feuilleton se caractérise par l’ambiguité d’une vision hésitant entre premier et/ou second degré. Rares sont les scènes qui ne peuvent se lire à deux niveaux de sens, l’un de fort attachement aux images montrées et l’autre de totale dérision, en une sorte de jeu avec le spectateur ballotté entre adhésion et distanciation. Ainsi, l’enterrement de Laura Palmer est éminemment dramatique et émouvant, mais il s’achève de telle façon - la douleur extrême de Leland qui le précipite, allongé sur le cercueil, dans l’excavation et le mouvement du mécanisme du cercueil montant et descendant automatiquement qui s’ensuit - qu’il peut se lire comme une scène véritablement burlesque. Un autre exemple de ce procédé oppose la douleur d’Ed après la tentative de suicide de Nadine et l’ironie d’Albert Rosenfield sortant ostensiblement un mouchoir pour s’essuyer les yeux : le spectateur passe ainsi, en quelques secondes, de la compassion pour Ed à la moquerie pour son chagrin. Ce double sens, par sa permanence et sa récurrence, donne à « Mystères à Twin Peaks » cette atmosphère si particulière qui oscille entre mélodrame prenant et humour débridé.


Les références ou citations :

On peut voir voir dans le Great Northern Hotel de la ville de Twin Peaks une évidente allusion à l’Overlook Hotel de Shining (Kubrick) [9]. Ses imposantes dimensions et sa fonction de lieu qui cristallise les événements les plus étranges conduisant à la folie et au meurtre justifient, entre autres, ce bref parallèle sur le film et le feuilleton. On remarquera également que si Jack Torrance, gérant de l’Overlook hôtel, est sujet à des hallucinations, Dale Cooper, occupant une chambre du Great Northern hotel, est en proie à de nombreux rêves. Il est, en outre, possible de comparer le destin des deux personnages principaux : de même que l’Hôtel Overlook prend possession de l’esprit de Jack Torrance (Shining), sombrant dans une folie homicide, de même, le « Monde Obscur » de Ghostwood dans Mystères à Twin Peaks s’empare de l’âme de Dale Cooper désormais hanté par Bob. Par ailleurs, dans les deux cas, le spectateur assiste au triomphe final du Mal. Enfin, n’y a-t-il pas une certaine correspondance entre cette étrange chambre où se retrouve l’astronaute Bowman dans 2001, l’Odyssée de l’espace [10] du même Kubrick, et la mystérieuse Chambre rouge du Monde obscur de Mystères à Twin Peaks ?

Une autre similitude relie, cette fois, Mystères à Twin Peaks et Vertigo (Hitchcock) [11]. Si la blonde Laura Palmer et la brune Madeleine Ferguson sont deux cousines si semblables physiquement - et interprétées par la même actrice -, elles ne peuvent avoir été imaginées sans une évidente référence au film d’Hitchcock dans lequel une femme, Judy Barton, doit se faire passer pour une autre femme, Madeleine Elster, les deux personnages - physiquement semblables - étant interprétés par la même actrice, Kim Nowak. L’hommage rendu à Vertigo se confirme si l’on précise que le héros partagé entre ces deux femmes se nomme... Ferguson ! On notera, au passage, l’humour de David lynch (ou de Mark Frost) unissant une Madeleine et un Ferguson que Hitchcock avait pourtant, dans son film, irrémédiablement séparés... par la mort !


L’image bizarre, voire surréaliste :

Lorsqu’ils se rendent dans la banque où Laura disposait d’un coffre, le shérif et Truman et Dale Cooper sont introduits dans une pièce sur la table de laquelle trône un trophée de chasse, en l’occurrence une énorme tête de cerf qui arbore ses magnifiques bois. On peut citer un autre exemple avec la visite de Dale Cooper et du shérif Harry Truman chez Josie Packard qui leur sert un café dont Pete interrompt inopinément la dégustation en signalant qu’il y avait un poisson dans le percolateur ! Plus dramatique est la vision de Sarah Palmer rampant sur le sol de sa maison : celle d'un magnifique cheval blanc dans son salon. Cette apparition précède immédiatement la mort sauvage de Maddy. Autant d’images surréalistes sorties du cinéma d’un Bunuèl et annonçant l’existence de mondes parallèles et le passage d’un monde à l’autre.


La confusion des époques :

Elle peut traduire la permanence des caractères et des sentiments, des situations et des conflits. Elle évoque aussi cette constance du mal à Twin Peaks, à travers les générations passées et futures, que rappelle le shérif à Dale Cooper. Rien ne permet vraiment de dater avec exactitude le temps auquel se passent les événements. Ou, plutôt, différents moments semblent interférer : les modèles de récepteurs de télévision sont ceux des vingt dernières années ; la musique évoque les années soixante, de même que les électrophones sur lesquels tournent de disques de vinyle ; le juke-boxe renvoie aux années cinquante ; les tenues des personnages sont, en revanche, plus récentes ; le modèle de voiture Cadillac évoque les années cinquante, etc.


L’image en contraste avec le dialogue :

Par exemple, la gourmandise avec laquelle Nadine décrit ses innombrables bibelots insolites est démentie par le gros plan du visage de Ed qui exprime une absence totale d’intérêt.


La transition en forme de coq à l’âne :

Alors que Dale Cooper vient de remettre à sa place Albert en refusant sèchement d’accepter le rapport qu’il lui a remis, il confie à sa secrétaire, par le truchement du magnétophone, de consulter les options de son plan d’épargne en vue d’un éventuel prêt immobilier. Un autre exemple concerne le journal de Laura. Lorsque Dale Cooper l’ouvre, on s’attend à des révélations importantes. Or la première phrase écrite par Laura, que lit l’agent, est pour le moins inattendue : « Encore des asperges au dîner. Je déteste les asperges. » Une volonté permanente de décontenancer par l’humour… Un troisième exemple illustre cette technique de l’effet de surprise par l’humour. Alors que Ben Horne est en prison et que son frère Jerry lui fait comprendre qu’il ne peut prouver son innocence puisque Catherine, son seul alibi, a disparu, l’atmosphère devient tendue (Episode 15 - Saison 2, Partie 1). Mais la vue des lits superposés rappelle à Jerry un souvenir d’enfance heureux - leur adolescence amoureuse de Louise Dombrosky dansant devant eux dans leur chambre. Et aussitôt la scène dont il est question apparaît à l’écran et crée, par diversion, un pur moment de bonheur, tant par les images que par la musique !


Le dialogue à double sens :

Nadine : « Tu m’aimes ?
Ed : Y’a intérêt !
Nadine : La nuit dernière a été merveilleuse. Ed, mon chéri… Tu m’es revenu. J’ai l’impression qu’on est de nouveau ensemble. »

Le gros plan sur le visage d’Ed le montre impassible, renfrogné, indifférent ; ce qui donne à son « Y’a intérêt ! » un tout autre sens…


L’ironie et l’humour :

Les exemples sont multiples, omniprésents et il serait difficile d'en faire une liste, même non exhaustive. On se bornera donc à évoquer deux exemples de nature différente.

Dès le générique, un panneau indique le nom de la ville, «Twin Peaks», et en mentionne le nombre d’habitants, «51,201». Or, in fine, le spectateur ne verra jamais de la ville et des habitants que quelques lieux choisis plutôt dans la nature et une quarantaine de personnages locaux renforcée par un nombre assez peu nombreux d’intervenants venus de l’extérieur !

Un autre exemple concernant les personnages : Albert, le plus caustique des personnages de Twin Peaks, qui, suite à la révélation, par Cooper, d’avoir reçu la visite d’un Géant lui demande, sarcastiquement, s’il s’agit du cousin du Nain qui lui était apparu dans un rêve précédent… Ou encore, le même, rétorquant aux déductions sur les astres pour le moins surprenantes de Cooper : « OK. Moi je limite mon enquête à la planète Terre. » Et que dire de l’inénarrable Andy flanquée de la désopilante Lucy ?

Bien d'autres exemples pourraient être cités dans tout le feuilleton de Twin Peaks, touchant à bien des domaines...


2. SYNOPSIS DÉTAILLÉ (par épisode et par séquence)


Pilote (réalisé par David Lynch) :

La ville de Twin Peaks, située au nord-ouest de l’Etat de Washington, est sous le choc de la découverte d’un corps sans vie emballé dans un sac plastique et échoué au bord d’une rive du dock de la scierie par Pete, un pêcheur invétéré. Le shérif Truman, aussitôt appelé par ses soins, arrive sur les lieux accompagné du Dr William Hayward. Ils sont bientôt rejoints par son adjoint Andy ; ils découvrent qu’il s’agit de Laura Palmer, une lycéenne. Simultanément, Sarah, la mère de Laura s’inquiète de ne pas voir sa fille et s’aperçoit qu’elle n’est pas dans sa chambre. Elle alerte aussitôt les proches de Laura (Bobby, son petit ami ou Donna, sa meilleure amie) en compagnie de qui Laura pourrait être. En vain. Même le lycée ne peut donner de renseignements sur elle. Sarah fait appeler au téléphone son mari Leland qui assiste à une réunion d’affaires - au cours de laquelle Benjamin Horne entend vendre la scierie à un goupe d’investisseurs norvégiens sans leur dire qu’elle est en difficultés économiques. Ce dernier s’étonne de l’inquiétude de sa femme jusqu’à ce qu’apparaisse le shérif Truman : il comprend alors qu’il ne reverra pas sa fille et Sarah, au bout du fil, partage l’horrible nouvelle. [14mn51] Pendant ce temps, au Double R Diner, le supposé petit ami de Laura, Bobby file le parfait amour avec Shelly, une jeune femme mariée à un certain Léo. Les deux amants sont obligés de se séparer car le mari est rentré chez lui plus tôt que prévu. [18mn] Leland est conduit jusqu’à la morgue pour voir sa fille. Cependant, au lycée, la nouvelle va se répandre peu à peu, bouleversant camarades de classe, professeur et directeur. Les plus touchés sont Donna et James, l’amoureux transi de Laura. [26mn18] Chez Sarah et Leland, le shérif Truman et Andy cherche des indices et découvrent un Journal intime et une video. [30mn] A la scierie, Josy et Catherine Packard se disputent pour imposer leur point de vue. Josy rappelle qu’elle est la propriétaire de la scierie et décide, contre l’avis de Catherine, de fermer temporairement l’usine pour rendre hommage à l’ouvrier Janek Pulaski dont la fille Ronnette a disparu. [32mn25]
Précisément, on découvre Ronette errant, inconsciente, le long de la voie ferrée. L’agent spécial Dale Cooper, impressionné par les sapins de Douglas, nombreux dans la région, rejoint Twin Peaks et fait la connaissance du shérif Truman. Ensemble, ils se rendent au chevet de Ronette pour y apprendre qu’elle a été violée et torturée. Ils rencontrent le Dr Jacoby qui leur précise qu’il soignait Laura à l’insu de ses parents. Puis, le shérif accompagne Dale Cooper à la morgue. Ce dernier extrait de l’ongle de Laura une lettre « R » et, la mine gourmande, annonce au shérif, dérouté par ce qu’il voit, qu’il a des confidences à lui faire. [42mn27] Donna, à la recherche de James, se rend chez Ed qui commence par lui manifester sa sympathie avant de lui donner un message de James lui fixant rendez-vous au Bang Bang Bar. Leur conversation est doublement interrompue : d’abord par Mike Nelson, l’ami de Bobbie, agressif et menaçant, qui intime à Donna l’ordre d’aller au poste de police pour disculper Bobby ; ensuite par Nadine qui exige que Ed vienne l’aider à monter ses rideaux. [44mn37] Dale Cooper, sans attendre de découvrir la clé, ouvre le journal intime de Laura dont il retient la dernière phrase écrite : « Nerveuse à l’idée de voir J. ce soir. » Il y découvre également un sachet plastique renfermant une poudre blanche et la clé d’un coffre. Le shérif ne peut croire que Laura prenait de la cocaïne. [46mn38] La police a retrouvé le lieu de la séquestration de Ronette, un wagon abandonné et Andy pleure en informant Lucy. Pendant ce temps, Dale Cooper et le shérif Truman interrogent le principal suspect, Bobby, à qui est montrée la video sur laquelle on voit Laura et Donna danser et chanter. Surpris de ce qu’il voit, ce dernier affirme ne pas en être l’auteur. Dale Cooper en est convaincu et relâche Bobby. [50mn] Plus tard, au Great Northern Hotel, Audrey apprend que son père veut éviter que les Norvégiens apprennent le meurtre de Laura, ce qui pourrait les dissuader de procéder à l’achat de la scierie. Délibérément, elle rejoint les investisseurs étrangers, attire leur attention et leur divulgue la nouvelle. Pendant ce temps, Bobby rejoint son copain et lui confie que le « J » dont il est question dans le journal de Laura ne peut être que James et qu’il faut lui régler son compte. Mais Lucy a entendu la conversation… Cependant, Donna interrogée par Cooper sur l’identité de celui qui l’a filmée avec Laura prétend qu’il s’agit d’un randonneur anonyme. Lucy intervient pour révéler les menaces de Bobby à l’encontre de James, le motard. Précisément, Dale Cooper, examinant attentivement une image fixe de l’œil de Laura discerne une moto qui s’y reflète. [56mn36]
Les événements se précipitent : James médite, seul dans la forêt ; Audrey a réussi sa machination et manifeste sa joie : les Norvégiens s’en vont malgré les ultimes efforts de Benjamin Horne pour les retenir ; au cœur de la forêt, les policiers fouillent le train désaffecté du crime et découvre linges et marteau ensanglantés. Et, surtout, un collier en or - avec un demi cœur - déposé sur un monticule de terre devant lequel un morceau de papier porte une inscription écrite avec du sang : « Fire walk with me/Feu, marche avec moi. » [58mn46] Retour sur James, toujours isolé, qui tient dans ses mains le demi cœur manquant du collier de Laura. Une scène brève nous apprend qu’Audrey a un frère autiste qui semble mal accepté par sa mère. Comme prévu, Cooper et le shérif se rendent dans la banque où Laura dispose d’un coffre. Une fois ouvert, le coffre révèle ses secrets : une revue érotique dans laquelle figurent une liasse de billets d’une somme de plus de dix mille dollars, une photo déshabillée de Ronette Pulaski et du camion de Leo. Un Leo, précisément qui menace Shelly parce qu’il a découvert des cigarettes de marques différentes, ce qui le rend soupçonneux quant à la fidélité de sa femme. De son côté, Norma Jennings téléphone à Ed pour qu’ils se voient. Ce dernier lui donne rendez-vous à la Taverne cependant que sa femme Nadine essaie compulsivement les rideaux qu’il lui a installés. Une réunion publique est l’occasion pour Cooper, renseigné par le shérif, de faire la connaissance de Josie Packard, d’apprendre qu’elle est la propriétaire de la scierie, depuis le décès de M. Packard, au grand dam de sa belle-sœur Catherine. Le shérif explique également à Cooper que Benjamin Horne est le plus grand propriétaire de Twin Peaks et qu’il continue d’arrondir sa fortune. Cooper aperçoit aussi, brièvement, la femme à la bûche. Le maire qui présentait la réunion est rapidement écarté par le shérif au profit de Cooper qui se livre à un historique de la situation puisqu’il commence par évoquer la découverte, il y un an de cela, du corps de Teresa Banks qu’il relie à la mort de Laura Palmer et au traumatisme vécue par Ronette Pulaski. Puis il met en garde les habitants et propose d’instaurer un couvre-feu pour les mineurs puisque les crimes ont eu lieu la nuit. [66mn] Malgré les recommandations de Cooper, Donna quitte la maison familiale de nuit sous le regard complice ou neutre de sa sœur Harriett. Bobby, passablement éméché, et son copain surgissent chez les Hayward en réclamant Donna, ce qui amène le Docteur à découvrir la fugue de sa fille. Il met au courant les deux copains qui s’en vont aussitôt.
Puis il appelle Cooper et le shérif pour les informer de la disparition de Donna. Ces derniers surveillent la Taverne – où se trouvent déjà Ed et Norma en rendez-vous amoureux et prêts à divorcer pour vivre enfin ensemble - et voient successivement arriver Bobby et son acolyte Mike Nelson, puis Donna sur le vélo prêté par sa sœur. A l’intérieur, une rixe éclate entre Bobby et les motards. La police arrivant, l’un des motards propose à Donna de la conduire jusqu’à James. Le plan de Cooper fonctionne : lui et le shérif n’ont plus qu’à les suivre pour découvrir où se trouve James. [76mn45] Mais, dans la nuit, ils les perdent de vue. Cependant, Donna retrouve un James accablé qui s’attend à être arrêté car il a vu Laura la nuit de son meurtre. Il se confie à Donna et dépeint une Laura ambiguë, différente de celle qu’il connaissait, à la fois désespérée et prête à tout pour une nuit qu’il pressentait dramatique. Donna lui demande alors de se défaire du demi cœur et ils décident de l’enterrer. Sur le chemin du retour, ils sont vus par Cooper et le shérif qui les prennent en chasse et les arrêtent. Ils sont conduits au bureau du shérif : Donna est rendue à son père, le Dr. Hayward, très compréhensif , tandis que James est incarcéré dans une cellule voisine de celle de Bobby et de Mike qui le menacent. [85mn40] Cooper et le shérif s’attablent devant une rangée impressionnante de beignets confectionnés par Lucy et se détendent : Cooper à la recherche d’un bon hôtel interroge le shérif qui lui recommande le Great Northern Hôtel où il se rend séance tenante. Le shérif, de son côté, rejoint Josie Packard et Catherine Packard se trouve en compagnie de Benjamin Horne ! De son côté, Sarah Palmer a un sommeil agité jusqu’à ce que la vision d’une main gantée déterrant le demi cœur du collier ne la réveille, hurlant de terreur. [89mn20]


Saison 1 :

Episode 1 (réalisé par Duwayne Dunham) :

L’agent Cooper, dans une posture inattendue (pendu par les pieds au plafond, il semble faire des exercices physiques) énumère à sa secrétaire Diane, par le biais de son magnétophone, toutes les raisons qui font le charme du Great Northern Hotel. Puis il descend prendre son café qu’il trouve excellent et dont il félicite la serveuse. A ce moment apparaît Audrey Horne qui se présente, s’installe à sa table et lui fait un numéro de charme irrésistible. Dale Cooper se rend ensuite chez le shérif qu’il surprend en train de manger des beignets et à qui il dresse un plan de travail précis et complet.
Tous deux se rendent chez le Dr Hayward qui les met au courant du rapport d’autopsie qu’il s’excuse ne pas avoir pu faire lui-même car trop de liens le relient à elle : il a procédé à sa naissance ; elle était la meilleure amie de sa fille. Toujours très ému, il leur apprend que Laura a été blessée, attachée et a eu des rapports sexuels avec trois hommes différents. Il précise que Ronette n’est toujours pas en état de parler. Pendant ce temps, Leo donne son linge à laver à Shelly qui découvre une chemise tachée de sang. Effrayée, elle la dissimule. Mais Leo, qui semble y tenir, se met à la rechercher. Dale Cooper et le shérif interrogent James sur sa relation avec Laura. Il leur explique qu’ils s’aimaient secrètement, mais leur cache qu’il possède la moitié du cœur qu’ils recherchent. Il est libéré et confié à son oncle Ed. Ce dernier informe le shérif qu’il a l’impression d’avoir été drogué lors de la bagarre au Bang Bang Bar où il a aperçu Jacques Renault qu’il semble soupçonner. Toujours en prison, Bobby Briggs et Mike Nelson s’interrogent sur une somme de cinq mille dollars qu’il faut donner à Leo mais qui se trouvait chez Laura et ils s’inquiètent de sa réaction. Ils sont conduits, à leur tour, devant Dale Cooper et le shérif. Quant à Donna, elle confie à sa mère que la mort de Laura l’a, à la fois, désespérée (c’était sa meilleure amie) et réjouie (James et elle sont désormais libres de s’aimer). Une scène insolite entre Norma et Nadine nous apprend que cette dernière met au point un système silencieux pour tirer les rideaux à l’aide de coton. Bobby Briggs et Mike Nelson sortent de prison, relâchés faute de preuve. [22mn46] Dale Cooper et le shérif se rendent chez Josie Packard et Pete pour lui demander des renseignements sur Laura qui lui donnait des cours d’anglais. Josie a été frappée par une phrase de Laura : « Je sais ce que vous ressentez depuis la mort de votre mari. » Josie s’éclipse, appelée au téléphone par sa belle-sœur, Catherine. Dale Cooper en profite pour confier au shérif Truman qu’il a deviné sa liaison avec Josie. Pete surgit alors pour les dissuader de boire leur café : un poisson se trouvait dans le percolateur ! Catherine et Benjamin Horne en situation d’intimité sexuelle se proposent de mettre le feu à la scierie. Sarah Palmer reçoit la visite de Donna et exprime toute sa douleur avant d’avoir la vision d’un homme effrayant aux cheveux grisonnants.
Les parents de Ronette sont interrogés et l’adjoint Tommy « Hawk » Hill voit un manchot se diriger vers la morgue. [32mn45] Audrey se fait réprimander par son père benjamin Horne pour fait avorter la vente de la scierie aux investisseurs norvégien en révélant le meurtre de Laura. Chez les Briggs, Bobbie se fait sermonner par son père qui finit par le gifler pour sa désinvolture. Au Double R Diner, le shérif invite Shelly à faire goûter sa tarte aux cerises à Dale Cooper qui fait la connaissance de Norma Jennings et de l’énigmatique femme à la bûche. Cette dernière prétend que sa bûche a des révélations à faire sur Laura Palmer. Shelly, de retour chez elle, doit affronter, à propos de sa chemise tachée de sang qu’il n’a pas retrouvée, la colère de Leo qui se met à la frapper violemment. James est reçu par les parents de Donna : James et Donna s’avouent leur amour. Mais Bobbie et Mike, qui le surveillent, se promettent de lui régler son compte. Le Docteur Jacoby écoute une cassette enregistrée par Laura qui dénigre James qu’elle trouve trop gentil, annonce qu’elle va traîner toute la nuit dans le bois et évoque un homme mystérieux. Pendant qu’il l’écoute, le Docteur exhibe une moitié de cœur du collier de Laura, celle enterrée par James et Donna… [43mn50]


Episode 2 (réalisé par David Lynch) :


Le frère de Ben Horne, Jerry, de retour d’un long voyage à Paris, débarque inopinément en plein repas chez les Horne, et fait déguster ses sandwichs succulents à Benjamin. Les deux frères quittent brusquement la table et Benjamin met au courant Jerry de l’annulation de la vente de la scierie, ce qui contrarie Jerry. Pour lui remonter le moral, Benjamin lui propose de se rendre en bateau au One Eyed Jack’s où sont arrivées de nouvelles filles. Ils sont accueillis par Blackie, la tenancière du bouge, et des filles fort dévêtues. Finalement, c’est Benjamin qui s’isole avec la nouvelle hôtesse. [9mn30] De leur côté, chez les Hayward, James et Donna, attirés l’un par l’autre et laissés seuls par les parents, se sentent coupables vis-à-vis de Laura Palmer et, pour se justifier, évoquent leur ancienne attirance. [10mn55] Dale Cooper rentre dans sa chambre du Great Northern Hotel et reçoit un appel de Hawk lui signalant qu’un manchot rôdait près de la salle de soins intensifs.
On frappe à la porte ; un mot sur lequel est écrit « ’Jack à un oeil » est glissé sous la porte. Il n’est pas signé, mais le parfum qu’il dégage trahit, pour Cooper, son auteur. [12mn22] Bobby et Mike se rendent de nuit dans la forêt et explorent une cachette au pied d’un arbre quand surgit un Leo menaçant qui exige le reste de son argent. Bobby lui explique que la somme manquante se trouve dans le coffre de Laura. Leo, agressif, explique qu’il est hors de lui parce qu’il a découvert que Shelly le trompe et ajoute qu’il ne sait pas avec qui, au grand soulagement de Bobby. Puis il les chasse. [16mn41] Ed, qui rentre chez lui les mains souillées de cambouis, se heurte aux fameuses tringles de Nadine qui, sur un appareil à ramer, développe sa musculature. Très énervée par la maladresse d’Ed,, elle force sur la barre de l’appareil qu’elle parvient à tordre ! [17mn40] Dale Cooper, en compagnie du shérif Truman, de Hawk et de Lucy, tous les trois très intrigués, procède à d’étranges essais en forêt. [18mn10] Chez elle, Shelly regard le feuilleton télévisé « Invitation à l’amour » quand apparaît Bobby. Il la découvre le visage tuméfié par les coups donnés par Leo. Fou de colère, il menace de le tuer s’il recommence. [19mn50] Ed, au Double R Diner s’épanche auprès de Norma : Nadine a une nouvelle marotte et lui en veut d’avoir marché sur ses tringles silencieuses. [20mn50] Retour à l’expérience menée par Dale Cooper entre dégustation de café, de beignets et savantes explications incompréhensibles, il évoque l’histoire du Tibet, l’harmonie entre le corps et l’esprit et sa méthode inspirée d’un rêve. Puis il passe à l’application avec lancer de pierres sur une bouteille à atteindre en passant en revue les noms de personnages commençant par le fameux « J » évoqué par le Journal de Laura. Cooper touche la bouteille à l’énoncé du nom Leo Johnson. [26mn27] Au Double R Diner, Audrey converse avec Donna qui s’y trouve en compagnie de ses parents. Mine de rien, Audrey essaie de savoir, auprès de Donna, si son père lui avait un jour parlé de Laura. [30mn25] Alors que le shérif montre à Cooper une étoffe rouge trouvée par Hawk à proximité du lieu du crime, Albert Rosenfield, flanqué de deux assistants, surgit dans le bureau, se montre arrogant et grossier et exige de voir le corps de Laura le plus tôt possible. Soutenu par Cooper, le shérif essaie de le calmer. [32mn40] De retour chez lui, Ed est assailli par une Nadine aux anges : grâce à la graisse déposée sur les tringles, ces dernières sont enfin devenues silencieuses : très amoureuse, Nadine entrevoit même la fortune.
Chez les Packard, Pete et sa femme se disputent, tandis que Josie, conseillée en cachette par Pete, découvre deux livres de compte dissimulés dans un coffre secret. [36mn] Chez les Palmer, Leland, inconsolable, met la musique de Laura et danse avec le portrait de sa fille jusqu’à ce que sa femme s’interpose : le cadre est brisé et du sang coule sur la photo de Laura. [38mn29) Pendant ce temps, Dale Cooper s’endort et fait un rêve étrange. Dans une pièce rouge occupée par un nain, un Cooper vieilli voit le visage de Bob, puis celui d’un manchot qui explique s’être coupé le bras pour supprimer le tatouage du Malin ; il aperçoit Laura vivante et entend le nain tenir des propos énigmatiques avant que ce dernier ne se mette à danser et que la jeune femme ne vienne l’embrasser et lui glisser dans l’oreille le nom de l’assassin de Laura. Il se réveille alors et téléphone aussitôt à Harry et lui donne rendez-vous à 7 heures pour lui révéler le nom. [44mn20]


Episode 3 (réalisé par Tian Rathborne) :


Dale Cooper se prépare à prendre son petit déjeuner avant de se rendre aux obsèques de Laura et rencontre Audrey qui semblait l’attendre. Il l’invite à sa table et lui fait écrire son nom : il a ainsi la confirmation que c’est bien elle qui a glissé le mot sous la porte. Elle affirme vouloir l’aider dans son enquête et lui fait comprendre que Laura, employée au rayon parfumerie du magasin de son père – comme Ronette Pulaski -, pouvait fréquenter le One Eye Jack. Arrivent Lucy et Harry à qui Cooper raconte son rêve étrange qui est, dit-il, comme un code à déchiffrer : « Sarah Palmer a une vision du meurtrier. Hawk en dessine le portrait. Un manchot du nom de Mike lui téléphone. Le tueur s’appelle Bob. Un certain Mike et Bob vivaient au-dessus d’un magasin. Ils avaient un tatouage : « Feu, marche avec moi ». Dégoûté de tuer, Mike s’est coupé le bras. Bob voulait tuer et Mike lui a tiré dessus. Puis vingt-cinq ans plus tard, Cooper se retrouve âgé assis dans une pièce rouge où il y a un nain, avec une belle jeune fille, qui lui dit que son chewing-gum reviendra à la mode. Sa cousine ressemble à Laura. La beauté est pleine de secrets. Parfois ses bras se retournent. Ella a vécu là où les oiseaux chantent et la musique règne. Le nain a dansé, Laura m’a embrassé et m’a dit le nom du meurtrier. » Hélas, Cooper ne s’en souvient pas.
Un appel d’Andy interrompt le petit déjeuner : Albert Rosenfield crée des problèmes à la morgue au sujet de l’autopsie de Laura. [7mn17] Tenant à faire un examen approfondi, Albert refuse de se soumettre à la demande de la famille qui souhaite récupérer le corps pour les obsèques. Après avoir insulté les habitants de Twin Peaks et refusant de tenir compte des propos raisonnables de Benjamin Horne ou de Cooper, il est frappé par Harry. Cooper intime à Albert l’ordre de quitter les lieux et de lui présenter un rapport à midi. [10mn45] Leland regarde le feuilleton Invitation à l’amour pendant les soins que lui prodigue une infirmière quand se présente Madeleine, la cousine de Laura, qui lui ressemble comme une sœur jumelle. Elle est venue pour l’enterrement. [12mn15] Au Double R Diner, Norma reçoit un employé pénitentiaire qui lui apprend que la commission devant statuer de la libération sur parole de son mari Hank se réunit le lendemain. Norma lui assure qu’elle est prête à l’accepter et à l’employer à son restaurant. [13mn30] Dale Cooper et Harry rendent visite à Leo pour l’interroger sur son emploi du temps le soir du meurtre : il affirme avoir été loin de Twin Peaks comme le coup de fil passé à Shelly peut le confirmer. [14mn50] Alors que Bobby semble vouloir s’en prendre à un crucifix accroché au mur, son père, le major Briggs lui donne un cours de morale pour qu’il se soumette aux règles communes de vie. Mais Bobby promet un enterrement mouvementé. [17mn20] Cooper et le shérif apprennent d’Albert les résultats de l’autopsie : la pochette dans le journal de Laura contient de la cocaïne ; deux types de ficelle semblables à celles qui ont servi pour Ronette ont été utilisées, ce qui signifie qu’elle a été attachée à deux endroits différents et elle porte des traces de morsures. Albert déplore d’avoir manqué de temps, puis remet son rapport à Cooper qui refuse de le signer : il fait même l’éloge des habitants de Twin Peaks pour faire comprendre à Albert combien il a tort de les mépriser. [21mn03] Chez les Hurley, Nadine, d’un air enamouré, explique à Ed qu’elle a toujours su qu’il serait à elle, même quand elle le voyait avec Norma. Survient James pour dire à son oncle qu’il n’assistera pas à l’enterrement. [23mn43] Au Great Northern Hotel, Benjamin et sa femme se querellent au sujet de leur fils handicapé, Johnny. Audrey, par une ouverture secrète, observe le Dr Jacoby soigner son frère. [25mn] Un vent violent qui secoue les arbres annonce l’enterrement de Laura auquel James, finalement, assiste, à l’écart des autres. La cérémonie suscite une vive émotion. Le prêtre prononce un éloge émouvant en ce qu’il reconnaît son impuissance à l’avoir aidée. Mais Bobby s’emporte et apostrophe l’assistance, médusée, lui reprochant son hypocrisie et son absence de sollicitude pour Laura. James bondit vers Bobby, mais on les empêche d’en venir aux mains.
Quant à Leland, il exprime sa douleur en se jetant sur le cercueil de sa fille. [29mn38] Une réunion se tient au Double R Dinner qui réunit Harry, Hawk et Ed. Le shérif qui a fait venir Cooper le met dans la confidence après l’avoir installé devant une savoureuse tarte chaude à la myrtille, une glace et un café, servis par Norma : le tenancier de la Taverne, Jacques Renault, qui passe de la drogue à travers la frontière, est sous surveillance depuis six mois. Tous trois, et d’autres, ont formé une société secrète pour empêcher que de la drogue soit livrée aux lycéens. Selon Harry, si Twin Peaks est une ville où il fait bon vivre, elle est aussi sous la menace d’un maléfice étrange, dans la forêt, qui prend différentes formes et contre lequel, depuis la nuit des temps, chaque génération doit lutter. Harry ponctue ses paroles d’un signe de ralliement (index appuyé sur le front) qu’imitent aussitôt Hawk et Ed. Ils décident ensuite d’amener Cooper au Bookhouse où ils se réunissent depuis vingt ans. Ils y retrouvent James et un nommé Joey Paulson qui encadrent un homme baillonné, Bernard Renault, le gardien de la Taverne. Ce dernier refuse de répondre aux questions, mais leur apprend que son frère sera à la taverne le soir même. [34mn40] Il fait nuit et le nommé jacques Renault se dirige vers la Taverne quand la vision d’une lampe rouge allumée le met en alerte. Il fait demi tour et téléphone à Leo à qui il ordonne de venir le prendre. Leo parti, Shelly cache un pistolet dans un tiroir. [36mn22] Josie, en pleurs, se confie à Harry : elle se sent menacée par Catherine et Benjamin Horne qui veulent s’emparer de la scierie pour utiliser les terres dans un ambitieux projet immobilier. Elle veut montrer au shérif les deux livres cachés par Catherine. Mais cette dernière, qui les observe secrètement, a fait disparaître le livre compromettant.

Au cimetière, Cooper surprend le Dr. Jacoby, un bouquet de fleurs à la main, venu honorer Laura. Il s’accuse d’incompétence pour ne pas avoir su protéger sa patiente qui lui avait rendu ses illusions sur la vie. Enfin, Leland, une fois de plus, se donne en public et veut que l’on danse avec lui. Cooper et Hawk qui philosophaient sur les âmes qui errent, le ramènent chez lui. [44mn15]


Episode 4 (réalisé par Tim Hunter) :


Sarah Palmer décrit sa vision d’un homme, au pied du lit de Laura, aux cheveux longs gris et crasseux, semblable à un animal, et Hawk en dessine un portrait robot. Puis, à la demande de Leland, elle raconte sa deuxième vision : celle d’une main gantée qui, la nuit, soulève un caillou pour prendre le collier cassé en deux de Laura. Donna qui assiste à la scène comprend qu’elle et James ont été suivis et observés. [3mn] La transition se fait sur le feuilleton Invitation à l’amour que regarde Lucy, une Lucy dont on découvre qu’elle prend ses distances avec Andy chez qui elle n’a pas dormi. Le Dr Jacoby a été convoqué par Cooper qui obtient difficilement des rendeignements sur Laura. Il apprend tout de même de Jacoby que Laura avait des problèmes, entre autres sexuels, qu’elle n’a jamais révélés et le Dr se le reproche amèrement aujourd’hui.
Il met hors de cause James et Bobby que Laura tenait pour des gamins. Il confie toutefois à Cooper qu’il a vu un homme dans une Corvette rouge suivre Laura et ajoute qu’il mène sa propre enquête. L’interrogatoire est interrompu par un coup de fil de Gordon Cole, le supérieur de Cooper, qui signale que les morsures sur la peau de Laura sont dues à un oiseau. Gordon ajoute que l’incident entre Albert Rosenfield et Harry Truman prend de graves proportions car Albert exige une sanction à l’encontre du shérif. Cooper prend la défense du shérif et raccroche. A la vue du portrait robot de Bob, Cooper reconnaît que la vision de Sarah ressemble à son propre rêve. Un nouveau coup de fil, de Hawk celui-ci, annonce que le manchot a été retrouvé au Timber Falls Motel. [9mn10] De leur côté, Catherine et Benjamin, en rendez-vous clandestin dans le même motel, et surveillés par Josie, confortent leur plan d’incendie de la scierie quand un coup de feu, tiré par inadvertance par Andy, les met en alerte ; et Benjamin, sans s’en apercevoir, laisse tomber une pièce du One Eyed Jacks que Catherine s’empresse de récupérer. Cependant, Harry, Cooper et Andy font intrusion dans la chambre 101 occupée par un certain Gerard, manchot du bras gauche. Ce dernier admet connaître un certain Bob Lydecker, vétérinaire, un ami, et avoir eu gravé son bras amputé le tatouage « Maman », avant de fondre en larmes. Sur le départ, Hawk reconnaît, à une tache d’huile, que la voiture de Josie Packard a stationné au motel. [13mn40] Dans les toilettes du lycée, Audrey fait des confidences à Donna : elle espère entamer une liaison avec Cooper qu’elle veut aider ; elle révèle que Laura était suivie par le Dr. Jacoby, qu’elle se droguait, qu’elle fréquentait le One Eyed Jacks et qu’elle travaillait au rayon parfumerie du magasin de son père. [16mn15] Pendant ce temps, Hank, qui tient un domino double 3 dans la main, est auditionné, en présence de Norma qui se porte garante de son avenir, par la Commission qui doit décider de sa libération sur parole. [19mn] Cooper, Harry et Andy se rendent chez le vétérinaire Bob Lydecker. Persuadé que l’oiseau blessé de son rêve a été soigné dans cette clinique, Cooper fait saisir les dossiers du Dr. [20mn30] Chez Leo, et en son absence, Shelly et Bobby filent le parfait amour. Elle apprend à son amant que Leo a une corvette rouge et qu’il voit un certain Jacques Renault. Bobby est surpris et révèle à Shelly que Bob et Jacques Renault passent de la drogue à travers la frontière pour en vendre au lycée et fournissaient, sans doute, Laura. Shelly montre alors la chemise tachée de sang de Leo, ce qui ravit Bobby, persuadé qu’il peut le faire condamner. [23mn25] Harry, Cooper et Andy sont de retour au bureau du shérif. Andy s’excuse pour sa maladresse et avoue qu’il a du mal à communiquer avec Lucy, de plus en plus distante à son égard. Il est réconforté par ses amis et se voit proposer une séance de tir pour améliorer ses capacités. Pendant ce temps, Lucy a du mal à trouver le dossier des oiseaux dans les affaires saisis au cabinet de Bob Lydecker. [27mn40] Au Double R Diner, Norma et Shelly se confient leurs malheurs respectifs : avoir deux hommes, mais ne pas vivre avec le bon. Dans la cabine téléphonique, James, qui l’a appelée, est invité par Donna à prendre le repas dans sa famille. Dans la salle, il rencontre, stupéfait par la ressemblance, Madeleine Ferguson, la cousine de Laura. Elle lui apprend que Sarah et Leland ne sont toujours pas remis de la mort de leur fille. Un appel de la prison prévient Norma : Hank est en liberté conditionnelle et il rentre chez elle. [31mn54] En plein effort sur un vélo d’appartement, Benjamin reçoit un appel de son frère Jerry : un groupe d’investisseurs islandais est intéressé par l’achat de la scierie et se trouve à l’aéroport. Survient Audrey qui, à la surprise de son père, jure ses grands dieux qu’elle veut changer et devenir plus raisonnable, par exemple en travaillant au rayon parfumerie du grand magasin.
Un coup de fil interrompt la conversation : on appelle Benjamin qui donne un rendez-vous. [35mn50] Au bureau du shérif, Harry reçoit un appel de Gordon Cole : les morsures de Laura n’ont pu être faites que par un perroquet ou un mainate. Or, le shérif trouve dans la liste du Dr. Lydecker le nom d’un mainate, Waldo. Harry, Cooper et Andy font irruption dans l’appartement de Jacques Renault au moment où Bobby y dépose la chemise tachée de sang de Leo. Ce dernier n’a que le temps de prendre la fuite et il échappe à la poursuite. Mais la chemise est saisie par les policiers. [38mn) Leo et sa corvette rouge sont au rendez-vous fixé par Benjamin Horne. Ils sont des complices de Jacques Renault et Leo a dû se débarrasser d’un nommé Bernie. Benjamin donne de l’argent à Leo pour qu’il mette le feu à la scierie. [39mn40] Donna et James se rendent sur le lieu de la cachette du collier coupé de Laura : le collier a bel et bien disparu, ce qui confirme la vision qu’a eue Sarah. [41mn15] Le shérif appelle Josie pour avoir de ses nouvelles et lui demande si elle était bien au Timber Falls Motel. Mais elle élude. Pete propose à Josie d’être sa partenaire au concours de pêche dont il était sorti vainqueur l’année précédente. Josie est amusée et accepte. Elle décachette une enveloppe qui contient le dessin d’un domino double trois. Elle reçoit aussitôt un coup de fil de… Hank, qui, tenant un domino, s’assure qu’elle a bien reçu le message et lui donne un proche rendez-vous. [44mn15]


Episode 5 (réalisé par Lesli Linka Glatter) :


Dale Cooper est réveillé par le tapage nocturne des hommes d’affaire islandais arrivés à 3 heures du matin. Il décrit la situation à Diane et lui demande de lui envoyer des boules Quies. Il descend dans la salle et, passablement énervé, reçoit sans aménité Audrey venue s’installer à sa table et la congédie aussitôt. Jerry explique à Benjamin son plaisir d’être avec ces Islandais bon vivants et, pour calmer l’irritation de ce dernier à propos des plaintes des clients, lui révèle qu’uls sont prêts à investir dans le projet Ghostwood. Leland surgit, psychologiquement très mal en point. [6mn] Chez Jacques Renault, Cooper apprend que le sang de la chemise de Leo apportée par Bobby est celui de Jacques Renault. Cooper découvre un magasine « Etreintes charnelles » et comprend qu’il sert de boîte à lettres pour ceux qui veulent communiquer entre eux. En tournant les pages, il découvre la photo du camion de Leo et d’une cabane dans la forêt que le groupe décide de rechercher. [8mn47] Chez Leo, Shelly et Bobby plaisantent sur l’absent. Mais Andy arrive pour convoquer Leo et Bobby doit se dissimuler. Shelly signale à Andy que son mari est absent, mais qu’il a parlé à Jacques Renault de Laura, la fameuse nuit, avant de partir avec lui. Bobby et Shelly reprennent leur jeu amoureux quand un coup de fil de Leo annonce son retour. [11mn32] Norma arrive au garage d’Ed et lui annonce la possible libération de Hank tandis qu’il se plaint de Nadine. Ils ne sont, ni l’un ni l’autre, prêts à décider de rompre et Norma, amère, propose à Ed de ne plus se voir pendant un certain temps.
[13mn43] Au magasin de parfum Horne’s, Audrey use de son charme et du chantage pour se faire employer par le gérant comme vendeuse au rayon parfumerie. Donna, quant à elle, rejoint James qui se lui fait des confidences sur son père alcoolique et sa mère aux mœurs légères. Ils se promettent ensuite de tout faire pour aider l’enquête sur le meurtre de Laura. [17mn13] Donna, James et Maddy se réunissent au Double R Diner. Donna et James, ce dernier subjugué par la ressemblance des deux cousines, demandent à Maddie d’inspecter la chambre de Laura pour découvrir d’éventuels indices expliquant sa mort. Maddie accepte. Hank, assis à une table voisine, a tout entendu. Norma et Shelly arrivent, à leur tour, bras dessus bras dessous, enjouées. Mais Norma découvre la présence de Hank et se rembrunit. Hank lui promet de suivre les règles qu’elle lui imposera et commence par faire la vaisselle. [22mn20] Le Dr. Jacoby reçoit Bobby et ses parents. Il veut rester seul avec Bobby à qui il confie qu’il comprend sa détresse ; puis il lui demande de parler de Laura. Bobby, très ému, révèle la souffrance de Laura qui s’enfonçait de plus en plus dans un cauchemar et voulait mourir. Le Dr. Jacoby l’amène à confesser que Laura désirait la déchéance de ses proches, se sentant elle-même salie. [26mn] Cooper, Harry, Hawk et le Dr Hayward se dirigent vers la forêt pour trouver la cabane du magazine. Ils découvrent la maison dans laquelle vit la femme à la bûche. Elle les fait entrer et précise qu’elle attend leur venue depuis deux jours déjà et que sa bûche a des révélations à faire. Le shérif interroge donc la bûche dont Margaret se fait l’interprète : « Obscurité, des rires, les hiboux volaient, des rires, deux hommes, deux filles des rayons lumineux, une atmosphère oppressante, le silence, des pas, un homme passe, des cris au loin, horribles, une voix de fille au loin. ». Les quatre hommes reprennent leurs recherches dans la forêt et trouvent enfin la cabane entrevue sur le magazine. A l’intérieur, un disque passe et repasse sur un électrophone, de la ficelle jonche le sol et Waldo, le mainate, est enfermé dans une cage, un appareil photo est en place, une tache de sang souille le sol, un jeton du One Eyed Jacks tombe de l’horloge. [32mn56]
Au Great Northern Hotel se déroule la soirée de présentation des hommes d’affaire islandais aux autorités de la ville. La fête bat son plein : Jerry serre de près une blonde sculpturale et Catherine vide son verre sur les chaussures de Benjamin qui la conduit à l’écart. Mais Audrey par une ouverture secrète assiste à leur conversation et apprend qu’ils veulent mettre le feu à la scierie. Puis Jerry présente le projet aux invités lorsqu’apparaît Leland, bouleversé, qui se met à danser. Poussée par Benjamin, Catherine, le rejoint, puis le reste de la salle en une scène hilarante. Pourtant Audrey sanglote en regardant son père empressé auprès de Catherine. [39mn26] Les événements se précipitent. Chez les Palmer, Maddy a trouvé une cassette audio cachée dans la chambre de Laura ; elle en avise Donna. Benjamin Hornes conciliabule avec Josie pour lui annoncer l’incendie de la scierie. Leo, qui range des bidons d’essence, est violemment frappé par Hank qui menace. Shelly tire sur Leo rentré chez lui qui la bousculait. Dale Cooper rentre dans sa chambre dont la porte est ouverte : c’est Audrey, allongée nue dans son lit, qui vient se faire consoler… [43mn40]


Episode 6 (réalisé par Harley Peyton) :


Cooper s’emploie à raisonner Audrey tout en lui avouant qu’elle lui plaît ; il lui demande de se rhabiller pendant qu’il va chercher de quoi se restaurer. [3mn30] Une nouvelle fois, Andy se fait éconduire par une Lucy toujours aussi distante. Elle reçoit un appel d’un Dr. Stanicek : ce qu’il lui dit semble l’attrister.
Cooper arrive au bureau où le Dr Heyward et Harry s’affairent autour du mainate mal en point. Ils décident de le soigner et d’attendre qu’il utilise ses capacités à parler. Ils espèrent ainsi recueillir des informations sur la scène du meurtre auquel l’oiseau a assisté. Après avoir analysé la pellicule saisie dans la cabane, Cooper énumère les participants de la soirée du meurtre du 23 février : Jacques Renault, Leo, Laura Palmer et le mainate. Le jeton trouvé – qui vaut dix mille dollars – leur donne envie de faire un tour au One Eyed Jacks. Mais le shérif fait alors remarquer qu’il se trouve en dehors de leur juridiction : Cooper propose donc de faire appel aux gars du Bookhouse : à savoir Harry, Ed, Hawk et Cooper lui-même. Harry en est tout réjoui. [7mn13] Leo, caché dans une camonnette, surveille sa maison et voit arriver Bobby accueilli par Shelly : désormais il connaît l’amant de sa femme. Il arme son fusil pendant que Shelly, en pleurs et apeurée, raconte à Bobby qu’elle a tiré sur Leo et qu’il les surveille sans doute. Bobby la réconforte et promet de s’occuper d’elle. A l’extérieur, Leo capte une conversation téléphonique de Lucy qui explique à son interlocuteur que le mainate trouvé peut parler et qu’il est considéré comme un témoin à part entière par Dale Cooper. Leo quitte aussitôt les lieux. [9mn50] Donna, James et Maddie écoutent la cassette trouvée chez Laura et s’aperçoivent qu’un boîtier est vide : ils en concluent que le Dr Jacoby a dû garder la cassette puisqu’elle est datée du jour du meurtre. James propose d’aller la prendre au cabinet de Jacoby : pour l’éloigner, il suffit que Maddy lui téléphone en se faisant passer pour Laura et lui donne rendez-vous à l’extérieur. [12mn] Au magasin Horne’s, Audrey se débarrasse d’une cliente et enquête. Dissimulée, elle assiste à un entretien du gérant avec une employée et découvre comment on recrute des jeunes filles pour le One Eyed Jacks. Sur une liste, elle lit même le nom de Ronette Pulavski. [16mn] Au Double R Diner, Cooper et le shérif viennent rappeler à un Hank narquois ses obligations de libéré conditionnelle. Harry ne croit pas au repentir de Hank et Cooper lui donne de bons conseils pour profiter, chaque jour, des joies simples. [18mn30] De retour chez lui, Ed découvre une Nadine effondrée qui avale chocolat sur chocolat pour se consoler : ses projets pour vendre ses tringles de rideau silencieuses ont été refusés. Ed soupire et la console comme il peut. [20mn50] Chez Josie, Harry admire le beau poisson que Pete a fait empailler. Mais Harry vient pour Josie qui finit par lui expliquer les raisons de sa présence au motel : surveiller Benjamin et Catherine. Elle le met au courant de l’entretien qu’ils ont eu et de leur projet de mettre le feu à la scierie. Harry promet de les en empêcher. [23mn] Au Bookhouse, tandis que Hawk attend dans une camionnette, sont réunis Harry, Ed et Cooper qui mettent au point leur virée au One Eyed Jacks.
Cooper a prévu qu’ils se fassent passer pour des chirurgiens-dentistes en goguette et propose une somme de dix mille dollars censée payée par l’état pour jouer ; Harry, de son côté, s’est procuré une Cadillac. Harry informe Cooper des ennuis de Josie. Cooper semble très réservé quant à la sincérité de Josie mais accepte d’apporter son aide ; en fait, il veut faire plaisir à Harry. [25mn13] Au Great Northern Hotel, Audrey cherche vainement à joindre Cooper. De son côté, Catherine reçoit la visite d’un banquier qui lui signale l’absence d’une signature à son contrat d’assurance-vie qui prend effet le soir même. Elle découvre que le bénéficiaire de ce contrat est Josie. Le banquier est étonné qu’elle ne soit pas au courant et lui demande la signature manquante. Mais Catherine coupe court, met en avant un prétexte pour ne pas signer et congédie l’homme. Très émue par cette trahison de Ben, elle essaie de reprendre ses esprits et découvre la disparition de son livre de compte. [28mn23] Audrey glisse un message sous la porte de la chambre de Dale Cooper. Au bureau du shérif, cependant que Cooper et ses amis se griment pour ne pas être reconnus au One Eyed Jacks, un coup de feu claque : Leo vient d’abattre Waldo, le mainate. Tous accourent et découvrent l’oiseau mort. Mais l’enregistrement prouve que Waldo a eu le temps de répéter quelques mots appris la nuit du meurtre : « Laura, Laura, n’y va pas… Il me fait mal, il me fait mal… Arrête, arrête, arrête… Non, Leo. » [31mn17] Au One Eyed Jacks, Cooper et Ed, grimés, sont accueillis par Blackie qui leur fait les honneurs de la maison et les conduit à la salle de jeu. Cooper communique avec Hawk, en embuscade dans sa camionnette. [33mn26] C’est la nuit de tous les travestissements et Maddie, déguisée en Laura, rejoint James et Donna pour récupérer la cassette gardée par le Dr Jacoby. [34mn45] Au Great Northern Hotel, la fête bat son plein avec les Islandais. En aparté, Benjamin conseille à Jerry de les conduire au One Eyed Jacks, puis il téléphone à Josie pour savoir si Catherine est bien à la scierie. Josie affirme qu’elle va tout faire pour cela, sous le regard satisfait de Hank. [36mn50] Au One Eyed Jacks, Audrey est auditionné par Blackie pour devenir l’une des hôtesses spéciales. Mais ses mensonges sont éventés. Fort heureusement, elle convainc la tenancière de l’accepter en montrant ses talents : elle glisse une queue de cerise dans sa bouche et la ressort en forme d’anneau. [39mn50] La même nuit, les trois amis appliquent leur plan : Maddie téléphone au Dr. Jacoby et l’appâte en lui donnant rendez-vous au Sparkwood. Pendant que Jacoby se rend au lieu-dit, James et Donna pénètrent chez lui. Mais Bobby, qui les surveillait, glisse un sachet de drogue dans le réservoir de la moto de James. Arrivé devant devant le belvédère d’Easter Park, Jacoby, abasourdi, découvre une Laura ressuscitée, sans savoir qu’il s’agit de Maddie, déguisée en parfait sosie de Laura. [44mn]


Episode 7 (réalisé par Mark Frost) :


Pendant ce temps, Donna et James s’introduisent chez le docteur et Donna met la main sur la noix de coco évoquée par Laura : à l’intérieur, elle découvre la cassette recherchée et… le collier partagé en deux. Ils repartent ensemble en moto. Bobby les regarde partir en faisant mine de leur tirer dessus. [4mn] Jacoby est fasciné par la vision de Maddy qu’il prend pour Laura, lorsqu’un inconnu masqué, surgi dans son dos, lui assène de violents coups. Avant de perdre connaissance, il voit les trois jeunes gens se retrouver : Donna et Maddy s’éloignent en voiture ; James disparaît sur sa moto. [5mn23] Au One Eyed Jacks, Cooper engage la conversation avec le croupier qui n’est autre que Jacques Renault. Il lui montre le jeton ébréché, évoque la nuit du meurtre et se fait passer pour celui qui dirige les affaires de Leo et qui lui donne les ordres. Il parvient à endormir la méfiance de Jacques Renault et lui propose dix mille dollars pour une affaire à traiter, la nuit même, sans intermédiaire. Renault accepte. Un rendez-vous est pris à la station d’épuration deux heures plus tard. Puis, sollicité par Cooper qui veut en savoir plus sur la nuit du meurtre, Renault ne se fait pas prier et révèle pourquoi le jeton est entamé : lors de la nuit avec Ronette et Laura, le mainate, très affectueux, s’est mis à becqueter Laura pendant que Leo avait des rapports sexuels avec elle. Comme Laura criait de douleur, Leo lui a mis un jeton dans la bouche en lui disant de serrer les dents, ce qui a ébréché le jeton. Dans le même temps, à proximité, Audrey, convoquée par Blackie, doit se préparer à servir d’hôtesse particulière à un client de renom et s’installe sur le lit. [11mn30]
Les événements s’entremêlent : Leo surprend Shelly en train de se laver les cheveux et s’empare d’elle ; le shérif fait le guet à la station d’épuration avec un Andy toujours affecté par l’indifférence de Lucy. Lorsque Jacques Renault arrive au rendez-vous, Harry et Andy se saisissent de lui. Renault se débat et va s’enfuir, mais Andy, impressionnant de sang-froid et d’adresse, le blesse : Harry annonce à Renault qu’il est arrêté pour tentative d’assassinat sur Ronette Pulaski et meurtre de Laura Palmer. [14mn10] Chez les Hayward, James, Donna et Maddy écoutent la cassette dérobée chez le Dr. Jacoby, que Laura lui avait adressée le soir même de sa mort ; Laura y précise son indifférence à James qu’elle trouve trop naïf et évoque un homme mystérieux avec une Corvette rouge, qu’elle se refuse à nommer pour des raisons de sécurité, qui a essayé par trois fois de la tuer, mais qui lui donne un grand plaisir sexuel. Donna console James pour les propos désobligeants de Laura envers lui, mais ce dernier lui explique que ces propos l’ont rasséréné et qu’ainsi il ne se sent plus coupable de sa mort. [16mn20] Leo a conduit Shelly attachée et baillonnée jusqu’à la scierie à laquelle un système d’horlogerie mettra le feu ; il lui précise qu’il lui reste une heure pour se repentir de lui avoir brisé le cœur et ajoute qu’il va de ce pas tuer Bobby. [17mn35] De son côté, après avoir écrit une lettre d’adieu, Nadine avale une centaine de cachets. [18mn35] Puis on découvre Josie en grande conversation avec Hank : elle lui remet quatre-vingt dix mille dollars suite à un accord passé entre eux. Hank, bavard, laisse entendre qu’il a écopé de dix-huit mois de prison pour lui éviter vingt ans de prison suite au meurtre de son mari. Il oblige Josie à mêler son sang au sien pour qu’elle comprenne l’importance de leur pacte. [22mn] Catherine est dans une folle colère car le registre a disparu. Elle entreprend une véritable opération de séduction de Pete en lui rappelant leur passé – elle, la fille du patron ; lui, le simple bûcheron - et en reconnaissant ses fautes envers lui – elle le rabroue alors qu’il est le seul à l’aimer et à l’estimer - pour que Pete révèle ce qui s’est passé. Ce dernier lui tombe dans les bras, en larmes, et c’est elle qui doit le consoler ! [24mn30] Au bureau du shérif, Andy triomphe : ses collègues racontent, avec force louanges, sa détermination et son savoir-faire lors de l’arrestation mouvementée de Jacques Renault en présence de Lucy, qui semble réagir favorablement. Poussé par ses laudateurs, Andy se risque à suivre Lucy, ferme la porte sur eux et l’embrasse. Troublée, elle reprend ses esprits avant de lui annoncer qu’elle est enceinte. Andy, sans un mot, la quitte et s’en va sans rien dire, à la grande surprise du shérif et de ses collègues. Lucy reçoit un appel de Bobby se faisant passer pour Leo et dénonçant James pour usage de drogue. [26mn55] A l’hôpital, Harry et Cooper interrogent Jacques Renault qui révèle s’être battu avec Leo dans la cabane le soir du meurtre, s’être évanoui et, à son réveil, avoir constaté que Leo était parti avec les filles ; ce qui l’avait obligé à faire 24 kms à pied pour rentrer chez lui. Il ne sait rien sur l’épisode du train. Il n’est donc pas le meurtrier. Dans une autre partie de l’hôpital, Jacoby est aux soins : il est dans le coma et le Dr. Hayward rapporte à Harry et Cooper médusés les propos qu’il a tenus dans son délire : il aurait vu Laura Palmer ! [28mn50] Pete et Josy mettent sens dessus dessous l’appartement pour retrouver le précieux registre. En vain. Un coup de fil, passé par Hank, précise à Catherine qu’elle trouvera ce qu’elle cherche à la scierie, hangar 3, porte nord. Elle se munit d’un révolver et s’y rend. [30mn10] Au Double R Diner, Hank confie à une Norma interdite ses projets secrets : retrouver son intimité avec elle et participer à l’agrandissement du restaurant. Il conclut son monologue par un baiser tendre que Norma ne refuse pas. De son côté, Ed découvre Nadine inanimée et appelle les secours. [33mn10] Au poste de police, Lucy avertit Harry de l’appel du soi-disant Leo et signale que d’après elle il a appelé d’Eastnern Park dont elle a entendu sonner l’horloge. James, convoqué, arrive sur ces entrefaites et donne à Cooper la cassette dérobée chez le Dr. Jacoby. Cooper, mécontent de ces agissements dangereux, lui demande d’où vient la drogue trouvée dans le réservoir de sa moto. Leland, venu savoir si l’assassin de Laura avait bien été arrêté, arrive à son tour. Le Dr. Hayward lui conseille de rentrer chez lui. [35mn30]
Au One Eyed Jacks, Benjamin tient enfin son contrat de vente que va signer le représentant des Islandais. Mais un coup de téléphone l’interrompt : c’est Hank à qui il donne l’ordre de passer à l’acte concernant Leo. [36mn26] Les événements se précipitent alors. Bobby qui rend visite à Shelly se heurte à Leo qui, armé d’une hache, cherche à le frapper. Mais un coup de feu claque, qui atteint Leo ; Bobby, par la fenêtre, aperçoit le tireur, Hank, et s’enfuit. Leo perd connaissance sur les images du feuilleton « Invitation à l’amour » diffusées par la télévision. A la scierie, Shelly hurle de terreur en essayant de se détacher avant la mise à feu quand survient Catherine qui la libère juste au moment où la scierie s’embrase. [38mn55] Leland arrive à l’hôpital, se rend dans la chambre de Jacques Renault, lui attache solidement les bras et l’étouffe froidement à l’aide d’un oreiller. A la scierie en feu, Pete, armé d’un extincteur, , pensant que Catherine se trouve à l’intérieur, se précipite pour la sauver. [40mn50] Au One Eyed Jacks, Benjamin entend fêter la signature du contrat en essayant la nouvelle hôtesse, c’est-à-dire - ce qu’il ne sait pas - Audrey, sa propre fille. [42mn15] A 4h37 de la même nuit, Dale Cooper rentre dans sa chambre du Great Northern Hotel et récapitule à Diane le détail de sa dure journée. Il ramasse une enveloppe glissée sous sa porte et s’apprête à l’ouvrir quand le téléphone retentit. Il décroche mais on frappe à la porte ; il pose le combiné, d’où s’échappe une voix signalant que Leo a été abattu, et ouvre : dans l’embrasure se tient une silhouette vêtue de noir qui tient un révolver et tire trois coups de feu sur lui. [43mn55]


Saison 2 (1ème partie)


Episode 8 (réalisé par David Lynch) :


Au bout du fil, Andy s’inquiète de l’absence de réponse : Cooper gît sur le sol de sa chambre, mais est conscient. Le garçon d’hôtel – sans doute sourd - qui lui apporte son lait chaud semble ne pas comprendre la situation, lui demande s’il est vraiment bien allongé ainsi sur le sol, raccroche le téléphone et n’appelle pas le docteur que demande Cooper. En revanche, il lui fait signer la note de la collation et le félicite, à plusieurs reprises, pour sa renommée. Il finit par quitter les lieux. Surgit alors un géant qui observe Cooper, et se présente comme un ami. Il lui donne trois informations : « Il y a un homme dans un sac qui sourit ; les hiboux ne sont pas ce que l’on pense ; sans produits chimiques il monte. » Puis il lui demande sa bague, qu’il lui promet de rendre quand Cooper aura compris le message, et lui annonce qu’on veut l’aider sans préciser de qui il s’agit. Avant de disparaître, il prononce la phrase : «  Leo enfermé dans cheval affamé » et ajoute qu’il y a un indice chez lui. [10mn30] Au One Eyed Jacks, alors que Blackie confie son désarroi d’être délaissée par Benjamin à Jerry, qui la calme avec de la drogue, Audrey est harcelée par son père qui veut profiter de la nouvelle hôtesse. Elle se dérobe et finit par se masquer pour éviter d’être reconnue. [14mn] Dans sa chambre, toujours étendu au sol, Dale Cooper, espérant avoir mis son magnétophone en marche, se confie à Diane : il a mis son gilet pare-balles qui lui a sauvé la vie, mais la douleur est vive et l’hémorragie conséquente. Il lui fait part de ses réflexions : si l’on écarte la peur de son esprit, la vie est simple ; il faut prêter plus d’attention aux autres ; il regrette certains manques dans son métier ; il aimerait grimper sur une colline pas très élevée, aller au Tibet et souhaiterait que le Dalaï Lama soit autorisé à rentrer dans son pays, etc. Il conclut en jugeant l’expérience très intéressante. A ce moment-là, armes au poing, déboule l’équipe du shérif. [17mn20] A son réveil, à 7h45, Cooper est mis au courant par Lucy des derniers événements, et, notamment de la disparition de Catherine et de Josie. Malgré les réserves du docteur, Cooper affirme qu’il sera prêt dans deux heures. [19mn10] A l’hôpital, Shelly, en pleurs, voit les dégats de l’incendie à la télévision et réclame Leo ; Cooper, sur pied, sort de sa chambre, voit passer le corps de Jacques Renault dans un sac et s’interroge sur le message du géant (« Il y a un homme dans un sac qui sourit » ; le sommeil de Ronette Pulaski est agité par un cauchemar. [21mn20] Chez les Palmer, Leland interrompt une conversation entre Maddy et Sarah : ses cheveux ont blanchi en une seule nuit et il tient des propos incohérents tout en dansant et en chantant. Restée seule, Maddy a la vision d’une tache de sang qui se répand sur la moquette. [23mn25] Au One Eyed Jacks, Benjamin et Jerry sont en grande discussion : il faut que Catherine soit retrouvée et jugée responsable de l’incendie ; il faut savoir si Leo peut guérir ; Hanks doit expliquer pourquoi il n’a pas tué Leo.
Arrive Leland, toujours chantant et dansant ; Jerry et Benjamin se mettent à l’unisson et dansent eux aussi. [24mn25] Chez Leo Johnson, Dale Cooper, Harry et Hawks enquêtent sur l’homicide et essaient de reconstituer la scène. Hawk découvre dans le camion une veste imbibée d’essence qui fait penser à l’incendie. Andy, troublé par l’arrivée d’Albert Rosenfield, pose le pied sur une planche qu’il descelle : dans le trou, une botte et de la cocaïne. [27mn35] Au Double R Cafe, Maddie donne les lunettes de Laura à Donna qui les lui a demandées. Cette dernière lui confirme que James a été mis en prison et lui propose de garder le silence sur leur expédition chez Jacoby. Norma apporte à Donna une lettre, qui est arrivée la veille, au message énigmatique : « Voyez du côté des repas à domicile ». [31mn35] Albert Rosenfield examine Cooper pour en déduire la taille de l’agresseur et la nature de l’arme, et se fait sermonner pour son animosité envers les habitants. Andy arrive avec une information capitale : Leo a été enfermé à la prison de Cheval Affamé dans le Montana le 9 février 1988, jour de la mort de Teresa Banks ! Gerard, le manchot, se présente devant Lucy avec une valise de chaussures pour voir le shérif. Ce dernier, dans la cellule de James, cherche à connaître la vérité. James lui apprend que Laura parlait d’un certain Bob qui savait lui mettre le feu. Survient Cooper qui, sous le coup d’une intuition, qui s’avère fondée, demande à James de lui remettre le demi collier de Laura. James s’exécute. [37mn50] Donna, portant les lunettes de Laura, demande à Lucy de parler à James, s’assure qu’il n’a rien révélé de leur intrusion chez Jacoby et joue les filles sensuelles. [41mn] Toujours au poste de police, Cooper charge Andy et Lucy de dépouiller tous les numéros de la revue « Etreintes charnelles » pour trouver des indices. Cooper se rend au chevet du Dr. Jacoby pour l’interroger sur le collier de Laura qui était en sa possession. Jacoby explique qu’il a suivi la moto de James et Donna, les a vus enterrer le collier et l’a récupéré après leur départ. Il ajoute que Laura avait une double vie et se demande si elle ne se serait pas laissée assassiner pour échapper à ses problèmes personnels. [47mn] Toujours à l’hôpital, Bobby apporte des fleurs à Shelly, convalescente et heureuse de le voir, qui le met au courant de la tentative de meurtre de Leo sur sa personne. [50mn40] Dans un couloir, Cooper, Harry et Albert croisent Ed venu voir Nadine. Il s’épanche et explique pourquoi il s’est retrouvé, en quelque sorte par un hasard malheureux, marié à Nadine alors qu’il aimait Norma et comment il a rendu Nadine borgne lors du voyage de noces. Albert, ironique, sort un mouchoir et fait mine de s’essuyer les yeux. James arrive et donne une accolade à Ed.
Les cinq hommes se séparent et Cooper voit son attention attirée par un sac plastique béant noir accroché au mur des toilettes, ce qui lui rappelle le message du Géant : « Un homme dans un sac noir qui sourit ». Non loin de là, Pete, hospitalisé après avoir inhalé les fumées de l’incendie de la scierie, rejette avec dégoût le plateau repas qui lui est proposé. Shelly reçoit la visite de Norma venue la réconforter ; à son départ, Norma aperçoit Ed au chevet de Nadine, soupire et s’en va sans signaler sa présence. [56mn55] Au Double R Diner, Bobby rencontre fortuitement son père, le major Briggs, qui demande à lui parler. D’abord réticent, Booby se surprend à l’écouter ensuite avec intérêt lorsqu’il lui fait part d’un rêve qu’il a eu et qui l’a rendu optimiste sur l’avenir de son fils, pour finir par être ému aux larmes. De retour de l’hôpital, Norma, morose, refuse de parler à Hank que Bobby reconnaît pour être l’homme qui a tiré sur Leo. [62mn35] Au bureau du shérif, confortablement installé devant un plateau de trente six beignets, et une tasse de café à la main, Cooper fait part de ses dernières réflexions à Harry, Andy, Hawk, Lucy et Albert concernant la nuit du meurtre. Laura avait ce soir-là, d’après lui, un double rendez-vous. : d’abord, avec James Hurley pour rompre leur liaison et avec qui elle est restée jusqu’à minuit trente ; ensuite, avec Jacques Renault, Leo Johnson et Ronette, dans les bois. Ils se sont dirigés vers la cabane de Renault - en passant à proximité de la maison de la Femme à la bûche qui les a entendus - où ils ont bu et se sont drogués. Puis Laura a été attachée et a fait l’amour avec Leo et Jacques pendant que le mainate la becquetait. Leo et jacques se sont battus et Leo est parti en voiture avec les deux filles qu’il a dû laisser à un troisième homme. Dans le vieux train, l’homme a alors attaché Laura et Ronette qu’il a assommée. Il a déposé le collier sur un monticule de terre et inséré la lettre « R » sous l’ongle de Laura, comme il l’avait fait avec Teresa Banks. Avec son sang, il a écrit « Feu marche avec moi » Pris de folie meurtrière, il n’a pas vu s’enfuir Ronette et s’est acharné sur Laura. Andy, violemment ému, fond en larmes et Albert ironise. Andy se lève et, avant de quitter la pièce, prend violemment à parti Albert dont il dénonce les plaisanteries, sous le regard satisfait de Lucy. [65mn55] Au bord du lac, chez Pete, Harry s’inquiète pour Josie. Pete lui lit un message dans lequel Josie annonce un voyage pour affaires à Seattle en promettant de donner de ses nouvelles. De son côté, Harry essaie de consoler Pete à propos de Catherine dont on n’a retrouvé aucun reste dans l’incendie. Un coup de téléphone les interrompt : un inconnu demande à parler à Josie, depuis le One Eyed Jacks, puis appelle Hong-Kong. C’est précisément au One Eyed Jack, devant leur immense cheminée, que Jerry et Benjamin reçoivent Hank qui fait son rapport : ils apprennent que Josie a décidé de s’éloigner quelque temps et que Catherine a dû périr brûlée. Ils lui reprochent toutefois de ne pas avoir tué Leo. [73mn22] A proximité, Blackie réprimande Audrey pour avoir déplu au propriétaire et l’avertit que c’est la dernière fois qu’elle désobéit. [75mn] Au téléphone, Donna propose à Norma de remplacer Laura pour la tournée des repas à domicile avec le break du Double R Dinner. Puis elle rejoint sa place à la table d’une soirée qui réunit les intimes de la famille Palmer, dont les Hayward.
Une jeune fille lit un poème dédié à Laura ; une autre exécute au piano un air de Mendelsohnn ; on devise sur les cheveux blancs de Leland qui affirme se remettre de la disparition de sa fille et qui se propose même de chanter et de danser, accompagné par le piano. Brusquement, il s’effondre de chagrin et, contre toute attente, déclare se sentir heureux. [82mn15] Il est 23h15 et Cooper, après un dernier message à Diane, s’endort épuisé par l’absence de sommeil durant trois nuits. C’est précisément à lui qu’Audrey, enfermée au One Eyed Jack, adresse une prière au secours en espérant qu’il finira par trouver la lettre glissée sous la porte de sa chambre et qu’il viendra l’aider. Au lieu de quoi, Dale Cooper, à peine endormi, est réveillé par le Géant qui lui conseille de mener son enquête pas à pas, d’interroger celle qui a vu la troisième personne et est prête à parler, et lui signifie qu’il a oublié quelque chose, sans plus de précision, avant de disparaître. [87mn40] Précisément, au coeur de la nuit, à l’hôpital, un violent cauchemar agite Ronette Pulaski : horrifiée, elle revit les détails de l’épouvantable nuit du meurtre de Laura Palmer. [89mn15]


Episode 9 (réalisé par David Lynch) :


Au Great Northern Hotel, Dale Cooper fait un cours élogieux sur le Tibet à un Albert Rosenfield, impavide, qui ramène son interlocuteur lyrique à la réalité de l’enquête à Twin Peaks. Nullement démonté, Cooper insiste sur le lien entre le Tibet et l’enquête et lui apprend que Ronette Pulaski est enfin sortie du coma, mais qu’elle ne peut encore s’exprimer. Albert rend compte de l’autopsie de Jacques Renault, étouffé par un oreiller et non étranglé et ajoute que l’incendie de la scierie est d’origine criminelle. Quant à ses recherches sur le tireur qui a blessé Cooper, elles n’ont rien donné. En revanche, il apprend à Cooper qu’un certain Windom Earl, un agent bien connu d’eux, s’est échappé de l’asile psychiatrique où il était soigné. Cooper enregistre la mauvaise nouvelle. A une table voisine, l’homme qui a appelé Josie avant de téléphoner à Hong-Kong l’observe attentivement. [5mn30] Donna qui a pris en charge le service des repas à domicile se présente chez Mme Dremond qui se trouve en compagnie de son petit-fils habile en tours de magie. Plutôt que répondre aux questions que lui pose Donna sur Laura, la vieille dame lui conseille d’aller se renseigner auprès de son jeune voisin, Harold Smith. Ce que fait Donna.
Mais ce M. Smith ne répond pas et elle doit laisser un message. [10mn20] Dale Cooper, accompagné de Harry, vient interroger Ronette sur son lit d’hôpital. Mais elle reste muette, jusqu’à ce qu’elle voie le dessin du visage de Bob et entre aussitôt en transes en criant plusieurs fois le mot « train ». [13mn40] Devant la cheminée, Jerry et Benjamin échafaudent des plans concernant leurs affaires : une fois que Catherine sera rendue responsable de l’incendie, miser leur argent sur Josie qui doit empocher la prime d’assurance et lui acheter la scierie et le terrain. Mais auparavant, il faut la signature de Pete car les héritiers d’Andrew doivent approuver toute vente. Reste à savoir que faire des deux livres de compte : les conserver ou les faire disparaître ? Il est trop tôt pour le décider… [15mn50] Au Double R Diner, pendant qu’Andy essaie de se débarrasser du ruban adhésif qu’il s’est collé sur les doigts en apposant un dessin de Bob sur la vitrine, la Femme à la bûche s’installe au comptoir à côté du Major Briggs et se voit reprocher par Norma de cracher sa chique sur le sol. Elle s’adresse à son voisin pour le prévenir que la bûche veut lui parler. Mais le Major n’entendant rien, elle lui traduit le message : « Transmettez le message ». Le Major affirme avoir compris. [18mn31] Au bureau du shérif, arrive Andy qui informe Lucy qu’un don de sperme lui a permis de savoir qu’il était stérile. Il lui demande donc comment elle peut être enceinte. Mais Lucy ne répond pas. [20mn25] Hank vient pointer chez le shérif qui en profite pour signaler à Cooper qu’il faisait jadis parti du Bookhouse dont il était l’un des meilleurs membres. Un coup de fil de Benjamin l’interrompt, qui lui signale qu’Audrey a disparu depuis deux jours. [23mn10] Leland rend visite à Jerry et à Benjamin pour leur conseiller de hâter la vente qui pourrait être compromise par l’incendie de la scierie.
Au même moment, ils apprennent en téléphonant à Einar Thornson, le représentant des Islandais, que Leland les a informés de l’incendie ! Ce dernier découvre l’affiche du dessin de Bob et s’exclame qu’il le connaît depuis son enfance et qu’il va aviser le shérif. [26mn15] Le Dr Hayward informe Shelly de l’état de Leo et des risques de paralysie. [28mn] Lucy répond à un appel : son interlocuteur veut parler au shérif, mais refuse de donner son nom. Elle raccroche. [28mn40] Au One Eye Jacks, Audrey s’occupe d’un client qu’elle connaît bien, Emory, le gérant du magasin qui ne voulait pas l’embaucher. Le tenant à sa merci – il s’est fait ligoter pour assouvir ses fantasmes sexuels -, elle obtient de lui confirmation de ce qu’elle savait : son père dirige un réseau de prostitution de jeunes filles dont il se sert ; Laura en faisait partie ; la drogue circule. [31mn40] Au bord de la rivière, dans la voiture de son père, Bobby conseille Shelly : il s’est fait passer pour le cousin de Leo et a appris que ce dernier aura droit à une pension de plus de 5.000 dollars, à condition que Shelly le prenne chez elle et s’en occupe. Ainsi, elle aura une vie aisée sans avoir à travailler. Shelly n’est pas d’accord, sauf si Bobby vit avec elle. [33mn55] Dans sa chambre, Cooper enregistre un message pour Diane : il se montre préoccupé par l’évasion de Windom Earl, son ex-partenaire, et touché par la disparition d’Audrey. On frappe à sa porte : c’est le Major Briggs. Il annonce qu’il est porteur d’un message mais que sa déontologie lui interdit d’en révéler l’origine. Il ajoute qu’il s’occupe des moniteurs interstellaires dirigés vers les autres galaxies. Il lui montre des liasses de feuilles codées de messages incompréhensibles jusqu’à la nuit du jeudi au vendredi au cours de laquelle Cooper a failli être tué. Une phrase claire a été alors reçue : « Les hiboux ne sont pas ce que l’on pense ». Et le matin suivant, le nom de « Cooper » est apparu sur la liste plusieurs fois. [36mn50] Chez les Hayward, James, à la guitare, Donna et Maddie chantent. Mais Donna interrompt la séance, jalouse de Maddie, semble-t-il. Un appel de Harold Smith, à qui elle fixe un rendez-vous, ne semble pas lui changer les idées. Pendant ce temps, Maddie est terrifiée par une vision de Bob se jetant sur elle. [42mn15] Une même agitation se propage dans le sommeil de Cooper : des images de Bob effrayant , de Ronette en proie à des convulsions et du Géant bienveillant, s’entremêlent. La sonnerie du téléphone le tire de ce cauchemar : c’est Audrey, en pleurs, qui implore du secours. Mais une main coupe la communication : celle de Blackie qui, accompagnée d’Emory, lui promet bien des ennuis. [44mn03]


Episode 10 (réalisé par Lesli Linka Glatter) :


Dale Cooper, Harry et Albert interviennent à l’hôpital : Ronette, en crise, a arraché sa perfusion. Albert constate que la perfusion a été empoisonnée et Cooper découvre la lettre « B » glissée sous l’ongle de la jeune fille. Cooper décide alors d’informer ses collègues de la visite du Géant dans sa chambre et des trois indices qu’il a livrés : le sac mortuaire de Jacques Renault qui a été confirmé par la suite et s’est donc révélé juste ; la phrase « Les hiboux ne sont pas ce que l’on pense. » et « Sans produits chimiques il montre. ». [3mn40] Suite au coup de fil reçu, Donna se rend chez Harold Smith. Il lui confie qu’il n’aime pas sortir, qu’il ne peut pas sortir, ce qui explique qu’on lui livre ses repas à domicile. Il ajoute que Laura lui a souvent parlé d’elle comme d’une personne ouverte et pleine de curiosité. Horticulteur, il s’occupe d’orchidées et souhaiterait que Donna porte une fleur sur la tombe de Laura. [7m45] Au tableau noir, Cooper dessine « le lien parapsychique » qui mènera à Bob. Albert fait un compte-rendu de ses expertises : la cocaïne trouvée dans la moto de James est la même que celle trouvée chez Leo ; les bottes sont neuves ; la lettre trouvée sous l’ongle de Ronette a été découpée dans le magazine « Etreintes charnelles » ; le portrait diffusé de Bob n’a rien donné ; l’arme qui a tiré sur Cooper est celle de James Bond. .
Suite à une remarque désobligeante d’Albert, le shérif réagit vivement et empoigne Albert qui lui explique avoir choisi la non-violence de Gandhi et avoir pour but l’amour. Il ponctue sa déclaration d’un inattendu « Shérif, je vous aime » avant de quitter les lieux. [10mn40] James, ainsi innocenté, est renvoyé chez lui. Sur instruction de Cooper, Lucy cherche les mots contenant les lettres « B », « T » et « R ». Hawk s’y met lui aussi. Un inconnu habillé avec recherche arrive au poste de police. Lucy, qu’il connaît, l’appelle Dick. A Hawk qui lui montre d’emblée son hostilité, il se présente : « Richard Tremayne, du magasin Horne, rayon mode masculine. ». Survient Leland venu informer les policiers qu’il connaît le personnage du dessin affiché : il s’agit d’un voisin de la maison de son grand-père connu dans son enfance et nommé RoBerTson. Leland ajoute qu’il aimait dire : « Tu veux jouer avec le feu, petit garçon ? » en craquant une allumette. . Cooper fait aussitôt le lien avec les trois lettres « R », « B », « T », en conclut que c’est bien l’homme recherché et déclenche une enquête. [14mn25] On retrouve Lucy et Richard Tremayne au Double R Cafe. Ce dernier commence par ennuyer Lucy par le récit de son activité professionnelle, avant qu’elle ne lui reproche de ne pas l’avoir appelée depuis six semaines. Il prétend alors avoir oublié le numéro de téléphone, puis invoque le manque de temps – « Il lui faut nourrir son chat. ». Elle s’impatiente et lui rappelle alors qu’ils s’étaient vus tous les jeudis soirs pendant trois mois avant qu’ils n’aient une brève étreinte sur le lit d’un magasin de meubles. Elle finit par lui révéler qu’elle est enceinte. [17mn] Non loin, James confie son désarroi à Maddie : Donna était étrange lors de sa visite à la prison ; il ne la reconnaissait pas ; il a envie de s’en aller de Twin Peaks. Maddie, compatissante, lui prend la main quand surgit Donna qui, choquée de ce qu’elle voit, se montre désagréable et fait demi tour. [18mn55] Au One Eyed Jacks, Audrey, attachée sur un fauteuil et droguée, est filmée par Blackie. Emory souhaite la faire disparaître, mais Blackie a un autre projet : faire chanter Benjamin dont elle veut se venger car il l’a accoutumée à la drogue et l’a aimée avant de la délaisser. [20mn22] Dans le bureau du shérif, Gerard, le manchot, vante à Harry les mérites de ses chaussures spéciales quand il prétexte un malaise après avoir vu le dessin représentant Bob. Pendant ce temps, Cooper constate que Shelly refuse de témoigner contre Leo. Une fois Shelly partie, il explique à Harry qu’on lui a conseillé sans doute cette attitude pour qu’elle puisse bénéficier de la police d’assurance. Dans les toilettes, Gerard est pris de convulsions avant d’appeler Bob et de l’interpeller d’un air menaçant : « Bob ! Je sais que tu es près de moi. C’est moi qui te cherche désormais. » [24mn08] Dale Cooper est au One Eyed Jacks où il interroge Benjamin sur la disparition d’Audrey. Ce dernier se fâche lorsque Cooper veut savoir s’il n’a pas de problèmes familiaux et met en garde le policier sur ses sentiments pour sa fille ; il lui conseille même de ne pas s’occuper d’elle qui se joue des hommes. Non loin de là, Audrey, sous la surveillance de Blackie, est mise en présence de Jean Renault qui lui fait avaler un bonbon drogué. Accompagné de Nancy, la sœur de Blackie, Jean Renault, mis dans le coup par Blackie, est là pour soutirer de l’argent à Benjamin Horne. Il entend également venger la mort de son frère Jacques qu’il attribue à Cooper et il force Emory, inquiet à l’idée de perdre sa place au magasin, à participer au chantage et à lui amener Dale Cooper. Il conseille enfin à Blackie d’éliminer Audrey. [29mn] Au bureau de shérif, Cooper apprend à Harry que Josie a donné de ses nouvelles à Pete.
Il est informé du malaise de Gerard et, surpris, précise que, d’après son rêve, le manchot connaît Bob. Il se rend donc aussitôt aux toilettes où il découvre une seringue remplie du liquide trouvé dans les repas de l’hôpital et la perfusion de Ronette, ce qui lui rappelle le troisième indice du Géant (« Sans produits chimiques il montre. »). Il lance un avis de recherche du manchot. [30mn45] A l’hôpital, Ed est au chevet de Nadine très agitée qu’il a fallu attacher. Le Docteur Hayward lui conseille de chanter pour la calmer. Ed s’exécute mais, brusquement, Nadine sort du coma, arrache ses liens et se redresse dans le lit. Abasourdi, il l’entend dire qu’elle a dix-huit ans, qu’elle est au lycée et qu’elle veut auditionner pour devenir pom-pom girl ! [33mn40] Pendant ce temps, dans une autre chambre au décor tahitien et en présence de Mme Jacoby, Dale Cooper et Harry auditionnent le Docteur Jacoby sous hypnose et selon un rituel qui lui est propre. Ils apprennent que Jacques Renault a été étouffé par un coussin, comme l’avait déduit Albert, et que Jacoby connaît l’assassin. [37mn] Sur la tombe de Laura, Donna venue déposer l’orchidée de Harold Smith exhale sa rancœur envers son amie et lui reproche d’être toujours présente même morte et de l’empêcher d’être heureuse avec James. [39mn35] Un James, précisément à la recherche de Donna, mais qui se retrouve chez Maddy et se confie sur les problèmes d’alcoolisme de sa mère au point de se laisser enlacer par elle, quand surgit Donna. Bouleversée par la scène, elle s’enfuit, vainement poursuivie par un James désespéré de ce qui arrive. Maddie se confie à Leland qui essaie de la consoler. Mais Cooper et Harry entrent dans la maison et annoncent à Leland son arrestation pour le meurtre de Jacques Renault. [42mn16] Donna est allée chercher refuge auprès de Harold Smith qui la réconforte. Pendant qu’il s’absente un instant, elle découvre sur une table le Journal de Laura. [44mn20]


Episode 11 (réalisé par Tod Holland) :


Leland, interrogé par Harry, finit par reconnaître sa culpabilité dans le meurtre de Jacques Renault à l’hôpital Calhoun et l’explique par son extrême souffrance. Le Dr Hayward, ému, cherche à comprendre le geste de Leland, mais Cooper le coupe sèchement : on ne doit pas tuer. Andy demande au Docteur s’il peut faire une nouvelle analyse de son sperme. Ce dernier acquiesce et lui donne un tube à remplir tout de suite. Andy prend un exemplaire d’ « Etreintes charnelles » et se dirige aux toilettes quand il heurte Lucy, scandalisée de le voir avec ce magazine. Harry annonce à Cooper l’arrivée du Juge Clinton Sternwood, qui se déplace en camping-car, pour examiner l’état de Leo et l’éventuelle libération de Leland qui plaidera sans doute la folie. C’est le Procureur Daryl Lodwick qui prendra la décision finale. Ensuite, à la demande de Cooper, Harry l’informe d’un appel de Hawk concernant le fameux Robertson : ses recherches sont dans l’impasse car, contrairement à ce qu’affirmait Leland, Robertson n’a jamais vécu près de la maison des Palmer ; le dernier voisin fut un certain Calisbill. De son côté, toujours aussi maladroit, Andy fait tomber son flacon qui roule sous un fauteuil. Cooper remarque alors que ses bottes sont les mêmes que celles trouvées chez Leo : Andy les a achetées à Philip Gerard, le manchot. [8mn40] Benjamin Horne apprend par une collaboratrice que M. T.Wentz, le célèbre auteur de guide touristique qui voyage incognito et paie en espèces, est dans les parages et qu’il serait indiqué, pour le Great Northern Hotel, d’en obtenir un article favorable. Après quoi Benjamin trouve Jean Renault installé dans son bureau. Ce dernier lui montre la video d’Audrey attachée et droguée, se présente comme un simple intermédiaire et pose ses conditions : que Benjamin l’associe à ses affaires et verse une rançon qui sera apportée par Dale Cooper en personne et Audrey sera libérée.
Benjamin Horne s’exécute et fait appeler Dale Cooper. [12mn50] La nouvelle de l’arrivée de T. Wentz, le critique gastronomique, parvient au Double R Diner. Hank, sollicité par Norma, fourmille d’idées pour le recevoir et obtenir une bonne appréciation pour le restaurant. [14mn35] Le soir, Donna a retrouvé chez lui Harold Smith qui lui lit un passage du Journal de Laura la concernant : elle y exprime son besoin de vrais hommes, grands et forts, qui la dominent. Donna lui suggère de donner ce Journal au shérif, mais Harold refuse car il n’y a aucun indice concernant le meurtre. Harold lui explique sa façon de vivre, à l’écoute des autres. Et lui fait une proposition directe : devenir son intime un jour. [17mn25] Benjamin Horne reçoit Cooper et lui demande de porter la rançon de 125.000 dollars en espèces aux ravisseurs. Cooper précise que c’est au shérif qu’il faut s’adresser. [18mn25] Josie, chargée de paquets, est de retour à Twin Peaks ; Pete, très ému, la met au courant de la mort de Catherine. [19mn35] Au One Eyed Jack’s, Emory conduit Audrey devant Jean Renault qui se veut rassurant et protecteur. Audrey se plaint d’avoir été battue par Emory. Tout en feignant de la consoler, Jean Renault abat Emory sous ses yeux. [21mn35] Cooper, de retour au bureau du shérif après son entretien avec Benjamin Horne, fait sortir Andy et s’entretient avec Lucy pour qu’elle lui explique son mal-être actuel. Lucy expose ses griefs envers Andy : il ne fait pas de sport, il ne lave jamais sa voiture et il n’a pas une veste de sport ! Alors que Dick Tremayne est tout le contraire. Cooper essaie de lui faire dire ce qu’elle souhaite - retrouver Andy ou continuer avec Dick -, mais elle ne sait pas. Harry, qui arrive, fait comprendre à Cooper que Lucy est coutumière du fait. Puis Cooper demande au shérif l’aide du Bookhouse sans vouloir lui dire pourquoi ; Harry accepte bien volontiers. [25mn] Au Double RR Dinner, Hank se met en quatre pour un client qu’il soupçonne d’être le fameux critique gastronomique. Pendant que ce dernier est aux toilettes, il lui dérobe une pièce d’identité pour vérifier.
Dans un autre coin de la salle, Maddie essaie d’expliquer à une Donna distante qu’il n’y a rien entre James et elle. Donna détourne la conversation sur le Journal de Laura détenu par Harold. Maddie est étonnée : ainsi il existe deux Journaux de Laura. Donna annonce qu’elle va se procurer ce second Journal et demande de l’aide. De son côté, Hank, consterné, découvre que celui qu’il prenait pour un critique gastronomique n’est autre que le procureur général Daryl Lodwick ! [28mn20] Le shérif a rejoint une Josie fort dévêtue qui essaie de le séduire au lieu de répondre à ses questions concernant son départ inopiné ou son éventuelle responsabilité dans l’incendie. Un homme les observe à travers la fenêtre quand ils finissent par s’enlacer. [31mn20] Un orage éclate au cœur de la nuit. Le juge Sternwood arrive au poste de police accueilli par Lucy, puis par Harry et fait la connaissance de Cooper. Dick Tremayne arrive à son tour, ruisselant et bouleversé : il apporte à Lucy les 650 dollars nécessaires à l’avortement. Lucy, révoltée, l’éconduit brutalement. Andy amène Leland devant le juge qui tient à l’assurer longuement de sa compassion. Puis Sternwood donne rendez-vous à l’audience, avant d’être rejoint par Sid, sa belle assistante, et d’aller s’installer au Great Northern Hotel. [39mn] Le même hôtel où l’on découvre un certain M. Tojamura, qui prend une chambre et la paie en espèces, en train d’observer Benjamin. Louie, la réceptionniste, téléphone aussitôt à Norma pour la prévenir de l’arrivée du probable critique gastronomique. [40mn45] Chez Pete, Josie présente l’homme qui appelait Hong-Kong comme Jonathan, un cousin. Restés seuls, Josie et Jonathan révèlent leurs desseins : depuis six ans que cela dure, Packard, à Hong-Kong attend la signature du contrat avec impatience ; Josie pense que deux journées suffiront pour régler l’affaire si Hank ne s’interpose pas et certifie que le shérif ne lui est rien. [41mn55] Cooper et Harry se retrouvent à 21h30 : le shérif annonce qu’ « Il » est arrivé. [42mn30] Dans les éclairs de l’orage, alors que le Double R Diner est fermé, Hank est agressé par Jonathan qui se présente comme un frère de sang en lui rappelant le pacte passé avec Josie. [41mn10]


Episode 12 (réalisé par Graeme Clifford) :


Il est 6h42mn et, de sa chambre au Great Northern Hotel, Dale Cooper dicte à Diane ses dernières impressions le concernant : il s’est réveillé en mâchant l’une des boules « Quies » qu’il a confondue avec un chewing-gum, il ressent une douleur au côté et fera donc quinze minutes supplémentaires de yoga, il prend la position du poirier et… son regard inversé découvre, enfin, la lettre d’Audrey – ce qui confirme la remarque du Géant lui signalant un oubli de sa part. Audrey lui écrit qu’elle va enquêter au One Eyed Jacks. Cooper sait désormais où est séquestrée Audrey. [3mn40] Au poste de police, Harry voit arriver Hawk (qui confirme que Bob n’a jamais habité la maison blanche indiquée par Leland), partir Lucy (en voyage chez sa sœur et qui s’inquiète du sérieux de sa remplaçante), et apparaître Cooper qui l’informe du lieu où se trouve Audrey. [5mn10] Chez Shelly, un vendeur, M. Pinkel, ancien marin, fait une démonstration du futur fauteuil spécial de Leo et de ses possibilités techniques en utilisant Bobby comme cobaye.
Mais le fonctionnement laisse à désirer et le vendeur, qui paie de sa personne, se retrouve suspendu en l’air et secoué par la machine ! [7mn40] Dans une salle publique, au Bang Bang Bar, a lieu l’audience tenue par le juge Sternwood pour décider de la mise en liberté de Leland. Le procureur l’estime dangereuse car Leland n’est plus dans son état normal. Harry Truman invoque la terrible souffrance de Leland depuis la mort de Laura et plaide en faveur de la libération. Pendant qu’Andy exerce ses talents en croquant le portrait (sans dessiner le visage !) de Leland, le juge rend son jugement : Leland est libéré sur parole. [10mn] Donna arrive chez Harold Smith pour lui apporter son plateau repas. D’emblée, Donna propose de lui raconter sa vie en échange du Journal de Laura. Harold préfère lui lire plutôt que de le lui donner. Donna accepte et se met à évoquer sa famille et, par jeu, s’empare du Journal et sort de la maison. Harold la suit pour récupérer le précieux Journal mais, arrivé sur le seuil de la maison, à la lumière du jour, il est pris de malaise. Donna lui porte aussitôt secours en s’excusant. [14mn] Dans la même salle du Bang Bang Bar, le juge examine à présent le cas Leo Johnson. Un expert démontre, clichés à l’appui de ses dires, que Leo a une très faible activité cérébrale et qu’il est incapable de se soumettre à une procédure judiciaire. Le procureur Lodwick estime que Leo doit tout de même rendre compte de ses méfaits. Le juge demande une interruption et consulte le tandem Harry-Cooper sur la façon dont Leo est perçu par les habitants, puis décide de le libérer eu égard à son état. Il donne un conseil lourd de sous-entendus à Cooper dont il apprend qu’il est à Twin Peaks depuis seulement douze jours : « Surveillez la belle, mais étrange forêt de Twin Peaks. ». Il demande ensuite à Harry d’aviser Shelly avant que la décision ne devienne officielle. [18mn] Ed accompagne une Nadine de plus en plus excentrique : elle ne reconnaît plus James, demande après ses parents et dispose d’une force décuplée. [19mn15] Benjamin Horne reçoit M. Tojamura, émissaire d’un groupe d’investissement asiatique prêt à investir dans le projet Ghostwood. Ce dernier lui montre un chèque de cinq millions de dollars d’une banque de Tokyo pour le convaincre. Mais Benjamin attend Cooper, fait sortir M Tojamura et garde le dossier. [20mn30] En présence de Cooper, il reçoit un coup de fil donnant rendez-vous au Bar « le Colombien » sur la route de Castlegar pour la remise de la rançon que lui confie Ben dans une valise. Sitôt Cooper parti remettre la rançon aux ravisseurs d’Audrey, Benjamin fait entrer Hank qui a tout entendu en lui recommandant de suivre l’agent fédéral et de ramener Audrey et l’argent, après s’être débarrassé de Cooper. Contemplant le chèque de M. Tojamura, Benjamin se félicite de sa journée. [23mn15] Donna explique à Maddy comment trouver et prendre le Journal de Laura chez Harold. [24mn] De son côté, Jean Renault s’est armé et explique à Blackie comment il va faire pour récupérer l’argent. Content de lui, il s’accorde quelques privautés en compagnie de Nancy, la sœur de Blackie. [25mn35] Au bureau du shérif, Andy téléphone au laboratoire qui a analysé son sperme : ses résultats sont excellents. Harry et Cooper se penchent sur un plan du One Eyed Jack pour préparer au mieux leur intervention. Hawk fait une brève apparition pour signaler qu’il a retrouvé le manchot descendu au motel « Le Nid du rouge-gorge » où il a dormi, mais on ne l’a pas vu depuis quatre heures. Hawk y a retrouvé la même drogue que l’autre fois et la même étrange odeur. Hawk sorti, Cooper et Harry finissent de mettre au point leur plan d’intervention dans le plus grand secret. Andy salue leur départ et appelle un numéro trouvé dans les affaires de Lucy : c’est une clinique d’I.V.G. ! [29mn10] Au Double R Dinner, Maddie croise James, sans le mettre au courant du projet de vol du Journal de Laura chez Harold, et s’en va aussitôt. [30mn] Chez Harold, Donna raconte son premier baiser lors d’une nuit passablement agitée en compagnie de Laura et de plusieurs garçons. [34mn15] Harry et Cooper se débarrassent d’un garde posté à l’extérieur et s’introduisent dans le One Eyed Jack’s, se mêlent aux fêtards et suivent le plan des lieux.
Ils se séparent et Harry découvrent Jean Renault en compagnie de Blackie qui entend injecter une surdose à Audrey pour se débarrasser d’elle. [37mn25] Chez Harold, Maddy est cachée à l’extérieur pendant que Donna occupe le jeune Smith qui montre à son invitée ses orchidées et lui détaille leurs organes fécondateurs. Donna se laisse alors embrasser. Mais Harold interrompt le baiser. Donna en profite pour donner le signal d’entrer à Maddie à l’aide d’une torche. [39mn30] De leur côté, Cooper et Harry interceptent Nancy et l’obligent à les conduire jusqu’à Audrey. Pendant que Cooper essaie de réveiller Audrey, Nancy cherche à le poignarder mais il peut s’en débarrasser. Cooper charge alors Audrey, toujours inconsciente, sur ses épaules. De son côté, Harry continue de surveiller Jean Renault, le voit enlacer Blackie et la tuer. Mais Renault l’a découvert à travers la vitre et lui tire dessus. Cooper portant Audrey surgit et tous deux se dirigent vers la sortie. Mais un garde les met en joue et leur intime l’ordre de faire demi tour. Soudain il tombe à la renverse, atteint dans le dos par un magistral lancer de poignard : c’est Hawk qui, ayant tout compris de leur plan, les a suivis en cachette. Posté à l’extérieur, Hank informe Benjamin des coups de feu et de la fuite des trois hommes, quand un révolver se pointe sur lui : celui de Jean Renault qui découvre la carte volée du procureur Daryl Lodwick sur Hank. [42mn35] Chez Harold, le jeune Smith est de retour auprès de Donna avec une nouvelle variété d’orchidée qu’il veut lui faire découvrir. Mais il entend un bruit dans la pièce voisine et découvre Maddie. Comprenant le jeu de Donna, il les menace en leur tenant des propos énigmatiques « sur le secret suprême, celui que connaissait Laura, et qui consiste à savoir qui vous a tué ». Sur ces mots, il se lacère le visage. [44mn15]


Episode 13 (réalisé par Lesli Linka Glatter) :


Toujours en proie à une vive agitation, Harold crie sa douleur d’avoir été trompé par deux impures qui l’ont contaminé. Il se jette sur elles, mais James surgit, bouscule Harold et fait sortir les deux filles. Resté seul, Harold pulvérise un produit sur ses orchidées (pour les purifier ou les détruire ?) avant d’être pris d’une crise de rage. [3mn20] Au Bookhouse, Cooper fait reprendre conscience à Audrey. [5mn40] Maddie quitte Donna et James qui se jurent fidélité. [6mn35] Harry reconnaît Jean Renault, le plus dangereux des trois frères, sur une liste de photos de repris de justice, et signale à Cooper qu’une video de lui se trouvait au One Eyed Jacks. Pour l’agent fédéral, le message est clair : Jack Renault le tient pour responsable de la mort de son frère et s’est servi d’Audrey comme appât pour l’éliminer. Il se reproche alors d’avoir, à deux reprises, sorti de sa juridiction mettant ainsi en péril la vie d’Audrey au nom d’un sacro-saint sens du devoir. Le shérif le rassure sur le bien-fondé de son travail en lui reprochant toutefois de trop réfléchir parfois. [8mn25] Dale Cooper remet, au Great Northern Hotel, la rançon à Benjamin Horne non sans lui avoir raconté ce qu’a vécu Audrey (séquestration, drogue, menaces de mort) à cause de Blackie, tuée, et de Jean Renault qui court toujours.
Benjamin semble montrer quelque compassion pour celle qui est sa fille. [10mn35] Chez Shelly, l’agent de l’assurance maladie de Leo ne tarit pas d’éloges sur son dévouement et sur celui de Bobby. Mais, au final, sur les cinq mille dollars promis par sa compagnie, il ne verse que sept cents dollars en prétextant divers frais, puis disparaît rapidement. Shelly est prise au piège et en veut à Bobby : elle a quitté son emploi et se retrouve, quasiment sans argent, à soigner Leo vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Un Leo qui montre par ailleurs d’inquiétants signes de conscience. [13mn10] Le shérif découvre, par la bouche de Donna, que Laura avait un second Journal, secret, confié à Harold Smith. Mais il lui reproche, ainsi qu’à James, leurs agissements dangereux, comme l’a montré l’affaire Jacoby. Surgit Gordon Cole, le supérieur de Cooper, à demi sourd, qui donne à Harry les résultats de l’expertise faite par Albert. Hawk amène Gerard le manchot qu’il a retrouvé et auquel le shérif a des questions à poser. [15mn45] Cooper a conduit Leland jusqu’à une Audrey révoltée qui préfère être ramenée chez elle non par son père, mais par Cooper. [17mn45] Nadine, revenue à ses dix-huit ans, propose à Ed de faire comme s’ils étaient mariés ! [18mn40] M. Lee se rhabille après un rapport sexuel avec Josie et l’invite à faire de même et à se préparer à partir pour Hong-Kong. Mais elle attend l’argent que Benjamin doit lui verser pour la scierie.
M. Lee s’impatiente : il tuera le shérif si elle n’est pas présente à l’aéroport à minuit. [20mn35] Au bord du lac, James rejoint Maddie qui lui annonce son départ de Twin Peaks. [23mn50] Chez Benjamin, Josie réclame son argent puisque l’affaire a été conclue par la signature de Pete apposée au bas du contrat. Benjamin menace : si elle insiste, il révèlera que l’explosion du bateau d’Andrew, son mari, n’était pas accidentelle. Mais Josie le menace, à son tour, de dossiers qu’elle possède sur ses actions malhonnêtes. Il ne reste plus à Benjamin qu’à lui donner le chèque de cinq millions remis par M. Tojamura. [27mn15] Bobby et Shelly font la fête devant Leo en se moquant de lui. Mais Leo ne semble pas dans un coma très profond. [30mn15] Gordon Cole retrouve son agent Dale Cooper. Après l’avoir invité à la prudence dans le déroulement de son enquête, il l’informe d’un message secret en forme de coup d’échecs, « P to K-4 », que Cooper attribue aussitôt à Windom Earle. Gordon Cole lui promet qu’il sera protégé contre les agissements de son ancien collègue. [32mn45] Benjamin reçoit Leland pour lui annoncer qu’il le reprend comme avocat. Leland propose à son ancien/nouveau patron, réjoui, une manœuvre affairiste. [34mn30] Le shérif se rend chez Josie pour découvrir qu’elle quitte Twin Peaks en compagnie de M. Lee.
Il a beau essayer de la convaincre en lui déclarant son amour, elle reste inflexible et s’en va, le laissant désemparé. [36mn30] Au Great Northern Hotel, M. Tojamura demande à Benjamin de lui offrir de quoi justifier le chèque remis. Mais ce dernier atermoie et se met à chanter et à danser pour accompagner Leland. Pete essaie d’engager la conversation avec M. Tojamura ; en vain. [40mn20] Sevré de médicament, Gerard qui réclame sa drogue est interrogé chez le shérif. Après une dernière convulsion du manchot, une voix étonnamment calme s’élève et déclare s’appeler Mike, être un esprit et habiter le corps de Phillip Gerard, comme le fait Bob, un ancien ami, qui, comme un parasite, se nourrit de la peur et des plaisirs de ses hôtes considérés comme ses enfants. La voix de l’esprit habitant le manchot annonce qu’elle veut retrouver Bob pour l’arrêter. Elle ajoute que, depuis quarante ans, Bob habite dans une grande maison entourée d’arbres aux nombreuses pièces identiques habitées par des âmes différentes, nuit après nuit. Cooper identifie aussitôt cette maison comme étant le Great Northern Hotel. [44mn35]


Episode 14 (réalisé par David Lynch) :


Après cette terrible confession faite par l’ « esprit Mike » qui habite Gerard le manchot, Hawk, Gordon Cole, Harry, Andy et Cooper reprennent leurs esprits en buvant un café. Hawk doit aller perquisitionner chez Harold Smith ; Gordon Cole part pour Bent en Oregon ; les autres se rendent au Great Northern Hotel. [3mn] Installé dans le hall de l’hôtel, Gerard/Mike est pris de convulsions. [4mn25] Hawk, comme prévu, se rend chez Harold, et découvre la pièce saccagée, les orchidées brûlées et Harold pendu dans la serre aux orchidées. [5mn20] Chez les Palmer, Maddie annonce son départ pour retourner chez elle, à Missoula, le lendemain.
Sarah et Leland lui expriment toute leur affection. [8mn] Cooper, alerté par Hawk, découvre un mot accroché au corps de Harold : « J’ai une âme solitaire. » Hawk met la main sur le Journal secret de Laura. [9mn] Constatant qu’il ne lui reste que 42 dollars à la fin du mois, Shelly rappelle à Leo sa promesse de s’occuper d’elle. La discussion s’envenime et devient dispute quand, soudain, Leo prononce ces mots : « Chaussures neuves » qu’il répète ensuite plusieurs fois. [12mn50] Chez elle, Audrey révèle à son père tout ce qu’elle a appris sur lui de malhonnête : propriétaire d’une maison de passe, suborneur de jeunes filles, amant de Laura, et sur le point d’abuser de sa propre fille. Horne admet tout cela. [15mn20] Au Double R Diner, Shelly s’excuse auprès de Norma de devoir l’abandonner. Mais Norma la réconforte et lui assure qu’elle la reprendra si elle souhaite revenir travailler. Arrivent Ed et Nadine, en pleine extravagance, qui déclare son amour à Ed devant Norma, brise une coupe de glace en la serrant et finit par embrasser furieusement Ed. [21mn15] Chez lui, Leo, de nouveau, prononce les mots : « Chaussures neuves ». Conseillé par Mike Johnson, Bobby comprend qu’il s’agit d’une préoccupation de Leo et met en pièces une botte pour y découvrir une cassette. [23mn30] Au poste de police, Cooper s’adresse à Diane et déchiffre les restes du Journal secret de Laura, dans lequel il est question du manchot et de Bob, un ami de Leland, son père, semble-t-il. Elle menace aussi de révéler un jour le vrai visage de Ben Horne. Cooper est interrompu par l’arrivée d’Audrey venue dénoncer son père, expliquer ses rapports intimes avec Laura et son implication dans le One Eyed Jacks. Cooper lui demande de ne pas ébruiter le fruit de ses découvertes. Harry vient aux nouvelles et Cooper lui explique que le manchot (« Sans produits chimiques il montre. », comme le disait le géant) a été agité à l’arrivée d’une personne que l’agent spécial pense être Ben Horne et dont il demande l’arrestation immédiate. [25mn50] Au Great Northern Hotel, alors que Benjamin conclut l’affaire avec M. Tojamura, Cooper, Harry, Andy et Hawk viennent procéder à une arrestation mouvementée. [28mn20] Chez les Palmer, sous le ventilateur en marche, Sarah descend les marches en rampant et en appelant Leland à l’aide. [29mn20] Au bureau de police, pendant que Ben Horne est enfermé dans une cellule, la Femme à la bûche apparaît et, l’air grave, annonce de dramatiques événements en précisant que « des hiboux sont au Bookhouse. » Cooper comprend aussitôt qu’il est en train de se passer quelque chose. [30mn20] Pete voit arriver M. Tojamura qui lui tombe dans les bras : en fait, c’est Catherine qui se démasque ainsi devant lui ! Ils s’étreignent. [32mn] Chez les Palmer, alors que l’électrophone tourne à vide, Sarah, en proie à une crise, rampe sur le sol lorsqu’elle a la vision d’un cheval blanc dans le séjour et s’évanouit.
Leland se regarde devant un miroir. [33mn15] Au Bang Bang bar, les clients, dont font partie Donna et James, écoutent la chanteuse Julee Cruise. Donna se sent responsable de la mort de Harold ; James essaie d’atténuer sa mauvaise conscience. La Femme à la bûche, Cooper et Harry entrent à leur tour dans la salle et s’installent à une table. James annonce à Donna le départ de Maddie et tous deux citent les paroles de la chanson pour illustrer leur romance. Soudain, une lumière illumine Cooper qui voit, sur la scène, le Géant se substituer à la chanteuse et l’entend prononcer, à deux reprises, « Cela recommence. » [37mn30] Chez les Palmer, l’électrophone tourne toujours à vide et Leland se regarde, satisfait de lui, dans le miroir quand son reflet se métamorphose en un Bob souriant et Leland arbore, un instant, le visage de Bob. Puis il retrouve son visage et enfile des gants. Maddy apparaît signalant une odeur de brûlé : aussitôt Leland se lance à sa poursuite, la saisit et - tantôt Bob, tantôt Leland - s’acharne sur elle jusqu’à la tuer avant de lui glisser une lettre sous l’ongle. [42mn] Au Bang Bang bar, le Géant, visage et corps figés, s’efface progressivement dans l’ombre cependant que la scène reprend son aspect antérieur et que Julee Cruise poursuit son tour de chant. Dans l’assistance, le vieux garçon d’hôtel présent lors de la tentative d’assassinat de Cooper se dresse, se dirige vers l’agent spécial et lui serre chaleureusement l’épaule en lui présentant ses regrets ; Bobby semble très affecté et désemparé ; Donna fond en larmes malgré James ; la voix de la chanteuse, yeux fermés, s’évanouit sur les derniers mots ; le visage de Cooper apparaît, l’air grave et inquiet, sur les dernières notes de musique. Un rideau rouge envahit l’écran. [44mn40]


Episode 15 (réalisé par Caleb Deschanel) :


Leland s’exerce au golf dans son salon quand Donna et James se présentent pour saluer Maddie. Leland leur indique qu’il l’a conduite au car pour Missoula il y a une vingtaine de minutes et qu’elle était déçue de ne pas les avoir vus le soir précédent. Les deux jeunes gens, au bord du fou rire, regardent les balles qui jonchent le sol de la pièce et les fauteuils. Une fois qu’ils sont partis, Leland range ses clubs dans le placard d’où il extrait un vaste sac dans lequel gît le corps de Maddy, le range dans le coffre de sa voiture et prend la route. [5mn20] A la prison, Ben Horne fait sa toilette. Jerry arrive, de retour du Japon, qui lui propose d’être son avocat. La défense sera difficile car l’alibi de Benjamin, Catherine, avec laquelle il était la nuit du meurtre de Laura, a disparu dans l’incendie de la scierie. Jerry, à la vue des deux lits superposés, évoque un souvenir d’enfance avec une certaine Louise Dombrosky dansant devant eux dans leur chambre. Et voilà les deux frères - alors jeunes garçons portant lunettes - embarqués dans le souvenir de cette danse magique de Louise dans l’obscurité tenant une torche éclairée à la main.
Nostalgique, Jerry se demande ce qui leur est arrivé depuis les promesses de l’enfance... ’[9mn] Au poste de police, Lucy est de retour en compagnie de sa sœur Gwen et de son bébé. Gwen est bien la sœur de Lucy tant par le physique, que par le timbre de la voix et les propos futiles et saugrenus. [9mn50] Il est 10 heures 03 au Great Northern Hotel et Dale Cooper, accompagné de Harry, livre ses impressions sur le manchot à Diane au magnétophone : jadis, ce Gerard aurait pu être chamane ou prophète ; aujourd’hui, il vend des chaussures et vit parmi les ombres. Dans le hall de réception, ils découvrent Leland en train de distraire l’assistance par son imitation toute personnelle de Fred Astaire. Le shérif le met au courant de la garde à vue de Ben Horne pour meurtre de Laura. Leland feint l’étonnement, puis s’isole et rit. Cooper le suit et croit qu’il pleure. Leland esquisse un nouveau pas de danse. [13mn30] Le Dr. Hayward prélève une goutte de sang de Benjamin pour analyser son groupe. Jerry invoque avec véhémence les droits de son frère : être inculpé ou libéré. Pour le faire taire, Cooper lui rappelle son désastreux cursus universitaire et ses calamiteuses radiations dans différents Etats. Cooper montre le Journal de Laura et cite une phrase mettant en cause les activités cachées illicites de Benjamin, qui s’insurge d’être soupçonné de meurtre. Jerry, inquiet, demande à son frère de trouver un meilleur avocat que lui. [16mn50] Pendant ce temps, Bobby écoute l’enregistrement de la cassette audio trouvée dans la botte de Leo et découvre la complicité entre Leo et Ben Horne dans l’incendie de la scierie. Il décide de faire chanter ce dernier pour lui soutirer de l’argent. Il promet, une fois de plus, une vie meilleure à Shelly qui ne supporte plus de s’occuper d’un Leo recrachant sur elle les aliments qu’elle essaie de lui faire prendre. [18mn50] Au Double R Dinner, Norma voit arriver Vivian, sa mère, venue, dit-elle, lui présenter son nouveau mari, Ernie, qu’elle présente comme un analyste financier. Norma s’aperçoit en rangeant le journal laissé par son nouveau beau-père que ce dernier fait des paris. [21mn20] Philipp Gerard, le manchot, se réveille en sentant que Bob est tout près. Il parvient à se jouer de son infirmière et assomme le policier de garde avant de s’enfuir. [22mn20] Hank arrive au Double R Diner et Norma lui reproche d’avoir disparu depuis 48 heures. Vivian, qui assiste à l’altercation, invite le couple à dîner au Great Northern Hotel le soir même. [24mn10] A son bureau, Harry observe un pic-vert à la jumelle. Pete arrive et met au courant Harry du départ de Josie qu’il affirme aimer. Le shérif l’informe qu’il l’a, en effet, vue partir avec son assistant M. Lee. Pete, étonné, pense qu’il s’agit de son cousin Jonathan. Cooper intervient pour signaler la fuite du manchot. Les deux policiers quittent le poste. Andy survient, qui s’évanouit en voyant le bébé de Gwen porté par Lucy. [27mn] Pete se rend à la prison porteur d’un message enregistré par une Catherine bien vivante pour Ben Horne : elle confirmera son alibi à condition qu’il lui donne la scierie et les terrains de Ghostwood. Ben, d’abord accablé d’être pris au piège, entre ensuite dans une violente colère et saccage sa cellule. [30mn] Au volant de sa voiture, Leland, détendu, zigzague au milieu de la route et croise Cooper et Harry partis à la recherche de Gerard. Ils le prennent en chasse et l’arrêtent. Mais au moment où Cooper, à l’invitation de Leland désireux de lui faire admirer ses tout nouveaux clubs, approche du coffre, un appel radio de Lucy annonce que Gerard a été retrouvé près de la cascade : Cooper et le shérif abandonnent aussitôt Leland. [33mn25] Gerard est conduit par Hawk au poste de police où Andy reprend ses esprits sous les sarcasmes de Gwen. Andy révèle à Lucy qu’il n’est pas stérile et qu’il est donc le père de son futur bébé. Lucy reste dubitative. [35mn45] Cooper met en présence Gerard et Ben Horne, mais le manchot ne sent pas la présence de Bob. Le shérif décide pourtant de l’inculper malgré les réticences de Cooper quant à la culpabilité de Ben Horne. [37mn40] Le repas à quatre, au Great Northern Hotel réunit les deux couples Norma-Hank et Vivian-Ernie.
Lors d’une brève absence à table des deux femmes, Hank et Ernie tombent dans les bras l’un de l’autre. On apprend qu’ils étaient emprisonnés dans la même cellule et qu’Ernie Niles a été libéré avant Hank. Ernie prétend s’être acheté une conduite et demande à son complice de ne rien révéler de lui à sa belle-mère ; Hank accepte et pense plutôt qu’il veut s’emparer de la fortune de Vivian ! [41mn] Il est 23h05 et Cooper, dans sa chambre, reçoit la visite d’Audrey qui veut se justifier : elle aimerait être aimée de son père et, gênée, précise à Cooper qu’elle n’a pas eu de rapports sexuels lors de sa séquestration au One Eyed Jacks. Sa confession est interrompue par un appel téléphonique, à la suite duquel Cooper conseille fermement à Audrey de s’enfermer dans sa chambre. [43mn45] Sur le lieu de l’appel, entourés de voitures de police, Harry et Cooper découvrent l’identité du corps emballé dans du plastique qui vient d’être hissé du bord de la rivière : c’est Maddy Ferguson… [44mn35]


Episode 16 (réalisé par Tim Hunter)


Albert Rosenfield livre ses conclusions d’expert : sous l’ongle de Maddie se trouve la lettre « O » et, dans sa main droite, de la fourrure de renard blanc empaillé (précédemment arrachée par Leland dans le bureau de Benjamin). Cooper, hésitant, est successivement conforté dans son travail par Albert, Harry et Hawk. [3mn35] Au Double R Diner, James offre une bague à Donna et déclare qu’il ne veut plus la quitter.
De son côté, Norma est réprimandée par sa mère en raison de la mauvaise qualité des œufs de son omelette et reçoit des conseils peu amènes. Dans la salle, Andy s’exerce à prononcer en français la phrase « Je suis une âme solitaire. », ce qui fait réagir Donna qui l’a entendue dans la bouche du petit-fils de Mme Tremond. Or, Andy lui révèle qu’elle a été écrite par Harold Smith avant qu’il ne se suicide. Donna décide de parler à Cooper de ce mystère. [6mn45] Accompagné de l’agent du FBI, à qui elle explique que ce ne peut être qu’un message qu’a voulu leur adresser Harold, elle se rend chez Mme Tremond pour découvrir, stupéfaite, qu’elle n’a pas vu la bonne personne puisque celle qui les reçoit et affirme être Mme Tremond est une parfaite inconnue. Apprenant qu’elle s’appelle Donna, la vraie Mme Tremond lui remet une lettre arrivée chez elle. La lettre est envoyée par Harold et contient une page du Journal secret de Laura, datée du 22 et du 23 février, qui décrit l’un de ses rêves : une pièce rouge habitée par un nain et un vieil homme à qui elle a confié son secret. Elle précise que Bob, qui ne craint qu’un nommé Mike, la poursuit et qu’il n’y a que la mort pour l’éloigner. A la date du 23 février, elle affirme savoir qu’elle va donc mourir cette nuit-là. Stupéfait, Cooper reconnaît son propre rêve : Laura et lui ont fait le même rêve ! Il décide d’aller voir Gerard-Mike puisque Laura l’a évoqué. [10mn] Il révèle à Gerard-Mike que Bob a encore tué et le manchot, très agité, évoque la bague que le Géant a pris à Cooper et lui indique qu’il a tous les éléments pour entrer en contact avec le Géant : la solution n’est pas dans l’esprit, mais dans le cœur, lui montre-t-il. [12mn] Dans un couloir du Great Northern Hotel, Cooper aperçoit le garçon d’étage qui lui avait parlé le soir où on lui avait tiré dessus. La phrase qu’il lui adresse (« Le lait se réchauffe, maintenant. ») alerte Cooper.
Le bureau de Ben Horne est fouillé de fond en comble. Le shérif découvre un appel de Ben à Laura le soir du meurtre comme l’avait dit Leland ; ce qui rappelle à Cooper les poils de la fourrure de renard que tenait Maddy. Or, un renard empaillé décore le bureau de Ben. Harry reconstitue les faits : Maddie se trouvait chez Ben qui l’aurait tué avant d’amener le corps à la cascade. Cooper reste circonspect. [13mn20] Au poste de police, des techniciens réparent le système de détection anti-incendie. Survient Andy qui apostrophe Lucy sur sa paternité. Mais Lucy reste évasive (« Une chance sur deux ») et Andy comprend alors que Dick peut revendiquer, sans doute lui aussi, cette paternité. Il l’appelle aussitôt au téléphone. [14mn35] Dans sa cellule, Ben Horne reçoit la visite de M. Tojamura qui révèle sa véritable identité en montrant son pied à Ben, stupéfait de découvrir Catherine. En échange du témoignage de Catherine en sa faveur, il lui cède la scierie et les terrains de Ghostwood et signe l’accord. Mais Catherine ne semble alors plus aussi décidée à voir le shérif, à la grande colère de Ben… [18mn15] Leland reçoit la visite de Donna qui apporte une cassette enregistrée de leur soirée musicale à envoyer à Maddie. Il la remercie et répond à un appel de la mère de Maddie s’étonnant que sa fille ne soit pas encore arrivée. Donna informe Leland de la découverte, chez Harold Smith, d’un Journal secret de Laura. Leland en paraît très surpris et inquiet : son miroir lui renvoie le reflet de Bob. Il demande à Donna de rester pour réfléchir à toutes ces nouvelles. [21mn31] Pour rassurer Donna, Leland met un disque et entreprend de la faire danser, mais la serre très violemment. Heureusement, le sherif arrive sur ces entrefaites, annonce un nouveau meurtre et demande à Leland de l’accompagner car on a besoin de lui. Les deux hommes partis, Donna marche, en pleurs, vers son rendez-vous avec James à qui elle annonce la mort de Maddie. James se sent coupable de ne pas l’avoir aidée, le reproche à Donna, conscient que rien ne change jamais et refusant d’être heureux si le monde ne l’est pas. Puis il s’en va, malgré les pleurs de Donna qui l’implore de rester. [25mn35] Au Bang Bang Bar, sont réunis, en une sorte de confrontation générale, Ben Horne, Leland, Ed, Hank, Bobby et Leo Albert, le shérif et Cooper. Ce dernier affirme que l’assassin est sans doute dans cette pièce, qu’il a utilisé les directives du F.B.I., la déduction, la méthode tibétaine, l’instinct et la chance. Il ajoute que désormais il lui faut la magie. A cet instant, des éclairs déchirent l’obscurité.
Arrivent alors le major Briggs en compagnie du vieil homme garçon de chambre qui donne un chewing-gum à Cooper. Leland intervient pour dire qu’il l’utilisait enfant. Le vieil homme lui annonce que ce chewing-gum va revenir à la mode. Aussitôt Cooper revoit son rêve de la pièce rouge et se rappelle, cette fois, le secret de Laura qu’elle lui avait glissé à l’oreille : « Mon père m’a tuée. ». Le Géant lui apparaît, lui tend sa bague qui roule au sol. Cooper la ramasse et, songeur, demande que Ben Horne le suive jusqu’au poste et propose à Leland d’être son avocat. Avant de quitter la pièce, Cooper se retourne et remercie le vieil homme. [30mn50] Au poste de police, Cooper glisse un mot à l’oreille de Harry. Tous deux font mine d’enfermer Ben Horne, mais empoignent Leland et le poussent dans la cellule. Ce dernier se met à hurler et se jette violemment contre le mur à plusieurs reprises. Cooper explique que Laura lui a donné le nom de l’assassin dans son rêve. Harry exige des preuves. Cooper lui propose de faire avouer Leland. Ce dernier, sollicité, avoue, en effet, les deux meurtres, mais c’est Bob qui s’exprime à travers lui et annonce qu’il va quitter cette pauvre dépouille qui lui a toutefois bien servi. [34mn] De son côté, Lucy organise une confrontation avec Andy et Dick pour savoir qui est le père. Elle compte garder le bébé, puis soumettre les deux pères potentiels à un test de paternité dès que l’enfant sera né. De son côté, Cooper décrypte les signes : dans son rêve, le Nain dansait comme dansait Leland ; Bob avait les cheveux gris comme Leland les a eus, après le meurtre de Jacques Renault, en une seule nuit ; Leland a dit que son voisin s’appelait Robertson et Mike a expliqué que Bob habitait ses enfants (Robertson = son of Robert/fils de Robert) ; les lettres sous les ongles « R.O.B.T. » étaient sa signature de démon qui écrivait son nom. Quant au meurtre de Laura, il s’explique par son Journal qu’avait trouvé Leland et dans lequel elle donnait des informations sur Bob. Dans sa cellule, Leland-Bob hurle qu’« A travers les ténèbres du passé à venir, le magicien espère voir un passage entre deux mondes. Feu, marche avec moi. » et affirme qu’il tuera encore. A ce moment-là, la fumée de la cigarette de Dick absorbée par le capteur anti-incendie déclenche le système, inondant le poste de police sous un déluge d’eau. Dans sa cellule, Bob-Leland hurle derechef et se jette la tête en avant contre la porte.
Cooper et ses collègues interviennent, mais il est trop tard : Leland agonise et se confesse. C’est quand il était enfant que Bob est entré en lui et l’a poussé à commettre des actes horribles dont il n’avait pas le souvenir ensuite. C’est lui qui l’a poussé à tuer Laura car elle refusait que l’on prenne possession d’elle. Cooper, avec des mots et des gestes doux, accompagne son agonie : il lui demande de chercher la lumière, d’entrer dans cette lumière qui l’attend et apporte la paix ; Leland dit voir Laura dans cette lumière, la trouve belle, l’appelle et expire, les mains de Cooper, très ému, lui caressant le visage. [41mn40] Dans la forêt, Albert, Harry et Cooper rencontrent le major Briggs. Harry pense que Leland était fou ; Albert a du mal à penser que Bob est autre chose qu’une vision ; le major Briggs déclare qu’il y a plus de choses sur terre que ce qu’en dit notre philosophie. Albert conclut en remarquant que Bob est peut-être cela : le mal que font les hommes. Quant à Harry, il se demande où est Bob à présent… Des images nocturnes d’une course dans un sous-bois obscur, suivies de la vision d’un hibou volant vers la caméra et s’immobilisant, ponctuent l’épisode… [44mn]


Episode 17 (réalisé par Tina Rathborne) :


Trois jours plus tard, le Dr Hayward veut administrer un sédatif à Sarah, mais elle refuse pour rester consciente le jour de l’enterrement de Leland : elle confie son désespoir, s’attirant la compassion de Cooper : il lui explique que son mari a été possédé depuis sa petite enfance par l’homme aux cheveux gris dont elle avait eu la vision et que Leland la droguait pour qu’elle ne se rende compte de rien. Mais il la réconforte : Leland est mort en paix après s’être repenti pour le mal qu’il avait fait, avoir vu Laura et lui avoir dit qu’il l’aimait. [4mn50] Au repas de funérailles, se retrouvent Nadine qui se mire dans la brillance noire de ses chaussures et craint que les garçons n’y voient sa culotte, Ed qui console Donna en l’assurant du retour de James, Jacoby de retour d’Hawaï et en pleine forme, le maire Dwayne en dispute avec son frère Doug âgé de 110 ans qui se marie pour la cinquième fois et prend une épouse de 20 ans, bien trop jeune pour lui, le major Briggs qui propose une partie de pêche nocturne à Cooper. Cooper regrette déjà Twin Peaks. [11mn10] Au lycée, Ed, accompagné du Dr Jacoby, inscrit Nadine. [11mn40] Audrey venue saluer Cooper à son départ apprend que ce dernier a aimé et fait souffrir une femme qui est aujourd’hui morte : témoin d’un crime, elle devait être protégée par lui-même et son collègue Windom Earle qui lui a appris le métier.
Mais il n’a pas su le faire parce qu’il l’aimait : elle est morte dans ses bras et Windom Earle est devenu fou. Audrey, touchée, l’assure de son amitié et le quitte en lui reprochant d’être parfait. [14mn40] Bobby s’affuble d’une veste de Leo toujours dans son fauteuil, et part rendre visite à Ben Horne à qui, dit-il à Shelly, il espère soutirer beaucoup d’argent. [16mn20] Dans le bureau du shérif, Catherine explique comment elle a eu la vie sauve lors de l’incendie : après avoir libéré Shelly dans la panique la plus totale, elle s’est retrouvée dans la forêt où elle a erré toute la nuit, a reconnu les lieux, submergée par des images d’enfance, et a retrouvé sa vieille cabane vers laquelle seul un ange gardien a pu la conduire. C’est là qu’elle restée longtemps – jusqu’à ce qu’elle n’ait plus de thon pour se nourrir ! - dans la crainte de voir surgir l’homme qui l’avait appelé de la scierie. [19mn40] Lucy reçoit la visite d’un Dick Tremayne prétendument transformé : désormais il a décidé de s’occuper d’un enfant abandonné pour préparer sa paternité. Andy intervient et propose qu’en attendant les résultats du test tous trois aient de bonnes relations. Hawk manifeste sa surprise. [22mn10] Dale Cooper vient faire ses adieux à Harry qui lui offre une mouche Green Butt Skunk pour sa pêche au saumon avec le major Briggs. Il ajoute l’écusson du Bookhouse dont il reste l’un des membres les plus émérites. Puis Dale Cooper fait ses adieux à Hawk, Andy et Lucy en les complimentant un par un. Mais l’agent spécial du F.B.I., Roger Hardy, flanqué d’un officier de la Police Montée canadien, se présente à lui et lui annonce qu’il est suspendu de ses fonctions. [24mn50] Selon Cooper, on l’accuse de l’exécution illégale d’un acte qui n’est pas en soi illégal et d’avoir usé de méthodes peu conventionnelles. Harry prend vainement sa défense. [25mn25] Bobby exige d’être reçu par Ben Horne, croise Audrey qui se moque de sa tenue en costume et cravate, entre dans le bureau et… en ressort presque aussitôt, expulsé par deux gardes du corps appelés par Ben. Audrey intervient pour le faire relâcher. Et se fait payer une glace parce que, dit-elle, elle aime lécher ! [28mn15] Cooper est soumis à un interrogatoire serré. On lui reproche d’être entré à deux reprises sur le sol canadien sans en avoir informé les autorités compétentes et d’avoir ainsi empêché l’arrestation de Jean Renault par les autorités de son pays. En outre, la drogue utilisée pour confondre le trafiquant a disparu et on le soupçonne. Cooper est donc suspendu et doit remettre arme et insigne. Harry prend avec véhémence la défense de Cooper assurant qu’il le meilleur policier qu’il ait jamais rencontré. [31mn50] Au lycée, lors des épreuves physiques de recrutement des Pom Pom girls, Nadine accomplit de véritables exploits. [32mn50] De son côté, Shelly, qui brosse les dents de Leo, reçoit un coup de fil de Bobby éconduit par Ben et lui propose de mettre son mari dans une maison spécialisée.
Elle s’aperçoit que Leo, une nouvelle fois, a bougé. [33mn55] Au Double R Dinner, Norma se désole d’avoir été mal notée par le fameux critique gastronomique. Vivian révèle à sa fille qu’elle est M.T. Wentz et qu’elle aurait bien voulu lui écrire une meilleure appréciation, mais que son restaurant n’est pas bon. Piquée au vif, Norma chasse aussitôt sa mère. [36mn10] Jean Renault aux abois – il a besoin de 125.000 dollars - reçoit Hank et Ernie pour relancer ses affaires et présente son nouvel associé : le Professeur – en fait, le policier canadien ! - qui apporte une valise de drogue. Une machination se prépare : faire accuser Cooper de trafic de drogue en en mettant dans sa voiture. [40mn35] Harry est réveillé en pleine nuit : il découvre devant sa porte une Josie en larmes qu’il embrasse passionnément. [41mn30] Au cœur de la nuit, devant un feu de camp, Cooper et le major Briggs devisent sur l’existence de Bob. Après avoir fait la remarque à Cooper que certains hommes, comme lui, savent résister aux forces du mal, le major évoque l’existence d’une Loge Blanche. Mais il n’a pas le temps d’expliquer ce dont il s’agit car Cooper doit satisfaire un besoin naturel et s’éloigne. On entend hululer longuement un hibou, puis le major voit apparaître une forme noire qui se fond dans la nuit. Cooper entend le major l’appeler et se précipite vers le feu : Briggs a disparu. [44mn30]


Episode 18 (réalisé par Duwayne Dunham) :


Cependant que James, lancé à grande vitesse sur sa moto, fuit Twin Peaks, Betty Briggs vient signaler la disparition de son mari au poste de police. Cooper et Harry lui posent des questions, mais elle refuse de répondre car cela entre dans le cadre de la mission de son mari et doit rester confidentiel. Elle consent toutefois à signaler que c’est la première fois qu’il disparaît pour des raisons autres que professionnelles, qu’il est très préoccupé par la forêt et ce qu’elle recèle, et qu’il aime se livrer à des explorations. Après son départ, Cooper affiche son inquiétude : la lumière qui a accompagné la disparition du major est, selon lui, la manifestation d’une force à l’œuvre dans ces bois. Andy a trouvé le cadeau à faire aux Milford : une écharpe et une cravate assortie. Un appel de Gordon Cole interrompt la présentation. Il est toujours à Bend en Oregon et assure Cooper de sa solidarité dans l’épreuve qu’il traverse. Il l’avertit que Dennis Bryson, un agent des stupéfiants, va venir enquêter sur son compte. Cooper passe ensuite devant la commission et refuse de répondre aux accusations, voire de se défendre car il estime n’avoir rien commis d’illégal.
Cooper est suspendu par sa hiérarchie, mais serein. L’agent spécial Roger Hardy insiste derechef pour qu’il réponde à la commission. Mais Cooper rétorque qu’il a d’autres préoccupations plus importantes : « Le bruit du vent dans les pins, l’instinct des animaux, ce que nous craignons dans l’obscurité, ce qu’elle masque ; voir ce qu’il y a derrière la peur ; regarder le monde avec amour. » Roger Hardy, interdit par ce discours, décide néanmoins de le suspendre et lui conseille un soutien psychologique. [9mn25] Au lycée, Nadine se confie à une Donna surprise : elle est attirée par Mike, le copain de Bobby, qui serait amoureux d’elle. [11mn10] James toujours sur sa moto, finit par s’arrêter à un bar. Au comptoir, il fait la connaissance d’une femme peu farouche, Evelyne Marsh, qui lui demande abruptement ce qu’il fuit, puis s’il peut réparer la Jaguar de son mari. [13mn55] Au poste de police, Andy voit arriver Dick avec le jeune orphelin, Dicky, dont il a décidé de s’occuper. Andy se propose de les accompagner au Double R Diner [15mn15] Cooper demande à Hawk et à Harry s’ils connaissent La Loge Blanche évoquée par le major Briggs. Hawk lui rapporte une légende selon laquelle la Loge Blanche est la résidence des esprits qui gouvernent l’homme et la nature. Il ajoute qu’il existe une Loge Noire, le double obscur de la Loge Blanche, par où tout esprit doit passer pour atteindre la perfection et où l’on rencontre son double que l’on nomme le Gardien du Passage. Mais si l’on n’a pas assez de courage l’âme peut alors être détruite. L’agent annoncé par Gordon Cole se présente : c’est un homme habillé en femme qui veut se faire appeler Denise Bryson et non Dennis. [18mn20] Au lycée, Nadine épate tout le monde par sa force herculéenne au point que le professeur se propose de l’enrôler pour la lutte. [19mn35] Toujours très amoureux, Harry amène Josie à lui confier son histoire. Elle lui explique être tombée, à seize ans, à Hong Kong, dans les filets d’un trafiquant, Thomas Eckhardt, qui après l’avoir aidée, tel un père et un amant, l’a considérée comme sa propriété, et s’est sans doute débarrassé de son mari Andrew Packard. M Lee/Jonathan est l’homme de main sans scrupule de Eckhardt, prêt à les tuer, elle et le shérif, s’il en a l’ordre. [23mn50] Au Double R Dinner, Hank et Ernie reviennent d’un chargement de drogue. Norma s’empresse de signaler à Ernie le départ de sa mère pour Seattle et lui conseille de faire de même. Elle accueille Andy, Dick et le jeune orphelin qui se révèle être un parfait garnement. [26mn35] De son côté, James examine la Jaguar de sa nouvelle connaissance qui lui propose de s’installer chez elle le temps de la réparation. [28mn30] Un Ben Horne, en plein désarroi, se réfugie dans le passé et visionne le film en noir et blanc de l’inauguration des travaux de construction du Great Northern Hotel par ses parents, Jerry et lui.
Survient Hank qui annonce à un Ben à la dérive qu’il n’est plus le propriétaire de l’hôtel et qu’il n’est plus son patron. [34mn30] Cooper reçoit un nouveau message de Windom Earle sous forme de coup d’échec (P ro Q4) et un enregistrement menaçant où il lui annonce que le Roi doit mourir. [36mn10] Doug se marie avec sa jeunette malgré les objections de son frère Dwayne que Harry doit faire sortir de la salle. [37mn15] Un appel de Denise demande à Cooper de descendre dans le hall de l’hôtel où se déroule le mariage de Doug Milford. Denise-Dennis lui révèle qu’il a trouvé des traces de cocaïne dans sa voiture. Cooper proteste de sa bonne foi et lui demande de l’aider. L’agent lui explique qu’il est ainsi vêtu par goût pour le travestissement. Dwayne cherche querelle à son frère ; Audrey danse avec Cooper et Andy, apparemment ravi, avec Denise/Dennis ! [41mn40] Chez Catherine, Josie poursuit ses révélations entamées avec Harry. Elle affirme à Catherine, impavide, que son frère Andrew a été tué par Thomas Eckhardt et qu’elle est seule. Catherine lui propose de l’engager comme bonne et exige la soumission la plus totale. Dès que Josie a quitté la pièce, un homme sort de l’ombre : c’est Andrew, le frère de Catherine, qui profère des menaces de vengeance contre Thomas Eckhardt. [44mn30]


Saison 2 (2ème partie)


Episode 19 (réalisé par Caleb Deschanel) :


Venu voir Ben Horne pour s’assurer de la suite de son chantage à la révélation de la cassette enregistrée par Leo, Bobby a la surprise de le découvrir mal rasé, les vêtements en désordre et tenant des propos farfelus sur une construction d’objets hétéroclites qu’il lui présente comme un gratte-ciel. Mais, contre toute attente, Ben lui confie une mission : surveiller Hank et lui fournir des informations inédites sur lui. Dans le couloir, Bobby voit surgir la jeune mariée du frère du maire, hurlant. [4mn30] De son côté, décidé à s’installer à Twin Peaks, Dale Cooper consulte une agente immobilière sur les offres de maison disponibles. En lançant une pièce qui tombe sur l’une des deux maisons proposées, il choisit ce qu’on lui présente comme la Ferme du Chien Mort, où, lui dit-on, nul ne vit très longtemps. Cooper, très intéressé par cette légende, demande à la visiter. [5mn15] Dick apprend que son jeune protégé est devenu orphelin après l’assassinat de ses parents. [6mn35] Dougie Milford, le frère du maire est mort d’une crise cardiaque la nuit même de ses noces : son cœur n’a pas résisté à l’épreuve de la nuit de noces !
Son frère accuse sa très jeune femme – que Hawk s’emploie à consoler - d’assassinat sexuel et veut porter plainte contre elle ! La jeune mariée confie à Hawk qu’elle est maudite. [9mn40] Au lycée, l’entraîneur demande à Mike Nelson de combattre contre Nadine : à la surprise générale, elle le bat à plate couture et exige quasiment qu’il sorte avec elle. Au point que, rencontrant Donna, Mike, courbaturé et craignant de finir en fauteuil roulant, lui demande de se prêter à un mensonge pour faire croire à Nadine qu’ils sont toujours ensemble, ce que refuse Donna. [12mn40] James reçoit la visite de Malcolm Sloane, le frère d’Evelyn et chauffeur de son mari, M. Marsh, qui lui révèle que le mari d’Evelyn la bat régulièrement, tous les quinze jours, de sorte qu’elle se venge en cassant des objets. [14mn35] Quant à Cooper, en compagnie de l’agente immobilière, il visite la Ferme du Chien Mort. De traces de pneus visibles sur le sol, Il déduit que trois véhicules s’y sont garés très récemment : une jeep, un 4x4 et une berline. A l’intérieur, son esprit de déduction lui fait découvrir successivement du laxatif pour nourrisson, et de la cocaïne. [17mn10] Dick, en compagnie de son jeune protégé, essaie vainement de changer une roue lorsque la voiture manque l’écraser, à la grande frayeur du jeune garçon. [19mn10] Chez le shérif se trouve le colonel Riley qui enquête sur la disparition du major Briggs et la présence d’un hibou cette nuit-là. Mais il ne veut livrer aucun secret défense sur lui, même lorsque Cooper évoque les messages reçus par Briggs et le concernant. Tout juste accepte-t-il de révéler que ces messages ne provenaient pas de l’espace, mais de la forêt. Il refuse toutefois de dire à Cooper s’ils provenaient de la Loge Blanche. [20mn50] En présence d’Evelyn, James essaie vainement d’en savoir plus sur les rapports qu’elle entretient avec son mari. Ils échangent un baiser. Son mari arrive. [22mn40] Bobby retourne au Great Northern Hotel muni d’une enveloppe et rencontre Audrey à qui il précise que son père l’a embauché. Cette dernière se rend aussitôt dans sa cachette d’où elle assiste à l’entretien entre Bobby et son père. Ben, habillé d’un uniforme sudiste, a construit une maquette figurant la bataille de Gettysburg entre Sudistes et Nordistes. Bobby lui donne des photos en échange d’une somme d’argent et de la promesse d’être embauché à plein temps. [25mn25] Pete et Catherine fêtent leurs retrouvailles et leur triomphe sur Ben Horne autour d’une bonne table, servis par Josie, la nouvelle bonne. Pete, amoureux, déclame un poème de Yeats à la gloire de Catherine. [27mn35] Dans sa chambre, Cooper dicte à Diane les dernières nouvelles : Windom Earle a anticipé son annonce dans la presse, il semble se jouer de lui et il y a de quoi s’inquiéter. Il songe à acheter un bien pour fonder un foyer. Mais sa situation professionnelle n’est pas brillante et il risque d’être arrêté. Surgit Donna qui a dérobé les photos données à son père par Bobby. Cooper la remercie : elle lui sauve peut-être la vie. On frappe à la porte : c’est Denise. Audrey la découvre, d’abord surprise, puis amusée quand Cooper lui indique qu’il s’agit d’un agent fédéral. Elle embrasse son cher Cooper avant de quitter les lieux. Cooper a reconnu sur la photo, Jean Renault, Hank Jennings, Ernie et le sergent corrompu King. Ce sont eux qui se sont réunis à la Ferme du Chien Mort et ont coupé de la cocaïne – la même que celle retrouvée dans sa voiture - avec un laxatif. Denise estime que ces nouvelles sont favorables à Cooper et plaisante sur l’âge d’Audrey. [31mn30] Au Double R Diner, Norma et Ed ont l’une de ces conversations dont ils ont le secret sur leurs projets adolescents pleins d’espoir et leurs vies d’adultes décevantes. Hank les voit ensemble. [32mn35] Au poste de police arrive un Dick très agité, qui, sans même saluer Lucy choquée de cette indifférence, explique à Andy que le jeune orphelin dont il s’occupe est soit le diable soit un meurtrier.
A deux pas, Harry essaie de dissuader le maire de porter plainte contre sa très jeune belle-sœur, la veuve Milford, puisque le rapport d’autopsie confirme la mort par crise cardiaque. Dans un bureau voisin, Hank demande un remontant pour la très jeune veuve éplorée. Peu après, Lucy surprend tous les hommes du poste de police à s’amuser des anecdotes racontées par la veuve très en verve. Furieuse, elle claque violemment la porte. [36mn55] Au Double R Diner, Denise rencontre Ernie Miles. Après s’être présentée comme agent fédéral, elle lui propose un marché : collaborer ou être renvoyé en prison. Conduit au poste, Ernie, en pleine nuit, avoue avoir été contraint de vendre 4 kgs de drogue. Denise et Cooper lui proposent d’organiser une rencontre arrangée avec un prétendu acheteur de cette drogue, à la Ferme du Chien Mort. [39mn35] Chez Evelyn, James est réveillé, pendant la même nuit orageuse, par des cris de dispute : Malcolm Sloane, le frère, confirme qu’un jour il tuera celui qui brutalise sa sœur. [40mn40] Bobby, de retour chez lui, découvre, à la faveur d’un éclair, sa mère dans un fauteuil, inquiète de la disparition de son mari. Pour la rassurer, il lui raconte la discussion affectueuse qu’il avait eue avec lui il y a quelque temps. Brusquement, dans la lueur d’un éclair, le major Briggs réapparaît en tenue d’aviateur des années cinquante, et apprend, étonné, qu’il a disparu depuis deux jours. A sa femme éplorée qui s’inquiète, il confirme que la situation n’est pas bonne. [43mn40]


Episode 20 (réalisé par Tod Holland) :


Le major Briggs essaie vainement de se souvenir de tous les détails de son enlèvement. Il lui revient seulement l’image de l’apparition d’une figure tournoyante venue du ciel faite de trois triangles réunis, de flammes dont il s’est éloigné, d’une forme indistincte dans le noir, d’un hibou géant. Le Dr Hayward a repéré trois marques triangulaires derrière son oreille. Pressé de questions sur sa mission, le major Briggs invoque de nouveau le secret, mais consent à citer le projet de « Livre Bleu » concernant les enquêtes sur les OVNI et abandonné en 1969. D’après lui, des observations du ciel et, à Twin Peaks, de la terre sont poursuivies par certains. Ils rechercheraient « la Loge Blanche ». Mais Briggs est interrompu par des agents envoyés par le colonel Riley et Briggs, malgré l’opposition de Harry, doit les suivre. [5mn20] Denise essaie de convaincre Ernie, qui met en avant sa peur pour s’y opposer, de passer le coup de fil qui doit attirer Jean Renault dans un piège. Mais il n’a pas le choix et finit par accepter. [6mn20] Dick, avec des mines de conspirateur, met Andie au courant de ses recherches concernant le dossier de son protégé Nicky en lui recommandant de ne rien dire à Lucy. Une Lucy qui confirme à Cooper que les annonces mises dans le journal n’ont rien donné. [7mn50] Ed, au Double R Diner, montre un message à Norma : il veut lui parler. [8mn50] Chez Leo, une dispute éclate entre Bobby et Shelly excédée de s’occuper de son mari. Bobby ne répond pas à ses reproches, lui annonce, très fier, sa collaboration avec Ben Horne, se fait gifler pour le mépris qu’il affiche envers elle et s’en va sans ajouter un mot. [10mn] James téléphone à son oncle Ed pour lui demander de lui envoyer l’argent de son compte, soit 17 dollars !
Survient Evelyn qui lui fait expliquer les raisons pour lesquelles il a fui de Twin Peaks. Elle lui demande ensuite de se préparer à l’aider. [13mn10] Au Double R Dinner, Nadine se jette littéralement sur Mike Nelson, qui n’en peut mais, après lui avoir fait une déclaration enflammée, cependant que Norma laisse Hank se débrouiller seul au service et sort voir Ed. [15mn15] Le shérif vient voir Josie chez les Packard pour lui confier son désir d’elle ; elle essaie de le repousser en invoquant sa situation, mais rien n’y fait. [17mn] Au Great Northern Hotel, Audrey découvre son père en plein délire : devant sa maquette, toujours habillé en Confédéré, il est en pleine guerre civile et s’apprête, dit-il, à livrer une bataille décisive. Audrey, très inquiète, passe un coup de fil à Jerry pour qu’il revienne auprès de son frère. [19mn] Norma finit par se retrouver chez Ed et ils s’aiment enfin. [20mn10] Hank pose un micro à Ernie Niles et Cooper récapitule le détail des opérations : Ernie amènera Denise à la Ferme du Chien Mort, la présentera à Jean Renault, fera sa livraison et s’en ira ; c’est alors que le shérif interviendra. Cooper se désole de ne pouvoir accompagner ses amis en raison de sa suspension. Harry lui propose alors de l’engager légalement comme assistant. Surgit Denise redevenu Denis pour l’opération. [22mn20] Nick et Andy entrent par effraction dans les locaux de l’association d’aide à l’enfance pour se procurer le dossier de Nicky. Ils sont dérangés par un couple venu adopter un orphelin. [24mn15] Donna, inquiète pour James, vient aux renseignements chez Ed qui lui indique son adresse. Elle se propose de lui apporter l’argent qu’il a demandé et part aussitôt. Et Norma peut quitter Ed sur un dernier baiser. Mais Hank a suivi Norma et surgit devant Ed qu’il se met à rosser. A ce moment-là, Nadine rentre chez elle, découvre la scène, assomme Hank et rassure son mari : elle est là pour le protéger ! [26mn20] Bobby, las de subir la folie de Benjamin, toujours en pleine bataille, invoque un prétexte et parvient à s’éclipser. Audrey lui confie qu’elle a appelé Jerry à l’aide et le Dr Jacoby. Catherine, qui se rend chez Ben, les voit quitter les lieux. A peine entrée, elle déclare à Ben que malgré tout ce qu’il a fait contre elle, elle le désire toujours. [31mn30] James présente à Evelyn la voiture enfin réparée.
Ils s’enlacent, observé par le frère d’Evelyn. [34mn05] A la Ferme du Chien Mort, l’opération menée contre Jean Renault tourne mal : le micro d’Ernie a été repéré. Pendant que Hawk appelle des renforts, Cooper se propose de remplacer Denis comme otage des malfaiteurs. [36m] Evelyn quitte la chambre où dort encore James et tombe dans les bras de son frère, Malcolm Sloane. [36mn50] Jean Renault est prêt à tuer Cooper à qui il reproche d’être responsable de la mort de ses deux frères et d’avoir bouleversé la vie paisible des affaires à Twin Peaks. Denise se présente à la porte de la ferme, un plateau à la main, et montre ses jambes à Jean Renault tout émoustillé. Mais elle a glissé dans le haut de son bas un pistolet dont Cooper s’empare pour blesser Jean Renault pendant que Denise neutralise le sergent King. Surgi dans son dos, Hawk abat Jean Renault qui mettait en joue Cooper, alors privé de munitions. L’opération se solde par un plein succès. [41mn20] Chez Leo, Shelly est réveillée par de la musique et découvre Leo, debout, menaçant : il est sorti du coma ! Elle se met à hurler. [42mn25] Au poste de police plongé dans le noir, Lucy explique à Harry et Cooper qu’une bombe a explosé qui a mis le feu au transformateur électrique. Cooper, dans un bureau voisin, découvre dans l’obscurité un homme assis dans un fauteuil, ligoté et bâillonné : il est mort et son index pointe un jeu d’échecs placé sur la table devant lui ! Cooper pense à un nouveau message de Windom Earle… [44mn]


Episode 21 (réalisé par Ulf Edel) :


A cause de la coupure de courant, il n’y a pas eu de témoin. Cooper sait comment ce vagabond a été tué par Windom Earle : une blessure au poignard de 2,5 cm et l’aorte coupée. Devant Harry et Hawk, étonnés, Cooper reconstitue les faits : un vagabond a été poignardé et Windom Earle a organisé une coupure de courant, puis a mis le feu pour chasser tout témoin éventuel, et s’est, enfin, livré à la mise en scène macabre qu’ils ont découverte. [4mn15] Audrey conclut un pacte avec Bobby pour sortir Ben de son délire. [5mn30] Dans sa maison, en pleine nuit, Leo plonge Shelly dans l’épouvante, la brutalise, l’empêche de s’enfuir et va abattre sa hache sur elle, quand Bobby, de retour de chez Ben Horne, l’en empêche. Dans la lutte qui s’ensuit, Leo est blessé par Shelly d’un coup de couteau à la jambe et s’enfuit dans la forêt. [10mn05] Harry accepte de confier l’affaire à Cooper qui le lui demandait. Hawk annonce qu’il a arrêté Hank, blessé par un camion, affirme-t-il, à l’ hôpital et que Leo Johnson, d’après Shelly, l’a attaquée avant de s’enfuir. [11mn30] Lucy, mise au courant par Andy, que Nicky est un assassin se refuse à le croire et décide de mener sa propre enquête. [12mn50] Le mari d’Evelyn félicite James pour son travail et part aussitôt essayer la voiture.
Evelyn imagine un accident. [14mn35] Au Double R Diner, Ed confie son inquiétude au sujet de l’énergie sexuelle débridée de Nadine. Puis il informe Norma que Hank a été rossé par Nadine et lui propose de dîner avec elle au vu et au su de tout le monde ; ce dont elle est ravie ! [16mn50] Evelyne essaie de dissuader James de quitter les lieux. [18mn05] A la demande de Harry, Cooper livre des informations sur sa vie antérieure : il a tout appris de son métier grâce à Windom Earle ; il était chargé de protéger la femme de Windom Earle, Caroline, le témoin principal d’une affaire ; il a eu une liaison avec elle et elle a été tuée, par son propre mari, pense-t-il, sans qu’il ait pu la protéger de l’attaque ; Windom Earle est ensuite devenu fou et a fini par s’évader de l’hôpital. Cooper s’inquiète de l’extrême dangerosité de son ancien chef. [21mn15] Donna est arrivée au bar où se trouve Evelyn et demande James. Evelyn se fait connaître et lui fait croire que James est parti pour Mexico. James semble pourtant bien indécis. [23mn30] Jerry arrive chez Ben et découvre, atterré, le délire de son frère. Mais le Dr. Jacoby, qui joue le jeu imaginé par Ben, le rassure : la victoire évoquée par Ben peut l’aider à surmonter ses problèmes émotionnels. [26mn25] Le major Briggs arrive au poste de police et s’évanouit devant Lucy. Il reproche à sa hiérarchie de montrer suspicion et paranoïa à propos de sa disparition et de ne rechercher la Loge Blanche que pour de troubles raisons idéologiques. Il est certain d’avoir été conduit à la Loge Blanche et a l’intuition que de sérieux ennuis se préparent. Il s’en va sans préciser sa pensée. Andy demande à Cooper et Harry de venir voir la veuve Lana Milford dans le bureau où le Dr Jacoby a procédé à son analyse : d’après le docteur, elle n’est en rien une meurtrière, mais possède des connaissances anatomiques et un savoir-faire sexuel pouvant conduire au nirvana n’importe quel homme. Cooper, plein d’humour, la félicite. Jacoby décide d’amener la jeune veuve au bowling. C’est alors que déboule Dwayne Milford, le maire, armé d’un fusil, prêt à faire un mauvais parti à sa belle-sœur. Mais Cooper est psychologue et, certain du résultat après les révélations du Dr. Jacoby, propose au maire de s’entretenir avec Lana en tête à tête. Ce qu’il finit par accepter et la porte se referme sur eux. [31mn20] La situation s’éternisant, Harry, Cooper, Hawk et Jacoby forcent la porte pour découvrir Lana sur les genoux du maire : son visage est couvert de rouge à lèvres ; ils ont décidé l’adoption d’un enfant et elle affirme que Dwayne ressemble si fort à Dougie qu’elle a l’impression que ce dernier est ressuscité. Et il sortent ensemble laissant les policiers et Jacoby médusés et amusés. [32mn30] Catherine révèle à Pete, stupéfait, la présence d’Andrew qu’il croyait mort. Ce dernier lui apprend aussitôt que l’accident de bateau était une supercherie montée pour parer aux menaces dont il faisait l’objet de la part de son associé Thomas Eckhardt, devenu jaloux de sa réussite en affaires.
Catherine ajoute, pour sa part, que Josie travaillait pour Eckhardt et que ce dernier va sans doute venir récupérer Josie. [35mn15] Précisément, une femme, accompagnée d’un homme âgée, réserve deux suites au Great Northern Hotel. [36mn] Le Docteur Hayward, Lucy et Dick entrent dans le poste de police et demandent à Andy de se joindre à eux. De son côté, le sherif a reçu de Seattle un avis de meurtre concernant le fameux M. Lee/Jonathan et consulte Cooper, qui s’en remet à lui. Le Dr Hayward est très remonté contre les suppositions malveillantes de Dick et d’Andy. Il sait, de la bouche même de la mère, immigrée travaillant au Great Northern Hotel, que Nicky a été conçu lors du viol de cette femme qui est morte en lui donnant naissance. Nicky a alors été adopté par un couple qui est mort dans un accident de voiture et il s’est retrouvé ainsi orphelin une deuxième fois. Tancés par Lucy, Dick et Andy, bouleversés par ce récit pathétique, fondent en larmes. [39mn] James se prépare à partir, mais Evelyn, une nouvelle fois, essaie de le retenir en lui déclarant son amour. Une voiture de police les interrompt. Evelyn annonce que son mari est mort dans un accident. Jame comprend qu’elle s’est servie de lui. Mais elle accuse Malcolm Loane dont elle lui dit qu’il n’est pas son frère. Elle lui conseille de fuir avec Donna. Ce qu’il fait. Evelyn va parler aux policiers. [41mn10] Dans la forêt Leo erre au milieu des arbres tordus par le vent et du vol des chouettes jusqu’à une cabane où l’accueille un homme face à un échiquier : c’est Windom Earle ! [43mn25]


Episode 22 (réalisé par Diane Keaton) :


La police enquête sur l’accident survenu à M. Marsh, le mari d’Evelyn. Celle-ci et, surtout, Malcolm Sloane font peser les soupçons sur James en donnant des informations visant à en faire le responsable. [3mn55] Au Hideout Wallies, Donna essaie de persuader James de demander de l’aide, faute de quoi il sera accusé du meurtre de M. Marsh. Mais James s’entête à vouloir parler à Evelyn qui le disculpera, pense-t-il. Donna téléphone tout de même à Ed. [5mn55] Harry et Cooper interrogent Leo et Shelly venus signaler la disparition de Leo. Les deux enquêteurs manifestent leurs méfiance envers Bobby, l’accusant d’avoir tiré sur Leo. Bobby le prend de haut et dénonce Hank. Les policiers assurent Shelly qu’ils vont la protéger contre une éventuelle attaque de Leo. Les deux jeunes gens sortent. De Seattle, arrive Albert qui salue chaleureusement Harry et annonce les résultats de son enquête : Windom Earle est passé par les villes de Springfield, Kansas city, Lawton, Dallas et Jackson. Il a déposé des paquets-cadeaux aux postes de police qui contiennent, chacun, un vêtement : Albert montre, successivement, les photos d’un voile blanc, d’une jarretière, de chaussures blanches, d’un collier de perles et d’une robe de mariée. Cooper, ému, reconnaît la robe de mariée qui a appartenu à Caroline, la femme de Windom Earle. [9mn50] Dans sa cabane, Windom Earle s’adresse à Leo et énumère les méfaits qu’il a commis et qu’il vient d’apprendre par l’avis de recherche lancée par les autorités.
Comme ce dernier manifeste des velléités de s’en aller, il le frappe sadiquement à plusieurs reprises et exige de lui une obéissance absolue. [12mn30] Norma et Ed s’épanchent sur leur vie passée pour mieux s’en désoler en se remémorant tous leurs actes manqués pour une vie à deux. Ils décident de s’approprier l’avenir. C’est alors que surgit Nadine ouvrant la porte sans pouvoir s’empêcher de l’arracher : elle se glisse dans leur lit et raconte sa déception de n’avoir fini que deuxième au concours (elle a été disqualifiée pour un lancer d’avion interdit). Puis elle les laisse en leur avouant que Mike et elle sont très liés désormais. [16mn35] Harry interroge Josie à propos du meurtre de Jonathan/M. Lee. Un appel de Thomas Eckhardt pour elle, la menaçant, évoque la mort de Jonathan et demande un rendez-vous. Le silence de Josie lui fait penser qu’elle s’est rangée dans le camp de Catherine. Une Catherine, précisément, qui a entendu l’appel sur un autre combiné et comprend que Eckhardt se trouve à Twin Peaks. [19mn40] Quant à Ben Horne, il continue de fuir la réalité en faisant participer de plus en plus de personnes à son délire. Jerry s’inquiète pour les affaires en cours et pense qu’il doit désormais s’en occuper, mais Audrey lui révèle que le testament de son père, dont elle a eu connaissance, fait d’elle l’exécutrice testamentaire. [22mn30] Au Hideout Wallies, Donna rencontre Evelyne dans le but de l’amadouer et d’aider James, mais le prétendu frère, Malcolm Sloane, intervient pour emmener Evelyne et menacer Donna de la tuer si elle ne quitte pas les lieux. Et Donna de fondre en larmes… [24mn25] Au poste de police, Albert informe Cooper qu’une asiatique - dont le portrait robot ressemble à Josie - est recherchée pour le meurtre de Jonathan et qu’il ne serait pas surprenant qu’elle fût le tireur qui a fait feu sur lui, Cooper, dans sa chambre. Cooper et Albert s’inquiètent ensemble des retombées de l’enquête sur Harry qui aime tant Josie. Ils décident de garder le silence jusqu’à ce que des preuves justifient leurs craintes. [25mn35] Harry, dans le bureau duquel entre Cooper, lui révèle le nom du clochard tué par Windom Earle : c‘est le nom même de Caroline. Harry propose ensuite de consulter un spécialiste local des échecs, Pete, qui accepter d’aider Cooper dans la partie engagée par Windom Earle. [27mn25] Shelly fait son retour au Double R Diner au grand plaisir de Norma, débordée. Harry met au courant Norma de l’avenir de Hank pour la rassurer : c’est la prison pour avoir voulu tuer Leo Johnson ! [29mn] Catherine reçoit chez elle Thomas Eckhardt en présence de Josie, la bonne. La conversation porte rapidement sur l’avenir de Josie, sans qu’elle ait son mot à dire : restera-t-elle avec Catherine ou partira-t-elle avec Eckhardt ? [31mn25] James pénètre chez Evelyn qui lui révèle la vérité : c’est elle qui a manigancé le meurtre de son mari par intérêt. Elle a eu plaisir à avoir une liaison avec lui parce qu’il est son contraire, bon et honnête. Malcolm Loane, arrivé en catimini, assomme James par derrière.
A Evelyn qui s’insurge, il dresse un plan qui accusera définitivement James : il lui suffit d’affirmer que James a pénétré chez elle par effraction pour se venger et qu’elle l’a tué parce qu’il la menaçait. [34mn10] Ben Horne, alias le général Lee, a gagné la guerre de Sécession et signe la reddition des troupes yankees avec le général Grant (c’est-à-dire le Dr. Jacoby). Mais un malaise le fait s’évanouir : sa tête frappe le sol. Lorsqu’il reprend conscience, il a retrouvé le sens de la réalité. [38mn30] Windom Earle contraint Leo à écrire un poème en trois exemplaires adressé à Donna, Audrey ou Shelly, pour savoir qui sera sa Reine. Puis il cachette l’enveloppe. Mais la photo des trois jeunes filles glisse sous la table. [40mn30] Chez les Marsh, Malcolm Loane pousse Evelyn, armée d’un pistolet, à appliquer le plan et à tuer James. Mais Donna surgit et s’interpose. Evelyn refuse d’appuyer sur la détente et, dans la bousculade, le coup part et tue Malcolm. Evelyn propose alors une version qui la disculpera : Malcolm a tué son mari, puis, devenu fou, a voulu se débarrasser d’elle qui l’attendait avec une arme et est ainsi parvenue à l’éliminer. [42mn10] Dans le hall du Great Northern Hotel, Cooper, sans le savoir, croise Windom Earl grimé qui remet une lettre pour Audrey Horne à la réception. En entrant dans sa chambre, il découvre un masque de Caroline posé sur l’oreiller. Lorsqu’il le saisit, il déclenche un magnétophone qui dicte un message de Windom Earle lui rappelant la beauté de Caroline, leur amour pour elle encore aujourd’hui et lui annonçant que c’est à lui de jouer. [44mn]


Episode 23 (réalisé par Lesli Linka Glatter) :


La fin du message de Windom Earle est entendue dans le bureau de Harry : son ancien coéquipier demande à Cooper de jouer à son tour et de faire paraître son jeu dans le « Twin Peaks Post », non sans le menacer une nouvelle fois. Cooper décide de convoquer Pete pour qu’il continue la partie d’échecs à sa place. [3mn05] Au téléphone, Pete annonce son arrivée à Harry et quitte Andrew et Catherine – très remontée contre son attitude enfantine – à table. Josie entre et, voyant Andrew qu’elle croyait mort, s’évanouit. [5mn05] Harry, préoccupé par les soupçons de meurtre qui s’accumulent contre Josie, signifie à Hank son inculpation pour tentative de meurtre sur Leo. A proximité, Albert confirme à Cooper que la balle qui a tué Jonathan provient du même pistolet qui lui a tiré dessus et exige que Josy soit donc arrêtée. Pour en avoir le cœur net et protéger Harry, Cooper décide d’aller parler lui-même à Josie. [7mn35] Audrey s’installe à la Réception de l’Hotel et fait la connaissance d’un nouveau client richissime, John Wheeler, qui affirme l’avoir connue alors qu’elle avait dix ans. Puis elle ouvre la lettre envoyée par Windom Earle. [10mn35] Chez lui, Ed range les bibelots sur les étagères lorsque Nadine survient pour lui annoncer son amour pour Mike et son désir de rompre avec lui. [12mn15] Chez les Packard, Catherine, dissimulée, écoute Cooper interroger Josie en lui expliquant qu’elle sera arrêtée si elle ne s’explique pas.
Mais cette dernière se tait et Cooper est contraint de lui annoncer une convocation au bureau du shérif avant de la quitter. Catherine intervient pour annoncer à Josie que Eckhardt veut la voir et la met au supplice en lui précisant qu’il va penser à une trahison de sa part quand il apprendra que Andrew est bien vivant. Puis, habilement, elle laisse un pistolet à la vue de Josie, rassurée par la découverte de l’arme. [15mn10] Dans le bureau de Ben, Bobby, Jerry et Audrey préparent, selon Ben Horne, un conseil d’administration extraordinaire. John Justice Wheeler entre dans la pièce. Ben le présente comme un nouvel associé qui a réussi dans le bâtiment. Il rappelle les difficultés actuelles de sa société puisque la scierie et Ghostwood appartiennent désormais à Catherine Packard. A la surprise de ses invités, il voit le salut dans la belette des pins (mustela pinus) ! Il s’explique : déjà en voie d’extinction, l’espèce disparaîtra, selon une étude environnementale, si le projet Packard pour le développement de Ghostwood se réalise. Ben décide donc de s’opposer au projet par tous les moyens. Jerry admire le prétexte trouvé par Ben pour empêcher Catherine de réaliser ses ambitions en attendant des jours meilleurs. Mais Ben annonce se voir un jour occuper un jour un poste de sénateur ! [19mn35] Au Double R Diner, Windom Earle laisse sa seconde lettre destinée à Shelly sur le comptoir, cependant que Norma apprend au téléphone que sa jeune sœur a quitté le couvent où elle vivait et s’apprête à venir chez elle vivre dans le monde réel. Puis Shelly découvre la lettre et le message énigmatique concluant par ces mots : « Sauvez votre aimé. Soyez à la réunion des Anges au Roadhouse (la Taverne) à 21h30. » Ed survient, la mine sombre et, contre toute attente, serre violemment dans ses bras Norma en lui faisant sa demande en mariage sous le regard tendrement amusé de Shelly. [22mn] Dans la forêt, sous la surveillance brutale de Windom Earle, Leo taille des branches pour faire des flèches. [23mn10] En prison, Hank reçoit la visite de Norma venue lui annoncer son désir de divorcer. Aussitôt, il l’assure de son désir de changer de vie et d’attitude. Mais Norma ne se laisse pas prendre au jeu, refuse son chantage (il lui accorde le divorce si elle lui fournit un alibi pour la nuit où Leo a été blessé) et le quitte, inflexible. Fou de rage, il se met à la menacer en hurlant. [25mn50] Chez le shérif, Pete a mis au point une tactique pour contrer le jeu d’échecs de Windom Earle, qui est communiquée au « Twin Peaks Post » et sera publiée dans la rubrique « Annonces personnelles ». Albert, très agité, surgit et demande à parler à Cooper : la trace de poudre trouvée sur le gant de Josie la désigne comme la meurtrière de Jonathan et l’auteur de l’attentat qui a failli coûter la vie à Cooper. Harry a compris le sens de la visite d’Albert et se rend aussitôt chez les Packard prévenir Josie. [27mn30] La situation de Josie se complique toujours davantage. Elle reçoit, en effet, la visite d’un Andrew inflexible lui conseillant de voir sans tarder Thomas Eckhardt qui lui pardonnera sans aucun doute car il l’aime toujours. Il ajoute qu’en ce qui le concerne c’est la dernière fois qu’il la voit. [29mn50] Quelque part au cœur de la nature, James et Donna se retrouvent pour un pique-nique et faire le point : la police n’a pas inquiété James qui refuse de rentrer à Twin Peaks avec une Donna qui le comprend et le pousse, en larmes, à partir pour revenir plus tard. Ce que lui promet James avant un long baiser d’adieu. [32mn20] Harry arrive chez les Packard pour apprendre que Josy vient de quitter la maison avec ses affaires et se rend au Great Northern Hotel voir Thomas Eckhardt. Harry se lance aussitôt sur ses traces. [33mn45] C’est là, précisément dans un ascenseur, que se rencontrent Andrew Packard et Eckhardt. Andrew, sarcastique, lui révèle la trahison de Josie, insiste sur ses multiples aventures amoureuses, et le met en garde contre elle. [36mn] Ben Horne, Audrey et John Wheeler à table dans la salle discutent de l’avenir. Wheeler se présente comme un acheteur d’entreprises en faillite, qu’il remet en état de marche avant de les revendre avec profit.
Restée seule avec lui et très distante, Audrey lui fait comprendre que les Horne ont toujours su se sortir des difficultés par eux-mêmes, sans l’aide de quiconque. [39mn30] Il est 21h30 au Roadhouse (la taverne) et Shelly, Donna et Audrey se retrouvent au comptoir, surprises, avec le même message énigmatique. Tout près d’elle, assis au même comptoir, Windom Earle les observe et savoure la scène. [40mn30] Dans sa chambre du Gret Northern Hotel, Cooper reçoit un appel lui signalant la présence de Josie dans la suite de Thomas Eckhardt. Il s’y rend armé d’un pistolet. Il force la porte et découvre un Eckhardt blessé à mort qui titube avant de s’effondrer et une Josie qui le menace d’un pistolet et avoue qu’elle est bien la meurtrière de Jonathan et celle qui a tenté de le tuer. Harry déboule, armé lui aussi. Josie demande à Harry de lui pardonner avant de perdre connaissance. Harry la prend dans ses bras : mais elle est morte. Cooper a une vision : une lumière aveuglante illumine la pièce et Bob surgit du dessous du lit, hurlant « Cooper, qu’est-il arrivé à Josie ? » et ricanant. Lui succède le Nain qui danse sur le lit. Puis le regard de l’agent s’abaisse sur le bouton en bois d’un tiroir sur lequel se reflète, comme dans un miroir, le visage de Josie qui se déforme en une figure grimaçante sculptée dans le bois lui-même. [44mn30]


Episode 24 (réalisé par James Foley) :


La mort de Josie plonge Harry dans un profond désespoir qu’il noie dans l’alcool. Il souhaite se mettre en retrait, laissant Hawk et Cooper s’occuper du quotidien. [3mn30] La jeune sœur de Norma, Annie, fait son apparition au Double R Diner et est présentée à Shelly occupée à servir le major Briggs auprès duquel s’assied la Femme à la bûche. [4mn55] Au poste de police, chacun craint le pire pour Harry. Hawk et Cooper se partagent le travail. Le rapport d’autopsie révèle que Josie ne pesait que 30 kilogrammes. Cooper y voit un lien avec sa vision. Cooper attend la réponse de Windom Earle. [6mn05] Dans sa cabane en forêt, servi par Leo, Windom Earle découvre dans le journal le coup prétendument joué par Cooper et enrage en comprenant que son ennemi se fait aider dans leur partie d’échecs. [8mn30] Au Great Northern Hotel, chacun s’affaire en prévision de la soirée organisée par Ben Horne en faveur de la belette des pins. [10mn45] Au Bookhouse, où s’est isolé Harry, Cooper essaie pour sa part de venir en aide à un homme anéanti par la douleur en lui rappelant que Josie était une criminelle. Mais Harry le chasse sans ménagement. [11mn45] Chez Catherine Martell, une certaine Jones se présente comme l’assistante de Thomas Eckhardt, et lui remet, de la part de son patron, une boîte noire. [13mn50] Puis, c’est Windom Earle qui s’introduit chez les Hayward comme un ancien collègue du père, William Hayward. Sous le nom de Docteur Gerald Craig, il remet à Donna un cadeau pour son père afin de fêter, dit-il, les trente ans de l’obtention de leur diplôme. [16mn35] Pete est toujours occupé à la partie d’échecs. Il confie à Cooper son impuissance à empêcher qu’il y ait au moins six morts.
Andy et Lucy se mettent aussi à jouer aux échecs. Le major Briggs et la Femme à la bûche interrompent leur partie. La marque de trois triangles qu’il porte sur son cou depuis sa disparition ressemble à celle que la Femme à la bûche a sur la jambe depuis qu’à l’âge de sept ans elle avait disparu une journée dans la forêt. Selon ses dires, elle avait alors observé une lumière intense et entendu le cri du hibou. Elle avait assisté au même phénomène lors de la mort de son mari dans un incendie. [20mn30] Audrey et John Wheeler passent un moment d’intimité en pique-nique et en tête en tête : Audrey confie à John qu’elle est désormais sans amoureux – elle a donc tiré un trait sur Cooper - et disponible. [22mn15] Le Dr. William Hayward et sa femme, de retour chez eux, sont mis au courant de la visite du prétendu Dr. Gerald Craig. Le Dr. Hayward tombe des nues : son camarade de chambre et ami Gerald Craig est mort en faisant du rafting. Donna lui remet les cadeaux. Il s’agit d’un message (« Le cavalier prend la place du fou. ») ayant trait à la partie d’échecs qui se livre entre Cooper et Windom Earle. Le Dr. Hayward met en garde sa fille et part aussitôt donner le message-réponse à Dale Cooper. [23mn35] Au Big Ed’s Gas Farm, le Dr. Jacoby a été appelé à l’aide par Ed et ils essaient d’expliquer vainement à une Nadine imperturbable qu’il faut préparer le divorce. Le Dr. pense qu’il faudra du temps, essaie de raisonner Nadine qui lui répond : « Je crois que je ne vois plus de l’œil gauche. » [25mn40] On sonne à la porte des Hayward, Donna se précipite pour descendre ouvrir. Mais sa mère l’a précédée et, du haut de l’escalier, sans qu’on la voie, une Donna médusée assiste à une scène impensable : Ben Horne, à qui sa mère a ouvert la porte, se met à genoux tout contre son fauteuil et se montre très tendre et intime envers elle en lui parlant à l’oreille. [26mn20] Au Double R Diner, Norma songe à Shelly en voyant l’affiche de présentation du concours pour désigner la « Miss Twin Peaks ». Shelly s’en sort par une pirouette. Mais Windom Earle assis au comptoir sous un nouveau déguisement l’encourage à se présenter. ».
Cooper s’installe à proximité sans savoir que Windom Earle l’observe de sa place. Annie Blackburne vient le servir et il se présente à elle. Il semble charmé par cette nouvelle venue qu’il complimente pour le café qu’elle lui sert. Surgit Hawk qui lui signale un problème au Bookhouse. [29mn30] Cooper s’y rend et trouve un Andy à bout : Harry a tout cassé et s’est armé d’un pistolet. Cooper, compatissant, essaie de le raisonner. Harry fond en larmes dans ses bras en évoquant son désespoir de ne plus pouvoir aimer Josie. [32mn] Cooper laisse Harry aux bons soins de Hawk : tous deux rendent hommage à l’homme Harry, « le meilleur de tous. » [32mn35] Mike et Nadine, grimés de façon à ne pas être identifiés, se présentent au Great Northern Hotel pour louer la suite « Lune de miel ». Mais une lycéenne reconnaît aussitôt Mike. [33mn35] Ben Horne préside la réunion contre le projet Ghostwood dont la réalisation, selon lui, ferait des superbes forêts de Twin Peaks un monstrueux parc d’attraction et mettrait en danger la survie de nombreuses espèces dont celle de la belette des pins. Pour distraire les participants, Ben propose un défilé de mode, présidé par Richard Tremayne, dont des figures connues (Lucy, Andy, etc.) de la ville sont les mannequins. Catherine se moque de Ben et de sa nouvelle lubie d’écologiste. Mais Ben n’en démord pas : il a changé et, désormais, entend cultiver le don de soi. Il invite même Catherine à abandonner le plus vite possible sa vie de mégalomane et d’égocentrique et à faire un chèque à l’association ! La réunion sombre vite dans la confusion quand le présentateur de la belette des pins lâche l’animal qui mord Tremayne et s’enfuit dans la salle. John Wheeler prend Audrey dans ses bras et ils échangent un long baiser. [42mn20] Au Bookhouse, Miss Jones, l’assistante de Thomas Eckhardt assomme le policier qui veille Harry, se déshabille et se glisse dans le lit du shérif profondément endormi... [43mn10]


Episode 25 (réalisé par Duwayne Dunham) :


Dans la chambre du shérif, le Diable est en Miss Jones qui, après s’être accordée quelques privautés érotiques avec le corps de Harry inconscient et rêvant de Josie, tente brusquement de l’étrangler. Mais Harry prend, difficilement, le dessus. [5mn20] Audrey entre dans la chambre de John Wheeler s’enquérir de son bien-être. Ce dernier tout émoustillé lui propose une balade en avion au coucher de soleil. Audrey, très séductrice, accepte. [7mn13] Miss Jones exige la présence du consul de l’Afrique du Sud pour parler ! A Harry qui s’étonne que Eckhardt ait voulu sa mort, Cooper explique que c’est par jalousie sexuelle. Il se félicite de revoir Harry en pleine forme après lui avoir vu toucher le fond. Pour le remettre de sa gueule de bois, Cooper lui donne même une recette dont l’intitulé, à l’entendre, est si écoeurant que Harry n’a que le temps de foncer aux toilettes pour vomir. Un colis a été reçu au bureau : il s’agit d’un bonsaï envoyé par Josie ! Le Dr. Hayward transmet au shérif le message porté par Windom Earle à son domicile (« Le cavalier prend la place du fou. ») auquel Cooper entend répondre par une annonce dans le Journal. Survient Gordon Cole qui transmet à Cooper le dossier secret de Windom Earle. Mais ce dernier, grâce à un micro dissimulé dans le bonsaï, ne perd pas un mot de la discussion depuis sa cabane. Selon Gordon Cole, Windom Earle prenait la même drogue que Gerard le manchot pour faire semblant d’être malade, révélant ainsi une réelle schizophrénie.
Par ailleurs, il a travaillé pour l’US Air Force en 1965 au « Projet Livre Bleu » sur les OVNIS. « Comme le major Briggs », notent ensemble Harry et Cooper. Puis Gordon Cole annonce à Cooper qu’il est officiellement rétabli dans ses fonctions au FBI et lui remet un nouveau pistolet (un Smith et Wesson, 10mm, Modèle 1076 an acier inoxydable) plus précis et plus efficace tout en affirmant sa foi dans le succès de la traque de Windom Earle. Enfin il souhaite aller se restaurer. Mais Windom Earle, relié par un micro au bureau du shérif, a tout entendu et demande à Leo de tirer trois cartes. Ce sont les trois Reines qui sortent avec les photos de Donna, d’Audrey et de Shelly. Puis il lui fait tirer la carte du Roi : Dale Cooper. Enfin, une autre Reine, censée être la gagnante du concours Miss Twin Peaks, à qui il promet la mort sous le regard du Roi, Cooper. Il éclate d’un rire sardonique. [13mn45] Donna a suivi sa mère jusqu’au Great Northern Hotel, ce qui confirme ses soupçons puisque Ben Horne, en personne, vient l’accueillir. A la réception, elle découvre Mike et Nadine, particulièrement heureux de leur nuit, et demande à parler à Audrey qu’elle met au courant. Audrey la guide jusqu’à la cachette d’où elles peuvent observer le bureau de son père. Ben Horne essaie de convaincre Eileen Hayward de son évolution vers le bien et la bonté ; il lui demande de renouer avec lui en évoquant le souvenir de cette nuit unique qu’ils ont autrefois passée ensemble. Eileen s’y refuse et lui demande de ne plus chercher à la voir. Donna a compris ce que signifie les allusions de Ben au secret gardé depuis cette nuit. [17mn40] Au Double R Diner, Gordon Cole accompagné de Cooper, est subjugué par la beauté de Shelly et entreprend de la séduire. Il s’aperçoit qu’il n’a plus besoin de sonotone lorsque Shelly lui parle et invoque un miracle, celui de l’amour ! Il décide d’écrire un poème sur la tarte que Shelly lui a servie. A sa table, Cooper trace un dessin avec les tatouages assemblés du major Briggs et de la Femme à la bûche quand Harry le rejoint et découvre, lors de la discussion qui s’ensuit avec Anny venue prendre leur commande, que son ami en est amoureux. Anny jette un coup d’œil au croquis tracé par Cooper et remarque qu’il ressemble à celui de la Caverne du Hibou, ce que confirme Harry. Cooper décide aussitôt de s’y rendre. [24mn] Donna reçoit une carte de James envoyé de San Francisco : il lui annonce le Mexique comme sa prochaine étape et lui déclare son amour. Donna donne des nouvelles de James à son père qui lui dit sa certitude qu’il reviendra à Twin Peaks. Donna en profite pour lui poser des questions sur la relation qui existe entre sa mère et Ben Horne. Le Dr. Hayward, très embarrassé, a beau éluder en prétextant une simple relation d’intérêt pour des œuvres charitables, Donna insiste et prend livraison d’un bouquet de fleurs envoyé anonymement… pour sa mère ! [26mn15] A la bibliothèque, Audrey choisit un livre sur la résistance passive, puis se heurte, dans le couloir, à Windom Earle se présentant comme Edward Perkins, enseignant et amateur de poésie. Elle lui soumet donc le poème qu’elle a reçu ; il lui propose de le lire et lui précise qu’il est de Shelley. Il ajoute qu’elle semblait une reine lorsqu’elle le lisait. Soudain sur ses gardes, Donna écourte l’entretien. [28mn] Au Double R Diner, Annie semble intéressée par le concours Miss Twin Peaks et interroge une Shelly, amusée, sur Dale Cooper. [29mn10] Au poste de police, Andie s’exerce à l’alpinisme sous les yeux étonnés de Lucie. Il lui explique qu’il s’initie à la spéléologie. Lucie le félicite pour son attitude courageuse face à la belette et en profite pour dénigrer Dick Tremayne. Elle lui recommande de prendre bien soin de lui. Cooper et Harry se préparent eux aussi. On apprend que Gordon Cole ne sera pas de l’expédition : Shelley l’a conduit chez le médecin pour son problème d’audition. [31mn05] Andy, déguisé en indien, s’exerce au tir à l’arc sur des figurines de bisons. [31mn30] Ben Horne essaie de persuader Audrey qu’il a changé, qu’il reconnaît ses erreurs et que, désormais, il compte sur elle. Elle accepte la mission qu’il lui confie et s’apprête à se rendre à l’aéroport pour assister, à Seattle, à une réunion avec des écologistes, quand John Wheeler entre dans la pièce. Audrey s’en va. Ben Horne clame son désir de bonté et demande conseil à John qui lui recommande de laisser parler son cœur.
Ben, ravi, lui offre une carotte à grignoter et proclame que le monde est merveilleux sans écouter son interlocuteur lui avouer son amour pour sa fille. [36mn05] Cooper, Harry, Hawk et Andy explorent la caverne du Hibou et découvrent l’inscription aux deux symboles fusionnés. Mais un hibou hulule et s’envole perturbant leurs réflexions. Par réflexe, Andy essaie de l’atteindre avec son piolet qui se fiche sur un dessin inscrit dans la paroi, déclenchant une lueur intense. En voulant tirer son piolet, Andy descelle une pierre en forme de losange, qui ouvre sur une excavité d’où sort un cylindre de pierre marqué d’un symbole. Cooper remarque que « Les coïncidences et le destin sont inscrits dans leur vie. » Cooper, exalté, imagine que cela va les mener vers « un endroit à la fois merveilleux et étrange. » Le hibou s’envole hors de la grotte. [39mn38] Annie s’accoude au bar du Great Northern Hotel et commande un rhum. Arrive Cooper qui dicte à Diane les informations sur les dernières péripéties qu’il a vécues dans la caverne du Hibou. Mais il aperçoit Annie et s’interrompt. Il la rejoint au comptoir et lui exprime son admiration pour la façon ingénue qu’elle a de voir le monde. Il remarque, pour la deuxième fois, une cicatrice sur la face intérieure de son poignet. Cooper propose à Annie de l’aider à s’adapter au monde réel. Cette dernière lui oppose des défauts qu’il affirme reconnaître chez lui et elle finit par accepter. Heureux, Cooper lui prend la main. [42mn24] Une lueur éclaire la caverne : c’est Windom Earle qui arrive sur les lieux du pétroglyphe découvert par l’équipe de Cooper. Découvrant que le symbole est inversé par rapport à celui dans lequel le piolet d’Andy s’était fiché, il a l’idée de tourner le cylindre de pierre pour le remettre à l’endroit. Le piolet d’Andy se descelle alors et tombe sur le sol. [44mn]


Episode 26 (réalisé par Jonathan Sanger) :


Dans la caverne, l’équipe des cinq amis découvrent qu’une personne est venue devant le pétroglyphe. Hawk identifie les empreintes de chaussures comme étant les mêmes que celles relevées à la centrale électrique lors de la panne de courant : il s’agit de Windom Earle. Cooper décide de convoquer le major Briggs pour en savoir plus sur le sens du pétroglyphe. [2mn45] Dans sa tanière, au coeur de la forêt, Windom Earle donne un cours sur les deux Loges - la Blanche où règne le Bien et la Noire où les forces du mal s’épanouissent - à Leo et à un jeune homme inconnu qu’il a appâté en lui promettant de faire la fête. [5mn05] Chez lui, devant un échiquier, Pete poétise sur la beauté de Josie. Catherine entre dans la pièce et lui demande d’ouvrir la boîte noire que lui a donnée Jones, l’assistante de Heckhardt. En vain. [7mn] Bobby, au Double R Diner, essaie de convaincre Shelly de participer au Concours de Miss Twin Peaks en lui faisant miroiter un avenir de rêve si elle le gagne. Dans un coin de la salle, à table avec le maire Milford, Lana lui annonce qu’elle va participer au Concours, lui rappelle qu’il fait partie du Jury et joue de son charme pour qu’il la fasse élire Miss Twin Peaks. De retour de la caverne, Cooper entre passer commande de beignets et de café pour son équipe. Il est accueilli par Annie. Il lui propose aussitôt une balade dans la nature pour l’après-midi. Shelly, à la caisse, cite, en réponse à Bobby, deux vers du poème anonyme envoyé par Windom Earle.
Cooper, surpris, interroge Shelly qui l’informe qu’elle, Donna et Audrey, ont reçu un morceau d’un poème. Cooper le réquisitionne. [11mn35] Dans le bureau du shérif, Cooper met au courant son ami de ce poème envoyé en trois morceaux aux trois jeunes filles. Il précise que ce poème de Shelley est celui que lui-même a envoyé à Caroline, la femme de Windom Earle. Il décide de comparer l’écriture de la feuille à celle de Leo et demande donc le dossier de Leo à Hawk. Pendant ce temps, Andy complète au tableau noir le dessin du pétroglyphe avec l’aide du major Briggs. Cooper entre dans la pièce et demande à ce dernier des renseignements sur le projet « Livre Bleu ». Bien que tenu par le secret, Briggs consent à révéler quelques informations. Hawk revient avec le dossier de Leo et Cooper voit se confirmer son intuition : c’est bien Leo qui a écrit le poème envoyé par Windom Earle ! [15mn54] Au Bang Bang Bar, Richard Tremayne se prépare à animer la réunion de dégustation de vin organisée en faveur de la lutte contre le projet Ghostwood. Mais il demande à Ben Horne réparation pour la morsure de son nez par la belette des pins. ’[17mn25] Dans sa cabane, Windom Earle, muni d’une arbalète, a convaincu le jeune homme d’entrer dans une sorte de pion d’échecs géant. Puis il demande une flèche à Leo, qui essaie vainement de s’y soustraire, avec laquelle il transperce son hôte. [20mn15] Lors de la réunion préparatoire à l’élection de Miss Twin Peaks, Ben Horne s’adresse au Jury pour le convaincre d’adopter comme thème du concours la défense des forêts. Pete lui objecte l’intérêt personnel qui est le sien. Puis le Jury invite Lana à se présenter, tandis que Shelly, malgré les encouragements de Bobby et de Donna, a du mal à se décider. Arrivent Nadine et Mike, aussitôt pressé par Bobby d’expliquer comment il peut vivre avec une femme aussi mûre. Mais Mike lui révèle le secret sexuel de sa relation. Bobby en est abasourdi ! [25mn16] Windom contemple le pétroglyphe de la caverne. [25mn25] Harry interroge Catherine afin d’en savoir davantage sur Josie. D’après Catherine, Josie avait fini par penser qu’il lui suffisait d’être ce que l’on voulait qu’elle fût et pouvoir ainsi s’adapter à toutes les situations. Catherine lui montre ensuite la boîte noire apportée par Jones en se demandant si la réponse à ses questions ne se trouve pas à l’intérieur. Pete survient, prend la boîte, la laisse tomber et le choc l’ouvre. Une seconde boîte est libérée sur laquelle figurent en blanc huit phases de la lune présentées en cercle. [28mn25] Annie et Cooper, dans une barque dérivant sur le lac, échangent des propos très personnels, en forme de confession intime pour Annie (sa cicatrice signifie pour Cooper qu’elle a tenté de mettre fin à ses jours), qui se concluent par un baiser. Ils abordent à la rive près d’un kiosque, observés à la jumelle par Windom Earle. [31mn35] Dick Tremayne commence sa soirée d’œnologie, parrainée par l’entreprise Horne pour lutter contre le projet de développement Ghostwood, au cours de laquelle il initie, non sans mal, les différents participants à l’art de savoir apprécier un bon vin en commençant par la mise en bouche. [34mn25] Annie et Cooper rejoignent Gordon Cole et Shelly déjà attablés au Double R Diner.
Gordon fait ses adieux à Shelly, sa déesse, dit-il, et quémande un baiser, qu’il obtient. Mais Bobby a tout vu et s’insurge. Gordon Cole se moque de sa réaction et embrasse une seconde fois une Shelly consentante sous les yeux de Bobby ébahi. [36mn35] Au Great Northern Hotel, Dick poursuit sa démonstration en insistant, à présent, sur les différents parfums du vin. Mais sa suffisance lui attire un mauvais tour de la part de Lucy qui crache sa gorgée sur lui. [38mn] Cooper, sirotant un verre devant la cheminée de l’hôtel, est rejoint par John Wheeler qui, désabusé, exhale sa souffrance d’être amoureux. Ce que confirme Cooper en insistant sur les vertus, euphorisante et désespérante à la fois, du sentiment. Mais un télégramme interrompt leur discussion pleine de clichés sur l’amour. Après l’avoir lu, Wheeler annonce son départ immédiat au chasseur. [40mn20] Les Hayward sont à table et Donna, agressive, interroge sa mère sur sa relation avec Benjamin Horne. Son père essaie d’éluder, mais Donna veut savoir la vérité et insiste, vainement. Aussi, caustique, annonce-t-elle son intention de concourir pour l’élection de Miss Twin Peaks afin d’aller étudier à l’étranger grâce à la prime promise à la gagnante. [41mn53] En pleine nuit, Cooper rejoint Andy et Harry déjà arrivés sur les lieux où il se trouvait avec Annie quelques heures plus tôt : sur le kiosque est déposé une énorme caisse. Cooper s’avoue dépassé par le jeu de Windom. Il fait ouvrir la caisse qui révèle un énorme pion d’échecs (« le Fou ») dans lequel se trouve le cadavre du jeune immolé par Windom Earle. Une feuille accrochée sur ses vêtements menace : « La prochaine fois, ce sera quelqu’un que vous connaissez. » ! [44mn25]


Episode 27 (réalisé par Stephen Gyllenhaal) :


On apprend par un ami musicien de ce jeune homme nommé Rusty que Windom Earle les avait invités à prendre une bière chez lui, ce que Rusty avait accepté. Rusty pleure à l’idée que son ami et lui ne pourront plus faire leur concert ; Andy, en pleine compassion, se met à pleurer lui aussi. Cooper comprend que Windom Earle ne joue plus que selon ses propres règles et s’en inquiète. [4mn] Au poste de police, Lucy informe Andy qu’elle va choisir le père de son enfant dès le lendemain et qu’elle s’intéresse désormais au devenir de la planète. [5mn35] Le Dr. Hayward examine Ben Horne et le rassure sur sa santé physique tout en lui demandant de laisser sa femme Eileen tranquille. Mais Ben s’entête : il faut dire la vérité, selon lui. John Wheeler les interrompt. Will Hayward en profite pour s’éclipser. John voudrait voir Audrey avant son départ précipité causé par la mort d’un ami très proche. [8mn05] Donna consulte son acte de naissance et découvre que le nom de son père n’est pas mentionné. Elle voit par ailleurs plusieurs anciennes photos de sa mère en compagnie de Ben. Mais sa mère l’interrompt : Hawk l’appelle au téléphone. [9mn05] Hawk, précisément, intercepte Audrey qui revient de Seattle pour la conduire auprès de Cooper. Ben se désole du départ imprévu de John Wheeler qui lui confie une lettre pour Audrey. [10mn35] Au poste de police, Cooper et Harry rejoignent le major Briggs qui a passé la nuit à faire des recherches sur le dossier « Livre Bleu » et sur Windom Earle. Ce dernier était, selon lui, le meilleur enquêteur mais, lorsque ses recherches ont porté sur Twin Peaks, il a été en proie à une véritable obsession et le dossier lui a été retiré.
Cooper déduit des remarques du major Briggs que Windom Earle ne cherche pas à se venger de lui, mais à trouver la Loge Noire. Le major Briggs, invité à se reposer, se propose de faire un tour dans la forêt. Une fois encore, Windom Earle a tout entendu grâce au micro secret et se réjouit de voir les policiers dans l’erreur. Il envisage même d’aller retrouver le major et de l’interroger. Pendant ce temps, Leo dérobe l’appareil qu’utilise son bourreau pour lui envoyer des secousses électriques. [14mn40] Bobby, en conversation intime avec Shelly, reconnaît ses torts envers elle et lui déclare son amour. Shelly scelle leurs retrouvailles par un baiser. [17mn10] Wilford, le maire, annonce à Lana la composition du Jury et lui détaille la marche à suivre pour suborner Richard Tremayne de façon à faire la décision : mettre une robe fendue et se coller à lui. Lana le remercie mais conditionne une demande pressante de Wilford, qui fond en larmes, à sa réussite au concours suivi de leur mariage tout en le consolant. [18mn50] Au poste de police, Donna, Audrey et Shelly, convoquées par Cooper, lui donnent, après qu’il a reconstitué le poème en trois morceaux de Windom Earle, des informations sur leurs rencontres récentes d’inconnus : Donna avec la visite chez elle du prétendu ami de son père ; Shelley à qui on a remis dix dollars de pourboire pour un simple café le jour de la remise du poème et Audrey à qui on a lu un poème à la bibliothèque. Cooper les met en garde : elles sont en danger et doivent se rendre chez le shérif tous les jours à 9h et à 21h et être toujours accompagnées. [20mn17] Dans son antre, Windom Earle annonce à Leo que Shelly mourra si elle gagne le concours de beauté.
Leo entend protéger celle qu’il aime toujours et se révolte en utilisant l’arme à impulsion électrique contre son geôlier. Mais c’est lui qui en est la victime et il se retrouve jeté à terre par les secousses. Windom triomphe et exhale sa haine. [22mn05] Au Great Northern Hotel, John Wheeler s’en va pendant qu’Audrey arrive chez son père. Très persuasif, Ben Horne veut convaincre Audrey d’être la porte-parole du mouvement écologiste qu’il revendique. Mais ce qui intéresse Audrey est John Wheeler et Ben lui remet la lettre qui lui a été confiée en précisant que John est à l’aéroport. Audrey s’y rend sans plus tarder. Elle croise, dans le hall, Pete en train d’invoquer Josie et le requiert pour qu’il la conduise à l’aéroport. [24mn33] Harry, Cooper et Andy essaient d’interpréter le dessin du pétroglyphe en attendant le major Briggs : le symbole suggère un horaire et fait penser à un invitation ou à un message. Cooper, qui semble distrait, confie à son ami Harry combien Annie est présente en lui et le déconcentre. Brusquement, sa main est agitée d’un tremblement. [26mn10] Pendant ce temps, le major Briggs qui se hâte à travers les bois vers le poste de police voit un cheval de déguisement se présenter devant lui, une arme sort et tire une flèche qui l’atteint et l’endort : ce sont Windom Earle et Leo sous le déguisement. [27mn25] A l’aéroport, John Wheeler entre dans l’avion et ferme la porte de la cabine. [27mn35] Cooper retrouve Annie au Double R Dinner. Ils parlent d’eux et de leur amour avant d’échanger un baiser. Mais le plateau se renverse et il s’en écoule, goutte à goutte, un liquide rougeâtre, comme un mauvais présage… [29mn55] L’avion de John Wheeler roule déjà sur la piste quand la camionnette de Pete surgit. Audrey saute du véhicule et John bloque son avion. Ils s’étreignent et s’avouent leur amour. Audrey lui demande de lui faire l’amour tout de suite dans l’avion. Pete en a les larmes aux yeux. Brusquement, comme celle de Cooper, sa main se met à trembler. [31mn30] Dans sa tanière dissimulée dans la forêt, Windom Earle a adossé le major Briggs, les bras en croix, sur une cible géante fixée contre le mur. Il le menace d’une arbalète, décoche deux flèches contre lui et l’interroge sur ses connaissances concernant les peintures rupestres. Mais le major invoque le secret défense, sous les sarcasmes de son agresseur. Windom lui administre alors un sérum de vérité.
Et le major Briggs, malgré lui, donne son interprétation du pétroglyphe : « A un moment donné quand Jupiter et Saturne se rencontreront, elles vous accueilleront.. » avant de prononcer des mots incompréhensibles. Windom interrompt l’interrogatoire. [34mn30] Catherine et son frère essaient, de leur côté, de comprendre ce que signifie la boîte noire livrée par Miss Jones, l’assistante de Thomas Eckhardt. En appuyant sur les lunes dessinées et en inscrivant la date de naissance d’Eckhardt, Andrew extrait un parallélépipède en acier. [36mn20] Cooper rejoint Annie qui l’attend au Bang Bang Bar et ils se mettent à danser tendrement pendant que se prépare le concours de Miss Twin Peaks. Le maire Wilford essaie le micro. Annie confie à Cooper qu’elle va peut-être s’inscrire au concours. A peine a-t-elle prononcé ces paroles qu’une lumière intense illumine la scène cependant que le Géant apparaît à Cooper, lui faisant des signes insistants de dénégation. [39mn55] Endormi dans sa camionnette, Pete est réveillé en sursaut par le décollage d’un avion. Audrey le rejoint pour déplorer le départ de l’homme de sa vie. Pour la consoler, Pete lui propose d’aller voir un saut de truite au clair de lune. Amusée, Audrey accepte d’aller pêcher avec lui. [41mn35] Malgré les cris de Leo en crise, Windom Earle découvre, comme l’avait fait Cooper avant lui, que la carte du pétroglyphe est tout à la fois une horloge et une invitation. Mais il comprend qu’elle est aussi une carte qui mène à la Loge Noire. [42mn25] Au Bang Bang Bar, le Géant disparaît aux yeux de Cooper, qu’Annie embrasse, cependant qu’affairé au micro le maire déplore que « Quelque chose se passe mal ». [42mn35] Au cœur de la nuit, au-delà de la petite ville endormie et de son décor familier, au plus profond de la forêt, là où souffle le vent dans les arbres imposants, apparaît la vision effrayante de Bob au bord d’une béance (ou d’une flaque) creusée dans le sol, dont le fond (ou le reflet) montre une tenture rougeoyante remuant doucement, comme une invitation à entrer dans quelque monde obscur... [44mn]


Episode 28 (réalisé par Tim Hunter) :


Toujours amoureux de Shelly et conscient que son bourreau veut attenter à sa vie, Leo, trouve l’énergie, malgré ses chaînes, de prendre la clé des menottes qui attachent le major Briggs à ses côtés et de le libérer en le priant de sauver sa bien-aimée. Quand Windom Earle revient à la cabane, il constate la disparition, agite un « cadeau » pour lui. [4mn15] Au Double R Diner, Norma prépare des tartes pour la soirée de l’élection à laquelle Shelly et Annie sont candidates. Elles posent la question à Norma, membre du jury : qui choisira-t-elle ? [5mn10] Devant un feu de cheminée aux hautes flammes, Audrey dans une magnifique robe rouge voit son père la complimenter pour son intelligence. Ses bras sont chargés de livres : le Coran, le Bhagavad-Gita, le Talmud, la Bible (ancien et nouveau testaments) et le Tao-te-ching, dont la lecture intégrale lui permettront, pense-t-il, de pouvoir atteindre au Bien et à la Sagesse qu’il vise désormais. Puis il s’inquiète de l’air mélancolique d’Audrey en cherchant à la rassurer : le temps guérit tous les maux et John Wheeler a promis qu’il reviendrait. Audrey remercie son père de sa sollicitude et lui rend compte de sa mission : elle a appris que la banque de Twin Peaks qu’utilisent les Packard dans le financement du projet Ghostwood ne souhaite pas que cela se sache pour éviter d’avoir une mauvaise image auprès des défenseurs de la Nature. Ben est ravi et compte bien faire savoir leur implication dans le projet. Puis il conseille à Audrey de participer au concours Miss Twin Peaks pour se donner une image publique positive. Le thème choisi – l’environnement – et son discours ne peuvent que la mener à la victoire. [8mn45] Au poste de police, Andy ne quitte pas la carte des yeux depuis des heures. Devant Harry, Cooper résume sa pensée : Josie, pense-t-il, est morte de peur et Bob lui est apparu, comme s’il venait d’un autre espace-temps et qu’il se nourrissait de la peur de Josie.
Sans doute venait-il de la Loge Noire. Windom Earle, grâce au micro dissimulé dans le bonsaï, a tout entendu et très excité comprend que cest la peur qui fait apparaître ces créatures qui hantent les nuits. Désormais il sait où est l’entrée de la Loge Noire et quand elle s’ouvrira. Il ne lui reste plus qu’à aller retrouver sa Reine. Il se saisit d’une mallette et affirme à Leo être aussi excité que lorsqu’il a tué Caroline, sa femme adultère. Puis il fait ses adieux à Leo, un Leo qu’il punit d’avoir fait évader le major : ligoté, Leo doit tenir entre ses dents une corde à laquelle est suspendue, au-dessus de sa tête, une cage pleine de mygales ! [13mn08] Au Bang Bang Bar, les candidates en tenue de danse s’exercent en groupe à un invraisemblable ballet réglé par M. Pinkle. Les trois jurés, Norma, Dick Tremayne et Wilford, essaient de s’accorder sur les valeurs à promouvoir : la beauté et le pouvoir pour le maire, la sophistication et l’éducation pour Dick, l’originalité pour Norma. Norma annonce qu’elle va travailler son discours sur ces thèmes et les quitte. Lana rejoint les deux hommes et propose à Dick de l’accompagner à la réserve où elle l’agresse sexuellement, conformément aux conseils donnés par Wilford pour obtenir son vote. [16mn] Dans sa chambre, à 13h17, Cooper dicte à Diane ses intuitions sur la Loge Noire et le bonheur que représente pour lui l’existence d’Annie. Une Annie qui se présente précisément à lui pour qu’il l’aide à rédiger le discours pour la sauvegarde des arbres qu’elle doit faire dans six heures. Ils échangent quelques idées avant de s’intéresser à des ébats plus intimes. [19mn20] De son côté, Nadine préfère se préparer en montrant des photos de ses victoires sportives obtenues contre les hommes les plus forts physiquement. Le Dr. Jacoby essaie de lui faire comprendre que Norma et Ed entendent refaire leur vie ensemble. Nadine annonce alors qu’elle compte faire de même avec Mike. [21mn45] Dans un état second, le major Garland Briggs sort de la forêt et est pris en charge par Hawk qui, en patrouille, se trouvait dans les parages. Au poste de police, Cooper constate que le major a été drogué avec de l’halopéridol, comme Ronette et Gerard. Le major Briggs tient des propos incohérents. Cooper s’inquiète : le temps presse et Windom Earle a la chance de trouver l’accès au monde noir avant eux. [24mn30] Chez les Packard, malgré l’aide d’un étau, on essaie vainement d’ouvrir la nouvelle boîte en acier jusqu’à ce que, excédé, Andrew tire un coup de feu sur elle, ce a pour effet de la mettre en pièces. Une clé se révèle, qui est aussitôt mise à l’abri. [26mn35] Donna s’est préparée pour l’élection et interpelle ses parents, qui la félicitent pour sa tenue, sur leur mensonge à propos de Ben et de sa mère. Devant leur refus, elle décide d’aller poser la question à Ben Horne en personne. [27mn50] Au poste de police, Cooper comprend enfin que le pétroglyphe évoque la conjonction de Saturne et de Jupiter et que cette conjonction a eu lieu, c’est-à-dire que l’accès à la Loge Noire est ouvert.
Il lui reste à trouver le lieu qu’indique nécessairement le pétroglyphe. A ce moment-là, le major Briggs prononce quelques paroles : « Protégez la Reine (…) C’est la peur et l’amour qui ouvrent l’accès aux loges. » Cooper interprète aussitôt : deux loges existent, la Blanche ouverte par l’Amour et la Noire, par la peur ; quant à « la Reine », elle évoque Miss Twin Peaks ! Dans la précipitation, Andy heurte la table renversant le bonsaï qui révèle le micro dissimulé. Andy essaie vainement d’attirer l’attention de Cooper qui décide, accompagné de Harry, de se rendre sans plus attendre sur les lieux de l’élection. [30mn35] L’élection a commencé par le ballet des candidates. Puis le Dr. Hayward prend le micro et annonce le spectacle de danse : c’est Lucy qui commence. Dans les coulisses, Bobby aperçoit la Femme à la buche alors que Margaret, la Femme à la bûche, est accoudée au bar. Intrigué, il s’avance et est sauvagement frappé par cete fausse Femme à la buche qui n’est autre que Windom Earle. Pendant que cooper et Harry donnent leurs instructions, sur la scène, Lana succède à Lucy. Audrey enchaîne par son discours, alors qu’Andy est toujours à la recherche de Cooper. Un intermède musical s’ensuit. Donna en profite pour interroger Ben sur ses relations avec sa mère. Ce dernier essaie d’éluder la question mais elle finit par comprendre qu’il est son vrai père. Sur scène, Annie délivre un message écologique humaniste qu’elle relie aux valeurs indiennes sur la Nature et s’attire force applaudissements. Avant la délibération du Jury, Lucy réunit ses deux soupirants, Andy et Dick, pour leur annoncer son choix : le père de son enfant sera Andy. Dick ne semble pas affecté le moins du monde, au contraire d’un Andy épanoui. Enfin arrive le moment de la désignation de Miss Twin Peaks : Annie Blackburn est élue comme Miss Twin Peaks ! Elle est follement applaudie et chaudement félicitée. Mais Windom Earle, qui oeuvrait en coulisses, met à exécution son plan malfaisant : une panne de courant sème la confusion. Dans la panique qui s’ensuit, Nadine est assommée ; une bombe explose créant une panique dont Windom profite pour enlever Annie en la chloroformant ; Cooper constate la disparition ; Harry s’élance à la poursuite. Andy surgit auprès de Cooper pour l’informer qu’il a compris que le pétroglyphe représente une carte : il sait où est l’entrée de la Loge ! [43mn35]


Episode 29 (réalisé par David Lynch) :


Au poste de police, Andy essaie de rassurer Lucy très émue par les derniers événements. Harry signale que les recherches pour retrouver Windom Earle n’ont rien donné. Cooper, l’air grave, désigne le dessin du pétroglyphe comme réponse à leurs questions. Il le fixe et répète les mots : « Le Géant, le Nain, le Feu, Feu, marche avec moi ». Très agité, Pete surgit pour les informer du vol de sa camionnette conduite par la Femme à la bûche en direction de la forêt. Comme Pete déplore la perte de ses douze truites arc-en-ciel laissées dans son véhicule, Harry fait le rapprochement avec le cercle des douze sycomores à Glastonbury Grove. Hawk ajoute que c’est là qu’il a trouvé la serviette ensanglantée. Cooper songe alors à la tombe du Roi Arthur enterré à Glastonbury. La Femme à la bûche entre dans le bureau portant sa bûche et un flacon d’huile de vidange que son mari avait rapporté peu avant sa mort en lui expliquant qu’elle permettait d’ouvrir un passage. Ronette Pulaski, convoquée par Cooper, est terrorisée par l’odeur de l’huile que lui tend Cooper : c’est l’odeur qui régnait lors du meurtre de Laura ! [6mn03] Windom Earle arrive à Glastonbury en compagnie d’Annie qui, sentant sa dernière heure venir, se met à prier. Il la conduit jusqu’au cercle de sycomores et ils tournent tous deux autour de la flaque (ou de la béance) jusqu’à ce qu’apparaisse un lourd rideau rouge qui semble les absorber. [8mn35] Ed et Norma se regardent amoureusement pendant que le Dr. Hayward soigne Nadine et Mike blessés tous deux. Mike se tourne vers Nadine pour lui dire combien il l’aime, mais cette dernière, qui semble émerger d’un rêve, ne le reconnaît pas et veut le chasser de chez elle.
. Puis, apercevant Norma, trouve sa présence déplacée. Enfin elle s’insurge que ses tringles de rideau ne soient pas à leur place. Atterré, Ed lui demande quel âge elle a et s’entend répondre « trente cinq ans » : le doute n’est plus permis, Nadine est redevenue consciente ! [11mn10] Chez les Hayward, Donna a fait sa valise et menace de quitter la maison malgré les protestations de sa mère et de Ben. Le Dr. Hayward arrive, aussitôt suivi de Sylvia, la femme de Ben Horne, qui reproche à son mari de détruire une famille. Donna se jette dans les bras du Dr. en proclamant qu’il est son père. Ce dernier frappe Ben Horne qui heurte violemment la cheminée et tombe inanimé. Will Hayward clame son désespoir ; Donna est en pleurs. [13mn] Chez les Packard, Andrew s’empare de la clé car il a compris qu’il s’agit d’une clé de coffre et en met une autre à la place. Pete, de retour du poste de police, manifeste sa réprobation, mais Andrew n’en a cure. [13mn40] Harry et Cooper arrivent dans les bois et découvrent la camionnette abandonnée par Windom Earle. A pied, ils se rendent jusqu’au cercle des douze sycomores. En chemin, Cooper décide, à la grande surprise de Harry, d’aller seul plus avant. Il entend un hibou hululer et arrive au cercle qui entoure la flaque (la béance). Harry, qui l’a suivi de loin, le voit littéralement absorbé par un rideau rouge fondu dans les arbres. [17mn42] A l’écran, un rideau rouge habille entièrement un couloir dans lequel apparaît Cooper qui pénètre dans une pièce entièrement recouverte de velours rouge où se glisse un Nain qui se met à danser sous ses yeux et s’assied dans un fauteuil de velours bleu. Un chanteur psalmodie dans des scintillements de lumière (« Sous les sycomores/Et je te verrai/Et tu me verras/Et je te verrai/Dans les branches/Qui s’agitent/Au gré du vent/Je te verrai/Dans les arbres/Je te verrai/Sous les sycomores ») avant de s’effacer dans le rouge des tentures. [20mn] Andy rejoint Harry dans la nuit. Au petit matin, les deux hommes contemplent le cercle et la béance. Harry, accablé, constate que dix heures se sont écoulées depuis que Cooper est entré dans cet autre univers. Andy essaie de le distraire en lui proposant une solide collation. Mais Harry n’entend pas. [21mn56] A la banque, Audrey entre et demande à un très vieil employé, Dell Mibbler, d’appeler la « Gazette de Twin Peaks ». Tout en parlant, elle sort des menottes et s’enchaîne aux grilles qui protègent la chambre des coffres et insiste pour que soit prévenu le rédacteur en chef Dwayne Milford Jr. Elle tient à l’informer qu’elle entend ainsi protester contre l’aide que fournit la banque au projet Ghostwood et affirme qu’elle restera sur les lieux jusqu’à ce qu’un conseil d’administration de la banque se réunisse et réfléchisse au danger du projet. Elle se fait ensuite servir un verre d’eau par Dell Mibbler qui, très étonné, voit arriver Andrew alors qu’il le croyait mort et avait assisté à son enterrement. Andrew, accompagné de Pete, demande à aller dans la salle des coffres et découvre Audrey dont il salue la détermination. Mibbler examine la clé que lui tend Andrew et insère la clé dans un coffre. Quand Andrew l’ouvre, un mot signé de Thomas Eckhardt l’attend (« Je t’ai bien eu, Andrew. Affectueusement. ») ; une horloge se met en marche suivie d’une explosion qui dévaste les locaux de la banque. Les lunettes de Mibbler et quelques billets de banque s’envolent et retombent dans les arbres... [27mn30] Au Double R Diner, Le major Briggs et sa femme sont tout à la joie de s’être retrouvés, tout comme Bobby et Shelly, de nouveau très complices. Mais Sarah et le Dr. Jacoby se présentent au major Briggs. Sarah, violemment émue, lui transmet un message. Une voix qui n’est pas la sienne sort de sa bouche et annonce : « Je suis à la Loge Noire avec Windom Earle. » [29mn28] Dans le couloir de la Loge Noire, on entend une voix dire : « Je vous attends. » [29mn50] Dans la salle tendue de tentures rouges, le Nain et Cooper sont assis dans des fauteuils côte à côte. Le Nain s’adresse à Cooper : « Quand vous me reverrez, ce ne sera pas moi. C’est une salle d’attente. Voulez-vous du café ? Certains de vos amis sont ici. » Des pas résonnent et apparaît alors Laura Palmer souriante qui s’assied sur le fauteuil voisin du Nain et parle à Cooper : « Bonjour, agent Cooper. Je vous reverrai dans vingt-cinq ans. Mais, entre-temps… » Elle s’interrompt, fait un geste et disparaît. Puis c’est le vieux garçon de chambre qui le regarde en souriant, une tasse à la main, et s’écrie un « Allélluia » répété par le Nain, puis va servir à Cooper le café qu’il pose sur une table basse. Quand Cooper lève les yeux, le Géant se tient devant lui, s’assied dans le fauteuil occupé précédemment par Laura et prononce lui aussi quelques mots : « Une seule et même personne. » avant de disparaître à son tour. Cooper se saisit de la tasse pendant que le Nain se frotte les mains. Mais le liquide est figé. Cooper incline alors la tasse et il se met à couler un liquide épais. Le Nain s’écrit : « Oh ! Bob Oh ! Feu, marche avec moi. » Les flammes d’un brasier envahissent l’écran. Cooper se lève et marche dans l’obscurité de la salle d’attente zébrée d’éclairs de lumière, se retrouve dans le corridor, entre dans une nouvelle pièce vide, en ressort, entre dans une pièce où se trouve le Nain qui l’informe que ce n’est pas le bon chemin.
Il reprend le corridor et, dans la pièce précédente, le Nain lui annonce une amie avant de se dissimuler derrière le divan. Maddy apparaît et lui dit : « Je suis Maddy. Méfiez-vous de ma cousine.» Puis son image s’efface. Cooper retrouve le corridor et s’introduit dans une nouvelle pièce vide, celle-ci, mais le Nain apparaît, qui lui annonce un sosie : c’est Laura Palmer qui a le temps de répéter « Entre-temps... » avant de se mettre à rugir et à se transformer en furie. Cooper quitte précipitamment la salle pour entrer dans une nouvelle pièce où il s’aperçoit qu’il est blessé à l’abdomen et laisse une trace de sang derrière lui. Il revient sur ses pas en suivant la trace, titubant, entre dans une nouvelle salle et, devant un corps de femme au sol, s’exclame : « Caroline ! », mais ce qu’il voit ce sont deux corps allongés côte à côte, le sien et celui d’Annie. Une Annie qui se redresse. Il l’appelle, la cherche, avant de la trouver devant lui ; elle lui confie : « Dale. J’ai vu le visage de l’homme qui m’a tuée. C’est mon mari. » Et devant l’air interloqué de Cooper, elle demande : « Qui est Annie ? » Une voix répond : « C’est moi. » Caroline est devant Cooper : « Tu dois faire erreur, je suis en vie. » Le visage d’une Laura Palmer hurlante se substitue au précédent.
. Puis c’est celui de Windom Earle qui le remplace et qui prononce « Dale Cooper ». Annie apparaît entre eux avant de s’effacer dans le rideau rouge. Windom propose : « Si tu me donnes ton âme, je laisse la vie sauve à Annie. » Cooper accepte et Windom Earle le poignarde. Un brasier de flammes envahit l’écran. Un Bob ricanant se presse contre un Windom Earle hurlant et lui demande de se calmer, puis s’adresse à Cooper très calme en lui demandant de partir. Il ajoute que Windom a tort, qu’il ne peut lui demander son âme et qu’il va lui prendre la sienne. Une flamme jaillit de la tête de Windom. Bob ricane et hurle. Un visage de Cooper grimaçant s’associe brièvement au sien. Puis Cooper rejoint le corridor où il rencontre Leland qui lui confie : « Je n’ai tué personne. » Cooper quitte le corridor quand un autre Cooper apparaît d’où il vient, le suit, rit avec Leland et poursuit le premier Cooper dans ce qui est devenu un labyrinthe, et finit par le saisir. Au-dehors, Harry qui attend toujours, se met à appeler Cooper. Son ami gît au sol mais se redresse au son de la voix de Harry. A ses côtés, est allongée Annie, le visage ensanglanté, qui ne répond pas aux appels de Harry. [45mn10] Dans un lit, Cooper est veillé par Harry et le Dr. Hayward. Il s’éveille, mais précise qu’il ne dormait pas et demande des nouvelles d’Annie. Harry lui répond qu’elle se remet à l’hôpital, mais le regard qu’échangent le Dr. Hayward et Harry semble infirmer la bonne nouvelle. Cooper demande à se brosser les dents. Dans la salle de bain, il vide le tube dans l’évier, regarde le miroir dans lequel il voit le visage de Bob, se frappe la tête contre le miroir et éclate d’un rire démoniaque en répétant mécaniquement : « Comment va Annie ? Comment va Annie ? Comment va Annie ?… » [47mn30] 3


3. COMPLEMENTS


(1) On ne saurait trop recommander Mystères à Twin Peaks à ceux qui apprécient le cinéma de David Lynch ; ils découvriront un univers - porté par la musique si envoûtante d’Angelo Badalamenti - tout à la fois fascinant, étrange et plein d’humour, chaleureux et repoussant, dans lequel se meuvent des personnages divers, naïfs ou retors, candides ou maléfiques, en butte à la lutte du Bien contre le Mal.

(2) Devant le succès de la série, David Lynch a réalisé un film qui se situe chronologiquement avant les événements de la série. Sorti en 1992 sous le titre Twin Peaks: Fire Walk With Me [12], le film raconte les sept derniers jours de Laura Palmer et son inéluctable descente aux enfers. Pathétique, l’héroïne (interprétée par l’excellente Sheryll Lee) touchée au coeur même de sa famille par le mal, se débat vainement pour échapper à cette blessure originelle. Son calvaire est filmée sans la moindre concession : la cruauté imprégne ce film de ses couleurs dominantes rouge et noir. La séquence finale - ô combien ambiguë - est l’une des plus bouleversantes du cinéma.

(3) Actualités : ce lundi 6 octobre 2014, la chaîne américaine Showtime a diffusé une video qui évoque la programmation d’une suite de neuf nouveaux épisodes à partir de 2016. David Lynch et Mark Frost seront à la manœuvre. On notera que dans le dernier épisode diffusé le 10 juin 1991, Laura Palmer lançait une sorte d’avertissement à Dale Cooper : « Je te revois dans 25 ans. » Nous y sommes presque !!!

Hélas ! Ce dimanche 5 avril 2015, David Lynch vient de déclarer : « Chers amis de Facebook, Showtime n’a pas débranché Twin Peaks. Après un an et 4 mois de négociations, je suis parti parce que je ne pouvais pas obtenir suffisamment d’argent pour écrire l’histoire telle que je l’entendais. Ce week-end j’ai appelé les acteurs pour leur dire que je ne réaliserais pas la série. Mais Twin Peaks survivra peut-être sur Showtime. J’aime cet univers et j’aurai souhaité que les choses se passent différemment. » Faut-il désormais s’attendre à une nouvel épisode de ce feuilleton - j’y vais/j’y vais pas - plutôt indigeste ?!

David Lynch a finalement accepté de tourner non pas neuf mais dix-huit nouveaux épisodes pour la chaîne Showtime. Ce sont les comédiennes Sheryl Lee et Sheilyn Fenn qui l’ont annoncé, au cours d’une conférence de presse, le 23 mai 2015.

Ce jeudi 11 août 2015, 20 minutes relaie une information de la chaîne Showtime selon laquelle le tournage de la nouvelle troisième saison, entièrement dirigée par David Lynch, est prévue pour septembre 2015. Elle sera conçue comme un long film découpée ensuite en différents épisodes.

Ce mardi 26 avril 2016, l’hebdomadaire Le Point informe que «Twin Peaks sera diffusé en 2017 pour une ou deux saisons de 9 épisodes. David Lynch a déjà terminé le tournage et aurait filmé la série comme un long-métrage avant de définir le découpage lors de la post-production. L’intrigue, écrite par le cinéaste et son compère Mark Frost, se déroulera 25 ans après l’original. N’espérez pas plus de détails. La teneur de ce revival tant attendu reste un secret bien gardé par David Lynch.»

Ce mardi 10 janvier 2017, Le Figaro annonce une date de diffusion, pour cette Saison 3, le 21 mai 2017, à 21h00 sur la chaîne privée Showtime. Toute la saison 3, dirigée par David Lynch, durera en tout 18 heures. La communication est en marche puisqu’une vidéo montre David Lynch en train de manger un donut - hautement symbolique !


4. FICHE TECHNIQUE


  • Titre original  : Twin Peaks.
  • Création : Mark Frost et David Lynch.
  • Année : 1990.
  • Producteurs exécutifs : Mark Frost, David Lynch.
  • Producteurs : David Latt, Gregg Fienberg, Harley Peyton.
  • Coproducteurs : Robert Engels, Robert Simon.
  • Producteurs associés  : Monty Montgomery, Philip Neel.
  • Photographie : Ron Garcia, Frank Byers.
  • Musique : Angelo Badalamenti.
  • Production  : Propaganda films, Spelling Entertainment, Worldvision Enterprises Inc et Lynch/Frost Productions.
  • Réalisation  : Graeme Clifford, Caleb Deschanel, Duwayne Dunham, Uli Edel, James Foley, Mark Frost, Harley Peyton, Lesli Linka Glatter, Stephen Gyllenhaal, Tod Holland, Caleb Deschanel, Tim Hunter, Diane Keaton, Jonathan Sanger, David Lynch, Tina Rathborne.
  • Scénarios : Tricia Brock, Robert Engels, Mark Frost, Scott Frost, David Lynch, Harley Peyton, Barry Pullman, Jerry Stahl.

Distribution :

  • Laura Palmer/Madeleine « Maddy » Ferguson : Sheryl Lee.
  • Leland Palmer : Ray Wise.
  • Sarah Palmer : Grace Zabriskie.
  • Agent spécial Dale Cooper : Kyle MacLachlan.
  • Shérif Harry S. Truman : Michael Ontkean.
  • Tommy "Hawk" Hill : Michael Horse.
  • Andy Brennan : Harry Goaz.
  • Lucy Moran : Kimmy Robertson.
  • Ed Hurley : Everett McGill.
  • James Hurley : James Marshall.
  • Pete Martell : Jack Nance.
  • Catherine Packard Martell : Piper Laurie.
  • Jocelyn "Josie" Packard : Joan Chen.
  • Benjamin Horne : Richard Beymer.
  • Audrey Horne : Sherilyn Fenn.
  • Donna Hayward : Lara Flynn Boyle.
  • Dr William Hayward : Warren Frost.
  • Norma Jennings : Peggy Lipton.
  • Hank Jennings : Chris Mulkey.
  • Annie Blackburne : Heather Graham.
  • Shelly Johnson : Mädchen Amick.
  • Leo Johnson : Eric Da Re.
  • Bobby Briggs : Dana Ashbrook.
  • Le Major Briggs : Don S. Davis.
  • Jacques Renault : Walter Olkewicz.
  • Jean Renault : Michael Parks.
  • Gordon Cole : David Lynch.
  • John Justice Wheeler : Billy Zane.

Il ne s’agit que d’une liste succincte et bien d’autres personnages « habitent » l’univers si étrange de Mystères à Twin Peaks...


5. ÉDITION DVD


TF1 a proposé en 2007 l’ensemble de la série dans une édition de très bonne qualité (image, son et suppléments). Trois coffrets sont disponibles : le coffret 1 (4 Dvd) présente le Pilote (de 90 mn) et la Saison 1 (chaque épisode a une durée de 50 mn) ; le coffret 2 (4Dvd) comporte la saison 2 (épisodes 8 à 18 de 50 mn chacun) ; le coffret 3 (4dvd) propose la fin de la Saison 2 (épisodes 19 à 29 de 50 mn chacun). En 2008, TF1 a édité l’intégrale du feuilleton en un coffret Collector de 12 DVD, fusionnant en un seul coffret les trois coffrets parus en 2007.

A titre indicatif, voici le détail des épisodes :

Saison 1

Le « Pilote » de 90 minutes/ Épisode 1 (Traces to Nowhere)/ Épisode 2 (Zen, or the Skill to Catch a Killer)/ Épisode 3 (Rest in Pain)/ Épisode 4 (The One-Armed Man)/ Épisode 5 (Cooper’s Dreams)/ Épisode 6 (Realization Time)/ Épisode 7 (The Last Evening).

Saison 2

Épisode 8 (May the Giant Be with You)/ Épisode 9 (Coma)/ Épisode 10 (The Man Behind the Glass)/ Épisode 11 (Laura’s Secret Diary)/ Épisode 12 (The Orchids Curse)/ Épisode 13 (Demons)/ Épisode 14 (Lonely Souls)/ Épisode 15 (Drive with a Dead Girl)/ Épisode 16 (Arbitrary Law)/ Épisode 17 (Dispute Between Brothers)/ Épisode 18 (Masked Ball)/ Épisode 19 (The Black Widow)/ Épisode 20 (Checkmate)/ Épisode 21 (Double Play)/ Épisode 22 (Slaves and Masters)/ Épisode 23 (The Condemned Woman)/ Épisode 24 (Wounds and Scars)/ Épisode 25 (On the Wings of Love)/ Épisode 26 (Variations on Relations)/ Épisode 27 (The Path to the Black Lodge)/ Épisode 28 (Miss Twin Peaks)/ Épisode 29 (Beyond Life and Death).


6. BANDE ANNONCE




Les droits de ce document sont régis par un contrat Creative Commons

et plus précisement par le contrat Creative Commons Paternité - Partage des Conditions Initiales à l’Identique Licence France 2.0 de Creative Commons, plus connue sous le nom de "CC-BY-SA".


Droits d'auteur © Henri PHILIBERT-CAILLAT



 
Évaluation 94.55 %
Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2017-06-18 11:15:23




Découvrez nos contenus

par catégories

par mots-clés

par dates d'ajout et de modification

Index alphabétique

Partagez vos connaissances !
Pour publier durablement et librement sur Internet, contactez-nous.





/a>