Mobilier et décoration

Intérêt
Le mobilier, à l'opposé de l'immobilier, désigne ce qui est « mobile » par opposition à l'« immeuble », quelle que soit sa vocation. Le mobilier est donc assimilable à la « décoration » d'un bâtiment, au sens large, même si l'usage commun tend à dissocier les meubles proprement dits des autres objets de décoration.

Le fabricant de meubles est, au sens large, l'ébéniste. Au sens strict, un meuble massif est fabriqué par un menuisier, l'ébénisterie n'intervenant que dans le travail du placage (le premier bois employé au XVIIe siècle est l'ébène, qui donne son nom au métier) ou, plus tard, de la marqueterie.

Table des matières

1. Histoire du mobilier à travers les styles

Voir en complément Styles (mobilier)

Le meuble a vraisemblablement connu une première mutation importante en devenant un objet à caractère social, élément d'art et de décoration porteur d'un style propre qui vise en premier lieu à affirmer la position dans la société de son propriétaire : ainsi, les sièges de l'Égypte ancienne ou les trônes du Moyen-Âge sont avant tout des objets de pouvoir, qui ornent les statues de Pharaon ou les pièces de la monnaie royale.

Enfin, la notion de « confort » a amené une deuxième mutation importante du mobilier, en obligeant progressivement le créateur à concilier la dimension esthétique, décorative avec la dimension utilitaire et avec les impératifs de la production industrielle.

Au cours du temps, le mobilier a considérablement évolué : à quelques exceptions notables concernant les meubles de prestige qui remontent à la plus haute antiquité, peu de meubles antiques ou du premier Moyen Âge ont été conservés.

Durant ces deux périodes et plus généralement jusqu'à la Renaissance italienne, le mobilier fut quasiment exclusivement bas, pour répondre à des besoins essentiellement utilitaires d'assise, de stockage et de rangement. Ainsi, il se limita pendant le Moyen Âge aux coffres, faisant à la fois office d'armoire et de banc, aux tables et à quelques meubles d'assise ou sièges de prestige, voire à quelques meubles de métier, tels les billots des bouchers.

Vers la fin du Moyen Âge, les progrès techniques, comme l'assemblage à queue d'aronde et l'amélioration des outils du charpentier, permirent au mobilier d'être produit en une quantité relativement plus abondante et, dans une moindre mesure, de se répandre dans différentes couches de la société. En même temps, des distinctions s'imposèrent entre les meubles : ceux-ci se diversifièrent d'abord par leur forme et par leur fonction, puis par leur « style ». Ainsi, le premier meuble qu'on peut qualifier de moderne est le bahut, nouveau type formé à la Renaissance par la superposition ingénieuse de deux coffres offrant dans leur verticalité une façade propre à être ornée. Au XVIe siècle, également, la redécouverte de l'Antiquité grecque et romaine offrit une profusion de décors à adapter au mobilier de toute l'Europe. Les « meubles d'assise » connurent quant à eux une évolution importante au XVIIIe siècle, lorsque le ressort apparut pour répondre à de nouvelles exigences de confort.

Des « styles » permettent de différencier les meubles fabriqués depuis la Renaissance, chaque pièce réunissant les formes, les décors et – dans une moindre mesure – les techniques et les matériaux emblématiques d'une époque, indépendamment de son époque de fabrication proprement dite : on fabrique encore de nos jours des meubles « de style Louis XV ». À l'inverse, dans le vocable usuel des antiquaires, un « meuble Louis XV » désigne, au sens strict, un meuble fabriqué à l'époque de Louis XV. C'est surtout sous Napoléon III, peu après le milieu du XIXe siècle, que la notion de « style » s'est imposée, lorsque la fabrication s'est diversifiée, des meubles caractéristiques de plusieurs époques étant fabriqués simultanément en quantité importante.

Enfin, il est important de noter qu'au moins jusqu'aux années 1920 – 1930, les meubles des campagnes demeurèrent distincts des meubles des villes importantes, notamment des villes portuaires (Bordeaux, Marseille) et de la capitale : ces derniers étant souvent réalisés en matériaux plus exotiques, parfois de provenance lointaine, tandis que les meubles de province et des campagnes étaient essentiellement réalisés avec des matériaux disponibles à l'échelle régionale, voire locale.

1.1. Styles du mobilier français

Les principaux styles de meubles français sont :

  • Le style Renaissance (l'appellation est cependant habituellement réservée à la Renaissance italienne ; la Renaissance française étant représentée par le style Henri II, qui voit l'apparition de nouveaux meubles. Revisité au XIXe siècle, il est très populaire pendant le Second Empire)
  • Le style baroque (qui englobe en France les styles Louis XIII et Louis XIV)
  • Le style Régence (style de transition baroque-rococo, à ne pas confondre avec le style de mobilier anglais Regency)
  • Le style Louis XV, ou « style rocaille » (italien : rococo, populaire durant les années 1970-1980)
  • le style Transition (qui se situe entre le Louis XV et le Louis XVI caractérisé par une inspiration néo-classique)
  • Le style Louis XVI (ou néo-classicisme, en réaction contre le style rocaille)
  • Le style Directoire
  • Le style Empire (néo-classique, caractérisé par les lignes droites, l'acajou et les bois noircis et les ornements en bronze doré ; motifs antiques, égyptisants après la campagne d'Égypte)
  • Le style Restauration (en réaction contre le néo-classicisme : les formes s'arrondissent, le goût pour les tissus donne un « style bourgeois »)
  • Le style Louis Philippe (style régional, bois massifs de fruitiers ou placages)
  • Le style Napoléon III (de nombreux styles cohabitent à cette époque, imitant l'ancien : néo-gothique, néo-rococo, Boulle, etc. Le goût pour le capitonnage aboutit au « style tapissier »)
  • Le style 1900 (notamment, « néo-baroque »)
  • L'art nouveau porté par l'École de Nancy pousse la marqueterie à son apogée.
  • L'art déco tend à l'abstraction, use de formes stylisées et se prolonge durant les années 1940 en puisant son inspiration outre-atlantique)
  • Le style international, ou « style moderne » hérité des travaux du Bauhaus élabore les formes du mobilier contemporain.

2. Matériaux

Voir en complément Essences (ébénisterie)

Les matériaux utilisés pour la réalisation de meubles sont aujourd'hui très divers, même si le bois a largement dominé – et domine encore – l'histoire du meuble, loin devant la pierre, le cuir ou les métaux et alliages : verre, béton, acier, aluminium, plexiglas et autres alliages ou matières plastiques ont connu, notamment, un essor considérable au XXe siècle, parallèlement aux innovations techniques qui ont permis de les travailler aussi facilement que les autres matériaux.

Les « essences » (les différentes sortes de bois) utilisées pour la construction de meubles ont évolué dans le temps et avec les styles, certaines acquérant un caractère noble en raison de leurs propriétés (comme le noyer) ou de leur rareté (comme l'ébène), d'autres étant qualifiées de rustiques, utilisées pour fabriquer les meubles d'usage courant dans les campagnes parce qu'elles étaient abondantes sur place (comme le chêne, le pin et le sapin).

C'est au XVIIe siècle que l'utilisation d'essences rares et précieuses se développe en placage avec l'introduction de l'ébène, alors qu'auparavant les plus beaux meubles étaient massifs, réalisés en noyer ou, pour les moins prestigieux, en chêne. Sous Louis XIV, l'écaille, le cuivre ou l'étain commencent également à orner les meubles. Sous Louis XV, avec le développement de la marqueterie (motifs découpés et collés d'essences différentes), les autres essences sont abondamment utilisées pour la fonction décorative de leur teinte, parallèlement à la réalisation de meubles massifs en bois régionaux. Parmi les nouvelles essences utilisées alors, l'acajou, apparu à Bordeaux en 1730-1745, gagne la région parisienne vers la fin du XVIIIe siècle, avant de triompher dans les meubles d'Empire. Durant cette période, les applications en bronze doré ornant des bois teintés qui laissent voir leurs veines remplacent progressivement la marqueterie, déjà en déclin sous Louis XVI. En réaction, les bois de pays, c'est-à-dire les essences propres à chaque région (notamment, des arbres fruitiers comme le poirier ou le merisier) dominent par la suite dans le mobilier de la Restauration. Ce dernier s'éclaircit progressivement alors que le fer forgé fait son entrée en imitation du mobilier romain inventé à Herculanum ou à Pompéi. Sous Louis-Philippe, motifs peints, dorures et bois noircis (hêtre et poirier) ou peints (hêtre) dominent. Enfin, le capiton des meubles Napoléon III est la principale caractéristique qui les distingue de leurs prédecesseurs immédiats.

3. Vocabulaire

L'ensemble des meubles d'une pièce forment le « mobilier » de cette pièce, tandis que l'ensemble des meubles d'un bâtiment constituent l'« ameublement » de ce dernier.

  • Le verbe « meubler » désigne l'action de garnir une pièce de meubles.
  • Un mobilier réalisé sur place est un « mobilier ad hoc » comme, par exemple, des étagères maçonnées.
  • Un mobilier qui réunit des pièces de même style et de même couleur, composées des mêmes matériaux, est un « mobilier assorti ».

En archéologie, le « mobilier » désigne tout ce qui est amovible et qui a été inventé lors de la fouille d'un site. Par extension, l'expression « mobilier urbain » désigne l'ensemble des équipements amovibles implantés sur les voies et dans les espaces publics, tels que bancs, lampadaires, etc.

4. Articles liés

5. Bibliographie et liens

  • Ernst Rettelbusch, Les styles du mobilier, Éditions Eyrolles, Paris, 2000 (ISBN 2212026730)

Copyright © F. Philibert-Caillat. Thème:Ébénisterie



Sujets Licence GFDL · Article incomplet
Catégorie (1) Mobilier et accessoires 
 
Mots-clef styles 
Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2010-06-03 16:41:49




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