Minority Report de Spielberg

Intérêt
Avec Minority Report, Spielberg utilise l’œuvre de Philip K. Dick, comme il l’avait déjà fait pour A.I. Intelligence artificielle. Le film qu’il propose est stimulant non seulement par les thèmes abordés, mais aussi par la création d’un univers de science-fiction réaliste.


Table des matières

1. Analyse


Spielberg nous gratifie d’une saisissante séquence initiale nous faisant passer sans transition des images projetées sur l’écran des policiers par les Précogs à la scène réelle vécue par les protagonistes du crime en train de se perpétrer et à l’intervention violente du service de John Anderton. On l’aura compris, Spielberg pose d’emblée le problème des rapports entre image de la réalité et réalité, entre réel et illusion, entre réel et cinéma.

Au-delà de la réflexion artistique, le film interroge notre futur : le souci sécuritaire exacerbé à des fins d’efficacité tel qu’il est montré dans le film ne remet-il pas en cause le droit à la liberté et le sens de la justice ? Est-il légitime de considérer comme criminel celui qui n’est pas encore passé à l’acte ? La prévention de la délinquance ne suscite-t-elle pas des risques évidents de manipulation ?

En effet, tôt dans le film, l’inspecteur Anderton découvre qu’il est le prochain tueur présumé et, retournement total du scénario, c’est le chasseur qui se retrouve alors pris en chasse par ses propres coéquipiers !

Outre un récit toujours imprévu et haletant, Spielberg emporte l’adhésion de tout amateur du genre en proposant des décors de science-fiction véritablement insolites et inventifs – et très plausibles - qui piquent la curiosité et suscitent l’admiration.

Il affiche par ailleurs dans la mise en scène une technique insolente d’aisance et de talent : il suffit d’évoquer la scène du Centre commercial (et la suite immédiate dans la rue) où, insistant sur ce thème des rapports entre réel et illusion, il nous propose deux plans qui succèdent aux plans précédents rigoureusement identiques, à deux détails près (un marchand de ballons interfère dans le magasin puis un parapluie se déploie) qui « effacent », le temps d’un regard, Anderton et Agatha, aux yeux de leur poursuivants et permettent leur fuite. Du très grand art !

Il faut préciser enfin que la démarche commune de John Anderton et Agatha les conduit dans leur passé – thème récurrent chez Spielberg - dont ils sont les victimes. S’épaulant l’un l’autre pour mieux le comprendre, ils en tireront la force de vivre. Spielberg ira même jusqu’à fusionner ses deux personnages en une scène saisissante, sans doute symbolique : ne faut-il pas voir une signification autobiographique dans cette parfaite union entre celui qui réalise (Anderton/Spielberg) et celle qui voit clair (Agatha/Spielberg), allusion au renouveau évident de Spielberg (alliant désormais réalisation et inspiration), qui lui fait enchaîner de grands films depuis Il faut sauver le soldat Ryan et A.I. Intelligence artificielle [1] ? En définitive, Spielberg signe un film de grande qualité qui satisfait avec bonheur à la fois notre goût du spectacle et notre besoin de réflexion grâce à une mise en scène inventive et d’une rare richesse visuelle.


2. Synopsis


En 2054, la ville de Washington a développé un nouveau service sécuritaire, «Précrime», particulièrement efficace puisque, depuis six années, aucun homicide n’a été constaté. Il s’agit d’utiliser les dons d’êtres mutants, les Précogs, immergés dans une sorte d’aquarium, qui sont capables d’anticiper de futurs meurtres et d’en vivre le déroulement comme s’ils en étaient les protagonistes. Leurs visions, recueillies sur écran, doivent être interprétées par l’inspecteur John Anderton, ce qui lui permet d’intervenir immédiatement sur les lieux des événements avant même qu’ils ne soient commis.

Au retour de l’une de ses missions, Anderton s’aperçoit qu’il est enregistré comme devant être l’un des prochains criminels. Il décide de disparaître et d’enquêter sur le mode de fonctionnement de Précrime afin de se disculper. Aidé de Agatha, une Précog, l’inspecteur déchu va démonter, au prix de nombreuses mésaventures, le complot ourdi contre lui : c’est le début de découvertes inattendues…



3. Fiche technique


  • Réalisation : Steven Spielberg.
  • Année : 2002.
  • Scénario : Jon Cohen, Scott Frank, d’après une nouvelle de Philip K Dick.
  • Directeur de la photographie : Janusz Kaminski.
  • Musique : John Williams.
  • Production : Twentieth Century Fox / Dreamworks Pictures.
  • Distribution : UFD.
  • Durée : 145 minutes.

Distribution :

  • L’agent John Anderton : Tom Cruise.
  • Lara Anderton : Kathryn Morris.
  • Ed Witwer : Colin Farrell.
  • Agatha : Samantha Morton.
  • Lamar Burgess : Max von Sydow.
  • Eye Surgeon : Peter Stormare.
  • Pre-Crime : PSA Blake Bashoff.
  • Sean Anderton : Spencer Treat Clark.
  • Donald Doobin : Joel Gretsch.
  • Jad : Steve Harris.
  • Knott : Patrick Kilpatrick.
  • Un passager du bus : Cameron Crowe.
  • Passagère dans le métro : Cameron Diaz.
  • Un technicien : Eugene Osment.
  • Evanna : Jessica Capshaw.
  • Gideon Tim : Blake Nelson.
  • Leo Crow : Mike Binder.
  • Dr Iris Hineman : Lois Smith.
  • Hotel Clerk : William Mapother.
  • Wally : Daniel London.




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Droits d'auteur © Henri PHILIBERT-CAILLAT


4. Bande annonce





 
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