Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper

Intérêt
Interdit de diffusion en France pendant près de six années, alors qu’il avait reçu le Prix de la Critique du Film Fantastique à Avoriaz en 1976 et la Palme d’Or au Festival Fantastique d’Anvers, Massacre à la tronçonneuse s’inspire ouvertement du Psychose de Hitchcock pour pousser l’horreur dans ses extrémités. Mais, comme son illustre devancier, Tobe Hooper nous propose, à travers ce film dérangeant, un regard particulièrement décapant sur l’être humain et la vie.


Table des matières

1. Analyse


De Psychose à Massacre à la tronçonneuse


Ce film de Tobe Hooper s’inspire ouvertement du chef-d’œuvre de Hitchcock, Psychose [1], qui est considéré comme le premier film d’horreur - bien que sa richesse thématique lui fasse déborder ce seul qualificatif. Le premier point commun entre les deux œuvres est la référence à l’histoire vraie de Ed Gein - personnage très particulier de l’Amérique des années cinquante - qui tuait, pillait les tombes, était nécrophage et amateur en ossements humains. Par ailleurs, de même qu’un Hitchcock, à travers l’histoire de Norman Bates le psychopathe, montre en fait comment l’être humain, tout à la satisfaction de ses désirs, construit sa propre prison, reflet de la condition humaine ; de même, Hooper se sert de l’histoire du cannibale Leatherface pour jeter un regard décapant sur le mystère de la vie et la prétention humaine à se considérer comme une exception dans la chaîne du vivant.

Les références (clins d’œil ?) au film-source sont en effet multiples dans Massacre à la tronçonneuse et on y retrouve de nombreuses traces : une même maison surélevée où gît une horreur voisine ; un escalier identique qui conduit à l’innommable ; une momie pareille à celle de la mère de Norman et pareillement éclairée par une lampe oscillante ; un travelling avant filmant Pam s’avançant vers la maison des cannibales semblable à celui montrant, dans Psychose [2], Lila Crane s’approchant de la demeure des Bates ; un œil de jeune femme grand ouvert sur le néant filmé en très gros plan dans les deux films, etc. Ce rapprochement n’est pas fortuit et l’on pourrait situer le point de jonction des deux films à la surimpression finale du crâne de la mort sur le visage de Norman Bates dans Psychose [3]. Ce plan conclut en effet le propos de Hitchcock et ouvre celui de Hooper : il peut signifier que la vie bien concrète s’efface au profit d’une mort qui, jusque-là virtuelle, se matérialise enfin. Dans une parfaite symétrie révélatrice, ce Janus allégorique narquois nous affirme in fine que la vie est illusion - vie et mort se substituant l’une à l’autre. Si Psychose [4] s’achève bien dans le sentiment douloureux du néant, Massacre à la tronçonneuse se propose d’explorer ce double (vie et mort) visage de la surimpression finale dans les rapports qui les relient.

Une initiation au règne de la mort

Pourtant, au-delà de cette indéniable filiation que Hooper revendique ostensiblement, les deux films se démarquent sensiblement. C'est ainsi que le momie n'est plus dans la cave, mais se trouve au grenier ; elle n'est plus montrée seule, mais veillée par un vieillard quasi cadavérique ; surtout, n'intervenant pas dans la signification du récit, elle n'est que l'un des signes horrifiques qui parsèment le film.

Bref, le propos de Hooper est autre et expose un point de vue rarement traité au cinéma, tout au moins sous cette forme de film d’horreur. On peut isoler deux séquences successives qui ouvrent le film : l’image fixe d’un tatou renversé, mort, sur le macadam ; le plan d’un Franklin jeté à bas de son fauteuil roulant, au moment où il satisfait un besoin naturel pressant, par le souffle violent d’un camion qui passe à vive allure. Le double sens métaphorique s’impose de lui-même : l’annonce ainsi proclamée du règne de la Mort (le tatou) et le bouleversement brutal que les événements vont faire subir aux jeunes gens (la chute de l’infirme). D’autant plus que d’autres signes prémonitoires s’accumulent comme autant d’avertissements : les dialogues entre les jeunes gens évoquent l’horoscope, les astres, et insistent sur la présence de Saturne (1) ; l’auto stoppeur fait couler le sang de Franklin suscitant une première peur chez les cinq amis ; surtout, il laisse une marque rouge sur la carrosserie du van, qui fait penser à celle qui marque les bœufs élevés pour l’abattage.

Ce voyage d’adolescents vers le cimetière répond à une curiosité, c’est-à-dire à un besoin de savoir (la tombe du grand-père a-t-elle été profanée ?) auquel le film doit apporter une réponse. Il s’apparente donc à un parcours initiatique qui va leur servir d’apprentissage et leur révéler le monde réel, bien différent du monde factice, que leur jeune âge et leur inexpérience les a jusqu’alors condamnés à prendre pour le vrai (2). Une voix off - celle de la radio du van - informe qu’un cimetière a été profané et que des cadavres ont été exhumés, mais précise aussitôt que les autorités enquêtent : un parfait exemple de discours officiel rassurant (mais factice) que l’on tient aux enfants, ou, en l’occurrence, aux adolescents et qui se trouve bien éloigné de la réalité qui les attend. Hooper, quant à lui, développe un discours autrement plus convaincant ! Car ce qu’ils découvrent, à leur arrivée au cimetière, est un abominable totem en forme d’épouvantail, fait de cadavres aux chairs décomposés - une exhumation, ô combien symbolique, pour faire sortir la vérité de la gangue qui la recouvre. Ce tableau macabre complaisamment filmé en un plan saisissant, qui semble tout droit surgi du poème de Villon, La ballade des pendus, exprime la vérité du monde : la vie ne peut (ne doit ?) se séparer de la mort et l’univers est une immense matière de vie et de mort en gestation. Le cimetière ordonné, aux tombes bien rangées, est une mascarade qui vise à tranquilliser et camoufle - vainement - la vérité ainsi annoncée de la Mort. Prétendre honorer « Les morts, les pauvres morts [qui] ont de grandes douleurs.» (Baudelaire) - que nous serons tous un jour - en les cachant sous terre, puis en en fleurissant le lieu, revient à les abandonner car leur vie se poursuit en une métamorphose continue que l’on se refuse à considérer autrement qu’avec dégoût et horreur. (3)

Une leçon de choses : « Tout n’est que matière »

Tobe Hooper nous guide ainsi du simple constat de la mort à une véritable investigation sur la vie après la mort : le fil conducteur du récit initiatique mène du tatou renversé sur le macadam aux cadavres exhibés ; puis, aux momies et, enfin, à l’ossuaire issu du cannibalisme et utilisé à des fins domestiques. Ces objets décoratifs (1) d’un nouveau type - vision échappée de quelque charnier de camp de concentration du XX° siècle (en un principe de réalité justement rappelé par Hooper) - sont intégrés au foyer familial, c’est-à-dire réintroduits dans la vie, non chassés de la vie. C’est là tout le propos de Norman Bates (Psychose [5]) qui veille sur sa mère momifiée, et c’est aussi celui d’un François Truffaut dans son étonnant et dérangeant film La Chambre verte (1978) au cours duquel il nous montre un homme qui voue un véritable culte à ses morts, crée un univers qui leur est dédié et revendique de le faire vivre.

Mais cette vie après la mort n’est pas, pour Hooper, de celles que nous promettent les religions : elle n’est pas spirituelle, mais uniquement matérielle, comme l’enseigne le film. De fil en aiguille, par les méandres d’événements imprévus, l’initiation des jeunes héros se poursuit – ainsi que celle du spectateur. (4) Comme dans tout conte pour enfant - adolescent - cauchemardesque, ils vont être amenés à découvrir le croquemitaine de leur enfance. Les premières victimes sont ceux qui s’aventurent dans la maison : l’un, qui pénètre dans l’antre des ogres, est aussitôt assommé, tandis que son amie partie à sa recherche est suspendue à un croc de boucher avant d’assister, dans les affres de la douleur et de la terreur, au dépeçage de son ami tronçonné vivant. Nous comprendrons même ultérieurement qu’elle a été enfermée agonisante dans un coffre. Peu après, Franklin est découpé, dans son fauteuil même, sous les yeux de sa sœur. La suite du film nous plonge dans l’épouvante d’une course-poursuite rendue particulièrement terrifiante par la longueur de la séquence, au cœur d’une nuit sombre, dans un décor de sous-bois isolés qui freinent et enserrent, se referment tels des tunnels, et par une réalisation qui multiplie les effets de travellings avant et arrière qui rapprochent, ou éloignent pour mieux rapprocher ensuite, bourreau et victime, le tout amplifié encore grâce à une caméra portée à l’épaule et une image 16 millimètres glauque et floue à souhait sur un fond apocalyptique de hurlements et de musique survoltée faite de bruits et de sons primaires cacophoniques.

Le clou de la poursuite - et du film - est l’intrusion de Sally, portée par l’espoir de trouver du secours, dans l’antre même de l’horreur où se déroule alors la mise en Cène sacrilège d’un épouvantable repas familial (voire dominical ?) présidé par une Trinité (le Grand-père, le Père, et le Fils auto-stoppeur) élargie au (mal)Saint d’Esprit (Leatherface), en une parodie inversée du mystère de la Communion : le Christ offrait son corps à travers le symbole de l’hostie alors que dans cet antre de l’horreur, c’est du corps d’autrui dont on se repaît !

Hooper complète ainsi son propos : la matière vivante, pour exister, a besoin de se nourrir d'une autre matière, quelle qu'elle soit, de quelque origine qu'elle soit, et la chair humaine a l'avantage de la proximité dans la mesure où elle est disponible et renouvelable. Toute référence aux valeurs spirituelles et morales est hors de propos : la matière transforme la matière et la vie se nourrit de la mort en un cycle sans fin que suggère avec force le film par les plans récurrents de figures circulaires (les disques de la lune ou du soleil, les cercles des phares, de la torche et la roue de l’éolienne, et, surtout, le mouvement en boucle de la danse finale de Leatherface faisant tournoyer sa tronçonneuse, dans l'ivresse de sa folie, en une sorte d'hommage barbare au jour naissant, à la Vie qui succède à la Mort, avant que les ténèbres du crépuscule ne succèdent ensuite au jour) qui s'intercalent au cœur même du récit en un rappel obsédant. Ces signes circulaires peuvent aussi signifier, à n’en pas douter, l’éternel retour de l’animalité inscrite dans le cerveau reptilien de l’homme et toujours prête à ressurgir pour écailler le vernis fragile de la civilisation.

On peut par ailleurs remarquer que les personnages du film sont, très tôt, réduits à un orifice - la bouche - qui hurle la terreur ou engloutit de la matière, c’est-à-dire qui insiste sur les fonctions purement animales (exprimer les pulsions de peur ou l’acte de se nourrir) au détriment de la fonction humaine de la communication par le langage. La bande-son multiplie les bruits d’animaux dès qu’il est question de la famille des cannibales et Leatherface, à sa première apparition, est doublé par le grognement d’un cochon. Le film illustre visuellement la célèbre phrase de Lavoisier : «Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.»

Une vérité éprouvante

Le visage torturé, déformé, méconnaissable de Sally à l’issue de son voyage vers la vérité interpelle le spectateur : est-il prêt à accepter sans dommage le propos de ce film-métaphore ? L’initiation subie par Sally s’imprime sur son visage dé-figuré qui devient le lieu même de la terrible vérité, tel un masque indélébile. Un masque réplique inversé de celui du « Leatherface à la tronçonneuse » : savoir a pour corollaire d’effacer l’apparence et de faire surgir ce qui est sous-jacent et souterrain pour le mettre en pleine lumière ; ce qui ne va pas sans risque évident de folie. Saturne a bien perverti et inversé les valeurs reconnues en proclamant la triple vérité de la Mort sur celle de la Vie, du triomphe de la Matière sur celle de l’Esprit et de l’animalité sur celle de l’humanité : l’être humain ainsi rabaissé à sa simple animalité - thème déjà exploré par le roman de Pierre Boulle (La planète des singes[6], 1963) et le film de Frank J. Schaffner qui en est inspiré (La Planète des singes[7] , 1968) - retrouve sa juste place dans la chaîne du vivant.

Au dénouement du film, dans le paroxysme d’une nuit d’horreur cauchemardesque, alors que le jour se lève sur une aube symboliquement rougeoyante, un camion providentiel a beau délivrer et emporter une Sally désormais initiée et secouée d’un rire hystérique et fou, il ne lui rendra pas pour autant ses illusions d’adolescente. Massacre à la tronçonneuse devient alors la métaphore de toute existence traversée, un jour ou l’autre, par les prédateurs de la vie et les fossoyeurs d’illusions, en même temps qu’une allégorie d’un monde moderne tout entier voué à une consommation qui engloutit l’être humain dans le matérialisme ; celle, enfin, d’un univers cannibale qui s’auto-dévore.

NOTES :

(1) Les saturnales célébrées à Rome en l’honneur de Saturne - considéré comme un dieu infernal - vers le solstice d’hiver donnaient lieu à de grandes fêtes au cours desquelles l’ordre des choses était inversé (par exemple, les esclaves prenaient la place des maîtres) De même, le film renverse les certitudes des jeunes gens – et, peut-être, celles des spectateurs. Par ailleurs, toujours à Rome, on suspendait des figurines aux sanctuaires des carrefours et au seuil des maisons qui avaient été nettoyées et purifiées : or, le film multiplie les plans d’objets suspendus (objets hétéroclites à l’extérieur, ossements en tous genres dans la maison, etc.) comme autant de talismans…

(2) On rappellera, à propos des inquiétudes de Franklin concernant les différents horoscopes évoqués par Pam (« Sally, tu y as cru, toi, à tout ce qu’a dit Pam sur Saturne et la rétrogradation ? »), la réponse marquée au coin du bon sens que lui fait Sally: « Tout a une signification. » Précisément, les jeunes gens ont-ils su interpréter les nombreux signes qui jalonnaient leur route comme autant de mises en garde sur la face obscure du monde et sur la nécessité de rebrousser chemin ? Que l’on songe au souffle qui renverse le fauteuil de Franklin, à l’ivrogne retourné dos contre le sol qui assure « qu’il a vu des choses. », à l’odeur pestilentielle des anciens abattoirs, à la marque sanglante tracée sur le van qui inquiète pourtant Franklin, à l’inscription « worms fishing/ vers pour la pêche » sur la porte de la station-service, ou encore à l’avertissement du gérant qui les accueille (« N’allez pas jouer dans les maisons abandonnées. ») ! Ces signes « cailloux » semés par la vie, aucun « petit Poucet » dans ce film-conte pour adolescent ne sait les « ramasser » pour retrouver le bon chemin et éviter les pièges de la forêt…

(3) Le devenir des cadavres n’est pas posé dans nos sociétés. Nos morts sont inhumés ou incinérés, et leurs tombes fleuries. Mais l’entité physique qu’ils représentent n’est pas évoquée. Pourtant, certains peuples (par exemple, les Toradjas dans l’île de Sulawesi, en Indonésie, qui gardent les cadavres un certain temps dans leur maison même) se préoccupent de ce devenir. Les morts peuvent alors être exhumés après quelques années, leurs os nettoyés et déposés dans un nouvel endroit plus près ou plus loin des vivants.

(4) D’autres signes visuels parsèment le film, qui s’adressent, cette fois, au spectateur pour l’introduire au monde noir de Saturne et de la folie des instincts débridés. On a déjà évoqué le plan du tatou renversé. Il faut lui ajouter celui – prémonitoire - qui associe du bétail présenté au premier plan et le van à l’arrière plan : le premier plan ne contamine-t-il pas l’arrière-plan faisant percevoir au spectateur le véhicule comme une bétaillère et les cinq jeunes gens comme de futurs animaux de boucherie ? Enfin, on citera la séquence - image surréaliste - où l’on découvre une poule suspendue au plafond dans une cage à… oiseaux !


2. Synopsis détaillé


Un texte s’incrit à l’écran : « Le film que vous allez voir raconte la tragédie dont cinq jeunes furent les victimes. En particulier Sally Hardesty et son frère handicapé, Franklin. Leur jeunesse rend ce récit encore plus tragique. Mais eurent-ils vécu de très longues vies, jamais ils n’auraient imaginé être un jour les témoins de la macabre démence qui sévit ce jour-là. Une paisible promenade estivale allait virer au cauchemar et l’Amérique allait découvrir le crime le plus étrange de son histoire : le massacre à la tronçonneuse.» Puis une date : 18 août 1973.

Des photos prises au flash dans la nuit révèlent des gros plans sur des cadavres qui ont été exhumés après le pillage de tombes dans un cimetière de la petite ville de Nute (comté de Muerto) au Texas. Pendant qu’une voix, à la radio, annonce ces événements, la caméra, par un lent travelling arrière et en contre-plongée, révèle un monument-trophée macabre fait d’un cadavre d’adulte en décomposition tenant dans ses bras un enfant également en décomposition, assis (ou empalé ?) sur un monument. Un second corps, toujours selon la radio, aurait été exhumé et une dizaine de tombes vides recensées. Des morceaux de corps ont parfois été détachés des cadavres. Ces exactions ne semblent pas récentes. Des habitants se sont rendus au cimetière, craignant pour leurs morts. Les familles ont été prévenues et, selon le shérif Maldonato, l’enquête est en cours, mais aucun suspect n’a été arrêté. [4ème mn]

Puis défile le générique.

Une lune pleine s’inscrit dans la nuit noire, immédiatement suivie par un fondu enchaîné de l’image diurne d’un tatou renversé sur le macadam, mort. Lui succède un van transportant cinq jeunes gens s’arrêtant au bord de la route, dont s’extrait un jeune homme qui fait descendre Franklin, un handicapé cloué dans son fauteuil, pour qu’il puisse uriner dans une boîte. Mais un camion semi remorque passe à si vive allure que l’effet de souffle jette à bas le jeune homme et projette le fauteuil en bas du talus, renversant au sol son propriétaire. Mais il y a plus de peur que de mal et le van poursuit sa route, cependant que Franklin se plaint de la chaleur accablante. Pam, assise à côté du conducteur, lit sa revue American Astrology, et signale à tous, inquiète, que « la rétrogradation de la planète Saturne » amplifiera le phénomène maléfique prévu dans le zodiaque. [8ème mn] Puis le van fait halte devant le cimetière ; Sally, l’autre jeune fille, demande où se trouve la tombe de son grand-père et apprend qu’elle n’a pas été profanée. Le van reprend alors sa route et, peu après, les passagers sont dérangés par une odeur pestilentielle provenant des anciens abattoirs. Franklin en profite pour relater la façon barbare employée naguère pour tuer le bétail et insiste sur le progrès que représente le fusil à air comprimé. Le van s’arrête ensuite pour prendre un auto-stoppeur. [11ème mn]

Deux membres de sa famille travaillent à l’abattoir et il y a travaillé lui-même. Il préfère la bonne vieille méthode de l’abattage à coup de masse et explique comment on fabrique le fromage de tête en utilisant tout : langue, joues, muscles, ligaments, etc. Il leur montre même des photos. Brusquement il s’empare du couteau de Franklin et se coupe profondément la paume de la main faisant couler le sang. Tout en riant, il exhibe un rasoir ; puis photographie Franklin et exige d’être payé deux dollars. Devant le refus des jeunes gens, il met le feu à la photo et entaille le poignet de Franklin avec son rasoir, avant de sauter du van et d’en accompagner la course en essuyant sa main sanglante sur la carrosserie. [18ème mn] Pendant que Sally soigne Franklin, Pam reprend sa lecture et propose l’horoscope de Franklin ( « Des gens pénibles autour de vous pourraient perturber la journée. ») et celui de Sally (« Saturne domine les Capricorne. Il est parfois difficile de croire à ce qui arrive. »), tous deux peu réjouissants.

Le van s’arrête à une station-service où l’employé au lavage regarde fixement le disque parfaitement rond du soleil. Le patron avertit qu’il n’a plus d’essence et conseille aux jeunes gens, qui demandent où se trouve la maison des Franklin, de ne pas s’amuser dans les maisons abandonnées. Il en profite pour vanter la qualité de ses grillades. Franklin se met à creuser la portière à l’aide de son couteau : il semble fasciné par le geste de l’auto-stoppeur fou et le sang laissé sur son couteau. [23ème mn]

Ils finissent par trouver la maison recherchée. Franklin est obsédé par les traces en forme de signe obscur laissées par l’auto-stoppeur et a du mal à se résoudre à l’effacer pendant que Sally présente la maison de son grand-père aux trois autres. Pam et Kirk souhaitent aller se baigner et Franklin leur indique un sentier à suivre. Il découvre, à l’une des entrées de la bâtisse familiale, assemblés au sol et suspendus à l’auvent, des sortes de trophées dont l’un rappelle le signe sanglant dessiné sur le van. [30mn50]

Pam et Kirk ne trouvent pas l’eau promise, mais entendent un bruit de moteur et Kirk pense qu’il pourra acheter de l’essence pour le van. Ils se dirigent vers l’habitation. Sur un arbre proche, qui ombrage une tente éventrée, pendent des ustensiles domestiques hétéroclites. Un cimetière de voitures jouxte la maison auprès de laquelle fonctionne un générateur d’électricité. Kirk découvre une dent sur le porche d’entrée. Effrayée, Pam propose de partir, puis s’installe, mécontente du refus de Kirk, sur une balancelle pendant que son ami entre dans la maison à la recherche d’un occupant. Il y découvre, au fond d’une pièce ouverte, un mur tapissé de crânes et d’os divers et entend des grognements de cochon. Il s’avance et voit surgir un boucher affublé d’un masque de cuir imitant un visage humain qui l’assomme à coups de masse. Pam, inquiète de ne pas voir réapparaître son ami, entre à son tour dans la maison pour se retrouver dans une pièce où gisent au sol et pendent du plafond des dizaines d’ossements divers. Elle vomit et se rue vers la sortie mais est empoignée sur le pas de la porte par le boucher qui l’embroche à un croc et, sous ses yeux, se met à tronçonner le corps de Kirk. [40mn30]

De leur côté, Jerry et Sally essaient vainement d’apaiser les craintes de Franklin, encore sous le coup de l’incident et obsédé par la trace sanglante sur le van, à propos d’une éventuelle vengeance de l’auto-stoppeur à son encontre. Il demande même à Sally de lui retrouver son couteau. Jerry décide de se rendre à la crique pour se joindre à Pam et Kirk. Il arrive à son tour devant la maison, signale sa présence, puis finit par entrer. Il s’aventure plus avant et entend des chocs provenant d’une sorte de vaste coffre fermé ; il l’ouvre et découvre Pam ensanglantée : à ce moment-là, surgît le boucher qui le frappe à coups de masse avant de repousser Pam, qui essayait d’en sortir, dans le coffre. Puis le monstre va s’asseoir dans la pièce ossuaire. [47mn25]

La nuit est venue et Sally actionne le klaxon pour signaler leur présence à ses amis toujours attendus, cependant que Franklin redoute qu’ils ne se soient perdus. Ils les appellent et klaxonnent encore. Puis Sally décide de partir à leur recherche, mais Franklin insiste pour l’accompagner. Sally pousse alors le fauteuil devant elle et ils avancent avec peine dans l’obscurité hostile de la nuit, lorsque, dans le halo blafard de la torche, jaillit le boucher fou armé de sa tronçonneuse qui se met à découper Franklin cloué sur son fauteuil dans les hurlements hystériques de Sally. [53ème mn] Elle s’enfuit en criant son horreur, bientôt poursuivie par Leatherface, dans le vacarme incessant de la tronçonneuse, accrochée par les buissons, talonnée de plus en plus près par le boucher fou, jusqu’à la maison de l’horreur où elle entre croyant trouver du secours. [55ème mn]

Elle se précipite dans l’escalier et entre dans une pièce où sont assises deux personnes dans de grands fauteuils : ce sont, en fait, une vieille femme momifiée et un vieillard quasi mourant ! Toujours hurlant, elle reprend sa course et, pour échapper à Leatherface entré derrière elle, elle saute par la fenêtre et s’enfuit une nouvelle fois, au cœur de la nuit, dans le vrombissement survolté de la tronçonneuse, jusqu’à un vaste bâtisse : une porte s’ouvre et un homme la fait entrer. Elle essaie de raconter ce qui s’est passé ; il la rassure et lui explique qu’il va la conduire chez lui. Pendant qu’il quitte la pièce pour aller chercher son camion, Sally, hors d’elle, essaie de reprendre ses esprits en sanglotant. Elle entend à la radio le journaliste faire le point sur les exactions commises au cimetière et détailler par le menu le saccage auquel se sont livrés les profanateurs (« Une dizaine de cercueils pillés, corps démantelés, têtes, pieds ou bras arrachés. (…) Le shérif Maldonato pense à un bande organisée de pilleurs de bijoux. Mais il ne s’explique pas la disparition de certains cadavres. ») cependant que son regard s’attarde sur l’âtre de la cheminée dans laquelle pendent une vingtaine de saucisses à la cuisson. [60ème mn] L’homme revient avec son camion. Mais il en sort avec un sac et une corde. Sally a beau se débattre et lutter, rien n’y fait, il la roue de coups et lui enferme la tête dans le sac. En route vers on ne sait où, il lui parle pour essayer de la calmer tout en ricanant. [65ème mn]

Approchant du lieu où ont été massacrés les compagnons de Sally, il rencontre sur le chemin l’auto-stoppeur. Il arrête son camion pour le bousculer et le frapper en lui reprochant d’être allé au cimetière, d’avoir failli être pris et d’avoir laissé son frère seul à s’occuper des autres jeunes gens. Une fois arrivé à la ferme familiale, il admoneste le boucher pour avoir tronçonné la porte et lui demande ce qu’il a fait des autres jeunes gens, pendant que son autre fils attache Sally bâillonnée sur un fauteuil et lui enlève le sac de la tête. Le père commande à son fils l’auto-stoppeur d’aller chercher le grand-père qui doit participer au repas. On l’installe à côté de Sally dont on entaille le doigt pour qu’il en suce le sang. Elle s’évanouit. Quand elle revient à elle, elle est à table en compagnie du grand-père, du père et de ses deux fils qui prennent leur repas. [72ème mn] Elle a beau implorer ses bourreaux, ils sont inflexibles et l’auto-stoppeur propose de laisser faire le grand-père, l’un des meilleurs abatteurs de bétail. Elle est arrachée de son fauteuil et livrée, dans les hurlements, au marteau du grand-père, trop faible, malgré l’aide de son petit-fils, pour l’atteindre. A force de se débattre, elle parvient à échapper à ses bourreaux et saute par la fenêtre. [79ème mn]

Elle s’enfuit dans le jour naissant, poursuivie, cette fois, à la fois par l’auto-stoppeur et par Leatherface. Arrivée sur une route et au moment où elle va être rejointe, surgit un semi remorque qui ne peut éviter l’auto-stoppeur qu’il écrase. Leatherface, fou de rage, reprend sa course derrière Sally qui va chercher refuge dans la cabine du poids lourd. Attaqué à son tour, le chauffeur prend la fuite en compagnie de Sally qui arrête une camionnette dans laquelle, après l’avoir obligée à faire une embardée, elle saute, secouée d’un rire hystérique de peur et de soulagement. Leatherface voyant sa proie lui échapper hurle en faisant tournoyer sa tronçonneuse qu’il brandit vers le ciel. [82ème mn]


3. Fiche technique


  • Titre original : The Texas chainsaw massacre.
  • Année : 1974.
  • Durée : 82minutes.
  • Réalisation, scénario et production : Tobe HOOPER.
  • Co-scénariste : Kim HENKEL.
  • Directeur de la photographie : Daniel PEARL.
  • Maquillage : Dorothy PEARL, W.E. BARNES.
  • Musique : Tobe HOOPER et Wayne BELL.
  • Décors : Robert A BURNS.
  • Production : Vortex / Henkel / Hooper Productions.
  • Distribution : René Chateau Distribution.

Distribution :

  • Sally Hardesty : Marilyn BURNS.
  • Franklin Hardesty : Paul A. PARTAIN.
  • Jerry Allen : DANZIGER.
  • Kirk : William VAIL.
  • Pam : Teri McMINN.
  • L’auto-stoppeur : Edwin NEAL.
  • Le vieil homme : Jim SIEDOW.
  • "Leatherface" : Gunnar HANSEN.
  • Le grand-père : John DUGAN.
  • L’ivrogne : Joe Bill HOGAN.
  • Le laveur de pare-brise : Robert COURTIN.
  • La voix à la radio : John Henry FAULK.
  • Le Cow-boy : Jerry GREEN.
  • L’homme à la barbe : William CREAMER.
  • Le chauffeur du semi-remorque : Ed GUINN.
  • Le conducteur de la camionnette : Perry LORENZ.


4. Edition DVD zone 2


Image : le film tourné en 16 mm propose une image volontairement glauque et floue, malsaine, qui est en totale harmonie avec le propos du réalisateur et confère à cette œuvre hors du commun une grande force de vérité.

Son : la bande-son du DVD offre le choix entre le mono d’origine et un remixage « Archamysé » en 5.1, ce qui rend la folie de l’histoire encore plus dramatique en amplifiant musique compulsive, bruitages angoissants et hurlements terrifiants.

Suppléments : les Suppléments proposés sont nombreux, variés et intéressants. En premier lieu une interview de Tobe Hooper. Sont ensuite ajoutés les commentaires audio du réalisateur, du directeur de la photo et de l’acteur principal. On trouve aussi des scènes coupées, ainsi que des archives (photos, décors et accessoires. Plus inattendue, la présence d’un bêtisier rappelle opportunément le second degré humoristique du film. La filmographie du réalisateur est enfin présentée.

Coffret : le DVD fait partie de la Collection Kulte de Studio Canal. Le boîtier affiche une jaquette saisissant Leatherface brandissant sa tronçonneuse dans une lumière rouge orangé d’aube trouble.



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et plus précisement par le contrat Creative Commons Paternité - Partage des Conditions Initiales à l’Identique Licence France 2.0 de Creative Commons, plus connue sous le nom de "CC-BY-SA".


Droits d'auteur ©Henri PHILIBERT-CAILLAT


5. Bande annonce





 
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