Mérovingiens

Intérêt
Le nom mérovingien est dérivé de Mérovée, ancêtre légendaire de Clovis.

Les Mérovingiens sont la première dynastie franque qui établit un royaume, puis plusieurs royaumes en Gaule, de la fin du Ve siècle jusqu'au VIIIe siècle, après la fin de l'Empire romain d'Occident. Ils sont issus des Francs saliens qui possédaient au Ve siècle les régions de Cambrai (gouvernée par Chlodion) et de Tournai, Belgique (gouvernée par Childéric).

C’est Clovis, premier roi mérovingien, qui par ses campagnes militaires, étend le territoire franc (regnum francorum) à l’ensemble de la Gaule, avec l’appui de l’Église catholique (suite à sa conversion au christianisme romain).

Mais, dès sa mort (511), le royaume est partagé entre ses fils, selon la tradition germanique : la région de Metz revient à Thierry, Orléans à Clodomir, Paris à Childebert et Soissons à Clotaire.

Réalisée à nouveau brièvement sous le règne de son fils, Clotaire Ier, l'unité de ces territoires n'est ensuite qu'épisodique : elle n'existe plus après le règne de Dagobert (✝639).

D'autre part, la coutume du partage donne son cadre à une nouvelle réalité politique : le territoire des Francs est considéré comme un patrimoine familial et, sous les Mérovingiens, la notion romaine d'État s'efface peu à peu pour céder la place à des ensembles territoriaux aux contours flous – Neustrie, Burgondie, Austrasie et Aquitaine – dans lesquels le pouvoir repose sur la force militaire et sur la possession foncière, renforcées par un réseau de liens personnels : les liens de parenté, en premier lieu ; ceux que créent le serment de fidélité, en second lieu.

Les nouveaux cadres administratifs qui se mettent en place au début du VIIe siècle reposent ainsi sur le palais : autour du roi sont réunis un ensemble de serviteurs, au nombre desquels il faut citer le maire du palais et le comte, qui reçoivent de lui charges et bénéfices, c'est-à-dire, le plus souvent, des terres. Le roi doit donc gagner de nouvelles terres pour s'assurer la fidélité de ses vassaux : il n'hésite pas à prélever celles-ci sur les biens de l'Église (précaire) ; enfin, l'expansion du royaume, principalement en Germanie, a comme double conséquence de lui permettre de doter l'aristocratie et de renforcer cette dernière.

Les morcellements qui résultent des dévolutions successives du royaume (pas moins de 32 souverains mérovingiens règnent jusqu’au VIIIe siècle) entraînent de nombreuses luttes fratricides, parfois entreprises dans l’espoir de limiter l’éclatement du territoire conquis à l’origine par Clovis. Il en résulte que la stabilité du royaume n’est le plus souvent due qu’à la survie d’un seul des prétendants au trône et que le pouvoir royal est affaibli par rapport à celui des « Grands » du royaume : maires du palais et comtes nommé à la tête du pagi (pays, c’est-à-dire une cité épiscopale et son territoire).

Peu après la mort de Clodomir, les fils de ce dernier sont assassinés par leurs oncles, Childebert et Clotaire.

Une querelle qui devient une faide (une vendetta) oppose pendant près de cinquante ans Chilpéric Ier et Sigebert Ier et leurs femmes respectives, Frédégonde et Brunehaut : elle se traduit par un conflit quasi-permanent entre les royaumes de Neustrie et d’Austrasie, qui a toutes les apparences d’une guerre civile.

Après ces 50 années de tourment, les royaumes francs connaissent une période de paix (relative) sous le règne de Clotaire II, fils de Chilpéric Ier, qui réussit à s'imposer, non sans devoir éliminer les gêneurs et les prétendants. Clotaire II rassemble ainsi :

  • l'Austrasie : l'Est de la France
  • la Neustrie : le Nord-Ouest de la France
  • la Burgondie souvent improprement confondue avec l'actuelle Bourgogne.

Des deux fils de ce dernier, Charibert et Dagobert, le premier décède prématurément et le second fait assassiner son neveu pour assurer l'unité du territoire. Le règne de Dagobert marque alors une période de stabilité et de prospérité pour la Gaule franque.

À partir de 639, après la mort de Dagobert, commence l'époque des « rois fainéants » : ces Mérovingiens accèdent au pouvoir souvent très jeunes et les querelles familiales ne leur laissent qu'une espérance de vie très faible. D'autre part, les richesses acquises par leurs prédécesseurs vont en s'amenuisant, suite à l'arrêt des campagnes militaires, aux détournements de l'impôt et, enfin, aux dépenses engagées pour venir à bout des rébellions de l'aristocratie ou pour acheter la fidélité de leurs vassaux.

L’autorité des derniers Mérovingiens n’est plus que formelle, tandis que les maires du palais, au départ simples intendants, sont devenus les réels administrateurs du royaume, déclenchant les guerres, négociant les accords avec les pays voisins, nommant les évêques, les ducs et les comtes... Les membres de la famille des Pippinides, surtout, profitent de cette situation en Austrasie, et pendant plus d’un siècle, accroissent leur prestige. En 751, l’un d’entre eux, Pépin le Bref, évince le dernier roi mérovingien, Childéric III, et le fait enfermer dans un couvent avant de devenir roi.

Sacré en 754, à Saint-Denis, avec la protection du Pape Zacharie, il est le premier roi carolingien.

Principaux rois mérovingiens :

  • Clovis Ier (466 – 511)
  • Clotaire Ier (497 – 561)
  • Chilpéric Ier (523 – 584)
  • Sigebert Ier ( 535 – 575)
  • Clotaire II (584 – 629)
  • Dagobert Ier (606 – 639)

Article complémentaire : Mérovingiens (généalogie)


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Sujets Mérovingiens
Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2011-06-05 15:46:29




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