Luminaires Art Nouveau - Art Déco

Intérêt
Les luminaires Art NouveauArt Déco, c’est-à-dire les luminaires produits approximativement entre 1895 et 1950 en Europe et aux États-Unis d’Amérique présentent une grande diversité, tant par la qualité de leur finition que par leurs formes ou par les techniques qui ont permis leur élaboration. Ils peuvent toutefois être regroupés schématiquement par type, selon leur fonction et selon leur style.
Table des matières

1. Fonction et « familles » de luminaires

Six grandes catégories de luminaires, correspondant à des différences d'usage et, dans une certaine mesure, à des familles de « formes » se sont différenciées pendant les cinq premières décennies du XXe siècle et déterminent la typologie actuelle des luminaires électriques :

  • les « lampadaires » : destinés à éclairer les salons pour fumer ou pour la lecture, ils sont hérités des lampes de parquet des XVIIIe-XIXe siècles. Ils sont surmontés d'une tulipe, d'un abat-jour, d'un dôme en verre, d'une vasque percée ou d'un chapeau métallique que popularisent les « torchères » des années 1930 ;
  • les « suspensions » : à partir des lustres en bronze et en albâtre de la fin du XIXe siècle, trois types de suspension se différencient progressivement par l'usage : une vasque en verre coloré simplement retenue par des cordelettes ou par une monture en métal pour la chambre ; des lustres élaborés, à la monture en métal travaillé qui réunissent différentes verreries (d'abord une vasque et 3, 4 ou 6 abat-jours en forme de tulipe, auxquels viennent s'ajouter des verres fixés en applique sur la monture) pour la salle à manger ; enfin, un globe suspendu ou une pyramide inversée pour les halls d'entrée et les pièces de desserte.
  • les « appliques » : ces lampes murales ont généralement une ou deux « tulipes » (selon qu'il s'agisse d'une applique simple ou double) et sont présentées par paire ; alternativement, pendant les années 1930 et surtout aux États-Unis se diffusent des appliques à la monture en métal cerclant une verrerie moulée de forme triangulaire ;
  • les « lampes de bureau » : le premier type de lampe démocratisé est celui des « lampes d'étudiant », dont le pied est réduit dans sa plus simple expression à une tige metallique qui s'achève sur un ou plusieurs abat-jours orientables.
  • les « lampes de table », « lampes de chevet » et « lampes d'appoint » : généralement au pied moins allongé que les précédentes, elles sont en forme de « champignon » ou d' « obus » ou encore, elles s'inspirent des lampes d'étudiant avec un pied travaillé et une ou plusieurs tulipes en verre coloré. Les lampes « champignon » tirent leur forme des luminaires de l'École de Nancy ; à partir des années 1920, elles sont déclinées en plusieurs matériaux, le métal étant utilisé pour leur pied, puis pour leur chapeau ;
  • les « veilleuses » : celles fabriquées en série à l'apogée de l'Art Déco sont caractéristiques avec un socle en marbre, un globe d'opaline ou de verre dépoli et une sculpture en bronze ou en régule.

2. Affirmation des styles

Parallèlement à ce découpage fonctionnel qui oriente la production, certains luminaires d'art de l'Art Nouveau ou de l'Art Déco ont été abondamment imités, le plus souvent sans que leurs copies ne soient comparables en aucune manière aux originaux : ainsi, les luminaires « Degué » furent, en leur temps, de véritables copies contemporaines des modèles de Schneider (vers 1925), donnant lieu à un long procès entre les deux compagnies.

Jusqu'à aujourd'hui, de nombreuses lampes « style Tiffany » imitent les assemblages de verres colorés de type « vitrail » caractéristiques des tulipes ou des chapeaux conçus par Louis Comfort Tiffany. Ou encore, des lampes de « style Gallé » (du nom du maître verrier Émile Gallé), sont produites. Certaines présentent même une fausse signature, comme « Gallé Tip ». Dans la plupart des cas, il est cependant difficile d'y voir un quelconque préjudice, compte tenu du fait de leur faible qualité et de la rareté de leurs lointains modèles qui confine ces derniers aux musées et aux collections privées.

Enfin, quelques modèles véritablement originaux par leur conception ont parfois suffi à assurer la renommée de la compagnie qui les produisait : le nom de cette dernière suffit aujourd'hui à les désigner, comme par exemple les « lampes Pirouett » des années 1930-1940, fabriquées à Nice, le verre de Tiffany ou celui, irisé, de Lœtz.

3. La production

La production de luminaires s'est principalement industrialisée pendant les années 1920 – 1930 en reproduisant les formes de modèles uniques, véritables œuvres de commande : elle s'étend, dans le cas de ce qu'il convient d'appeler les « modèles originaux, approximativement de 1895 jusqu'en 1905, pour les luminaires rattachés à l'Art Nouveau, et de 1925 jusqu'à la fin des années 1940 pour les luminaires rattachés à l'Art Déco. Ainsi, du moins jusqu'aux années 1930, la signature de l'artiste ou de l'atelier, présente sur les pièces d'exception – permet de distinguer les pièces de luxe de celles destinées à une clientèle plus nombreuse et moins fortunée. Les premières sont évidemment les plus prisées des collectionneurs et sont aujourd'hui difficiles à trouver.

Parmi les caractéristiques principales de ces luminaires, la qualité de la verrerie et, dans une moindre mesure, des montures, est un facteur valorisant jusqu'à l'ère du design « moderniste », quand les innovations portant sur la forme deviennent le facteur le plus important.

Si les luminaires Art Nouveau sont le plus souvent caractérisés par des montures en bronze doré, de style « second empire » ou que l'on peut qualifier de « néo-baroques », celles des luminaires Art Déco sont généralement en métal argenté ou nickelé (bronze, aluminium, acier ou laiton).

Les « verreries », quant à elles d'abord réalisées dans une matière improprement nommée « pâte de verre », sont pour les pièces de valeur en verre à plusieurs couches de couleur différente (jusqu'à sept chez Daum), ornées de motifs dégagés à l'acide ou gravés à la roue et offrant ainsi de subtils dégradés de tons, voire des contrastes saisissant entre couleurs opposées. Les teintes déployées sont souvent sourdes.

Après l'interruption causée par la guerre, le début des années 1920 constitue une période de transition, qui voit la production en série de tulipes, de dômes et de vasques inspirés par les techniques de l'École de Nancy se distinguer de celle des concurrents par de nouveaux mélanges de couleur et par de nouvelles déclinaisons des formes existantes, plus que par de véritables innovations. C'est la période durant laquelle plusieurs ateliers et compagnies sont créés par les élèves de Daum (Charles Schneider) ou de Gallé.

Avec le triomphe de l'Art Déco, après 1925 et sous les contraintes de l'industrie, le verre pressé dans un moule triomphe, orné de motifs floraux, puis géométriques ou d'une combinaison des deux : la tendance générale est une multiplication des décors qui vise à pallier à la sérialisation simplificatrice des formes. Ces dernières avaient d'abord été inspirées par la nature (la forme de la fleur donne son nom aux « tulipes », quoique les modèles en forme de rose aient été très présents sur les catalogues des fabricants entre 1900 et 1910) ; il en va de même en ce qui concerne les motifs de la verrerie produite en France entre 1925 et 1934 : c'est le « style floral ».

Après le contre-coup de la crise économique de 1929 – 1931, la double tendance à l'abstraction et à la simplification gagne à leur tour les décors. Quelques-uns participent au goût éphémère pour les figures animales ou humaines, pour les symboles à caractère mythologique, voire pour les scènes stylisées d'inspiration néo-classique (éclairs, flèches, soleils, corniches en escalier caractérisent surtout les montures des années 1935-1940), le dessin très en relief des verreries s'efface au profit de motifs à peine esquissés en surface, strictement géométriques, et se réduisant à de simples traits.

En parallèle, sans atteindre les formes élaborées du Streamline Moderne, inspirées par l’aérodynamique aux États-Unis d’Amérique, les surfaces lisses, concaves ou galbées réalisées en une seule matière s’imposent à travers une nouvelle génération de créateurs : leur usage exclusif marque une véritable rupture dans la conception des luminaires dits « modernistes » (Jean Perzel vers 1935, Jacques Adnet, etc.).

L'introduction des premières matières plastiques (la bakélite) et l'utilisation exclusive de métaux ou d'alliages communs, peints ou non, en lieu et place du verre ou de l'opaline caractérisent les derniers luminaires de la période Art Déco, largement prolongée en ce domaine après-guerre, jusqu'aux années 1950.

4. Typologie

4.1. abat-jours « tulipes »

4.2. Vasques de suspension des années 1900-1930

4.3. Lustres ou chandeliers des années 1900-1930

4.4. Lampes d'étudiant des années 1900-1950

Lampe_de_bureau_1930.jpg


4.5. Lampes de table à une ou plusieurs tulipes des années 1920-1930


4.6. Lampes « champignon » ou « obus » des années 1900-1940



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Thème:Art Nouveau Thème:Art Déco



Sujets Licence GFDL · Article incomplet
Catégorie (1) Travail du verre 
  Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2010-06-15 09:37:34




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