Les Oiseaux d'Hitchcock

Intérêt
Les Oiseaux (1963), l’un des tout meilleurs films d’Alfred Hitchcock, a ceci de remarquable qu’il appartient tout aussi bien au genre de la romance, que du fantastique, voire de la science fiction ou de l’horreur.


Table des matières

1. ANALYSE


Comme les derniers grands films de Hitchcock que sont Vertigo [1], La Mort aux trousses [2] et Psychose [3], Les Oiseaux se range d’emblée dans la catégorie des œuvres qui innovent, réjouissent ou dérangent, mais ne s’oublient pas.

Ce film propose un double regard : d’une part, sur l’être humain dans sa difficulté à vivre, comme l’a souvent montré Hitchcock à travers l’ensemble de son œuvre précédente ; et, d’autre part, sur l’espèce humaine dans ses rapports avec son environnement – ce qui, à l’époque du film (1963), était plutôt novateur, voire prophétique.


1.1. Le malaise des rapports humains


Un portrait au vitriol

Melanie Daniels est le premier personnage à apparaître à l’écran ; elle est la dernière à être filmée en plan moyen à la fin du film. Elle est aussi la première et la dernière victime des oiseaux. C’est dire assez qu’elle est le personnage central du film. Elle nous est présentée de deux façons ; par ce qui est montré d’elle (attitude et paroles) et par ce qui est dit d’elle (propos rapportés par les Brenner - Mitch et sa mère -, et lus dans la presse à sensation).

Et c’est un portait au vitriol qui se dessine dès l’abord, malgré l’apparence physique racée, élégante et séduisante de la jeune femme. Fille à papa, héritière du propriétaire d’un quotidien, le « Daily News », elle est présentée à travers sa réputation : une « célébrité » qui défraie la chronique en menant une vie superficielle et scandaleuse. Et cette première impression ne fait qu’être renforcée par une façon d’être et de faire très capricieuse. Avec Mitch, elle se montre hautaine et affabulatrice en se faisant passer pour une vendeuse. Avec les autres, elle se révèle égocentrique, antipathique et autoritaire : elle ordonne (« Je veux. », affirme-t-elle péremptoirement à un journaliste à qui elle demande un renseignement / « Immédiatement », ponctue-t-elle sa commande des « inséparables ») ; elle ne respecte pas autrui (elle n’hésite pas à déranger l’institutrice pour connaître le prénom d’une élève). Impolie et sans gêne, elle s’introduit sans le moindre scrupule – en leur absence - dans la maison des Brenner pour y déposer les « « inséparables ». Elle ment avec aplomb à Mitch à deux reprises (ainsi qu’à Annie) concernant sa rencontre avec Annie, son hébergement et la nature de son séjour. En définitive, ses reproches à Mitch («  Je vous déteste. Vous êtes mal élevé, arrogant et sûr de vous ! ») se comprennent comme son propre portrait en creux.

Ces traits de caractère s’affichent d’ailleurs au moment où, conduisant le hors-bord, elle est censée s’éloigner de l’habitation des Brenner. Le gros plan qui la cadre longuement affiche son plaisir, mélange de suffisance et de satisfaction, de voir Mitch se hâter de venir à sa rencontre. Et lorsque la mouette l’attaque, on ne peut qu’y voir l’intervention naturelle d’un deus ex machina (Hitchcock ?) qui infligerait à Melanie une punition somme toute « naturelle », pour ce qu’elle est et pour ce qu’elle a fait jusqu’alors. N’est-ce pas Mitch qui, venu à son secours, remarque spontanément : « On aurait dit qu’elle faisait exprès de foncer sur vous ! ».

Une femme insatisfaite par sa vie

Pourtant, Melanie, dès qu’elle se retrouve avec Mitch et poussée par son désir de le séduire, s’emploie à modifier cette image détestable qui paraît être la sienne. En mal de confidences avec cet homme qui l’attire – sans doute, entre autres raisons, parce qu’il s’oppose à elle -, elle lui donne sa version des faits à propos des rumeurs colportées par une presse médisante : à Rome, on l’a poussée dans la fontaine et elle n’était pas nue. Meurtrie par la réputation qui lui a, alors, été faite, elle a décidé, lui confie-t-elle, de reprendre sa vie en mains et s’occupe d’une œuvre de bienfaisance ; ainsi aide-t-elle un jeune Coréen à être scolarisé. Elle va jusqu’à lui confier que son enfance a été difficile, car elle était en conflit avec sa mère, qui l’a d’ailleurs abandonnée, et dont elle ne sait même pas ce qu’elle est devenue. Elle justifie ainsi ses errements passés par un besoin d’affection qui n’a jamais été comblé et explique son souci de se rendre utile.

Deux femmes jumelles

Le personnage de Melanie se détermine aussi par rapport à la mère de Mitch, Lydie Brenner. Une séquence du film paraît essentielle dans la compréhension des deux femmes principales qui se « partagent » la vie de Mitch. A l’issue de ce premier quart du film consacrée à la « romance » entre Melanie et Mitch, une scène réunit, dans la maison des Brenner, Mélanie et Lydie. Mitch et sa jeune sœur, Cathy, quittent la pièce (Mitch y réapparaîtra brièvement) et laissent les deux femmes en présence. Lydie est au premier plan et téléphone - au sujet du refus des poules de prendre leur nourriture. Melanie, à l’arrière-plan, contemple le portrait du père de Mitch accroché au mur. Les deux femmes, étonnamment, sont, physiquement, très semblables : leur posture est la même (filmées de profil, le visage tourné aux trois quarts arrière) ; leur coiffure est semblable (cheveux tirés en arrière par un chignon, dégarnissant le front et les tempes) ; leur mouvement est symétrique (au moment précis où Melanie se tourne vers Lydie, face à la caméra, cette dernière se tourne elle aussi vers la caméra pour répondre à son interlocuteur téléphonique). Ce parallèle s’achève donc sur l’impression que Lydie se détourne de Mélanie lorsque celle-ci la regarde, voire qu’elle se refuse à la regarder.

Cette scène inattendue mérite qu’on lui fasse un sort. Elle utilise donc les figures de la symétrie - par la ressemblance des éléments filmés des deux femmes - et de l’opposition - dans le refus initié par Lydie d’affronter le regard de Melanie. Que nous montre-t-elle symboliquement ? On peut, bien sûr, y voir la confirmation du complexe d'Oedipe chez Mitch puisque aussi bien la femme qui l'attire « ressemble » à sa mère. Mais il ressort surtout de cette scène que l’intrusion de Melanie dans la vie de son fils est une menace pour Lydie. Elles se « ressemblent », puisqu’elles se disputent le même homme ; elles « s’opposent », puisqu’elles sont rivales.

Les propos tenus par Annie, un peu plus tard, à propos de sa liaison avec Mitch et du rôle joué par Lydia dans leur rupture, précisent, en fait, qu’il se s’agit pas d’un classique complexe d’Œdipe, mais, bien plutôt, de la peur d’être abandonnée par son fils, suite à la mort de son mari. Lydie penserait que si une femme donne de l’amour à son fils, celui-ci se détournera fatalement d’elle. Autrement dit, elles sont bien « jumelles ». (1) Cette scène insolite exprime donc, visuellement, le conflit intérieur des deux femmes : Hitchcock « dit » par l’image de la caméra et non par les dialogues ! En effet, si, comme Annie l’affirme, Lydie redoute d’être abandonnée, c’est qu’elle ne se sent pas encore mère, puisque la mère pense, ordinairement, d’abord à ses enfants avant de se préoccuper d’elle-même. De son côté, Melanie a vécu dans l’absence d’affection de sa mère.

Or, les deux femmes vont suivre une évolution qui va les rapprocher (nouvelle signification, prophétique celle-ci, à donner à la scène évoquée ci-dessus). Que se passe-t-il, en effet - et de façon éminemment paradoxale - par le truchement de l’attaque des oiseaux sinon l’accès à ce nirvana si longtemps espéré par toutes deux ?

La double métamorphose

Melanie s’est peu à peu dépouillée de cette armure d’orgueil qui la rendait provocatrice, hautaine et autoritaire au début du film : avec Mitch, elle a commencé par s’épancher sur son passé et sur sa volonté de changer de vie. Mais ce sont les oiseaux qui vont la pousser à une métamorphose plus radicale encore. Lors de l’attaque de la maison, alors que les Brenner se sont assoupis sous le double effet de la tension et de la fatigue, Mélanie monte l’escalier qui la conduit jusqu’à une chambre (celle de Cathy ?), où elle se retrouve brutalement en butte à une attaque de dizaines d’oiseaux qui, ayant percé le toit, envahissent la maison dont ils prennent possession. Après avoir été déchirée de coups de becs, sanguinolente, au moment même où elle va être achevée par les oiseaux en furie, elle est secourue par Mitch qui parvient, non sans mal, à l’extirper de ce piège et à la conduire – une fois prise la décision d’abandonner la demeure -, en compagnie de sa mère et de sa sœur, jusqu’à l’automobile. Les plans qui cadrent la jeune femme sont alors révélateurs : à demi inconsciente, elle est prise en charge et guidée – telle une enfant – en état de choc, passive, sans volonté, le regard vide d’expression. Le dernier plan filmant les personnages la montre les yeux fermés, la tête appuyée sur l’épaule d’une Lydia protectrice !

Melanie a donc trouvé cette famille qui lui manquait : un amant, une jeune sœur et, surtout, une mère. Quant à Lydia, elle est devenue cette mère qu’elle n’était peut-être pas encore vraiment puisque, oubliant ses propres peurs, elle essaie de rassurer Melanie. On notera, d’ailleurs, que le portrait du père accroché au mur du séjour et - symboliquement - placé au-dessus d’eux, s’intercale d’abord entre la mère et le fils au début du siège mené par les oiseaux (« Si seulement ton père était là ! », lance alors Lydie à son fils). Mais qu’il disparaîtra du champ de vision, lorsque Mitch aura pris les choses en main et se sera substitué à son père : la preuve en est que Lydia a fait le deuil de son mari ; elle n’est plus l’épouse inconsolable à protéger ; elle est devenue elle-même une mère protectrice (elle a cessé ses reproches à son fils et considère Melanie comme sa fille qu’elle couve du regard, comme le fait un… oiseau). L’attaque des oiseaux a donc pour corollaires l’infantilisation de Melanie, l’effacement du portait paternel - c’est-à-dire de l’importance de l’image paternelle - et la nouvelle attitude maternelle de Lydia.

Les deux personnages féminins connaissent ainsi une véritable métamorphose – qui n’est pas sans rappeler, mutatis mutandis, celle de Norman dans Psychose. Si Lydia se dépasse en s’accomplissant dans autrui, Mélanie connaît une sorte de régression vers l’enfance, qui préludera à une véritable renaissance. Qu’y a-t-il, en effet, de commun entre la jeune femme sûre d’elle, manipulatrice et dominatrice, à l’entame du film, et celle, en état de choc, passive, qui est emportée in fine ? Hitchcock signifierait-il que le processus amoureux n’est, pour la femme, qu’un lent renoncement à soi, voire une patiente destruction de sa personnalité pour se conformer à ce qu’attend l’homme ? On pourrait, avec profit, semble-t-il, évoquer Vertigo (Sueurs froides) du même Hitchcock, et le projet obsessionnel de Scottie de rendre Judy en tout point conforme à Madeleine, c’est-à-dire aussi, métaphoriquement, à sa propre vision de la femme.

Ce long, difficile et douloureux voyage à l’intérieur d’elles-mêmes qu’accomplissent les deux « femmes » de Mitch n’est rendu possible que par l’intervention des oiseaux, et ne deviendra effectif que… si les oiseaux le permettent.

Il paraît opportun de rappeler que la conjonction des deux centres d’intérêt du film est magnifiquement révélée lors de l’attaque de Melanie par une mouette. Le film, alors, bascule du simple récit d’une romance (entre Melanie et Mitch) à la chronique complexe d’une catastrophe naturelle (la nature se révoltant contre les hommes). (2)


1.2. L'espèce humaine en question


Les Oiseaux, donc. Une fois de plus, Hitchcock surprend le spectateur. Alors que le titre même, les articles de promotion du film et la rumeur de l’époque mettent l’accent sur un film dont le récit et le thème feraient la part belle aux oiseaux, le réalisateur déroule son film pendant près d’une demi-heure avant qu’UN oiseau – et un seul ! - n’intervienne et ne modifie le cours des événements ! Certes, des indices jalonnent ces trente premières minutes : dès le générique, des oiseaux traversent en tous sens l’écran blanc sur un fond sonore de cris aigus et de battements d’ailes ; puis apparaît Mélanie dans les rues de San Francisco, qui lève aussitôt les yeux vers un ciel constellé d’oiseaux ; surtout, sont longuement montrés les oiseaux inoffensifs en cage du magasin, et les « inséparables » qui placés sur le siège arrière de la voiture se penchent à droite, puis à gauche, au gré des circonvolutions de la route. Merveilleux plan visuel d’une pirouette humoristique si fréquente chez le réalisateur… et une volonté de faire attendre le spectateur.

La structure

Ces oiseaux, qui apparaissent, toujours plus nombreux, toujours plus bruyants et toujours plus menaçants - à peu près un tiers des 1500 plans du métrage concernent les oiseaux - à mesure que le film se déroule, confèrent au récit une tonalité tragique qui va crescendo, nuancée de véritables moments de répit destinés, tout à la fois, à faire le point, à rassurer et/ou à accentuer l’inquiétude. Un rapide relevé des signes annonciateurs est révélateur :

  • Une première observation est le fait de Mélanie qui, avant d’entrer chez l’oiseleur, note que le ciel est constellé de vols de mouettes, mais s’attire une réponse rassurante, de la part de la vendeuse, sur « le temps orageux qui doit les pousser vers l’intérieur des terres ». [3ème mn]
  • De même, l’attaque brève mais violente de Mélanie par la mouette [24ème mn] est aussitôt suivie d’images consolantes de soins, de discussions et d’échanges.
  • Puis, lors de la visite de Mélanie chez les Brenner, l’on apprend que les poules refusent de se nourrir : c’est un mystère, puisque l’on ne peut incriminer la qualité de leurs grains. [31ème mn]
  • Lorsque la jeune femme les quitte pour se rendre chez Annie, des plans - larges et rapprochés - fixent des oiseaux immobiles sur les fils électriques. [38ème mn]
  • Chez Annie, un oiseau vient mourir en se cognant à la porte. Un fondu au noir sonorisé de cris d’oiseaux accentue l’effet de surprise. [45ème mn] Lors de l’anniversaire de Cathy, les oiseaux attaquent à l’improviste les enfants qui, aidés des adultes, doivent se réfugier à l’intérieur de la maison, elle-même envahie à son tour : « C’est la troisième fois. », note Annie. [50ème mn]
  • Lydie découvre son voisin, Fawcett, mort, les yeux crevés. [58ème mn]
  • L’attaque de l’école (3) et des enfants survient après la concentration de corbeaux autour de Mélanie, le temps qu’elle fume une cigarette. [65ème à 70ème mn] Lui succèdent l’agression du client de la station essence et les conséquences dramatiques qui s’ensuivent, jusqu’à la mort d’Annie [81ème à 90ème mn] : un superbe plan aérien ponctue alors les conséquences sur la ville en feu montrée en plongée, cependant qu’une mouette s’inscrit sur l’écran, bientôt suivie d’une seconde, puis de dizaines, voire de centaines qui emplissent l’écran et plongent vers la ville dans un concert assourdissant de cris aigus.
  • Enfin, l’épilogue de l’attaque en règle de la maison assiégée jusqu’au départ [90ème à 114ème mn] : un plan général fixe la fuite des humains au milieu des oiseaux innombrables immobiles.

On s’aperçoit ainsi qu’à partir de la première agression contre Mélanie, les oiseaux interviennent très régulièrement dans le récit - soit visuellement, soit dans la discussion - toutes les cinq à sept minutes environ (effet de crescendo) avec deux séquences prolongées d’attaque (école et station service / maison des Brenner) d’une durée chacune de 25’ destinées à généraliser l’impression d’apocalypse qui menace le genre humain.

La signification

Certes, le trait d’humour bien dans la manière du personnage facétieux qu’était Hitchcock sert de point de départ (Cf. la séquence initiale chez l’oiseleur) : l’homme a chassé et mis en cage les oiseaux pendant des millénaires ; ces derniers vont donc se venger et mettront, à leur tour, les hommes en cage (Cf. la séquence de l’enfermement final des Brenner dans leur maison entourée de volatiles).

Plus sérieusement, on peut noter que Hitchcock ne se dérobe pas à la question du sens à donner aux événements. Immédiatement après l’attaque de l’école par les oiseaux, une discussion s’engage entre les consommateurs présents dans le bar où Mélanie a trouvé refuge et donne l’alerte. On y passe en revue les opinions des uns et des autres. C’est d’abord l’explication religieuse qui est mise en avant par un client qui, citant Ezéchiel (chapitre VI) s’exclame : « C’est la fin du monde ! Ainsi parle le Seigneur aux montagnes, aux collines, aux ravins et aux vallées. Voici venir l’épée contre vous et je détruirai vos hauts lieux ! » Avant qu’on ne lui réplique du tac au tac, avec humour, en citant cette fois Isaïe (chapitre V) : « Malheur à ceux qui se lèvent tôt pour s’enivrer ! »

Une ornithologue, à la tenue et aux traits curieusement masculins, – écologiste avant l’heure et, surtout, scientiste – prend ensuite la parole pour nier toute intelligence aux oiseaux et leur récuser la capacité à se mobiliser contre un ennemi. Elle ajoute que c’est « l’humanité qui rend l’existence difficile sur cette terre. » Usant de ses connaissances, elle tente de raisonner les témoins à travers un dialogue tragico-comique : «  Soyons logiques, les oiseaux en voulaient à vos poissons. », affirme-t-elle au pécheur qui s’est fait attaquer la semaine précédente. A Mélanie qui se demande pourquoi, alors, ils veulent tuer les enfants, elle réplique : «  Pourquoi les oiseaux ont-ils attendu 150 millions d’années pour déclarer la guerre à l’humanité ? » A un client qui propose de les exterminer à coups de fusils, elle fait remarquer que « C’est impossible, puisqu’il existe 8650 espèces d’oiseaux au monde et 100 millions sur terre ! C’est même inconcevable que des espèces différentes volent ensemble. Si cela arrivait, nous n’aurions aucune chance ! »

Une dernière réaction - inspirée par la peur, fait écho aux tribunaux de l’inquisition médiévale et à la chasse aux sorcières - accuse Mélanie, l’étrangère à Bodega Bay : « Pourquoi font-ils ça ? Ils disent que ça a commencé quand vous êtes arrivée. Vous êtes qui ? Ou quoi ? D’où venez-vous ? C’est votre faute ! Vous êtes une sorcière ! »

Le spectateur est ainsi ballotté entre une tentative d’explication religieuse aussitôt rejetée et un point de vue scientifique, qui refuse la réalité, et dont l’argument conclusif ne peut qu’inquiéter, comme le montre la fin de la séquence. Ce n’est alors que le milieu du film…

Quelle que soit la raison invoquée, l’attaque générale se produit (décrite en détails dans le synopsis du film ci-dessus). Elle a pour intérêt principal de mettre en évidence l’acharnement des oiseaux – la stratégie ? (4) - qui poussent les humains, d’abord, à s’enfermer dans la maison, avant de les débusquer ensuite par une intrusion silencieuse au cœur de leur intimité, et de les rejeter finalement à l’extérieur, privés de protection.

Il reste à interroger la saisissante séquence finale pour proposer une éventuelle conclusion. Au sortir de la nuit de cauchemar, les premières lueurs du jour laissent deviner d’innombrables oiseaux, pressés les uns contre les autres, immobiles, mais hostiles - comme en témoignent quelques coups de bec en guise d’avertissement donné aux fuyards – qui occupent tout l’écran comme pour mieux signaler leur puissance et signifier leur magnanimité, ou ménager un temps de répit avant l’assaut final en forme d’holocauste. Cependant que la radio égrène les nouvelles du malheur (plongeant le spectateur d’alors dans la tension d’un siège qui n’est pas sans rappeler - Hitchcock étant Anglais - l’attaque aérienne de Londres, le Blitz, par l’aviation nazie en 1940) : « Les attaques n’ont pas cessé sur Bodega Bay. Sébastopol et Santa Rosa ont été également visés. La majorité des habitants de Bodega Bay ont réussi à s’échapper, mais il reste encore des groupes isolés. Nous ne savons pas encore quelles décisions seront prises. Il serait question de faire intervenir l’armée. Les oiseaux attaquent par vagues à de longs intervalles sans qu’on puisse expliquer cela. », les Brenner emportent Mélanie, dans les bruissements d’ailes entrecoupés de cris aigus et discordants, vers l’ailleurs énigmatique d’une aube incertaine.

Le départ de cette « famille » - désunie, puis réunie, enfin unie, par les événements contraires - signifie clairement que les oiseaux et leurs attaques successives ne sont, d’abord, que les révélateurs du malaise des rapports entre les humains et, peut-être, le facteur de résolution des conflits : le rappel du caractère incertain, précaire, éphémère de la vie suffira-t-il à faire prendre conscience durablement des enjeux du bonheur ? Placé sous le signe de l’entraide et de la solidarité, voire de l’amour, malgré de lourdes menaces, cet exode incertain confirmera-t-il l’apaisement des problèmes relationnels ou bien n’est-il qu’un intermède avant un retour au statu quo ante ?...

Au-delà des cas individuels des protagonistes du film - et pour paraphraser la célèbre phrase de Paul Valéry sur les Civilisations - l’espèce humaine, semble nous dire Hitchcock, sait « désormais qu’elle est mortelle » et qu’elle doit rabaisser son orgueil : elle ne sait ni prévoir, ni comprendre ce qui la dépasse. Le film a valeur de métaphore de la condition humaine – le Mal naît du hasard et frappe à l’improviste une Humanité en sursis. On songe à La Vénus d’Ille (1837) de la nouvelle de Prosper Mérimée, cette statue antique qui, une fois exhumée, et bien que fondue en cloche, ne cesse de répandre le mal autour d’elle. On peut se référer aussi à La Peste (1947) d’Albert Camus qui s’achève, malgré la disparition du fléau, sur le constat amer du Docteur Rieux, le chroniqueur des événements : « Ecoutant, en effet, les cris d’allégresse qui montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours menacée. Car il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu’on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu’il peut rester pendant des dizaines d’années endormi dans les meubles et le linge, qu’il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l’enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse. »

On observera précisément que Hitchcock achève son film par un fondu au noir, mais n’inscrit pas le mot « FIN » avant le générique, contrairement à l’usage. Entre la Nature et l’Homme, entre la Vie et la Créature, il semble bien qu’il s’agisse d’un questionnement et d’un récit sans « fin »…


NOTES :

(1) Hitchcock est coutumier du fait. Dans Psychose, le meurtre de Marion assurait le passage entre deux histoires : l’histoire de Marion et d’un vol, à laquelle succédait celle de Norman et de ses meurtres.

On note également une ressemblance du récit avec celui de Psychose. Le déroulement des événements a lieu le temps d’un week-end : de même que Melanie veut retrouver Mitch rentré à Bodega Bay le vendredi, de même, Marion quitte Phoenix un vendredi pour rejoindre Fairvale où vit son amant, Sam Loomis. Un dernier point commun entre les deux films : c’est, par deux fois, le même désir de femme de rejoindre celui qu’elles aiment qui déclenche une série de péripéties funestes. Enfin, on rappellera la scène entre Norman et Marion (Psychose), ) placée sous le signe d’oiseaux empaillés accrochés aux murs de la pièce et montrés en plongée.

(2) On peut opportunément citer ici les paroles de Norman confiant à Marion que : « Pour une mère l’affection d’un enfant ne peut remplacer l’amour d’un amant. » (Psychose)

(3) Cette séquence de l’école, magnifiquement conçue, est révélatrice de la maîtrise du réalisateur, et mérite que l’on s’y attarde. Reprenons la situation de départ. Melanie, venue à l’école pour s’assurer de la sécurité de Cathy, arrive en plein cours de chant et Annie, l’institutrice lui signifie, en montrant sa montre, d’attendre la fin du cours. Elle ressort donc de la salle de classe et se dirige vers une cage à poules (une sorte de portique) devant lequel elle allume une cigarette.

Hitchcock laisse donc à penser au spectateur que la scène à venir marque un temps d’arrêt dans le déroulement des événements : il s’agirait d’un moment de répit, d’une halte que Mélanie, désœuvrée, s’emploie à occuper en allumant une cigarette. On pourrait parler d’un vide à combler, d’une brève attente, d’un interlude destiné à faire patienter Mélanie – et le spectateur. Et pourtant cette séquence se révèle être l’une des plus fortes du film !

La caméra commence par montrer deux éléments, respectivement placés au premier plan (Melanie appuyée à une clôture en bois) et en arrière-plan (le portique de la cage à poules). Ensuite, les deux plans se succèdent en alternance : dans le dos de l’héroïne, un corbeau, puis deux, puis trois et bien d’autres se rassemblent et se posent sans bruit, toujours plus nombreux ; cependant que Melanie, quasi immobile, sort une cigarette, l’allume et se met à fumer. Sur ce montage alterné des deux plans, l’on entend, en fond sonore, venant de la salle de classe, une lancinante comptine itérative chantée par les enfants en une sorte de boucle sans fin. Ce chant monocorde, monotone, voire lassant, qui semble ne jamais devoir s’arrêter, associé à l'immobilité désœuvrée et inconsciente de Melanie et cette arrivée des corbeaux à son insu donnent l’impression palpable que le temps est comme arrêté. Par un étonnant effet de mise en scène, le parfait contraste entre ce temps suspendu (qui fait éprouver un sentiment de vacuité) et l’amoncellement des oiseaux (qui suggère, à l’inverse, le trop plein) introduit, chez le spectateur, un étrange climat d’attente angoissée, comme si le temps du film se dilatait, au moment même où un sentiment d’urgence dans l'action s’exaspère.

Cette tension se dénoue – paradoxalement - au moment où elle atteint sa plus grande intensité : le regard de Melanie accroche le vol d’un oiseau qu’elle suit des yeux, inquiète, pour découvrir, dans son dos - plan cinématographique soudain, inattendu et saisissant -, que le portique de jeux des enfants porte, recouvert d’une multitude de corbeaux menaçants, la couleur d'un deuil prévisible !

Mais ce paradoxe n’est qu’apparent, puisque le suspens repart de plus belle : comment les enfants vont-ils pouvoir échapper à la vindicte des oiseaux ?

(4) Il s’agit bien d’une attaque contre l’espèce humaine dans la mesure où les enfants, c’est-à-dire sa descendance, sont visés par les oiseaux.


2. SYNOPSIS DÉTAILLÉ


Melanie Daniels, élégante fille du riche propriétaire du « Daily news » se rend dans un magasin d’oiseaux pour y acheter un perroquet qu’elle a commandé. La vendeuse s’absente pour se renseigner sur la date de livraison. C’est alors qu’entre un client, Mitch Brenner, qui s’adresse à elle, la prenant pour la commerçante. Melanie se pique au jeu et feint de chercher le couple d’ «  inséparables » que le client souhaite offrir à sa jeune sœur âgée de onze ans. Melanie, peu à l’aise avec les oiseaux, qui semblent lui répugner, laisse s’envoler un canari dont Mitch s’empare en mettant fin au quiproquo : il la connaît, car il a eu affaire à elle en tant qu’avocat dans une histoire de vitrine brisée. Très remonté contre Melanie, il lui dit regretter qu’elle n’ait pas été condamnée à la prison pour «  cette plaisanterie douteuse. »

Piquée au vif, Melanie relève le numéro d’immatriculation de la voiture de Mitch, fait jouer ses relations pour s’informer sur sa vie privée et son adresse. Elle achète des « inséparables » et les lui porte à la chambre d’hôtel qu’il occupe. Mais elle apprend qu’il est parti pour la fin de la semaine à Bodega Bay où il réside, située à cent kilomètres de San Francisco. [0h09]

Elle décide aussitôt de s’y rendre. Une fois sur place, elle se renseigne auprès de l’institutrice, Annie Hayworth, pour connaître le prénom (Cathy) de la sœur de Mitch, et comprend qu’elle a eu une liaison avec lui. Sachant qu’il faut traverser la baie, elle loue un hors-bord pour atteindre la maison de Mitch sans qu’il ne s’en rende compte, en coupant le moteur ; puis, profitant des circonstances, elle s’introduit dans la maison, dépose les « inséparables » dans le séjour, laisse un mot écrit et remonte dans le hors-bord pour l’immobiliser à distance et observer la réaction de Mitch, arrivé sur ces entrefaites. Au comble de la joie, elle le voit qui regarde dans sa direction avec des jumelles, puis il monte dans son automobile pour prendre la direction du port et l’intercepter à son retour.

Soudainement, alors qu’elle se trouve au milieu de la baie, une mouette l’attaque d’un coup de bec qui la blesse au front. [0h24]

Mitch l’attend au port et la soigne dans un restaurant. Mais une joute verbale les oppose, jusqu’à ce que la mère de Mitch, soupçonneuse et inquiète, apparaisse. Melanie ment à Mitch (qui ironise sur les raisons de sa présence à Bodega Bay) en affirmant qu’elle est venue passer quelques jours chez une amie, Annie Hayworth. De retour chez l’institutrice, elle se fait passer pour une amie de Mitch et, prétextant une impossibilité à se loger, lui demande si elle peut lui louer une chambre. [0h29]

Après quoi, elle se rend chez les Brenner qui l’ont invitée à l’anniversaire. La conversation porte sur une – nouvelle – anomalie, constatée par Mme Brenner : les poules refusent de s’alimenter. Melanie fait une mise au point sur sa prétendue sulfureuse réputation. Puis elle retourne chez Annie qui a accepté de l’héberger. S’ensuit une longue conversation qui précise les relations entre Annie et les Brenner, et l’échec de sa liaison avec Mitch. Brusquement, un oiseau vient s’abattre contre la porte de la maison. [0h 45]

L’anniversaire de Cathy réunit dans la maison des Brenner l’ensemble des protagonistes. Melanie se confie à Mitch au grand dam de Mme Brenner et d’Annie. Soudainement, une mouette surgit, puis plusieurs, qui attaquent les enfants obligés, sous la protection des adultes, de se mettre à l’abri dans la maison. Mais, en vain, car les oiseaux s’y introduisent par le conduit de cheminée, avant d’être chassés. Un policier appelé pour dresser un constat se perd en conjectures (lumières qui attirent ; taquinerie des enfants) et se refuse à croire à une attaque concertée (« Mais les oiseaux n’attaquent pas ! »). Melanie passe finalement la nuit sur place. [0h55]

Le lendemain, Mme Brenner dépose Cathy à l’école avant de se rendre chez Fawcett, un voisin et ami, qu’elle découvre mort, les yeux crevés par des oiseaux. Folle de peur, elle s’enfuit jusque chez elle pour trouver du réconfort auprès de son fils et de Melanie à qui elle confie sa crainte, depuis la mort de son mari, d’être abandonnée par Mitch. Pour la rassurer, Melanie se propose d’aller chercher Cathy à son école. [1h05]

Elle se signale à l’institutrice, puis attend la sortie des classes, en fumant une cigarette. C’est alors qu’autour d’elle, sans qu’elle s’en rende compte, des dizaines de corbeaux se posent. L’évacuation des enfants attaqués à leur sortie de l’école par les oiseaux se fait dans la panique. Réfugiée dans une salle de restaurant, Melanie téléphone à Chicago à son père incrédule, comme le sont les consommateurs qui avancent toutes sortes de raison pour essayer d’expliquer l’inexplicable. Mais l’attaque s’amplifie : des nuées d’oiseaux emplissent les cieux et fondent sur Bodega Bay livrée aux flammes d’une station-service qui explose, suite à l’enchaînement d’incidents provoqués par l’intrusion des oiseaux dans le quotidien des habitants. San Francisco ne répond plus. Il ne reste plus à Melanie et à Mitch que de partir à la recherche de Cathy restée à l’école : ils y découvrent le corps sans vie d’Annie. En compagnie de Cathy saine et sauve, ils retournent à la maison des Brenner. [1h30]

Ce retour donne lieu à un véritable enfermement volontaire : pour se protéger, les Brenner et Melanie barricadent la maison en bloquant toutes les issues que sont portes et fenêtres. Un feu est allumé et entretenu dans l’âtre pour protéger le conduit de cheminée. On apprend que San Francisco ne répond plus au téléphone, cependant que la radio « en parle », mais donne des informations parcellaires que les journalistes promettent de compléter. Le début de l’attente révèle l’angoisse de la mère face à l’indécision de son fils : « Si seulement ton père était là ! » Le malaise devient palpable entre les personnages. Soudain, des cris signalent la présence des oiseaux. Mitch jette des bûches dans la cheminée. Mais le vacarme s’amplifie : un premier oiseau franchit le barrage des volets renforcés et brise la vitre ; d’autres criblent la porte de coups de bec et la fissurent jusqu’à ce qu’elle cède ; la lumière s’éteint ; une torche allumée et les flammes de la cheminée dans une sorte de clair-obscur dramatisent encore un siège dont l’atmosphère de panique est renforcée par la vision des personnages filmés en contre-plongée. Puis le silence se fait. Et les Brenner, recrus de fatigue, épuisés par la tension nerveuse, s’assoupissent. Intriguée par ce silence prolongé, Melanie, les sens en éveil, monte les marches qui conduisent à l’étage et ouvre la porte d’une chambre pour découvrir un toit béant, percé d’un trou, par lequel des dizaines d’oiseaux sont entrés silencieusement dans la maison. Elle est aussitôt attaquée, blessée par les coups de bec et s’évanouit. Mais elle est sauvée par l’arrivée de Mitch, qui décide alors d’abandonner les lieux avant une probable prochaine attaque. [1h47]

Il entrouvre la porte extérieure : au milieu des oiseaux immobiles, il s’introduit dans le garage. La radio de l’automobile informe que les attaques n’ont pas cessé sur Bodega Bay et s’étendent à d’autres villes, cependant que l’armée se prépare à intervenir. Puis les Brenner et Melanie s’introduisent dans l’automobile qui se fraie un passage au milieu des oiseaux hostiles. [1h54]


3. FICHE TECHNIQUE


  • Réalisation et production : Alfred HITCHCOCK.
  • Année : 1963.
  • Titre original : The Birds.
  • Scénario : Evan HUNTER, d’après le roman de Daphné du MAURIER.
  • Directeur de la photographie : Robert BURKS.
  • Décors : Robert BOYLE.
  • Trucages : Lawrence A HAMPTON, Albert WHITLOCK.
  • Conseiller pour les effets photographiques : Ub IWERKS.
  • Conseiller pour le son : Bernard HERRMANN.
  • Production et composition du son électronique : Remi CASSMAN, Oskar SALA.
  • Dresseur d’oiseaux : Ray BERWICK.
  • Production : Universal.
  • Distribution : Universal (CIC).
  • Durée : 120 minutes.

Distribution :

  • Mitch Brenner : Rod TAYLOR.
  • Melanie Daniels : Tippi HEDREN.
  • Mrs Brenner (Lydie) : Jessica TANDY.
  • Annie Hayworth : Suzanne PLESHETTE.
  • Cathy Brenner : Veronica CARTWRIGHT.
  • Mrs Bundy Ethel : GRIFFIES.
  • Sebastian Sholes : Charles McGRAW.
  • Mrs Mac Gruder : Ruth McDEVITT.
  • Le voyageur de commerce : Joe MANTELL.
  • La femme du café : Doreen LANG.
  • Al Malone Malcolm : ATTERBURY.
  • L’ivrogne : Karl SWENSON.


4. ÉDITION DVD


Le problème reste, hélas !, la copie existante qui est de mauvaise qualité. En effet le film voit son format d'origine (1:66), refait en 1:33, qui modifie les cadrages originels. D’autre part, l’image ne rend pas compte de la réussite des trucages de l’époque. Autrement dit, mieux vaut éviter l’édition Zone 2 au profit de celle de la Zone 1 – toutefois sans sous-titres français.

On attend donc une remasterisation dans le droit fil de celles – excellentes ! - qui ont été faites pour Vertigo [4] et La Mort aux trousses [5]. A titre indicatif, on signalera que lors de la sortie du film, certaines salles, dans lesquelles était projeté le film, s'étaient équipées de hauts-parleurs supplémentaires judicieusement disposés sur les côtés et à l'arrière, de sorte que la première attaque des oiseaux (puis les suivantes), qui semblaient fondre de toutes parts, produisit un effet mémorable sur les spectateurs, éprouvés par cette brutale immersion au coeur même des cris menaçants : c'était, sur les recommandations du réalisateur, une première, au cinéma, de jeu sur l'ambiance sonore. Il semble évident que la remasterisation - que nous espérons - devra se faire (DVD, HD DVD ou Blu-Ray) avec un soin particulier pour les effets sonores du film, respectant en cela l'intention du réalisateur.

Novembre 2012 : Le blu-ray est bien sorti avec une image satisfaisante ; mais le son stéreo d'origine ne permet pas, hélas !, de reproduire les effets évoqués ci-dessus lors de la sortie du film dans les salles de cinéma.



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Droits d'auteur © Henri PHILIBERT-CAILLAT



5. BANDE ANNONCE





 
Mots-clef film  Alfred Hitchcock  1963 
Évaluation 87.50 %
Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2015-09-01 15:43:27

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Alfred Joseph Hitchcock (13 août 1899, Londres – 29 avril 1980, Los Angeles) est un cinéaste britannique et hollywoodien.




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