Le dernier des Mohicans de Michael Mann

Intérêt
Depuis sa sortie en 1992, ce film de Michael Mann est devenu le parangon du film d’aventures grâce à des scènes d’action haletantes et à des personnages dotés de caractères nobles et entiers .


Table des matières

1. Analyse


Un film en mouvement…

C’est au panthéon du cinéma d’action que Le dernier des Mohicans – tiré du roman éponyme de James Fenimore Cooper – trouve sa juste place : tour à tour western, film historique, film d’aventures et de quête, il impose la beauté de sa photographie (due à Dante Spinotti), l’enchantement d’une musique inspirée (composée par Trevor Jones) et l’efficacité de sa réalisation. Avec en toile de fond un épisode (1757) de la rivalité franco-anglaise pour s’approprier les terres du Nouveau-Monde, Michael Mann délivre un film qui retrouve le sens originel du mot cinéma, conçu comme l’art même du mouvement.

Le film s’ouvre en effet sur la course éperdue de trois indiens et s’achève sur une traque-poursuite que ponctue un impitoyable combat pour la vie. Entre-temps le film se déroule sur le même rythme soutenu, sans connaître le moindre répit : les dialogues, pourtant fréquents mais denses et concis, fusent, donnant les seules informations indispensables à la connaissance de la situation ; l’épisode du siège du fort ne ralentit pas le tempo de l’action puisque la reddition des Anglais aux Français intervient sans plus tarder ; les scènes d’amour, notamment entre Hawkeye et Cora, font l’économie des mots et leur intensité naît de regards fiévreux ou d’une étreinte fugitive.

Une même hâte parcourt l’ensemble du film et précipite les personnages sous tension permanente, d’épreuve en épreuve, vers un destin cruel ou heureux (les dernières minutes du film - Cf. ci-dessous la bande-annonce - proposent à cet égard un enchaînement d'actions et d'événements qui, par leur caractère violent et inattendu, sont à couper le souffle). Bref, Le dernier des Mohicans associe, avec une rare réussite, ce que le cinéma a de spécifique - le mouvement - et le propos même du film - l’urgence fiévreuse, pour les personnages, de vivre dans l’honneur et le bonheur.

Précisément, dotés d’âmes fortes et entières et plongés au cœur d’une nature hostile somptueusement photographiée, les personnages du film doivent se confronter aux forces primitives naturelles et humaines : à l’âpreté d’un paysage sauvage (des forêts denses et obscures, des montagnes escarpées, des rivières dangereuses coupées de puissantes cascades imposent une lutte physique de tous les instants par la marche, la course, le canoë ou la nage) répond la violence des sentiments humains (haine, trahison, vengeance, cruauté) à peine adoucis par la loyauté et l’amour, qui ne se conquièrent que par le courage et la fidélité à ce que l’on est.

La structure même du film, fondée sur le contraste, insiste sur cette notion de quête morale. L’ouverture présente en effet, symboliquement, des personnages comme emprisonnés dans une forêt épaisse et obscure dont il semble qu’ils essaient de sortir par une course ascensionnelle muette et effrénée alors que le plan final nous montre les rescapés, immobiles, sur une hauteur, en peine lumière, rendant un dernier hommage aux disparus. Le mouvement qui parcourt le film s’explique alors comme une métaphore de la volonté d’accomplissement qui fait passer le héros de l’obscurité à la lumière ; du lieu clos à l’espace libre ; de la fuite précipitée à l’immobilité retrouvée ; de l’essoufflement à la parole reconquise ; du danger oppressant à l’apaisement procuré par la fidélité aux siens et l’amour.

S’agissant des personnages, on peut aussi s’apercevoir que les « Blancs », comme les Indiens, sont montrés de façon très objective : si les Indiens apparaissent vrais et nobles, ils se révèlent également cruels et sans pitié ; de même, le « Blanc » est courtois et chevaleresque (le Français) mais aussi borné (l’Anglais) et hypocrite (le Français). Le dernier des Mohicans se révèle donc comme un film d’action, certes, mais qui n’est jamais sommaire. Bien au contraire : il vise à l’essentiel tout en faisant preuve d’une grande vérité psychologique.

Un chef-d’œuvre !


2. Synopsis


En 1757, la guerre entre les Français et les Anglais se double d’un conflit entre les Hurons, alliés des premiers, et les Mohicans au service des seconds. C’est ainsi que le colonel Munro est l’objet de la haine de Magua, un éclaireur Huron, pour avoir tué les siens.

Le major Duncan Heyward a pour mission de conduire les deux filles du colonel Munro, Cora et la jeune Alice, jusqu’au Fort William Henry. Magua qui leur sert d’éclaireur les trahit et dresse une embuscade pour se venger de colonel.

Mais Hawkeye, jeune homme d’origine européenne mais élevé par un Mohican, Chingach-gook, aidé du fils du Mohican, Uncas, sauve les jeunes filles et les amène jusqu’au fort. La situation du Fort est difficile. Munro s’oppose aux colons anglais, qui forment une milice et qui servent dans son armée, dans leur souhait de quitter le Fort et de retrouver leurs familles dont ils sont sans nouvelle. Hawkeye juge leur point de vue légitime et les aide à quitter le Fort en secret, la nuit. Il est aussitôt mis au cachot par le colonel dont la fille Cora est tombée amoureuse de lui. Elle prend donc sa défense.

Le marquis de Montcalm, commandant les Français, met le siège devant le Fort dont il s’empare sans coup férir. Munro ne peut que se rendre, et se voit autoriser à quitter les lieux, sain et sauf, avec les survivants de son armée. Mais Magua, tout à sa vengeance, comprend que Montcalm ne s’opposera pas à ses noirs desseins et décide d'exterminer les Anglais. Ses Hurons pistent leur colonne, attendent le moment favorable dans la forêt et attaquent. Munro est tué par Magua lui-même, qui lui arrache le cœur. Hawkeye, aidé de ses deux fidèles Mohicans, sauve les deux filles de Munro et Duncan, son rival dans le cœur de Cora. La course poursuite est interrompue par leur capture par les Indiens de Magua et Duncan est supplicié. Une nouvelle évasion permet à Hawkeye, Cora, Alice, Chingachgook et Uncas de s’enfuir pour peu de temps. Les fuyards sont rejoints par les Hurons de Magua : Uncas est tué en voulant protéger Alice qui, de douleur, se jette dans le vide, tandis que Chingach-gook tue Magua, permettant ainsi à Cora et Hawkeye de savourer leur bonheur.


3. Fiche technique


  • Titre original : The last of the Mohicans.
  • Année : 1992.
  • Réalisation : Michael MANN.
  • Scénariste : C. CROWE (d’après le roman éponyme de Fenimore Cooper).
  • Musique : Trevor JONES.
  • Photographie : Dante SPINOTTI.
  • Production : Hunt LOWRY.
  • Distribution : AMLF.
  • Durée : 117 minutes.

Distribution :

  • Hawkeye : Daniel DAY LEWIS.
  • Cora Munro : Madeleine STOWE.
  • Alice Munro : Jodhi MAY.
  • Le major Duncan Heyward : Steven WADDINGTON.
  • Uncas : Eric SCHWEIG.
  • Chingachgook : Russell MEANS.
  • Magua : Wes STUDI.
  • Le colonel Munro : Maurice ROEVES.
  • Le marquis de Montcalm : Patrice CHEREAU.




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Droits d'auteur © Henri Philibert-Caillat


4. Bande-annonce




Le dernier des Mohicans de Michael Mann




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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2019-07-22 11:15:49




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