Le Secret des Andrônes de Pierre Magnan

Intérêt
Le roman de Pierre Magnan, « Le Secret des Andrônes », qui se déroule en Haute-Provence, apparaît comme la mise en forme de récit policier d’un vagabondage dans l’espace et le temps accordé à la personnalité complexe, réaliste mais romantique, du commissaire Laviolette.


Table des matières

1. Géographie de l’enquête

On apprend, pour justifier sa présence à la représentation théâtrale des « Nuits de la Citadelle », que le commissaire Laviolette est en convalescence chez lui, à Piégut, situé à 20 km de Sisteron, à 3 km de Venterol et à 7 km de Turriers, au sud de Gap. Mais le roman se déroule pour l’essentiel à Sisteron longuement parcourue et décrite : des hauteurs de la citadelle aux eaux basses du lac ; du confluent, au nord, au lac, au sud, avec pour épicentre, ses rues et ses andrônes tortueuses (place du Tivoli, place de la Poterne, rue Droite, rue Saunerie, parking de l’hôtel de la Citadelle,pont de la Baume) si fréquemment présentées et si minutieusement décrites – voire citées comme titre du roman – qu’elles figurent le point central du récit. Toutefois, le déroulement de l’enquête conduit, à deux reprises, le commissaire à Ribiers chez Evangéline. D’autre part, le dernier voyage d’Anna - la future aide-soignante de Rogeraine chez qui elle se rend - a pour point de départ Digne, emprunte la route de Thoard et s’achève au-delà d’Authon, sans doute vers Saint Geniez. On apprend, en outre, qu’Armand Boraggi, le complice de Raymonde a été arrêté en fuite à Meyrargues. Par ailleurs, la quête apparemment erratique, mais, en fait, méthodique de Laviolette autour de Sisteron le conduit sur les chemins environnants de Sisteron (du Vieux-Noyers à Valbelle, d’Entrepierres jusqu’à Vilhosc et Saint-Symphorien) avant que le hasard ne lui fasse découvrir, sur la route de Saint Geniez, Théopole et le décor du drame. Enfin, la nécessité de son enquête le conduit jusqu’à Grenoble et à la Grande Chartreuse en hélicoptère (de Saint-Auban à la Grande Chartreuse, aller et retour) avant qu’il ne revienne à Sisteron par la route enneigée et verglacée.

Cette carte géographique est étroitement liée à l’enquête puisque Sisteron est le lieu du présent de l’enquête alors que le cirque de collines, sur la route de Saint-Geniez, ramène au lourd secret du passé.

On notera enfin que ces lieux correspondent peu ou prou à ce que Pierre Magnan désignait sentimentalement comme « (mes) Basses-Alpes » et « (ma) Provence. »


2. Epoques et chronologie des événements


De même que Sisteron se situe au confluent du Buech et de la Durance. (p.36 « Au confluent, le courant du Buech et de la Durance clapotait doucement. »), de même le roman fait la jonction entre deux époques, la Seconde Guerre mondiale et les années Soixante. Les événements surprenants que vivent les personnages en 1968 ne trouvent d’explication que dans un secret enfoui depuis 1944.

Il y a vingt-trois ans que Gilberte Valaury a perdu la vie en juin 1944 (p.72) et les personnages du roman, à propos de la confession du cadet Lombard, évoquent les événements qui se sont déroulés il y a vingt-quatre ans. Le présent du roman est donc l’année 1968. Il commence au cœur de l’été (juillet et le meurtre de Jeanne au chapitre 1), se prolonge à l’automne (septembre et le meurtre de Raymonde au chapitre 5) et en hiver (décembre, peu avant Noël et la mort d’Anna au chapitre 9), puis « aux approches du solstice d’hiver » pour la découverte de la maison de Gilberte Valaury (p.209), et s’achève à la fin de décembre quand le commissaire dépose son bouquet en offrande à Gilberte à Theopole (p.275).

On peut noter que cette année 1968, si remarquable pour ses événements sociaux et politiques, est, en fait, pour Pierre Magnan, l’occasion de plonger dans le passé de la France. La date n’est d’ailleurs jamais mentionnée, mais suggérée par une seule addition de chiffres (1944 + 24 ans = 1968).


3. Intrigue policière


Elle emprunte les chemins du genre - une série de meurtres énigmatiques – mais présente une certaine originalité : la certitude pour le commissaire que le cercle intime du personnage de Rogeraine détient la vérité tout en se refusant à la dévoiler.

Les indices sont traditionnellement semés tout au long de l’enquête jusqu’au double coup de théâtre final des deux derniers chapitres – c’est ainsi que, dès la page 56, Simone précise qu’elle est venue faire acte de candidature chez Rogeraine en présence de la cousine de Ribiers qui obtient plus tard (p.77) de Rogeraine le nom de sa future aide-soignante, Raymonde Carème ; de même, Rogeraine se saisit d’une fiole de poison (p.81) et accrédite ainsi la thèse de l’empoisonnement soutenu par Laviolette à la fin du livre (p.262).

Le suspens est installé à plusieurs niveaux et maintient habilement l’intérêt du lecteur : qui est Gilberte Valaury ? Chaque nouvelle aide-soignante de Rogeraine sera-t-elle assassinée ? Comment le meurtrier s’y prendra-t-il ? Quel ce secret que personne ne souhaite révéler ? Par ailleurs, le roman aiguise la curiosité en proposant in fine un opportun double rebondissement qui incite à une relecture : la révélation concernant le couple formé par Rogeraine et le docteur Gagnon au chapitre 12 considérée par Laviolette et Viaud comme la conclusion de l’enquête s’avère, en fait, n’être qu’un leurre ; et il faut attendre le chapitre suivant, le dernier, pour un seconde divulgation et connaître, enfin, la vérité.

Une vérité finale qui, il faut le noter, tient du plus grand des hasards et ne doit rien au talent d’un commissaire empêtré dans des déductions psychologiques pour le moins erronées - de son interprétation de la découverte de Rogeraine et du docteur Gagnon à son explication du machiavélisme de la cousine de Ribiers. Intervention – deus ex machina oblige ! - en forme de coup de griffe ironique, du romancier envers son personnage et le rappeler à plus de modestie ?...

On notera, toutefois, quelques invraisemblances concernant le meurtre de Raymonde : comment Evangéline pourrait-elle être au courant des détails du plan de Raymonde et de son complice et se substituer à celui-ci ? Par ailleurs, l’explication finale selon laquelle Evangéline s’est appuyée sur la psychologie de Laviolette pour ourdir sa machination paraît bien peu convaincante. La raison ne serait-elle pas que Pierre Magnan - comme il l’a plus tard précisé dans Les Romans de ma Provence (1996) - a dû modifier la fin qu’il avait prévue : «La fin logique du roman : Rogeraine et le docteur Gagnon mouraient face à face pendant la dernière libation de leur vie, victimes d’un amour et d’une haine dont ils avaient cultivé en eux le paroxysme pendant un quart de siècle (...) Mais le comité de lecture des éditions Fayard trouvait la fin invraisemblable pour le lecteur éventuel. On me somma donc de renoncer ou de changer la fin.» ?


4. Citation


« Ils (Rogeraine et Gagnon) n’avaient que la force de trinquer à leur vie perdue (…) Une profonde détresse la (Rogeraine) submergea. Elle tourna les yeux vers la croisée. Elle chercha d’un regard d’enfant perdu cette glycine tout en fête, sous les festons de neige. Il lui sembla qu’un vent narquois l’agitait frileusement. « Ce doit être ça la vraie punition. Avoir assez vécu pour comprendre enfin que tout ce qu’on a fait, on l’a fait pour rien. » (pp. 254-255)


5. Analyse


Au-delà de la simple trame policière, Le Secret des Andrônes, comme tout roman de ce genre, est une enquête sur la nature humaine dans sa conception de la vie et dans ses rapports avec autrui, et sur le dévoilement des secrets de toute existence, celle de nous autres lecteurs. On y trouve les ressorts traditionnels qui meuvent l’être humain : la passion, la jalousie, la vengeance, le mensonge et l’appât du gain, entremêlés comme le sont – symboliquement dans le roman - les branches tortueuses de la glycine ou les andrônes sinueuses de Sisteron.

La passion de Rogeraine pour Gagnon contrariée par celle de Gagnon pour Gilberte crée l’intrigue et s’irradie alentour en une vengeance de l’amour déçu. Les rues tortueuses de Sisteron, comme la glycine de l’andrône si semblable au corps du serpent, suggèrent l’éternelle histoire d’Adam et Eve et de la fatalité qui s’ensuit. Une histoire à l’origine de la tragédie du 20 juin 1944 et de ses répercussions lointaines en 1968. Une histoire, enfin, qui pouvait coûter la vie au commissaire Laviolette pourtant habitué à côtoyer et à essayer de démêler les effets des passions humaines qui nourrissent ses enquêtes. Mais, il est vrai, sa vision de la cousine de Ribiers ne remue en lui ni l’enquêteur professionnel ni le détective rationnel (« A chaque élongation, sa jupe se plaquait sur les cuisses nerveuses, le sweater remontait sous les seins, dévoilant un travers de main de chair brune. Entre l’oreille et l’épaule se distinguait cette courbe en forme de faucille où si volontiers s’abîment les lèvres d’un homme avec son sourire à dents éclatantes dans cette grande bouche aux lèvres rouges/une belle et solide gaillarde, à la grande bouche rouge/cette cavale sensuelle/au rire de gorge tout roucoulant de sensualité secrète/Il rêvait de pantoufles chaudes étalées devant le four ouvert de la cuisinière. ») et lui fait oublier toute prudence (« (en elle) il découvrait une sorte de papillon noir brillant mais dangereux. Et pourtant, Laviolette était captivé par ce danger. ») Serpent de la Bible ou veuve noire camouflée dans son ciré qui tisse sa toile, la cousine de Ribiers fait de Laviolette un homme comme les autres, et non un enquêteur omniscient et souverain.

Son enquête dessine, en outre, le portrait d’un Laviolette complexe. Elle permet d’exposer, à travers ses remarques sur les événements, sa philosophie de la vie : une vision lucide teintée de romantisme et, peut-être, de refus de l’oubli provoquée par la mort. Nulle métaphysique dans ces réflexions, mais un jugement sur la condition humaine présentée comme essentiellement matérialiste. Ainsi Laviolette pense-t-il que Jeanne devait songer logiquement au suicide eu égard à son apparence physique disgracieuse, aux mauvais traitements qui lui sont infligés, à sa solitude et à son absence d’avenir. De même, il considère que Simone, qui entend se consacrer à Dieu et à la charité catholique, se fourvoie sur le sens qu’elle donne à sa vie : « A son regard et à son rire étouffé, il comprit qu’elle n’était pas totalement sortie du siècle. Il soupira. En voilà encore une, songea-t-il, qui se trompe sur ses véritables voies. Enfin… » Cet « Enfin… » prononcé comme un soupir résume toute la fatalité du monde : chacun dispose d’un temps de vie limité qu’il convient de ne pas dilapider en se méprenant sur sa nature profonde.

Mais sa lucidité sur les êtres et l’existence se double d’un inattendu romantisme. Cette Gilberte Valaury qu’il recherche pour les besoins de l’enquête avec tant de persévérance, il la voit (s’inspirant sans doute d’une jeune fille qu’il a connue à cette même époque) lorsqu’il la décrit au docteur Gagnon : « Elle a… dix huit ans. Elle… est blonde, tirant sur le châtain. Eh bien non, ses yeux ne sont pas bleus… pers…, (…) J’ai remarqué sa jupe plissée qui lui arrivait à mi-mollets… blanche ou crème. Une jupe retenue par une ceinture dorée, en rouleau, très étroite. (…) Elle devait porter des talons plats. Je crois, mais je crois seulement qu’elle avait des tresses disposées en diadème autour de sa tête. » (p.137). Laviolette crée sa Gilberte et la reconnaîtra – comme une confirmation de son intuition - lorsqu’il la décrira au frère de Gilberte : « Votre sœur était blonde… Elle avait les yeux pers, les pommettes hautes. Elle se coiffait avec des nattes qu’elle arrangeait en diadème sur sa tête. » (p.234)

Cette jeune fille qu’il fait surgir de son propre passé et de celui des témoins - ils ont à peu près le même âge que lui, autour de la cinquantaine -, devient, à mesure qu’avance l’enquête, plus réelle : simple nom sur une carte à l’origine ; puis portrait précis enfanté par son imaginaire ; silhouette entrevue devant le photographe ensuite ; morte enfouie à jamais dans sa tombe de Théopole au milieu du cercle des collines, sans même avoir eu le temps de vivre, enfin. Et Gilberte est associée à un cadre, celui de Théopole, qui tarde, lui aussi, à se révéler. La première évocation – anonyme - apparaît d’abord lors de la vision fulgurante qui s’impose à Rogeraine lorsqu’elle entend le choc du corps de Raymonde sur le sol de l’andrône : «  C’était un cercle de collines jaunes brûlées par la sécheresse, privé d’horizon de tous côtés à cause des barres rocheuses qui la dominaient comme des gradins d’arène. Sur ces hauteurs régnait un beau ciel d’été. » (p.110) Puis chez le docteur Gagnon, Laviolette note au mur du cabinet « Quelques modestes aquarelles, où se reconnaissait la signature du docteur, révélaient son amour des terres pauvres autour de Sisteron. » (p.139). Ensuite, c’est la découverte – réelle - que fait Laviolette de Théopole sur la route de Saint-Geniez, en une description qui répond, presque mot pour mot, à celle utilisée pour décrire la vision de Rogeraine : « C’était un cirque d’éteules blondes brûlées par la sécheresse du vent d’hiver ; interdit d’horizon de toutes parts à cause des barres rocheuses qui le dominaient comme des gradins d’arène. » (p.202) C’est, enfin, son retour final à Theopole pour fleurir la tombe de Gilberte. (p.277)

Théopole et Gilberte feront désormais partie de la vie du commissaire Laviolette, comme le révèle précisément la fin du roman. En un épilogue aussi imprévu que significatif, Pierre Magnan ébranle le lecteur par cette visite finale de Laviolette chez Gilberte Valaury sous la neige. Une neige pourtant si épaisse de l’oubli des autres… Mais les fleurs qu’il lui offre et le serment qu’il lui fait (« Pardonne-moi, dit-il à voix basse. En décembre, on ne trouve que des roses, mais au printemps je t’apporterai un beau pot de myosotis. Tu ne voulais pas qu’on t’oublie… Mais, moi, si tu le veux bien, j’ai plusieurs femmes dans ma vie, mortes depuis longtemps auxquelles je pense souvent et que j’imagine vivantes. Alors, toi, si tu veux, je t’ajouterai à mes mortes… ») redonnent enfin vie à cette martyre mal aimée.

Cette confession de Laviolette à une Gilberte morte qu’il n’a pas connue contredit presque mot à mot l’aveu du docteur Gagnon, pourtant amoureux de Gilberte, à Rogeraine : « Tu m’as épié portant des fleurs sur la tombe de Gilberte, tous les jours, c’est vrai… Mais tu ne me suivais plus des yeux lorsque je n’y suis plus allé qu’une fois par semaine, puis une fois par mois… Jusqu’au jour où j’ai constaté que les fleurs de la fois précédente avaient eu le temps de devenir du foin que le vent avait entassé contre la tombe voisine. Ce jour-là j’ai compris que mon geste était machinal. Que je m’abusais. Que j’avais oublié Gilberte. Et si tu savais combien j’étais été navré de ne pouvoir l’aimer plus longtemps, toute ma vie… Mais je n’y pouvais rien. Elle s’effaçait. Chaque mois qui passait, son visage, son allure, sa vie s’estompaient un peu plus. Même le son de sa voix… »

Ainsi le commissaire Laviolette si réaliste soit-il, se révèle, aussi, tourné vers le passé et soucieux de lutter contre l’oubli et l’effacement par le culte du souvenir, comme si cela permettait de remédier à la disparition définitive des êtres. Contre l’usure du temps qui a érodé peu à peu l’amour que le docteur Gagnon vouait à Gilberte, Laviolette entend rétablir l’existence oubliée de la jeune fille en la faisant revivre, dans un premier temps, puis en entretenant sa mémoire. Ne peut-on voir dans ce projet surnaturel une négation de la condition humaine et l’affirmation que rien ne meurt, sinon avec nous, et que l’une des raisons de vivre consiste précisément à transmettre le passé au présent en un immense refus du néant qu’est la célébration de ce qui a disparu.

On aura noté (pp. 110 et 202) que Théopole s’inscrit dans un cercle de collines hautes fermant l’horizon et que la ferme des Valaury s’y dresse au penchant d’un coteau. Autrement dit, Gilberte repose au cœur de ce paysage en forme de berceau originel, comme un enfant qui n’aurait pas encore vécu et qu’il convient de protéger comme le protège la haute courbe des collines circulaires.

Il faut relire le dernier paragraphe du roman : « Le vent soufflait sur les arbres lourds de neige. Il émettait sourdement le soupir de reproche des choses qui parlent en vain. Laviolette eut la faiblesse de croire que cette voix lui répondait pour elle. » Ces trois phrases en forme de constat font songer au panthéisme de Jean Giono et suggèrent l’indicible. Sur cette terre qui a vu naître et mourir injustement Gilberte, dans la solitude du cercle des collines, au cœur même du silence enneigé de Théopole, le vent semble traverser le temps et l’espace pour réunir, grâce à Laviolette, passé et présent en une promesse de vie et d’avenir par la seule magie de la souvenance.

« La faiblesse de croire », précise Pierre Magnan…

Nous aurons, pour notre part, « la faiblesse de croire » que Le Secret des Andrônes n’a été écrit que pour cette ultime visite de Laviolette sur la tombe de Gilberte Valaury.

Comme un hommage célébrant un souvenir personnel de l'auteur ?...


6. Résumé détaillé par chapitre


Chapitre 1 : En cette nuit de juillet, le commissaire Laviolette, en convalescence chez lui à Piégut, goûte aux joies du spectacle des « Nuits de la citadelle » : il assiste à la représentation de La Tour de Nesle d’Alexandre Dumas dans le théâtre de plein air aménagé dans la Citadelle de Sisteron. Il a pour voisine une grande femme rousse infirme assise dans un fauteuil et médaillée de la Résistance. Pendant que se déroule le spectacle, une certaine Jeanne est guidée vers le chemin de ronde pour qu’elle puisse, prétend son accompagnateur, mieux voir la scène et, surtout, passer outre l’interdiction d’une femme dont elle assure les soins, qui semble exercer sur elle une autorité excessive. La personne qui accompagne Jeanne lui demande de se pencher et désigne précisément cette Mme Gobert, la femme infirme, au premier rang des spectateurs.

C’est le moment où, dans le spectacle, les corps des amants de la princesse sont jetés dans le vide ; et un cri déchire la nuit, si réaliste que Laviolette en frissonne et, surpris, sent sa voisine troublée.

Mme Gobert, à la fin du spectacle, s’étonne auprès de sa cousine Evangéline que Jeanne, son aide-soignante, ne soit pas là pour pousser son fauteuil. Cependant le régisseur de la troupe veille à ce que les accessoires de scène soient bien remis dans le camion qui doit conduire la troupe à Vaison-la-Romaine ; et l’on s’occupe aussi de récupérer les pantins figurant les amants de la Princesse. Mais des cris retentissent : parmi les mannequins, c’est un vrai cadavre sanguinolent que découvrent les assesseurs !

Les gendarmes arrivent et Laviolette reconnaît leur chef, Viaud, qu’il avait rencontré à Banon. Le cadavre est identifié : Jeanne, la nièce de Mme Gobert. Plus tard encore, la thèse de l’accident ou du suicide est débattue ; mais Laviolette arguant du cri qui contenait, selon lui, outre la peur, de l’étonnement, penche pour le crime. D’autant plus qu’un témoin affirme avoir vu deux personnes se hâter vers le chemin de ronde. Avant de quitter la citadelle, Laviolette sort de sa poche une épingle trouvée sur le chandail de Jeanne – qu’il a soustrait à l’enquête. (pp.9 à 33)

Chapitre 2 : Chez Rogeraine Gobert, sur la terrasse ombragée par une glycine, sont réunis ses intimes : Evangéline, la cousine de Ribiers, Rosa Chamboulive et son mari Vincent, le docteur Benjamin Gagnon, le notaire Tournatoire et sa femme Aglaé et les demoiselles Romance, Esther et Athalie. Tous s’inquiètent du remplacement de Jeanne pour s’occuper de Rogeraine. Rosa se demande si la mort de Jeanne ne signifie pas que l’on veuille atteindre Rogeraine.

Mais on frappe à la porte : c’est Laviolette qui s’excuse d’intervenir officieusement dans une enquête dont il n’est pas chargé et qui montre l’épingle recueillie sur le cadavre. Mais personne ne la reconnaît. Retournant chez elles, les demoiselles Romance se demandent si elles doivent révéler les confessions d’un certain cadet Lombard, sur son lit de mort, accusant Rogeraine… (pp.34 à 49)

Chapitre 3 : C’est la dernière représentation des « Nuits de la citadelle » et, de nouveau, Laviolette assiste au concert, mais à l’écart des autres spectateurs, pour mieux savourer Mozart et le cor de Pierre del Vescovo. Il remarque un spectateur enveloppé d’un ciré noir assis, non loin de lui, sur un banc. A la fin du concert, une jeune fille le hèle, qui veut savoir si c’est lui qui lui a fixé un rendez-vous. Surpris, Laviolette apprend qu’elle a été pressentie pour servir d’aide-soignante à Rogeraine, se tourne vers le spectateur au ciré qui a disparu, pressent qu’il a empêché un drame, révèle son identité et ramène la jeune fille, Simone Rouvier, qu’il sait menacée comme Jeanne, chez elle à Peipin. (pp. 50 à 60)

Chapitre 4 : Le lendemain matin, au téléphone, Combassive, son collègue, propose à Laviolette de poursuivre son séjour à Sisteron et de s’occuper de l’enquête, ce dont ce dernier informe le chef Viaud en lui révélant qu’il a sans doute vu le tueur. Il se propose d’aller se recueillir sur les lieux. Il parcourt la forteresse et inspecte la bicoque d’où Jeanne avait été précipitée. Par la fenêtre, il explore du regard l’abîme et découvre un carton sur l’un des corbeaux de pierre. Faute de pouvoir le faire lui-même, il propose à un gamin de s’en saisir contre une récompense. Sur le carton qui lui est remis, il lit un nom - « Gilberte Valaury » - et s’aperçoit qu’il est percé de deux trous dans lesquels s’adapte parfaitement l’épingle trouvée sur le chandail de Jeanne.

Pendant ce temps, Evangéline s’efforce de convaincre Rogeraine de faire son testament. Devant le refus de cette dernière, Evangéline lui rappelle la confession de Cadet Lombard tout en lui rappelant un événement survenu vingt-trois ans auparavant. Elle précise en outre que l’un de ses proches, présent lors de la scène, a très mal ressenti la révélation de Cadet Lombard. Surgit alors le commissaire Laviolette venant informer Rogeraine de sa découverte. Mais les deux femmes prétendent ne pas connaître le nom de « Gilberte Valaury ». Il prend alors congé, non sans avoir demandé à Rogeraine si elle a retrouvé une nouvelle aide-soignante ; ce qu’elle confirme. Restée seule avec sa cousine, Evangéline obtient le nom de la candidate, une certaine Raymonde Carème. Soudain pressée, elle prend congé en prétextant un rendez-vous urgent. Restée seule, Rogeraine est la proie de souvenirs de sa jeunesse qui la poussent à quitter le salon pour se rendre dans la forge de son grand-père y quérir une fiole de poison qu’elle respire, comme il y a plus de vingt ans, fascinée, avant de reposer le flacon en répétant : « Gilberte Valaury ».

Mais voilà que Rosa Chamboulive, essoufflée et vivement émue se présente chez Rogeraine. Et la menace d’un chantage : elle a besoin d’argent et, si Rogeraine ne lui en donne pas, elle pourrait divulguer ce que Cadet Lombard a révélé du passé sur son lit de mort, d’autant plus qu’un témoin de la confession semble en vouloir beaucoup à Rogeraine elle-même. (pp. 61 à 84)

Chapitre 5 : C’est l’automne à Sisteron. Dans une voiture rouge, un couple complote : l’aide-soignante Raymonde Carème, une ancienne détenue, persuade son ami, Armand Boraggi, qu’éliminer Rogeraine va leur permettre, grâce à ses bijoux et ses Bons du Trésor, de vivre au soleil des Baléares. Puis Raymonde part faire son mauvais coup et son complice sort de la voiture et se retrouve projeté, par la personne au ciré noir, dans le lac dont il s’extrait à grand peine ; il décide alors de s’enfuir sans donner suite au plan prévu par Raymonde. De son côté, Rogeraine, qui a deviné les projets de Raymonde (ses différents certificats de recommandation, tapés sur la même machine à écrire, arborent la même faute de frappe) s’attend à sa visite et s’est armée d’un pistolet ; elle pense même exercer un chantage sur elle pour l’obliger à rester définitivement son aide-soignante. Quant à Raymonde, suivant son plan, elle fait entrer la personne au ciré noir croyant qu’il s’agit de son complice qui vient l’aider, comme convenu, à se débarrasser de Rogeraine. La personne au ciré noir tue Raymonde et jette son corps depuis une fenière située à l’étage au-dessus de la chambre de Rogeraine. Le choc du corps sur le sol plonge aussitôt Rogeraine dans une scène douloureuse de son passé. Puis elle entend l’assassin passer devant sa chambre et quitter la maison. (pp.85 à 111)

Chapitre 6 : Le corps de Raymonde gisant sur le pavé est découvert au petit matin : une carte portant le nom de « Gilberte Valaury » est accrochée sur ses vêtements. Combassive appelle Laviolette pour le confirmer dans l’enquête, sans lui préciser qu’il vient de recevoir sa lettre d’admission de départ à la retraite. Armand Boraggi, arrêté à Meyrargues, est mis hors de cause après son audition. Laviolette décide de flâner dans Sisteron pour trouver des indices et d’interroger les familiers de Rogeraine. Rosa prétend ne pas connaître de Gilberte Valaury. Il extorque à son mari un renseignement : « C’est une fille de par là-haut » sans en apprendre davantage. (pp.112 à 123)

Chapitre 7 : Les sœurs Romance venues chez Rogeraine exigent d’elle, pour prix de leur silence sur les révélations de Cadet Lombard, une aide en faveur de leurs pauvres. Rogeraine refuse.

Au cœur de la nuit, dans Sisteron, Laviolette s’imprègne des lieux tandis que Maître Tournatoire décide de faire disparaître le contenu du dossier « Hoirie Valaury » de ses archives. Le jour venu, Laviolette s’arrête par hasard devant une devanture d’imprimerie exposant une rétrospective de leurs spécimens de différentes époques et découvre une carte semblable à celles épinglées sur les femmes assassinées. L’imprimeur, à sa demande, retrouve les épreuves : le 22 décembre 1938, une certaine Gilberte Valaury avait commandé cent cartes à motif de myosotis et les avait prises le jour même sans laisser d’adresse. Mais il prétend ne pas l’avoir connue. Laviolette déduit de sa découverte que Gilberte Valaury, Rogeraine Gobert, le docteur Gagnon, Maître Tournatoire, etc. avaient à peu près le même âge et devaient se connaître.

Laviolette se rend alors chez le docteur Gagnon, qui expose ses aquarelles sur ses murs, mais n’obtient aucune réponse à ses questions sur Rogeraine ou Gilberte Valaury. Puis il se présente chez les demoiselles Romance, dans leur Moulin sur le Buech, qui observent le même mutisme que le docteur. Il se rend ensuite à Ribiers interroger Evangéline qu’il surprend en train de fendre des bûches d’un seul élan. Il est à la fois séduit et inquiété par cette maîtresse femme qui finit par lui confier que Rogeraine est infirme depuis une histoire d’amour qui a mal tourné, mais prétend ne rien savoir sur Gilberte Valaury.

Pendant ce temps, le notaire Tournatoire converse avec Rogeraine sur des placements à lui faire faire. Mais cette dernière n’est pas dupe et lui fait raconter la mort de Cadet Lombard. Elle trouve confirmation que quelqu’un – Tournatoire refuse de nommer la personne – veut lui rafraîchir la mémoire. Rogeraine se venge en instillant en lui le soupçon d’une prochaine infidélité de sa femme. (pp.124 à154)

Chapitre 8 : L’hiver est venu et Laviolette déambule dans Sisteron, se mettant dans la psychologie de l’assassin, ou interrogeant les habitants de plus de cinquante ans en exhibant la carte aux myosotis. En vain. Il en conclut que l’on dissimule un terrible secret. Mais le hasard conduit le commissaire devant l’atelier d’un luthier, compagnon comme lui, chez qui il découvre une photo de Rogeraine jeune. L’artisan lui raconte la nuit au cours de laquelle, le mari de Rogeraine découvrant sa femme et le Cadet Lombard faisant l’amour sous la glycine, avait tiré sur Rogeraine, la laissant infirme, et sur son amant avant de se suicider. Laviolette remarque aussi une photo de Rogeraine avec ses sœurs et, à l’écart, une jeune fille à vélo qu’il imagine aussitôt être Gilberte Valaury. Il prend congé.

De retour dans sa chambre d’hôtel, il examine la photo et découvre, violemment ému, que cette jeune fille correspond à la Gilberte qu’il s’était imaginée et avait peu à peu inventée.

Les familiers de Rogeraine, malgré un temps exécrable, se sont réunis pour le scrabble du samedi. Rogeraine leur annonce l’arrivée imminente d’une nouvelle aide-soignante envoyée par le Secours catholique de Digne et très bien rétribuée. Puis elle les accuse tous de chantage et les met en garde : elle connaît un détail qui lui permettra d’identifier l’assassin s’il récidive. Elle sort même un pistolet en proclamant qu’elle s’en servira contre lui. Et elle les congédie.

Constance, qui a tout entendu, déplore l’imprudence de Rogeraine et lui conseille de commencer à se repentir. (pp.155 à 178)

Chapitre 9 : Une nommée Anna quitte le local du « Secours catholique » suivie par un facteur en ciré noir et, sous une pluie diluvienne, fait du stop pour se rendre à Sisteron. Une voiture s’arrête, conduite par la personne au ciré noir, qui, prétextant un raccourci, s’engage sur la route de Thoard. Le conducteur propose à la jeune femme des cigarettes de haschich pour apaiser ses craintes cependant que la voiture s’engage dans les ruelles d’Authon. Elle s’endort et se réveille bien plus tard : la voiture est alors arrêtée devant une vieille maison dans laquelle le conducteur l’invite à entrer, puis à le suivre dans l’escalier. Arrivé tout en haut, il la fait passer devant lui avant de la précipiter dans le vide. La personne au ciré noir descend alors épingler un carton sur le corps d’Anna. (pp.179 à 193)

Chapitre 10 : Laviolette se rend de nouveau chez Rosa et Vincent pour en apprendre plus sur Gilberte Valaury. Mais en vain. Rosa appelle Rogeraine et apprend qu’Anna n’a pas pris le car à Digne, et n’est toujours pas arrivée à Sisteron. Rosa, de plus en plus troublée par les événements, brûle d’anciennes photos.

Il ne reste plus à Laviolette qu’à étudier une carte d’état-major des environs pour trouver où situer Gilberte, « cette fille de par là-haut dedans », selon Vincent Tournatoire. Il calcule qu’avec la bicyclette sans dérailleur de la photo, il faut chercher dans un rayon de dix à vingt kilomètres. Pendant trois jours, il va du Vieux-Noyers à Valbelle, d’Entrepierres jusqu’à Vilhosc et Saint-Symphorien. Enfin, il prend la route de Saint Geniez, laisse sa voiture et marche à pied jusqu’à ce qu’il ait le sentiment troublant d’avoir déjà vu le paysage qui s’étale sous ses yeux. Ses recherches le conduisent jusqu’à une ferme abandonnée où il découvre une stèle portant mention des noms de trois membres de la même famille Valaury, dont celui de Gilberte Valaury enterrée le même jour, le 23 juin 1944. En compagnie d’un berger survenu entre-temps, il entre dans la maison, monte au grenier et découvre, penché à la fenière, le corps d’Anna gisant, en bas, sur les pavés de la cour. (pp.193 à 212)

Chapitre 11 : Désormais, nul ne veut s’occuper de Rogeraine de crainte d’être assassiné. Et les demoiselles Romance hésitent sur l’attitude à adopter : doivent-elles révéler ce qu’elles savent, notamment à Simone. Cette dernière, par charité chrétienne, vient en effet de se mettre d’accord avec Rogeraine pour deux mille francs par mois.

Laviolette se rend chez Rogeraine et, pour la pousser dans ses derniers retranchements, il lui met sous le nez un montage de quatre photos concernant Gilberte. Elle s’évanouit. A son réveil, Laviolette a beau la menacer, elle refuse de dire la vérité et le congédie.

Il se rend alors chez le notaire maître Tournatoire, et finit par apprendre l’existence d’un certain Pierre Valaury, le frère de Gilberte, entré en retraite en août 1944 à la Grande Chartreuse.

Laviolette obtient du juge d’instruction de Digne qu’il demande un entretien à Pierre Valaury ; ce dernier, au téléphone, accepte. Il ne reste plus au commissaire qu’à se rendre à Grenoble. Mais le temps s’est détérioré et la tempête sévit sur les Alpes. Pourtant un pilote d’hélicoptère accepte la mission de le conduire jusqu’à la Grande Chartreuse malgré les conditions météorologiques épouvantables.

L’entretien entre Pierre Valaury et Laviolette porte sur les événements qui se sont déroulés le 23 juin 1944. Laviolette sait enfin la vérité sur les rapports entre les différents protagonistes. ((pp.213 à 240)

  • Pour les deux derniers chapitres certains détails du récit sont volontairement omis pour ne pas dévoiler l’explication finale.

Chapitre 12 : Pendant que Laviolette, conduit par les gendarmes depuis Saint Auban où l’hélicoptère a atterri, essaie de retourner à Sisteron malgré les intempéries qui bloquent les routes, Rogeraine accueille le docteur Gagnon qu’elle reçoit devant une table bien garnie. Le docteur revient sur la mort du Cadet Lombard, puis ils se laissent aller tous deux à évoquer leur passé, le souvenir de Gilberte Valaury et multiplient les confidences. Quand Laviolettte et Viaud entrent dans la maison de Rogeraine où Simone dort du sommeil du juste, il est trop tard. Par une association d’idée, Laviolette a envie de voir la cousine de Ribiers, sa grande bouche rouge et le foyer de sa cheminée qu’il imagine chaleureux. (pp.241 à 265)

Chapitre 13 : Dans sa maison, Evangéline fend du bois. Laviolette, en mal d’affection, cherche auprès d’elle un havre de paix. Après sa visite, l’affaire étant bouclée, il porte un bouquet de roses sur la tombe de Gilberte Valaury. (pp.266 à 277)


NB : Les numéros de page font référence à l’édition Folio de mai 1992.


7. Appendice


Aux lecteurs de Pierre Magnan admirateurs de ses romans et qui sont - nécessairement - amoureux des lieux de son œuvre, je me permets de signaler l’ouvrage – indispensable, surtout depuis la récente disparition de l’auteur - « Pierre Magnan, Les romans de ma Provence » paru aux Editions Denoël en octobre 1996. Pierre Magnan y évoque la genèse de neuf de ses romans (1) en un texte passionnant illustré de photos magnifiquement choisies de Pierre Ricou sur les « Basses Alpes » si chères à l’écrivain.

Voici, pour en donner une idée plus précise, le texte de la quatrième de couverture : « On continue à rêver sur des centaines de pages imaginaires quand on a terminé un livre, sur tel ou tel de ses protagonistes. Quelques-uns hurlent à la mort d’avoir été ainsi coupés en plein élan. Les lieux dont ils ont éveillé les échos conservent la trace de ces passages fallacieux et s’imprègnent de ce passé inventé. L’imagination de l’auteur peut encore les abriter et fouiller dans leur existence bien au-delà des trois cents pages où il a décidé de cerner la péripétie. » (Pierre Magnan)

« De l’imagination et du talent, Pierre Magnan n’en manque pas, et sa Provence n’est pas celle des dépliants touristiques. Les photos de Pierre Ricou qui illustrent les lieux où un jour s’est mystérieusement nouée en une histoire, sont prétexte pour le romancier à raconter d’autres aventures. Pierre Magnan nous donne ici une nouvelle lecture de dix de ses romans, il nous distille les paysages et leurs habitants, les vrais et les imaginaires, dont l’austère décor d’une Haute-Provence mis en images par Pierre Ricou porte à jamais la trace. » (L’éditeur)

NB : Pour ce qui concerne Le Secret des Andrônes, Pierre Magnan révèle que l’éditeur lui a demandé de modifier la fin originelle qu’il avait prévue au profit de celle, plus spectaculaire, publiée dans le livre !!!


(1) Sont évoqués successivement

Le Sang des Atrides (pp.7 à 21)
Le Commissaire dans la truffière (pp.22 à 33)
Le Secret des Andrônes (pp.34 à 51)
Le Tombeau d’Hélios (pp.52 à 65)
Les Charbonniers de la mort (pp.66 à 79)
La Maison assassinée (pp.80 à 105)
Les Courriers de la mort (pp.106 à 131)
L’amant du poivre d’âne (pp.132 à 139)
Le folie Forcalquier (pp.140 à 157)




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