La Guerre du feu de Jean-Jacques Annaud

Intérêt
Ce film qui créa l'événement cinématographique de l'année 1981 pour un vaste public enfantin (et adulte !) est ressorti dans une édition DVD de qualité. Le revoir quelque trente ans plus tard confirme qu'il est devenu un véritable classique du genre.


Table des matières

1. Analyse


Tiré du roman éponyme de J.R. Rosny - dont il simplifie les mille et une aventures tout en lui restant fidèle -, ce film de Jean-Jacques Annaud (César du Meilleur Film en 1981) nous offre un voyage de 80.000 ans, dans le passé, à la recherche de la vie au quotidien de nos très lointains ancêtres.

D’emblée, le réalisateur pose l’enjeu essentiel de la vie préhistorique : survivre. A travers une série de scènes toutes plus réalistes les unes que les autres nous redécouvrons ce que nous avons oublié : les rigueurs d’un climat froid et humide ; les dangers incessants que font courir les animaux sauvages (loups affamés et agressifs, lions sabres dont on ne peut se protéger ; mammouths impressionnants) ; hordes humaines concurrentes et menaçantes. Bref, la vie est on ne peut plus précaire d’autant plus que se nourrir représente une tache constamment renouvelable et aléatoire. Pour autant le film n’a rien de didactique et offre un spectacle toujours varié, plein de vie, d’émotions et d’humour. On songe à la scène initiale de l’attaque des Ulams installés dans leur grotte par des Néandhertaliens , d’une rare violence dans le corps à corps et qui révèle toute la bestialité sauvage de l’époque ; ou encore au campement des Kzamm anthropophages et de leurs prisonniers pendus, démembrés vivants, et peu à peu dévorés.

Mais cette barbarie - qui n'est pas occultée, certes, mais est sans cesse adoucie par un humour bien venu - sert à souligner, en fait, toute la fragilité humaine et le film évoque bien d'autres aspects plus souriants. Il insiste, notamment dans sa deuxième partie, sur la notion de progrès et d'évolution à partir de la rencontre avec Ika, dont la tribu des Ivaka connaît un mode de connaissance supérieur, qui fera progresser les trois guerriers Ulams et surtout le chef Noah. Le réalisateur montre alors la force des sentiments - et en l'occurrence de l'amour entre Noah et Ika - comme facteurs d'ouverture d'esprit et de progrès. C'est Ika qui apprendra le rire à ses libérateurs, les rapports sexuels partagées en désir réciproque plutôt que le rut brutal de satisfaction d'un besoin instinctif (et Annaud, une fois de plus, n'occulte rien) et surtout le secret de la fabrication du feu !

Cette aventure, au meilleur sens du terme, est réalisée avec un savoir-faire efficace : de remarquables plans d'ensemble magnifient les immenses espaces et soulignent d'autant mieux la petitesse de l'homme primitif perdu au cœur de splendides paysages vierges, comme ils devaient l'être alors, filmés pour l'essentiel au Canada, en Ecosse et au Kenya. Par ailleurs, les acteurs, longuement entraînés et grimés, adoptent des attitudes, des gestes et des mimiques qui utilisent les travaux des chercheurs. De même, le langage - élémentaire - dont ils se servent est le fruit d'études sur les racines communes aux langues indo-européennes et assure au film une crédibilité encore plus grande.

Bref, il faut retrouver notre part d'imaginaire et nous laisser emporter dans cet extraordinaire voyage dans le temps et dans l'espace organisé par un Jean-Jacques Annaud inspiré !


2. Synopsis


Dans les lointains temps préhistoriques, la tribu des Ulams, lors d’une attaque surprise par des Néanderthaliens voit son feu s’éteindre. Or. les Ulams, Homo sapiens, s’ils savent conserver le feu, ne connaissent pas le secret de sa fabrication. Trois guerriers, Noah, Amoukar et Gaw se portent donc volontaires pour partir à la recherche du feu, faute de quoi la tribu sera condamnée à disparaître. Mus par cette quête essentielle, ils quittent donc la horde et s’aventurent dans des contrées sauvages où rencontres insolites (par exemple, le terrible lion-sabre mais aussi l’attachante Ika) et épreuves terribles (entre autres, la tribu cannibale des Kzamm) les attendent. Mais ce voyage les conduit également vers la tribu évoluée des Ivaka au sein de laquelle ils font des découvertes décisives. Le titre donné au film évoque parfaitement tous les dangers de ce périple.


3. Fiche technique


  • Réalisation : Jean-Jacques ANNAUD (1981).
  • Scénario : Gérard BRACH (d’après le roman de JH ROSNY Aîné).
  • Directeur de la photographie : Claude AGOSTINI.
  • Musique : Philippe SARDE.
  • Costumes : Penny ROSE, John HAY.
  • Maquillage : MONZANI, M BURKE.
  • Production : John KEMENY, Denis HEROUX, J DORFMANN, V BELMONT.
  • Distribution : AMLF.
  • Durée : 90 minutes.

Distribution :

  • Noah, : Everett McGILL.
  • Ika,: Rae DAWN CHONG.
  • Amoukar : Ron PERLMAN.
  • Gaw Nameer : EL KADI.
  • Rouka : Gary SCHWARTZ.
  • Faum : Kurt SCHIEGL.
  • Ota Otarok : Mohamed SIAD COOCKEY.
  • Le créateur du feu : Walter MASAI.


4. Édition DVD zone 2


Il s'agit d'une nouvelle Edition Prestige (du 23 janvier 2003) qui se compose d'un double DVD et améliore l'édition précédente à la fois pour l'image et le son.

Image : Format image : Cinémascope - 2.35:1 La copie du film de 1981 a été remasterisée en haute définition d'après le négatif original et les images proposées sont splendides qui mettent en valeur les paysages « préhistoriques » proposées à travers des prises de vue réalisées au Canada, en Ecosse et au Kenya.. Les images sont parfaitement définies, que ce soit le jour ou la nuit. Un enchantement !

Son : langues et formats sonores : DTS, Dolby Digital 5.1 Sous-titres français sur la VO. Le son a été remixé en DD 5.1 et DTS et la bande-son contribue à la re-création très suggestive d’une époque à la fois répulsive et fascinante. La partition musicale très présente orchestre le lyrisme des immenses paysages et ne laisse la parole qu’aux humains et aux effets.

Suppléments : il faut d’abord féliciter l’éditeur qui propose un commentaire audiovision (pour aveugles et malentendants). Le commentaire audio de JJ Annaud accompagne le film sur le DVD1. Le DVD2 offre une interview de J.J. Annaud d' une demi heure. Le tournage du film fait également l'objet d'une longue présentation de vingt deux minutes. On trouve également les filmographies des acteurs et du réalisateur, la bande-annonce, une galerie de photos (de tournage, des costumes, des maquillages et de la promotion du film)et les différentes affiches du film qui complètent ces suppléments. Un ensemble honorable, donc. L'étui inclut par ailleurs un livret du vocabulaire créé pour le film à partir des ressemblances entre les langues indo-européennes qui intéressera, malgré sa simplicité, tout particulièrement ceux qui s'intéressent aux origines des langues.

Jaquette : très belle, la jaquette reproduit l’affiche de 1981 qui insiste, de façon très stylisée, sur l’aspect sauvage et barbare de l’époque. Le titre rouge orangé est du plus bel effet.



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Droits d'auteur © Henri PHILIBERT-CAILLAT


5. Bande annonce





 
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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2018-01-10 09:13:10




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