Léon de Besson

Intérêt
Le cinéma de Besson est très controversé. Pourtant Léon a été plutôt bien reçu, qui propose une histoire touchante entre une fillette seule dans la vie et un tueur solitaire et sentimental.


Table des matières

1. Analyse


Besson propose un film noir assez réussi (en dépit de quelques invraisemblances inhérentes au genre) à la fois dans ses scènes d’action et dans les portraits intéressants qu’il propose, illustré de thèmes musicaux discrets, mais prenants, d’Eric Serra.

Plutôt que la romance entre un tueur immature et une enfant, ce qui marque le film c’est plutôt le portrait d’une fillette au caractère bien trempé, qui a vécu jusque-là dans le malheur, mais portée par un instinct de vie et un courage hors du commun. Jean Reno en tueur implacable, mais à la psychologie ingénue, compose, lui aussi, un être marginal et attachant. Quant au méchant redoutable sous les traits de Gary Oldman, il est le pendant parfait – en négatif - des deux personnages auxquels le spectateur s’identifie.

La construction du film est efficace, notamment par la symétrie qui s’établit entre les trente premières minutes du film et les trente dernières. Une première séquence ouvre le film et vise à révéler les talents professionnels de Léon en nous convaincant que tout lui est possible, même s’il doit s’assurer d’un mafieux retranché dans son bunker et protégé par ses gardes du corps. Lui succède assez rapidement la scène-clé très réussie de l’exécution de la famille de Mathilda, qui parvient, guidée par sa présence d’esprit, à trouver refuge chez Léon. Perpétrée par des individus déterminés et ambigus, elle durcit le film et présente le Mal absolu. On note que ces deux scènes se déroulent dans les trente premières minutes du film, et occupent une dizaine de minutes chacune.

On retrouve cette même structure dans la dernière demi-heure. Une première action de sept minutes met en scène Mathilda qui se rend à la brigade des Stupéfiants pour se venger, puis est secourue par Léon. Une dernière séquence d’une quinzaine de minutes, particulièrement éprouvantes (compte tenu des talents déployés par Léon à l’entame du film, on espère une issue heureuse), dénoue la situation. (1)

Entre-temps, Mathilda et Léon ont fait connaissance à travers une série de scènes dans lesquelles l’humour et l’émotion se confondent joliment. On observe que les deux exploits réalisés par Léon s’inversent : l’exploit initial doit le faire entrer dans un immeuble protégé par des hommes de main ; l’exploit final doit lui faire quitter un immeuble assiégé par des dizaines de policiers. Par ce double exploit il « entre », donc, dans le film avant d’en « sortir ». Cette sortie toute symbolique laisse à penser qu’il choisit son destin : sauver Mathilda en la débarrassant de son ennemi, quitte à y laisser la vie. Une sorte de rédemption finale pour celui qui, jusque-là, n’avait pensé qu’à son métier et ne s’était intéressé à personne…


2. Note


(1) La séquence au cours de laquelle Léon se fait exploser mérite que l’on s’y arrête…

Lorsque Léon, sain et sauf, se dirige vers la sortie de l’immeuble pourtant investi par des dizaines de policiers, la satisfaction d’avoir réussi à leur échapper se lit sur son visage filmé en gros plan, et une clarté blanche sature l’image (la même qui avait illuminé le visage de Mathilda lorsque, après le massacre de sa famille, elle frappait à la porte de Léon en le suppliant d’ouvrir). Puis, alors qu’il ne lui reste plus que quelques pas à faire pour se retrouver dans la rue, libre, son visage change d’expression et montre de l’inquiétude. Cette modification très perceptible signifie probablement que son instinct lui a fait sentir la présence de Stansfield derrière lui. Dès lors, on peut imaginer qu’il lui est possible de se retourner pour faire face et combattre l’ennemi, ainsi qu’il l’a toujours fait. Or, il ne se retourne pas comme si, précisément, il acceptait ce destin (il ferme même les yeux). La séquence est assez précise et permet, me semble-t-il, cette interprétation. Par ce sacrifice, il fait d’une pierre deux coups : d’une part, il détache Mathilda de lui et lui ouvre ainsi un avenir ; d’autre part, il supprime le seul être susceptible de nuire à la fillette…


3. Synopsis


Léon, d’origine italienne est un tueur à gages à New York. Méticuleux, redoutablement efficace, insaisissable, aimant boire du lait et s’occuper de sa plante, il a pour voisins de palier les membres d’une famille dont le père trafique de la drogue pour le compte de Malky et de Stansfield, un policier corrompu dangereux.

Mécontents d’une livraison « coupée », et l’ultimatum prenant fin, ceux-ci font irruption dans l’appartement et massacrent père, mère, fille aînée, ainsi que le garçonnet de cinq ans. Descendue effectuer des achats, la fille cadette, Mathilda, douze ans, survient alors, devine ce qui se passe et feint de ne pas habiter à cette adresse. Pour échapper aux tueurs qui la traquent, elle frappe, en larmes, à la porte de Léon : celui-ci l’abrite pour la protéger mais entend se débarrasser d’elle au plus vite.

Elle s’accroche à lui, trouve mots et arguments pour l’émouvoir. Elle veut devenir « nettoyeuse » comme lui pour venger son petit frère, le seul qu’elle aimait. En échange de ses leçons, elle s’occupera du ménage et de la cuisine. De guerre lasse, il accepte, l’initie, lui édicte ses règles (« jamais les femmes ni les enfants »), tandis qu’ils s’installent à l’hôtel dans un autre quartier. Découvrant les premiers émois véritables de la vie, elle se prétend amoureuse de lui.

Revenue chez elle pour récupérer l’argent caché par son père, Mathilda surprend Stansfield en train de s’expliquer avec les policiers chargés de l’enquête, dont elle a déjoué la surveillance. Elle découvre qu’il est un de leurs collègues, et le suit jusqu’à l’immeuble de la police, où elle s’introduit avec un sac bourré d’armes. Stansfield la surprend : elle n’est sauvée que par l’intervention de Léon. Pour les retrouver, Stansfield menace l’indicateur Tony, patron d’un restaurant italien et seul ami de Léon. Celui-ci lui a confié son argent, lui faisant promettre de le reverser à Mathilda, s’il lui arrivait quoi que ce soit.

Deux cents policiers assiègent le logement de Léon. Plusieurs d’entre eux vont périr sous les coups du tueur avant que celui-ci ne rende l’âme, entraînant Stansfield avec lui dans la mort. Grâce à l’argent de Léon, Mathilda poursuivra ses études dans une institution privée.


4. Fiche technique


  • Réalisation, scénario, dialogues et production : Luc BESSON
  • Année : 1994
  • Directeur de la photographie : Thierry ARBOGAST
  • Musique : Éric SERRA
  • Production : Gaumont / Les Films du Dauphin
  • Distribution : Gaumont Buena Vista International
  • Durée : 105 minutes

Distribution :

  • Léon : Jean RÉNO
  • Stansfield : Gary OLDMAN
  • Mathilda : Natalie PORTMAN
  • Tony : Danny AIELLO
  • Malky : Peter APPEL
  • Le père de Mathilda : Michael BADALUCCO
  • La mère de Mathilda : Ellen GREENE
  • La sœur de Mathilda : Elizabeth REGEN
  • Le frère de Mathilda : Carl J MATUSOVICH
  • Le réceptionniste de l’hôtel : George MARTIN
  • Le premier homme de Stansfield : ’Randolph SCOTT




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Droits d'auteur © Henri Philibert-Caillat


5. Bande annonce





 
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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2015-02-10 17:28:35




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