Jean Mabillon

Intérêt
Jean Mabillon [Dom.] (né à Saint-Pierremont (Champagne), le 23 novembre 1632 – mort à Saint Germain des Prés, le 27 décembre 1707) est un moine, érudit et historien français, principalement connu comme le fondateur de la diplomatique.


1. Vie

Jean Mabillon est le cinquième enfant d'une famille paysanne, lié par sa mère aux seigneurs de son village natal. Enfant précoce, il commence des études auprès de son oncle, lui-même prêtre paroissial.

Grâce à ce dernier, il entre en 1644 au Collège des Bons Enfants, à Reims. En 1650, il est admis au séminaire du diocèse, mais il interrompt ses études en 1653, pour rejoindre la congrégation bénédictine réformée de Saint-Maur, à l'abbaye Saint-Rémi de Reims.

De santé fragile, il doit renoncer à l'éducation des novices qui lui avait été confiée. À partir de 1656, il s'adonne pleinement à l'étude des « Antiquités », c'est-à-dire des documents anciens, à Nogent, puis à Corbie, où il est successivement envoyé. Il élabore alors progressivement les règles d'une méthode servant à discerner les faux. Ce faisant, il fonde les principes de la critique de documents.

Après un séjour comme trésorier à l'abbaye de Saint-Denis (1653), rapidement remarqué par les membres de son ordre en raison de ses capacités, il est envoyé à Saint Germain des Prés, en 1664.

Il y rejoint un cercle d’érudits formés autour du bibliothécaire de l’abbaye, Jean-Luc d’Achery, auquel il est appelé à succéder. Il commence alors à assister ce dernier dans la collecte de documents en vue de la rédaction des Actes de l’Ordre de saint Benoît (Acta Ordinis Sancti Benedicti) : ses efforts colossaux font que l’œuvre issue de ce projet, dont le premier volume paraît en 1703, lui est attribuée.

En 1681, il publie un traité De re diplomatica, qu’il rédige en réponse à la mise en question de l’authenticité de certaines chartes de l’abbaye de Saint-Denis par un jésuite, le hollandais Daniel Van Papenbroeck. À l’instar de son détracteur, il y propose des outils permettant d’authentifier un document et de le dater, mais il les développe et les met si bien en pratique que son point de vue triomphe. Outre l’admiration générale des érudits du royaume, le retentissement de cette œuvre vaut à Jean Mabillon d’apparaître comme le fondateur de la « science diplomatique » :

Devenu le protégé de Colbert, il effectue pour ce dernier deux voyages – en Bourgogne (1682), puis en Suisse et en Allemagne (1683) – afin de collecter et d'authentifier des documents sur l'histoire de la couronne, puis sur celle de l'Église en France. Le successeur du ministre, l'archevêque de Reims, est également un grand admirateur de Mabillon et fait en sorte que le roi confie à Mabillon, en 1685, la tâche de visiter les principales bibliothèques d'Italie afin d'acquérir des livres et des manuscrits pour la Bibliothèque royale.

Mais ces faveurs lui valent des ennemis : il entre notamment en controverse avec l’abbé de La Trappe, De Rancé, sur la place que doivent tenir les études par rapport au travail manuel dans la vie monastique. Il répond à ce dernier par un Traité des études monastiques (1691). En 1698, il proteste en vain sous le pseudonyme d’Eusebius Romanus contre la vénération des reliques des saints anonymes dans les catacombes de Rome, ce qui lui vaut d’être convoqué pour s’expliquer et d’avoir à modifier certains passages.

Finalement, en dépit des attaques qu'il subit principalement en raison de son criticisme, la réputation de Mabillon ressort intacte et, en 1701, il est nommé membre de l'Académie royale des Inscriptions et Médailles par le roi.

Il meurt en 1707 à Saint Germain des Prés.


2. Œuvre

  • Œuvres de saint Bernard (1667)
  • Acta Sanctorum ordinis Sancti Benedicti (Vies des Saints de l’Ordre de saint Benoît) (vol. 1 : 1668 ; vol. 2 : 1169 ; vol. 3 : 1672)
  • Vetera Analecta (Analectes anciens) (vol. 1 : 1675 ; vol. suiv. jusqu’en 1685)
  • De re diplomatica (1681)
  • Traité des études monastiques (1691)
  • Réflexions sur la Réponse de M. l’Abbé de la Trappe (1692)
  • Annales Ordinis Sancti Benedicti occidentalium monachorum patriarchae (Annales de l’Ordre de Saint Benoît, Patriarche du monachisme occidental, ou Annales O.S.B.) (vol. 1 : 1703 ; vol. suiv. posthumes jusqu’en 1730)
  • Supplementum (au De re diplomatica) (1704)


2.1. Bibliographie et liens

  • H. Jadart, Dom Jean Mabillon. Etude suivie de documents inédits sur sa vie, ses œuvres, sa mémoire. Reims, 1879
  • E. de Broglie, Mabillon et la société de l’abbaye de Saint-Germain des Prés à la fin du dix-septième siècle, 1664-1707. Paris, 1888
  • P. Denis, « Dom Mabillon et sa méthode historique » in Revue Mabillon, n° 6 (1910–1911)


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Sujets Licence GFDL · Historien français · Diplomatique
 
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