Jacques Gaffarel

Intérêt
Jacques Gaffarel (1601–1681), théologien français, fut aumônier du roi, bibliothécaire du Cardinal Richelieu et un astrologue renommé. Il est aussi célèbre pour avoir (vraisemblablement) entrepris l’écriture du premier ouvrage consacré au monde souterrain assimilable à un traité de spéléologie.


1. Vie

Jacques Gaffarel naît à Mane, près de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence). Il commence des études à Apt, puis part à Valence et enfin à Paris où il obtient le titre de docteur en droit canon. Il y est ordonné prêtre, avant de devenir prieur à Ganagobie.

Orientaliste de formation, il est réputé connaître l'hébreu, le syrien, l'arabe et le persan. Mais il s'intéresse surtout aux antiquités judaïques et à la science cabalistique.

Partisan des thèses de Galilée et ami des humanistes Nicolas-Claude Fabri de Peiresc et Pierre Gassendi, Gaffarel séjourne en Italie, à Venise de 1626 jusqu'en 1633, où il peut acquérir des manuscrits notamment auprès de Pico della Mirandola. Il est commissionné par Richelieu.

C’est durant cette période qu’il publie son œuvre la plus célèbre : Curiositez inouyes sur la sculpture talismanique des Persans, horoscope des Patriarches et lecture des Estoilles. (Curiosités inouïes sur la sculpture talismanique des Persans, horoscope des Patriarches et lecture des Étoiles), publiée en langue française en 1629. Elle est censurée par les théologiens de la Sorbonne, bien que son auteur ait précisé dans sa préface « qu’il n’entend pas rejetter l’ordre des commendemens establis par l’Église ». Gaffarel est condamné à faire des excuses et s’exécute dans une Rétractation dont le texte a été conservé.

En 1654, il annonce le projet d’une « histoire » du monde souterrain dans un prospectus d’imprimerie sous le titre Le monde sousterrein ou description historique et philosophique de tous les plus beaux antres et de toutes les plus rares grottes de la terre. Le manuscrit, qu’il envoie à deux de ses amis, est perdu, et l’ouvrage n’est jamais publié.

Jacques Gaffarel s'éteint en 1681, dans son château à Sigonce.


2. Œuvre

Les Curiositez inouyes, malgré —ou à cause de— leur censure, connurent un certain nombre d’éditions étrangères, notamment en anglais, sous le titre Unheard-of Curiosites (Londres, 1650) et en latin, sous le titre Curiositates Inauditae (Hambourg, 1676 ?).

La première partie défend les Hébreux les Orientaux contre les reproches que leur font habituellement les chrétiens. La deuxième est consacrée à l'art des talismans en Perse. La troisième traite des horoscopes et de l'astrologie des anciens. La quatrième est consacrée à l'astronomie et à l'alphabet hébreu.

Gaffarel y développe la thèse que l'astrologie judaïque s'est développée indépendamment de la mythologie et de l'astrologie des civilisations antiques grecque et romaine et soutient que les lettres de l'alphabet hébreu peuvent être déduites des constellations. Selon lui, on peut lire dans les cieux comme dans un livre. Descartes est réputé avoir lu ce livre et le physicien et le l'astronome Pierre Gassendi (1592-1655) l'a défendu.

La traduction en anglais des Curiosités inouïes était l’un des 1500 livres de la bibliothèque de Sir Thomas Browne et constitua l’une des nombreuses sources pour son encyclopédie intitulée Pseudodoxia Epidemica. Brown fait ainsi référence à l’astrologie de Gaffarel dans « Le Jardin de Cyrus » :

Could we satisfy our selves in the position of the lights above, or discover the wisdom of that order so invariably maintained in the fixed stars of heaven......we might abate.....the strange Cryptography of Gaffarell in his Starrie Booke of Heaven.

Écrits et éditions des œuvres de Jacques Gaffarel :

  • Abdita divinae Cabalae mysteria contra Sophistarum logomachiam defensa, Paris, H. Blagaeart, 1625.
  • Curiositez inouyes, sur la Sculpture talismanique des Persans, horoscope des Patriarches, et lecture des Estoilles, Paris, Hervé du Mesnil, 1629.
  • Retractatio , in Censura Sacrae Facultatis Theologiae Parisiensis lata in Petri Picherelli Opuscula Theologica, Lugduni Batavorum 1629 excusa, Paris, Jean Guillemot, 1629.
  • Nihil, ferè nihil, minus nihilo : seu de ente, non ente, et medio inter ens et non ens, positiones XXVI, Venise, Pinelli, 1634
  • Iacobi Gaffarelli theologi... quaestio pacifica, num orta in religione dissidia componi et conciliari possint per humanas rationes et philosophorum principia ..., Parisiis, apud C. Du Mesnil, 1645
  • Le monde sousterrein ou Description historique et philosophique, Paris, C. Du Mesnil, 1654.

De plus, quatre lettre nous sont parvenues : elles ont été publiées avec avertissement, notes et appendices dans les Annales des Basses-Alpes, bulletin de la Société scientifique et littéraire de Digne, 1886.


3. Bibliographie et liens

  • Paul Gaffarel, « Jacques Gaffarel (1601-1681) » in Annales des Basses-Alpes, t. XI., Digne, 1906
  • ibid., t. XIII, Digne, 1908
  • « L’histoire du monde souterrain de Jacques Gaffarel » in Les Alpes de Lumière, n°26, septembre-novembre 1962
  • François Secret, Postel revisité. Nouvelles recherches sur Guillaume Postel et son milieu, Paris & Milan, 1998




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Sujets Théologien · Spéléologie
 
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