Indiana Jones de Steven Spielberg

Intérêt
Attendue depuis si longtemps, la trilogie d’Indiana Jones de Steven Spielberg est enfin parue en Dvd zone 2, fin 2003, dans une édition remasterisée et labellisée THX. Le résultat était de qualité et justifie que l’on se replonge dans ce cocktail savoureux d’aventures et d’humour au moment même où un quatrième épisode (Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal) sort dans les salles de cinéma.


Table des matières

1. Indiana Jones et les aventuriers de l'arche perdue


Analyse :


Ce premier opus de la célèbre trilogie jette les fondements, à travers la naissance d'un nouveau héros d'aventures, du film même de divertissement de qualité des années quatre-vingt. Il connaît un immense succès, sera suivi de deux suites et, quelque vingt ans plus tard, d'un nouveau projet de tournage, en 2004, pour une quatrième réalisation.

Dès l'ouverture du film, le héros est présenté de dos, couvert d'un chapeau, avant qu'il ne soit montré de face, armé de son fouet. Ce dévoilement progressif s'accompagne aussi d'une touche d'humour qui distancie quelque peu de l'action. Chapeau, fouet, sang-froid et humour définissent aussitôt la panoplie et le caractère de cet aventurier qui paraît directement issu de l'univers d'une bande dessinée. Mais, après une première séquence très réussie, le portrait s'affine et notre héros se révèle sous un autre jour, celui d'un professeur qui tient sous le charme (de ses cours ?) ses étudiantes. Bref, ce héros-là cumule, tel un Dr Jekill/Mr Hyde, les doubles qualités du savant et de l'homme d'action !

L'autre intérêt du film est de proposer un spectacle ludique de divertissement basé sur des recettes éprouvées : dépaysement géographique à coup de voyages aériens - judicieusement tracés sur une mappemonde qui s'intercale entre les différentes séquences selon un art graphique hérité, il faut le répéter, de la culture des bandes dessinées - ; lutte sans merci entre les représentants du Bien et du Mal au cœur d'une période troublée de l'Histoire ; évocation d'un passé à la fois religieux et mythique ; action débridée, voire effrénée (poursuite en bateau, en camion ; fusillades, explosions ; retournements, etc.) ; et enfin, plaisir suprême, humour teinté de dérision. Certes, rien n'est vraiment très nouveau, mais le cocktail est si réussi que ce fut, à l'époque, une révélation et que le film devint aussitôt culte. D'ailleurs, aujourd'hui, il nous séduit encore et nous sous sommes tous précipités sur ce coffret, ô combien précieux, pour retrouver la magie de l'aventure en compagnie d'Indy !


Synopsis :


En 1933, Indiana Jones, archéologue, professeur et aventurier, s'oppose à son confrère français, René Belloq, qui s'est mis au service des nazis pour les aider à retrouver l'Arche d'alliance renfermant les Tables de la Loi apportées par Moïse aux Hébreux et disparues depuis plusieurs milliers d'années. Ses efforts le conduiront successivement au Népal, puis au Caire où il découvre l'emplacement exact de l'Arche. Après de multiples rebondissements, Indy finit par la ramener aux Etats-Unis, où elle est enfermée dans un lieu protégé.


2. Indiana Jones et le temple maudit


Analyse :


S’inspirant, à mon sens, du merveilleux diptyque de Fritz Lang (Le Tigre du Bengale de 1958 et, surtout, Le Tombeau hindou de 1959, récemment édités en Dvd) Spielberg nous propose, de nouveau, le plus fabuleux des voyages en nous conduisant de Chine en Inde, et de l’immensité des cieux à l’exiguïté d’un gouffre.

Cette chute vers un monde souterrain s'apparente à une véritable descente aux enfers au sein d'une secte qui exploite les enfants et se lit comme un voyage initiatique au plus profond de l'âme humaine sous l'emprise du Mal. Une magnifique et cauchemardesque aventure au cours de laquelle le héros doit s'accomplir et révèle ses qualités de vaillance, de don de soi et de générosité. Mais la fantaisie omniprésente, la présence féminine à la fois fascinante et irritante, et l'humour des situations et des dialogues tirent aussi le film vers la comédie.

Synopsis :

En 1935, à Shanghaï, dans un cabaret de grand luxe (nommé « Obi Wan » en un clin d'œil à Lucas et à « Star Wars »). Indiana Jones s'allie à un jeune chinois, Demi Lune, et à une chanteuse, Willie Scott, pour se tirer d'une affaire très mal engagée. L'avion, qui leur permet de s'enfuir en échappant à leurs poursuivants, suite à la désertion, en plein vol, des pilotes, les conduit malgré eux, après un atterrissage-sauvetage bien improbable, jusqu'en Inde où, émus par le triste sort des habitants d'un village privés de leur pierre magique Shivalinga, ils vont devoir affronter une secte cruelle pour s'emparer de cette pierre d'Ankara et la restituer à leurs légitimes propriétaires


3. Indiana Jones et la dernière croisade


Analyse :


Il faut préciser que le mythe du Graal, à l'origine celtique, a été repris par les Chrétiens qui y ont vu le Calice dans lequel le Christ a bu le vin de la Cène et qui aurait servi à recueillir son sang. Ce troisième film a pour premier intérêt de dévoiler la scène originelle - antérieure aux trois films - qui, tout à la fois, justifie la passion d'Indiana pour le passé et l'archéologie, révèle les raisons de son accoutrement (chapeau et fouet) et justifie sa peur panique des serpents (telle qu'elle s'est manifestée dans les deux oeuvres précédentes). Par ailleurs, il raconte - une nouvelle fois - une histoire d'aventures trépidantes et merveilleuses qui fait de nous des enfants emportés par le rythme des exploits du héros et qui nous conduit, cette fois, d'Italie au Moyen-Orient en passant par le Tyrol. La réussite de ce troisième opus de Spielberg tient, une nouvelle fois, à l'alliance indissociable du suspens et de l'humour. Un suspens qui naît de l'imprévu (voyages, coups de théâtre, secrets, trahison, etc.) et suscite un intérêt jamais démenti. Que ce soit dans la crypte vénitienne ou dans le château bavarois infesté de nazis ; qu'il s'agisse de résoudre l'énigme des chevaliers du Graal, les surprises s'amoncèlent et nous demandons - tels des enfants complices, ravis et consentants - comment Indy va pouvoir s'en sortir tout en sachant qu'un coup de baguette du destin le lui permettra.

Un humour qui éclate dans la trouvaille scénaristique d’adjoindre aux aventures d’Indiana la présence d’un père merveilleusement interprété par Sean Connery. Les rapports entre le père et le fils viennent enrichir un film qui évite ainsi à ce troisième opus les dangers d’une répétition. Ce sont des rapports de père à fils qui se développent, selon le schéma oedipien le plus classique, sur le double mode du conflit et du désir de reconnaissance (Cf. la célèbre réplique récurrente du film qui dresse le fils contre le père : « Ne m’appelle pas Junior ! » somme Jones fils en s’adressant à Jones père). Mais l’histoire impose de lui porter secours ! On l’aura compris : sous cet humour qui baigne le film se conduit une double quête qui mène au Saint-Graal et à la découverte de ce père mé-connu bien que connu. connu. A cet égard, la scène qui montre le fils et le père attachés dos à dos - lors de leur capture dans le Château des Nazis - est très symbolique en ce qu’elle insiste sur le lien familial affectif (ils sont attachés l’un à l’autre) tout en précisant leur conflit (ils se tournent le dos).

Bref, ils ne seront « libres » et épanouis que lorsqu'ils auront résolu leur conflit. A l'évidence, Spielberg aborde ici une part de son univers personnel intime qui se retrouvera, notamment, dans le récent « Arrête-moi si tu peux » avec les rapports complexes qui lient les personnages interprétés par DiCaprio / Christopher Walken (fils et père) et DiCaprio / Tom Hanks (fils et père idéal ?). Les Jones - Indiana et Henry - atteindront au final ce bien inestimable dont tout homme rêve : l'acquisition de la sagesse à travers la reconnaissance mutuelle et affectueuse de leurs différences dans leur complémentarité.


Synopsis :


Le film s'ouvre sur un Indiana Jones adolescent qui, dans l'Utah en 1912, affronte un groupe de pilleurs de sépultures et récupère une relique, la croix de Coronado, dérobée pour l'offrir à un musée archéologique bien plus tard, vers 1938. Devenu - comme les deux précédentes œuvres l'ont montré - un éminent archéologue, il apprend que son père, à la recherche du Saint-Graal, a disparu. Pour le retrouver, il va, d'aventures en mésaventures, en compagnie d'Elsa, fascinante et ambiguë assistante de son père, mener une recherche contre les entreprises des nazis. La quête du Graal est à ce prix.


4. Édition DVD zone 2


Ce coffret édité à la fin de l’année 2003 est toujours intéressant à se procurer - en attendant une nouvelle édition Blue ray !

  • Image : l’image est au format 2.35 : 1. Version plein écran optimisé 16/9 compatible 4/3. Label THX. Si le label THX n’est pas forcément synonyme de qualité (on se souvient de l’édition THX de Rencontres du 3° type du même Spielberg, qui n’est pourtant pas exceptionnelle), il n’en reste pas moins que le label est le plus souvent un critère de qualité. La remasterisation des trois films a pour résultat une belle image, c’est-à-dire ni lisse, ni granuleuse et, dans l’ensemble, plutôt bien contrastée et joliment colorée. Si l’on tient à signaler un (très léger) défaut, c’est un noir peu profond dans quelques scènes du premier opus. Mais il faut aussitôt ajouter que dans ce même film (« Les Aventuriers de l’Arche perdue »), l’image est si bien définie, si précise, qu’il est difficile de ne pas « voir »,dans le Temple des guerriers Chachapoyons, le coté carton-pâte factice des rochers ! Bref, l’image délivrée par la remasterisation labellisée THX est une réussite.
  • Son : le son a été remixé et labellisé THX. La VO est en DD 5.1 sous-titrée en français. La VF est en Dolby Surround. La première remarque à faire est de signaler qu’il s’agit, au final, d’un vrai 5.1, bien meilleur que celui de certains films d’aujourd’hui ! Une seconde remarque s’impose : la VO est à conseiller et cela pour trois raisons. D’abord, parce qu’elle offre plus d’ampleur que la VF, ce qui convient tout particulièrement à la Trilogie qui multiplie les effets visuels et sonores. Ensuite, la VF souffre d’un inconvénient majeur dans la mesure où le doublage français de la voix de Harrisson Ford n’a pas été assurée par le même comédien français lors des trois films ; ce qui, il faut bien l’avouer, est pour le moins dérangeant lorsqu’on visionne l’ensemble du triptyque en peu de temps. Enfin, la voix de Ford convient parfaitement au caractère de son personnage d’intello-aventurier plein d’humour. Si l’on compare la VO de chacun des trois films, on s’aperçoit que tous ont en commun une belle dynamique qui ajoute un plaisir sonore supplémentaire à celui que l’on avait de les revoir. Désormais, si l’on est équipé d’une installation complète, on profite d’une action soulignée d’effets sonores percutants (certains sont parfois même trop appuyés) renforcés par les graves d’un caisson souvent sollicité. Bref, on est au cœur de l’action, véritablement immergé dans l’action ! D’autre part, la musique si expressive de John Williams est mise en valeur de la plus belle des façons et participe encore plus au charme des films. Si l’on compare les trois bandes-sons, on s’aperçoit que le premier film présente moins d’effets spatialisés que les deux suivants et procure un plaisir qui naît plutôt de l’ampleur de l’ensemble. Il en est de même pour le second opus qui offre toutefois davantage de détails sur chacun des canaux. Quant au dernier film, plus récent, il propose un rendu sonore à l’évidence encore plus précis dans la spatialisation des effets, canal par canal. Une réussite !
  • Suppléments : l’ensemble des Suppléments - sous-titrés en français - fourmille d’anecdotes et il faudrait plusieurs pour les évoquer dans le détail ! Précisons qu’avec 184’ enregistrées il y a de quoi satisfaire toutes les curiosités. Dans l’ordre du Menu, on trouve "Naissance d’une Trilogie". Il s’agit d’un long documentaire au cours duquel la Société Lucasfilm ouvre ses archives qui contiennent des informations inédites. Suivent quatre autres documentaires intitulés : "La lumière et la magie d’Indiana Jones" ; "Le son d’Indiana Jones" ; "Les cascades dans Indiana Jones" et "La musique d’Indiana Jones", qui font le tour des films dans le détail de leur réalisation. Une somme d’informations qui ravira les amateurs.
  • Coffret : l’édition propose un boîtier cartonné de couleur brun rougeâtre qui imite la couverture vieux cuir d’un livre (Cf. la tranche et la simili plaque vernissée sur laquelle s’inscrit « Indiana Jones » en léger relief par rapport au boîtier). Il enferme quatre digipacks très minces (les trois disques des films et celui consacré aux Bonus). Le recto affiche le célèbre aventurier affublé de son feutre et armé de son fouet sur une sorte d’imitation de parchemin. « Indiana Jones » est gravé en discret relief : c’est du plus bel effet ! Le verso est plus banal et détaille les caractéristiques du coffret. Chacun des digipacks arbore une affiche différente et s’ouvre en deux parties comm un livre : la face intérieure gauche propose le menu du Dvd et trois photos du film correspondant ; la face intérieure droite reçoit le disque. Il est à noter que celui des Bonus contient un dépliant présenté à l’identique qui détaille les suppléments offerts. Chaque verso propose un résumé illustré des photos du film. Le carton - vernissé - est beau à voir et agréable à manipuler.



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Droits d'auteur © Henri PHILIBERT-CAILLAT



5. Bandes annonces







 
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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2014-02-20 14:32:24




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