Histoire de France

Intérêt
Cet article présente un résumé de l’histoire des territoires qui correspondent à la France actuelle : ce travail déborde du cadre de L’Histoire de France qui se confond, selon l’historiographie moderne, avec l’histoire de la nation française.

En ce sens plus restrictif, l’Histoire de France commence au Ve siècle, avec la création du royaume des Francs : le nom actuel de la France évoque celui de cette ethnie germanique et ne désigne plus que les territoires englobés dans la France actuelle au IXe siècle, à la suite des partages qui créent la francia occidentalis. Le roi des Francs (rex francorum), quant à lui, ne devient roi de France qu’au début du XIIIe siècle.

Table des matières

1. Protohistoire de la France

Les premières sources écrites qui évoquent les territoires formant la France sont grecques et s’intéressent pour cette raison à la fondation de Marseille par des colons phocéens. Thucydide consacre une quinzaine de lignes à ces événements survenus deux siècles auparavant dans sa Guerre du Péloponnèse. Contemporain de Thucydide, Hérodote développe davantage le sujet dans ses Histoires. Cependant, les rares mentions qui concernent la Celtique proprement dite ne livrent que quelques ethnonymes (les Ligyes (Ligures ?) dans la région de Marseille, par exemple), sans grande précision géographique. Comme l’immense majorité de leurs contemporains, ces deux auteurs, en effet, n’ont qu’une connaissance limitée et de seconde main de ces territoires.

Il faut attendre Aristote, élève d’Isocrate et de Platon (-384 à -332) pour que les mœurs des Celtes, habitants de la Celtique (du grec Κελτοί Keltoi) qui s’étend entre Rhône et Alpes soient le sujet de développements. Aristote, comme la plupart des écrivains antérieurs à la conquête romaine de la Gaule, insiste surtout sur la richesse légendaire du pays, la valeur guerrière de ses soldats et les mœurs barbares (au sens moderne) de certains Celtes. À partir du IVe siècle av. J.-C., les sources sont plus abondantes (cf. Extraits des auteurs Grecs concernant l’histoire et la géographie des Gaules, Paris, 1996) mais demeurent très partielles : leurs auteurs (historiens ou géographes), en effet, travaillent à partir de sources secondaires et n’effectuent jamais le voyage sur place pour vérifier les affirmations des Anciens.

Article détaillé : Sources grecques et latines sur la Gaule

1.1. Principautés du premier Âge du fer (-850 à -450)

Le recours à l’archéologie permet d’entrevoir l’irruption de troubles militaires et sociaux dans les sociétés relativement stables du néolithique tardif et de l’âge du bronze. Ces troubles ont lieu vers -850, c’est-à-dire au premier Âge du fer, comme le montre le terminus postquem (la date de la fin d’occupation) de nombreux sites.

À l’intérieur du continent, caractérisé par l’existence de plusieurs « complexes techno-économiques » (P. Brun), dont un dans les Alpes qui peut être qualifié de « proto-celte », dominent des « principautés » hallstattiennes de taille relativement importante. Celles-ci sont régies par une aristocratie guerrière. Ces « princes et princesses de la Celtique » (ibid.) se font enterrer avec armes et chariots d’apparat, comme à Vix en Côte-d’Or (Bourgogne) ou à Hochdorf (dans le Wurtemberg). Leurs tombes ont également révélé la présence de luxueux objets provenant du pourtour méditerranéen (notamment d’Égypte), ce qui atteste la dimension commerciale de la richesse de ces aristocrates.

Les échanges commerciaux avec l'aire méditerranéenne se développent à la même période : ils sont attestés avec les Phéniciens, dans le Languedoc ou avec les Étrusques, en Provence. Ces peuples exploitent probablement des routes commerciales sur le continent, assurant la prospérité de relais indigènes à l'intérieur des terres. Ils connaissent l'alphabet et l'écriture, mais s'ils les introduisent par l'intermédiaire de leurs comptoirs, ces innovations ne sont pas reprises par les autochtones.

Vers -600, a lieu en Provence la fondation légendaire de Massalia (Marseille) par des marins grecs venus de Phocée, alors cité d'Asie Mineure. Si d'autres comptoirs du même type existaient au nord de la Méditerranée (comme Antibes, créée en -680), la cité phocéenne prend toutefois un ascendant décisif sur ses rivales vers -550 avec l'arrivée en masse de réfugiés phocéens lorsque leur cité tombe aux mains des Perses. Marseille étend alors plusieurs siècles durant son influence, au détriment de ses compétiteurs (Carthaginois, Étrusques), et parfois des indigènes, auxquels elle se heurte régulièrement.

1.2. Les Celtes (-450 jusqu'au IIe siècle av. J.-C.)

Vers -450 / -400, des changements importants ont lieu dans les domaines artistique, militaire et probablement social : c'est le moment où apparaît la culture laténienne proprement dite dans l'espace géographique français. Si plusieurs théories se sont longtemps affrontées pour expliquer les changements observés par l'archéologie, aujourd'hui la thèse d'une « invasion » celtique d'un espace occupé précédemment par des populations pré-celtiques (Ligures, Ibères) apparaît caduque, dans la mesure où la mobilité des populations, l'importance des échanges internes au monde barbare et la puissance militaire grandissante des Celtes à l'échelle européenne interdisent toute vision simpliste.

Les Celtes accomplissent alors des expéditions qui les mènent en Italie du nord, à Rome (-387), sur le Danube (-336), à Delphes (-280) et jusque dans l'actuelle Turquie (Galates). Plus tard, Tite-Live résume en quelques phrases l'origine gauloise de ces migrations qu'il explique par la démographie. Selon lui, Ambigat, roi des Gaules, avait deux neveux, Bellovèse et Ségovèse, qui partirent chacun à la tête d'une armée, respectivement vers l'Italie et vers la Germanie, parce que la population s'était accrue au delà de ce que la terre pouvait supporter. Ses sources exactes sont inconnues, mais il est probable qu'il reprenne une ancienne tradition gauloise, compte tenu du fait qu'il cite des noms de peuples précis.

Les Romains, en particulier, gardent le souvenir de ces invasions (la « Terror Gallicum ») à travers l’anecdote du célèbre « Malheur aux vaincus » (« Vae victis ») prononcé par le chef celtique Brennus à l’occasion de la rançon de leur ville. Plusieurs siècles après, ces événements sont encore invoqués par Cicéron dans un plaidoyer (De provinciis consularibus) pour que Rome soummette la Gaule.

1.3. La Gaule indépendante (IIe - Ier siècle av. J.-C.)

Se substituant au nom grec « Celtes », le nom latin « Gaulois » (Galli) est attesté pour la première fois sous la plume romaine de Caton l’Ancien, vers -168 : il désigne alors les habitants de la Celtique qui avaient envahi la plaine du Pô, c’est-à-dire les habitants de la Gaule cisalpine. Selon les sources latines, relativement abondantes, les monarchies et oligarchies gauloises semblent au IIe siècle céder le pouvoir à des magistrats élus : les « vergobrets ». Les institutions gauloises, mal connues, apparaissent toutefois plus anciennes.

Contrairement à l’image traditionnelle héritée des auteurs classiques et à la vision moderne des « barbares » gaulois, il apparaît aujourd’hui que la civilisation en Gaule fut particulièrement florissante pendant la période immédiatement antérieure à la conquête romaine. L’émergence de véritables villes fortifiées – une « civilisation des oppida » – ou encore la frappe de monnaies (le denier romain est imité à partir de -75) sont les traits caractéristiques d’une civilisation équivalente sous bien des aspects à celles que connaît la péninsule italienne au Modèle:IIIe siècle av. J.-C.. L’attrait des territoires mis en valeur par ce développement précoce et l’évolution politique qui aboutit à la constitution de puissantes fédérations de peuples, comme les Salyens dans le midi, ou d’hégémonies, comme celle des Arvernes, peuvent expliquer que Rome éprouve le besoin de s’impliquer dans les affaires de la Gaule.

1.4. La fin de l'indépendance gauloise (-125 à -51)

Le sud-est de la France, notamment le Languedoc et la Provence, sont conquis par Rome dès le milieu du IIe siècle en deux campagnes successives (en -154 et -125).

Sous le prétexte d’une aide militaire apportée à Marseille, le général romain Sextius Calvinus assiège la « capitale » des Salyens et provoque la fuite de leur roi : c’est de son nom que dérive celui de la ville d’Aix-en-Provence (Aquae Sextiae, « Les eaux de Sextius »), alors que celui de la ville des Salyens sur le plateau d’Entremont, au nord, s’est perdu.

En août -121, les Romains, menés par le consul Flavius, affrontent une coallition arverne et allobroge au confluent de l'Isère. Rome, en effet, attaque ce dernier peuple sous le prétexte qu'il avait accueilli le roi salyen comme réfugié. Le roi arverne, Bituit, est alors fait prisonnier et emmené en triomphe en Italie. Au même moment, les Gaulois rivaux de l'hégémonie arverne, à savoir les Éduens, sont reçus au sénat et sont proclamés « amis de Rome ».

Après cette défaite gauloise, le reste des territoires situés au sud et à l'est des Cévennes sont rapidement soumis par la force.

Tandis qu'est constituée la première province romaine hors d'Italie : la Narbonnaise (-121), il semble que l'hégémonie arverne soit déstabilisée sous la double influence de Rome au sud et de ses alliés éduens au nord. Le pouvoir des magistrats – les « Vergobrets » que mentionnent les sources – succède à la monarchie arverne sans que la tentation de celle-ci ne disparaisse.

Vers -80, un chef du nom de Celtill, père du futur « Vercingétorix », tente de restaurer un pouvoir régalien sur les Arvernes, comme au temps de Luern et de Bituit. Mais il échoue et est brûlé vif par l'aristocratie de son peuple. Son frère, Gobanitio, semble avoir été son principal rival lors de cette affaire, puisqu'il devient alors le premier par son pouvoir chez les Arvernes.

La Narbonnaise est nommée Gallia togata ou « Gaule en toge » dans les sources du Ier siècle av. J.-C., en raison de sa romanisation avancée et les Romains entretiennent des relations amicales avec plusieurs peuples gaulois au nord de la Loire ; Cicéron désigne cependant cette Gaule indépendante sous l’expression « Gaule chevelue », qui évoque la barbarie de ses habitants. En -58, l’ambition d’un homme, Jules César, et la menace que fait peser la pression germanique sur les Gaulois, viennent bouleverser cet équilibre précaire.

Le prétexte ou la raison dernière de l'intervention romaine est la migration helvète : ce dernier peuple, fuyant devant les Germains, désire s'établir en Gaule et menace donc les peuples gaulois alliés des Romains, mais surtout, en arrière du rempart humain que ces derniers constituent, l'événement inquiète Rome.

Jules César, qui a été nommé proconsul des Gaules peu de temps auparavant fait alors irruption à la tête de ses légions au nord du Rhône. Pour légitimer son action, il s'appuie sur un senatus-consulte de -61 qui promet assistance au peuple éduen.

Dès lors, le jeu politique qu'il mène avec les peuples gaulois tend à faire de lui le réel maître de la Gaule chevelue, bien qu'il se fut d'abord présenté comme le défenseur de cette dernière.

Il faut attendre janvier -52, avec l'accession au pouvoir de Vercingétorix, pour que les Arvernes et leur clientèle se soulèvent contre l'armée du proconsul : la politique de ce dernier, en effet, avait surtout favorisé leurs rivaux éduens.

Pour mettre fin à l’insurrection gauloise, la Gaule chevelue est conquise par Jules César de -58 à -51, date à laquelle tombe l’oppidum d’Uxellodunum dans le Quercy. Ces campagnes nous sont connues par l’oeuvre du général romain lui-même sous la dénomination de « guerre des Gaules ». Celle-ci, en réalité improprement nommée, ne toucha jamais l’ensemble des territoires gaulois et fut principalement le fait de la résistance du jeune chef arverne Vercingétorix, le vaincu d’Alésia en -52, et de ses fidèles parmi les peuples clients des Arvernes.

2. La Gaule romaine

Contrairement à ce qui a longtemps été admis, la romanisation et la pacification semblent durer au moins un siècle. Les élites sont les plus promptes à servir le conquérant romain en adoptant son style de vie et sa langue. Ce phénomène est renforcé par les Tables de Lyon, lorsque l'empereur Claude donne accès au Sénat romain aux Gaulois. Les habitants de cette « Gaule romaine » sont nommés Gallo-romains par l'historiographie du XXe siècle, bien que l'expression n'ait jamais été employé par les contemporains.

En 21, de nouvelles mesures fiscales poussent plusieurs peuples gaulois, dont les Andécaves et les Turons à se révolter. Un Éduen nommé Julius Sacrovir prend la tête de paysans insurgés dans le Nivernais et oppose les auxiliaires gaulois qu'il commande aux troupes romaines. Vaincu, il se donne la mort par immolation.

En 69, un officier germain, le Batave, Civilis, souleve ses troupes en Belgique alors que Vitellius et Vespasien s'affrontent pour l'Empire. Le Lingon Julius Sabinus, officier gaulois aidé par deux auxiliaires Trévires vient à bout de trois légions romaines en garnison sur les bords du Rhin. Il brise les tables de Lyon et se fait même proclamer « César », mais il est bientôt vaincu par les Séquanes. Pris par les Romains après avoir vécu caché neuf années, il finit supplicié avec son épouse.

En définitive, cet épisode qui oppose des Gaulois entre eux – Sabinus étant lui-même allié à des Germains – relève plus de troubles intérieurs que d'une volonté de mettre fin à une quelconque domination romaine. La paix qui s'instaure ensuite – si elle est d'abord une paix « en armes » – dure jusqu'aux troubles du milieu du IIIe siècle.

2.1. Les crises du IIIe siècle

Au milieu du IIIe siècle, en 258, Francs et Alamans franchissent le Rhin et pillent la Gaule. Un éphémère empire des Gaules, sans que celui-ci ait un caractère national, est créé par Postumus, bientôt assassiné par ses soldats.

A la même époque, la crise économique et sociale pousse des bandes de « bagaudes » révoltés contre l'Empire dans les bois ou dans les régions peu peuplées.

L'Empire romain surmonte cette crise et paraît renforcé sous Dioclétien (284 - 313 ou 316) qui met en place le système de la Tétrarchie. C'est son général, le futur empereur Maximien, qui vient à bout de la résistance des bagaudes.

2.2. Les invasions germaniques (406 - VIe siècle)

Selon l’historiographie latine, dans la nuit du 31 décembre 406 au 1er janvier 407 a lieu une invasion massive de l’Empire romain lorsque Vandales, Suèves, Alains et d’autres peuples germaniques franchissent le limes rhénan (la frontière sur le Rhin), profitant de la glace qui a pris les eaux du fleuve.

Jusqu'à la disparition de l'Empire romain d'Occident en 476 – et malgré les efforts d'Aetius – le pouvoir impérial cède du terrain et les cadres de l'Empire se défont en Gaule, avant que le pouvoir politique ne passe aux mains des « rois ».

D’autres Barbares issus de divers peuples ont commencé à s’installer dans l’Empire depuis le milieu du IIIe siècle. Au IVe siècle, ils vivent en Gaule sous plusieurs statuts : soit comme fédérés – fœderati –, soit comme colons – lètes. L’armée romaine, surtout, s’est barbarisée, notamment en raison de la suprématie de l’armement des Germains : les riches propriétaires gallo-romains doivent composer avec les chefs barbares de factions rivales dès avant que le pouvoir des empereurs romains ne disparaisse.

Au Ve siècle, un de ces barbares devenu roi (rex) des Francs saliens, Childéric, asseoit durablement le pouvoir militaire de son peuple sur les territoires situés au nord de la Loire en guerroyant au service du nouveau « maître de la milice » Ægidius ou Égidius contre les Wisigoths, puis aux côtés du successeur d’Ægidius, le comte Paul, contre les Saxons et enfin, contre les Alamans. Paul mort, Childéric semble gagner un statut de défenseur du clergé gaulois, peut-être grâce à ses relations avec Sainte Geneviève, à Paris où il réside souvent.

Mais, en 464, Ægidius meurt à son tour et son fils, Syagrius, lui succède « conservant ainsi cette portion détachée de l’Empire comme son bien propre et se faisant donner le titre de roi des Romains » (I. Gobry, Les premiers rois de France). Childéric retourne alors en Belgique pour garder la frontière contre les Alamans. Son unique fils, Clovis, devient roi des Francs à son tour à la mort de son père, en 481.

3. La naissance de la France

Article détaillé : Moyen Âge français

Le Moyen Âge est une période « densément importante » pour l'Histoire de France : d'une part le Moyen Âge est la période historique la plus longue (un millénaire) ; d'autre part, l'histoire locale est alors capitale : chaque comté, chaque ville a une importance politique, stratégique, économique, et chaque principauté possède sa propre histoire.

Mais surtout, la nation française naît pendant cette période, entre le Ve et le XVe siècle.

Plusieurs dynasties ont régné sur les territoires composant la France au Moyen Âge :

3.1. La Gaule mérovingienne (Ve - VIIIe siècles)

La France moderne doit son nom aux Francs. Après l'effondrement de l'Empire romain d'Occident, en 476, les succès militaires et politiques de ce peuple germanique et la conversion de son roi, Clovis, au christianisme orthodoxe (romain, par opposition à l'arianisme, en 496), permettent aux Francs de mettre la main sur l'essentiel de la Gaule.

De nombreux traits de l'Antiquité tardive perdurent : il faut noter que le nom de l'ancien territoire romain reste en usage, du moins chez les lettrés chrétiens, jusqu'au milieu du VIIIe siècle environ. Au VIIe siècle, encore, Grégoire de Tours mentionne que l'aristocratie arverne parle le gaulois.

En parallèle, une lente évolution se dessine : sous la dynastie des successeurs de Clovis – les Mérovingiens – la romanité se dissout, tandis que le centre de gravité du pouvoir se déplace vers le nord-est. Dès la mort de Clovis, en effet, la coutume germanique de partage du royaume donne lieu à la coexistence de plusieurs ensembles territoriaux (regna). Deux dominent : la Neustrie et l’Austrasie, qu’oppose pendant près de deux siècle une lutte fratricide. Ils ne sont réunis qu’à deux reprises, durant les règnes de Clotaire II (613 – 629) et de Dagobert Ier (632 – 639)

L'Austrasie, qui parvient à s'étendre à l'est grâce à la conquête par les Francs de la majeure partie de la Germanie (notamment celle de la Frise), en sort triomphante. Mais l'ensemble des royaumes des Francs connaissent une crise profonde qui s'étend en occident du VIe siècle jusqu'au VIIe siècle. Des épidémies de peste surviennent en 543, 571, 580, 588, 591, 599 : le recul démographique et technique est certain. La vie urbaine régresse et avec elle, la culture classique ; les hommes libres voient leur nombre diminuer tandis qu'émerge une puissante aristocratie militaire et terrienne.

Les changements les plus importants, peut-être, ont lieu sur le plan idéologique : durant cette première phase de formation des traits de la civilisation médiévale, la notion d’État, c’est-à-dire de « bien public » (res publica) héritée de la Rome antique disparaît quasiment au profit de la confusion entre biens publics et cassette personnelle du souverain. Partout, il en résulte la multiplication des pouvoirs privés et un affaiblissement de l’autorité centrale.

À la fin de la période mérovingienne, les rois ont perdu l'essentiel de leurs pouvoirs au profit des « maires du palais », c'est-à-dire de l'aristocratie formée par les grands propriétaires terriens. Ces derniers, au-dessus des autres détenteurs de « charges », dirigent dans les faits les affaires du royaume et constituent avec les Pépinides le terreau d'une nouvelle dynastie.

3.2. La naissance de la France sous les Carolingiens (IXe - Xe siècle)

Les Pépinides, dont les ancêtres avaient été maires du palais austrasien à plusieurs reprises (notamment avec Charles Martel, le vainqueur de la bataille de Poitiers en 732), n'accèdent à la royauté qu'avec Pépin le Bref, en 751.

Le royaume des Francs (latin regnum francorum), unifié durablement pour la première fois depuis la mort de Clovis par les premiers Carolingiens, connaît sa plus grande expansion sous Charlemagne : ce dernier l’étend encore (dilatatio regni) jusqu’en Saxe, à l’est, et jusqu’au pays basque, au sud vers la fin du VIIIe siècle.

Après avoir opportunément su s'attacher le soutien de Rome en aidant le Saint Siège contre les Lombards, Charlemagne se fait couronner « Empereur des Francs et des Romains » dans cette dernière ville, à la noël 800. Si son « empire » est essentiellement rural et très éloigné de la Rome antique, le souverain se pose néanmoins en égal de l'empereur byzantin. Il s'entoure de lettrés venus de toute l'Europe et notamment d'Angleterre (Alcuin) : ce cercle formule les idées nécessaires à la renaissance de l'Empire romain en Occident, et inspire des réformes qui – si elles ne portent pas leurs fruits – donnent néanmoins lieu sur le plan culturel à la Renaissance carolingienne.

La conception chrétienne de l'unité impériale cède toutefois devant la coutume du partage du royaume. En moins d'une génération après la mort de Charlemagne, la « Francie », terme qui désigne en premier lieu les territoires du royaume originel des Francs, donne naissance à la « France », ensemble ethno-politique.

L’idée seule de l’unité impériale, en effet, perdure sous le règne de Louis le Pieux ; les territoires qui composent l’Empire sont dans un premier temps divisés entre la Francie occidentale, la Lotharingie et la Francie orientale. Sous les règnes des petits-fils de Charlemagne, Charles le Chauve et Louis le Germanique, les serments de Strasbourg (842), puis le traité de Verdun (843) entérinent la division, notamment linguistique, entre les territoires qui vont former la France et ceux qui vont former la Germanie (francia occidentalis/francia orientalis).

3.3. Du domaine royal au royaume de France sous les premiers Capétiens (XIe - XIIe siècle)

Les remplaçants des derniers Carolingiens, c'est-à-dire les premiers Capétiens ont peu d'influence sur leurs plus puissants vassaux : ces derniers sont de fait à la tête de principautés qui forment le véritable cadre d'exercice du pouvoir temporel. À l'inverse, le roi possède quant à lui des territoires peu étendus, réduits pour l'essentiel à l'Île-de-France, reliquat de l'ancien duché de France de Robert le Fort.

Toutefois, en quelques siècles, les Capétiens, qui constituent la première dynastie proprement française, parviennent à asseoir l'hérédité de leur pouvoir et, par une politique habile suivie par la plupart d'entre eux, à accroître significativement le domaine royal, pour en faire un des royaumes les plus puissants d'Occident. En marge du royaume de France, les grandes principautés médiévales sont le comté d'Anjou, le duché d'Aquitaine, le duché de Bourgogne, celui de Bretagne, le comté de Flandre et le duché de Normandie.

La France capétienne participe à l'essor général de la Chrétienté à partir du XIe siècle aux côtés de l'Angleterre, conquise par le duc de Normandie Guillaume en 1066, et de l'Empire germanique : il s'explique principalement par la cause démographique.

Les Français participent aux Croisades : la première est lancée depuis Clermont en 1095. Le nom franj en vient à désigner, sous la plume des chroniqueurs arabes, l’ensemble des croisés. Les Angevins s’illustrent dans la conquête de l’Italie méridionale et de la Sicile, entreprise par le duc Robert Guiscard.

La société féodale, encore, change : les mouvements visant à encadrer les guerres seigneuriales et à en limiter les conséquences (la Paix de Dieu, la Trêve de Dieu) contribuent au rétablissement de l'ordre dès le premier tiers du XIe siècle : l'idéal chrétien du chevalier évolue vers l'idéal courtois vers 1150. La réforme grégorienne de l'Église et l'essor de Cluny changent la religion. Enfin, les chartes de franchises améliorent le sort du peuple dans les villes, puis dans les campagnes au gré des nouveaux défrichements, surtout à partir du milieu du XIe siècle.

3.4. L'organisation et la consolidation de l'État français (fin du XIIe - XIIIe siècle)

L'État français s'organise et se consolide durant cette période, principalement grâce à l'action de trois rois : Philippe Auguste (1180 – 1223), Saint Louis (1226 – 1270) et Philippe IV le Bel (1285 – 1314).

Philippe le Bel étend le royaume aux détriments des Anglais (Normandie, Maine, Anjou, Tourraine, Poitou et Saintonge) et triomphe de l'Empereur germanique (victoire de Bouvines, en 1214) ; il renforce le pouvoir royal en diffusant l'institution des baillis. Saint Louis réunit le Languedoc au domaine royal (Croisade contre les Albigeois). Philippe le Bel s'entoure de juristes et le droit français se développe sous son règne.

La France du XIIIe siècle est aussi le pays le plus peuplé d'Europe avec près de 20 millions d'habitants : sa monarchie apparaît alors comme la plus solide de la chrétienté et rivalise avec le pape. Sur le plan culturel, enfin, l'art gothique, le rayonnement de l'Université de Paris et des lettres sont autant d'indices de l'apogée que connaît le royaume.

3.5. Crises et mutations du bas Moyen Âge (XIVe - XVe siècle)

Les XIVe et XVe siècles sont, pour la France et pour l'occident chrétien en général, une période de crises, dont les signes sont perceptibles dès la fin du XIIIe siècle : les défrichements s'arrêtent, l'expansion démographique ralentit, les finances du royaume atteignent leur limites.

Au XIVe siècle, s'y ajoutent la réapparition de famines qui entraînent une brusque hausse de la mortalité (1315 – 1317), le retour de la Peste (1348) et la guerre, récurrente de 1338 jusqu'en 1453, qui a été nommée « guerre de Cent Ans » par l'historiographie. Dans ce contexte, les troubles sociaux et religieux prennent également des proportions alarmantes aux yeux des contemporains : ligue des féodaux en 1314-1315, massacres de juifs et de lépreux en 1320, etc.

La lignée des Capétiens directs se termine de façon tumultueuse par le règne successif de trois fils de Philippe IV le Bel et les acquis de la monarchie, à nouveau, sont menacés par les seigneurs. Le scandale de la Tour de Nesle ébranle le prestige de la royauté. Louis X le Hutin mort prématurément, a un fils posthume, Jean Ier qui ne vit que quelques jours : le régent, son frère, devient alors roi sous le nom de Philippe V le Long. Faute d'héritiers, à sa mort la couronne passe au troisième frère, Charles IV le Bel. Faute d'héritier mâle à ce dernier Capétien direct, le pouvoir est dévolu à une branche cadette, les Valois.

Ce choix contrarie l’ambition d’un autre prétendant, descendant de Philippe le Bel par sa mère : Édouard III, roi d’Angleterre. La loi salique plus ou moins inventée par les grands féodaux pour écarter cette candidature jugée dangereuse pour leur propre indépendance, est la cause directe de la Guerre de Cent Ans.

Pendant cet interminable conflit, le territoire français est le champ clos des combats sporadiques mais acharnés entre roi de France et roi d'Angleterre. Les grands du royaume s'allient à l'un ou à l'autre en fonction de leur propre stratégie personnelle et la situation devient extrêmement difficile pendant le règne de Charles VI, devenu fou. Ses proches parents, Louis d'Orléans, frère du roi et le puissant duc de Bourgogne Jean sans Peur, y voient l'occasion d'étendre leur pouvoir et entrent dans une rivalité qui s'achève par l'assassinat des deux protagonistes et par la quasi éviction du dauphin Charles VII, devenu le « roi de Bourges » pendant que les Anglais parviennent à faire proclamer leur propre roi. L'irruption dans l'histoire du royaume de Jeanne d'Arc, brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431, est un événement qui est entré dans la légende, mais qui marque bel et bien la longue entreprise des rois de France pour chasser les Anglais hors du territoire français.

Avec la fin de la Guerre de Cent Ans, les rois de France regagnent prestige et autorité. Le sentiment national, aussi, s’est forgé au gré des vicissitudes de la période. Les rois de France se heurtent encore aux ducs de Bourgogne, les Grands Ducs d’Occident : Philippe le Bon et Charles le Téméraire seront les principaux rivaux de Charles VII et de son fils Louis XI. À leurs possessions bourguignonnes, ces derniers ont joint les Pays-Bas et figurent parmi les plus puissants d’Europe. À la mort du Téméraire, une partie de ses possessions reviennent à sa fille, Marie de Bourgogne, épouse de Maximilien d’Autriche : un nouveau danger se précise.

Le Moyen Âge s'achève sur la disparition des grandes principautés, annexées au domaine royal : Dauphiné (1349), l'ancien duché de Bourgogne (1477), le duché de Bretagne (sous Charles VII, en 1491), mais aussi l'héritage du roi René (la Provence, en 1481) et sur l'aventure des guerres d'Italie.

4. La France moderne

4.1. La fin de la France médiévale

La période moderne débute par la Renaissance. Ce mouvement philosophique et artistique, puis socioculturel conduit à l'affirmation du rôle prépondérant de l'Homme dans l'univers – à travers l'Humanisme – et aboutit à une remise en cause de l'emprise de l'Église sur la société. Elle est aussi caractérisée par la recherche de la « route des Indes », entreprise dans un but économique et qui amène la découverte du «  Nouveau Monde », en 1492, et la prise de conscience pour les Européens de l'existence d'autres cultures. L'ensemble de ces changements, auxquels s'ajoute le Schisme protestant, avec la réforme de l'Église entreprise par Luther et Calvin, fait voler en éclats les cadres de la société médiévale.

La France, toutefois, tarde à être gagnée par les nouvelles idées : la Renaissance culturelle y parvient depuis l'Italie par le biais des Guerres d'Italie. Cette aventure, autrement sans lendemain, commence sous le règne de Charles VIII (1483 – 1498). Elle est continuée par ses successeurs, Louis XII et surtout, François Ier. Ce dernier emmène Léonard de Vinci à sa cour : c'est l'époque de la construction des châteaux de la Loire, dont Chambord est le plus bel exemple. Parallèlement, des progrès techniques considérables ont lieu, amorcés à la fin du Moyen Âge, qui permettent un essor considérable de la production, de la diffusion du savoir (l'imprimerie), mais aussi l'expansion de la civilisation européenne.

Sur le plan politique, le principal compétiteur du roi de France en Europe est Charles-Quint, dont les possessions encerclent le royaume. La rivalité entre les deux hommes se poursuit sous le règne d'Henri II (1519 – 1559) et à travers leurs successeurs, elle occupe tout le XVIe siècle. La diplomatie française qui vise à vaincre l'Empereur occupe l'Europe entière : le catholique François Ier noue ainsi une alliance avec le sultan ottoman Soliman le Magnifique ; Henri II, quant à lui, signe un traité d'alliance avec les princes protestants allemands, en 1552. Henri VIII d'Angleterre, qui rompt avec la papauté pour pouvoir se remarier, fait figure d'arbitre dans le conflit...

4.2. Les guerres de religion

Aux progrès de la Réforme protestante, rendue possible par l'impression et la diffusion de la Bible, s'oppose la contre-Réforme de l'Église catholique. Le durcissement de l'opposition entre catholiques et protestants voit les deux religions s'affronter violemment dans l'ensemble de l'Europe et notamment dans le royaume de France.

Le règne d'Henri II (1547-1559), et surtout ceux de ses trois fils François II (1559-1560), Charles IX (1560-1574) et Henri III (1574-1589), furent marqués par cet affrontement entre protestants et catholiques, notamment par les huit Guerres de religion entre 1562 et 1598. Le massacre de la Saint-Barthélémy, le 24 août 1572 est l'exemple le plus tragique de ces affrontements. A la mort d'Henri III, assassiné par un moine fanatique, et faute d'héritier mâle, le trône passa à une branche cadette, les Bourbons, en la personne d'Henri IV, auparavant roi de Navarre, mais celui ci étant protestant, il ne fut pas reconnu par les ultra-catholiques de la Sainte-Ligue, il lui fallut reconquérir son royaume et surtout se convertir au catholicisme, ce qu'il fit en 1593 (il aurait eu à l'occasion le mot célèbre : "Paris vaut bien une messe"). Une fois son pouvoir consolidé, Henri IV mit un terme aux Guerres de religion en promulguant la liberté de culte pour les protestants par l'édit de Nantes de 1598. Aidé de son ministre Sully, Henri IV tacha de remettre sur pied le royaume durement éprouvé par les Guerres de religion ; lorsqu'il est assassiné par Ravaillac, un catholique fanatique en 1610, il lègue à son fils Louis XIII un royaume considérablement renforcé.

Article détaillé : Guerres de religion

4.3. La monarchie absolue

C'est sous la dynastie des Bourbons que la monarchie absolue, appelée également Ancien Régime est au faîte de sa puissance.

Louis XIII (1610-1643) succède à Henri IV qui est assassiné en 1610 par le catholique ultra Ravaillac.

Avec son ministre, le cardinal de Richelieu, le nouveau roi mène une politique de soumission des grands seigneurs du royaume, de durcissement envers les protestants et, sur le plan de la politique extérieure, d'affrontement avec la dynastie des Habsbourg, alors divisée en deux branches : les Habsbourg d'Espagne et ceux d'Autriche.

Durant le règne de Louis XIV (1643-1715), la France est la puissance politique, économique et culturelle qui rayonne sur l'Europe et sur le monde, notamment grâce à l'or espagnol : les métaux précieux sont drainés par la politique mercantiliste initiée dans le royaume par Fouquet et surtout par Colbert. Les nombreuses campagnes militaires de Louis XIV et la confusion entre l'argent de l'État et la Cassette royale, lourdement sollicitée par les fastes de sa cour, entraînent des problèmes financiers qui sont chroniques durant le XVIIIe siècle. Sur le plan de la politique intérieure, l'absolutisme atteint son apogée. La deuxième partie du règne du « Roi Soleil », surtout, est caractérisée par l'intransigeance, notamment en matière de religion : l'Édit de Fontainebleau constitue, le 18 octobre 1685, la révocation de fait de l'Édit de tolérance qu'avait promulgué Henri IV.

Louis XV succède à son arrière-grand-père, Louis XIV, mort en 1715. Son règne est brillant sur le plan culturel, marqué par les philosophes des Lumières (Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Diderot et d'Alembert, etc.) mais après une période d'incertitudes qui voit se multiplier les affrontements avec la puissance anglaise, la France perd son importance politique outre-mer, notamment en Amérique et en Inde, où elle doit céder ses territoires par le traité de Paris en 1763.

Le plus grand problème auquel est confronté l'État est alors le déficit budgétaire chronique qui rend le roi dépendant des financiers et des manieurs d'argent. Diverses tentatives de modernisation du « système fisco-financier », comme le « système » de Law pendant la régence de Philippe d'Orléans, échouent. Autre source de paralysie du gouvernement du royaume, le roi se heurte à l'opposition des Parlements, véritables cours de justice dominées par une aristocratie qui se pose en défenseur des lois du royaume ; En s'opposant à toute tentative de modification du système fiscal, ils empêchent la réforme nécessaire de l'Etat absolutiste.

Le petit-fils de Louis XV, Louis XVI est le dernier monarque absolu d'un royaume miné par les problèmes financiers et budgétaires. Il est destitué par la Révolution française.

5. Révolution française

Article détaillé : Révolution française

La Révolution française est l'événement qui marque dans l'Histoire de France le tournant entre « l'Époque moderne » et « l'Époque contemporaine ». C'est aussi la première fois, dans l'histoire de l'Europe depuis l'Antiquité, que le régime monarchique a été renversé, l'épisode de la Révolution anglaise de Cromwell n'ayant pas eu ce résultat. Son impact est également dû aux guerres de la Révolution et de l'Empire qui ont touché une large partie de l'Europe continentale avec la création de « républiques-sœurs » ou la fin du Saint-Empire romain germanique. La période révolutionnaire commence en 1789, avec la réunion des États généraux et la prise de la Bastille, et se termine en 1799 avec le coup d'État du 18 Brumaire.

5.1. Monarchie constitutionnelle

Article détaillé : Monarchie constitutionnelle française.

Le 4 septembre 1791, en acceptant la Constitution élaborée par les membres de la Constituante (Constitution de 1791), Louis XVI fait passer la France d'une monarchie absolue à une monarchie constitutionnelle. Les dissensions entre le roi et l'Assemblée législative vont empêcher ce système politique de perdurer. La tentative de fuite de Louis XVI et sa famille (dans la nuit de 20 juin 1791), puis leurs arrestations vont précipiter les choses et provoquer l'entrer en guerre de l'empereur d'Autriche et du roi de Prusse. La Bataille de Valmy, le 20 septembre 1792, qui voit la victoire de armées révolutionnaire, met fin à la guerre et à la monarchie constitutionnelle.

5.2. Convention nationale

A rédiger

  • Proclamation de la République en septembre 1972.
  • Exécution du roi le 21 janvier 1793
  • Comité de salut public et Terreur
  • Coup d'État du 9 thermidor

5.3. Directoire

Article détaillé : Directoire

Le Directoire fut le régime politique chargé du pouvoir exécutif entre le 26 octobre 1795 (4 brumaire an IV) et le 9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII). Il succède à la Convention nationale.

Voir aussi :

  • Coup d'État du 18 brumaire

6. Consulat et Premier Empire

Article détaillés : Consulat et Premier Empire

Napoléon Ier

7. Restauration

Article détaillé : Restauration

La restauration est la période allant de la chute de l’Empire le 6 avril 1814 à la Révolution de 1830. Les Bourbon reviennent au pouvoir. Il s’agit en fait de la «Restauration» de l'Ancien Régime. Cette période fut entrecoupée par l’épisode des Cent-Jours du 20 mars au 22 juin 1815 pendant laquelle Napoléon reprit brièvement le pouvoir. Cet intermède divise la Restauration en une Première Restauration et une Seconde Restauration.

7.1. Première Restauration

Article détaillé : Première Restauration

Après la défaite et l'abdication de Napoléon, en 1814, les Bourbons remontent sur le trône, en la personne de Louis XVIII, frère de Louis XVI.

7.2. Cent-Jours

Article détaillé : Cent-Jours

Après la Restauration et l'arrivée au pouvoir de Louis XVIII, Napoléon revient de son exil le 19 mars 1815 en débarquant à Golfe-Juan. Le Roi s'enfuit de Paris, et Napoléon reprend le pouvoir le lendemain. Cependant, l'administration ne le soutient pas totalement, et les puissances européennes lui sont franchement hostiles. Il tente pourtant de les attaquer, mais il est défait à Waterloo et doit abdiquer, environ cent jours après son retour, d'où le nom donné à cet épisode. Louis XVIII revient alors aux affaires en même temps que les armées européennes arrivent en France.

7.3. Deuxième Restauration

Article détaillé : Deuxième Restauration.

L'échec des Cent-Jours permit à Louis XVIII de remonter sur le trône, victime cependant d'une plus grande sévérité des vainqueurs de Napoléon à l'égard de la France, sévérité qui se traduisit lors du Traité de Vienne par de plus grandes pertes territoriales qu'il n'avait été envisagé en 1814. A la mort de Louis XVIII succéda Charles X, qui ne sus gagner la confiance du peuple et qui fut renversé par la révolution dite des Trois Glorieuses.

7.4. Monarchie de Juillet

Article détaillé : Monarchie de Juillet

Louis-Philippe Ier

8. Deuxième République

Article détaillé : Deuxième République.

La Deuxième République est un régime original dans l'histoire de France, par sa brièveté d'une part mais aussi par sa constitution : c'est le seul régime monocamériste de l'histoire de France.

9. Second Empire

Article détaillé : Second Empire

Le Second Empire était le régime bonapartiste de Napoléon III de 1852 à 1870, entre la Deuxième République et la Troisième République, en France.

9.1. La guerre de 1870

Article détaillé : Guerre franco-prussienne

La guerre franco-allemande (19 juillet 1870 - 10 mai 1871) opposa le Second Empire français et les royaumes allemands unis derrière le royaume de Prusse (aussi est-elle parfois appelée guerre franco-prussienne). Le conflit marqua le point culminant de la tension entre les deux puissances, résultant de la volonté prussienne de dominer toute l’Allemagne, qui n’était alors qu’une fédération lâche d’États quasi-indépendants. La défaite entraîna la chute de l’Empire français.

9.2. La Commune de Paris

Article détaillé : Commune de Paris (1871)

La Commune de Paris fut un gouvernement révolutionnaire formé à Paris le 26 mars 1871. Dans plusieurs autres villes de France (Marseille, Lyon, Saint-Etienne, Toulouse, Narbonne, Grenoble, Limoges) des communes ont été proclamées à partir du 3 mars 1871, mais elles ont été toutes rapidement réprimées.

10. Troisième République

Article détaillé : Troisième République

Après la guerre franco-prussienne de 1870, la Troisième République fut instaurée; elle dura jusqu'à la défaite militaire de 1940.

10.1. La guerre de 1914-1918

Voir Première Guerre mondiale

Suite aux fortes pertes en troupes et en matériel causées par la Première Guerre mondiale (1914-1918), la France mit en place, dans les années 1920, un système évolué de défense de ses frontières (la ligne Maginot), ainsi que des alliances avec ses voisins afin de se garantir contre une éventuelle résurgence de la puissance allemande.

11. Seconde Guerre mondiale

Article détaillé : Seconde Guerre mondiale

11.1. Gouvernement de Vichy

Elle fut néanmoins rapidement vaincue lors de la Seconde Guerre mondiale, et fut occupée dès juin 1940. La victoire allemande imposa aux Français un gouvernement remanié pour la circonstance : le 10 juillet 1940, le Gouvernement de Vichy était mis en place. Ses vieux dirigeants fermèrent les yeux sur le pillage du pays, et durent accepter l'envoi de Français dans des camps de travail forcé, en Allemagne; ils espéraient, de cette manière, préserver au moins une partie de la souveraineté française.

11.2. France libre

Le général de Gaulle s'opposa à l'armistice et quitta la France pour l'Angleterre le 15 juin 1940 pour former et diriger les Forces Françaises Libres. Son appel du 18 Juin au peuple français, via la radio BBC depuis Londres, incita la résistance française (partout où elle se trouvait) contre l'occupant nazi.

L'occupation allemande s'avéra finalement une catastrophe économique, puisque l'Allemagne s'appropriait une bonne moitié des revenus du secteur public. Après quatre années d'occupation et de privations, les forces alliées libérèrent la France en 1944.

11.3. L'après-guerre

Roosevelt avait envisagé de mettre la France sous tutelle de l’administration américaine. De Gaulle refuse cette situation et, le 14 juin, il déclare: Nous combattons aux côtés des alliés, avec les alliés, comme un allié. Et la victoire que nous remporterons sera la victoire de la France. Au fur et à mesure de la libération du territoire Français, chaque ville est le siège d’une lutte d’influence entre la MMLA (Mission Militaire de la Liaison Administrative) et l’AMGOT des forces américaines. En fait, après quelques crispations, les coopération entre les deux administrations sera plutôt efficace.

Fin août 1944, le Gouvernement provisoire de Charles de Gaulle s'impose sur le terrain. Il est composé des communistes,des socialistes et des gaullistes. L'engagement des communistes français dans la résistance, le courage des soldats soviétiques et la victoire finale de l'URSS et des alliés procurent aux dirigeants communistes, un prestige important dans l'opinion publique. Il faudra attendre mi-octobre pour qu'il soit officiellement reconnu par les États-Unis. Le gouvernement provisoire accorde le droit de vote aux femmes en 1946.

12. Quatrième République

Article détaillé : Quatrième République

En 1946, le gouvernement provisoire céda la place à la Quatrième République, instaurée par une nouvelle constitution approuvée par référendum. Mais les tensions internes suite à l'épuration et les divergences concernant les problèmes coloniaux en Indochine et en Algérie conduisirent à des crises successives, et à plusieurs remaniements ministériels.

13. Cinquième République

Article détaillé : Cinquième République

Finalement, le 13 mai 1958, suite aux événements en Algérie, le gouvernement fut dissout, le Parlement légitima le coup d'État et demanda au général de Gaulle de prendre la direction du pays, afin d'éviter une éventuelle guerre civile. Il devint Président du Conseil en juin 1958 (au début de la Cinquième République), et fut élu président de la République en décembre de la même année.

De Gaulle mit en oeuvre plusieurs fois la procédure du référendum, et notamment celle qui décida de l'élection du Président de la République au suffrage universel.

En 1965, lors de la première élection au suffrage universel direct, de Gaulle fut réélu avec 55 % des suffrages contre son adversaire François Mitterrand.

Les évènements de mai 68 démarrèrent sur des campus universitaires et rallièrent les partis de gauche. Le régime sembla vaciller, avec apparence de vacance du pouvoir pendant quelques jours. Mais de Gaulle reprit la main et une grande manifestation sur les Champs-Elysées en sa faveur l'incita à rester. Les accords de Grenelle furent conclus par Georges Pompidou, bientôt remplacé comme Premier Ministre par Maurice Couve de Murville.

En avril 1969, le gouvernement de De Gaulle lança un référendum national sur la création de 21 régions ayant des pouvoirs politiques limités et sur la transformation du Sénat en chambre corporative. Le "non" l'emporta lors du référendum et de Gaulle préféra démissionner.

Ses successeurs à la tête de la France furent le gaulliste Georges Pompidou (1969-1974), le républicain indépendant Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981), le socialiste François Mitterrand (1981-1995), et le néo-gaulliste Jacques Chirac (élu au printemps 1995, réélu en mai 2002).

13.1. La France dans le processus de construction européenne

La construction européenne a débuté dès le lendemain de la seconde guerre mondiale, notamment sous l'impulsion de Jean Monnet, par la création de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA).

Elle a été poursuivie sous la Cinquième République par tous les présidents, qu'ils soient de droite ou de gauche. En effet, bien que la France reste très attachée à sa riche histoire et à son indépendance, le pouvoir se situant au moins autant au niveau économique qu'au niveau politique, les dirigeants français travaillent à lier de plus en plus l'avenir du pays au développement de l'Union Européenne. Le créateur de la Cinquième République, Charles de Gaulle, était assez sceptique quant à la construction européenne et bloqua par exemple l'entrée dans la CEE de l'Angleterre qu'il considérait comme le Cheval de Troie de l'Amérique. La construction européenne s'accélère donc pendant la présidence de Pompidou et surtout de Giscard D'Estaing. Pendant la présidence de François Mitterrand, celui-ci insista sur l'importance de l'intégration européenne, et poussa à la ratification du Traité de Maastricht sur l'union économique et politique européenne. Cette ratification fut approuvée par l'électorat français en septembre 1992. En 2003, la France et l'Allemagne ont par plusieurs aspects renforcé leurs liens, le fait le plus marquant étant peut-être la représentation des intérêts de l'Allemagne par le Président de la République française au Conseil européen, attestant de la confiance mutuelle que se portent les deux pays et montrant l'exemple à leurs partenaires européens.

Jacques Chirac, l'actuel président de la République, est entré en fonction le 17 mai 1995, après une campagne axée sur la lutte pour l'emploi. Mais pour pouvoir satisfaire aux critères de l'Union Economique et Monétaire européenne, mise en place par le Traité de Maastricht, il fut obligé de mener plutôt une politique de réformes économiques et de rigueur. Fin 1995, la France connut d'ailleurs les plus importantes grèves de la décennie, lorsque les employés protestèrent contre cette politique de rigueur.

En politique étrangère, Jacques Chirac mit l'accent sur la protection de la force d'interposition française en ex-Yougoslavie, et aida à promouvoir les accords de paix négociés à Dayton, et signés à Paris en décembre 1995. Avec l'Allemagne et la Russie, la France fut l'un des opposants les plus fermes à la deuxième guerre d'Irak menée par Georges W. Bush et alliés.

Après une mémorable sortie de l'OTAN, les gouvernements français se sont montrés défenseurs de la politique de l'Organisation des Nations unies (ONU) et de l'Union Européenne au Kosovo, puis dans les Balkans.

14. Voir aussi



15. Liens externes



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