Henri III de France

Intérêt
Henri III (1551-1589) fut roi de Pologne quelques mois sous le nom d’Henri de Valois (Henryk Walezy), avant de prendre le titre de roi de France.

Le futur Henri III naît le 19 septembre 1551, quatrième fils d'Henri II et de Catherine de Médicis. Il est dans un premier temps baptisé sous les prénoms d'Alexandre-Édouard, et reçoit le titre de duc d'Angoulême. En 1560, après la mort de son frère François II et à l'avènement de son autre frère Charles IX, il devient duc d'Orléans. Le 17 mars 1564, lors de sa confirmation, il prend le prénom « Henri ». En 1566, il devient duc d'Anjou.

Le 11 mai (jour de la Pentecôte) 1573, il est élu roi de Pologne. Il règne sur la Pologne du 24 janvier au 18 juin 1574. Le 30 mai 1574, après la mort de Charles IX, il quitte la Pologne pour accéder au trône de France. Il est sacré à Reims le 13 février 1575 sous le nom d'Henri III et, le 15 février, il épouse Louise de Lorraine.

Son règne est marqué par les troubles religieux (guerres de religion), politiques et économiques.

Table des matières

1. Biographie

1.1. Sa jeunesse

Henri est dans sa jeunesse choyé par sa mère, Catherine de Médicis, qui cherche pour lui toute les occasions de le mettre en valeur. Il exerce très tôt son rôle de prince royal, comme en témoigne sa présence aux États généraux de 1561. En 1565, lors de l'entrevue de Bayonne, il est chargé à quatorze ans d'aller chercher en Espagne sa sœur, la reine Elisabeth.

Catherine de Médicis désire en faire le plus ferme soutien de son gouvernement. A seize ans, Henri devient donc lieutenant général. Cette très haute charge militaire fait de lui, le second du royaume après le roi, son frère. Malheureusement, les ambitions politiques de Louis, prince de Condé, qui convoitait cette charge, entraînent une rivalité croissante entre les deux hommes, laquelle contribue à la reprise des hostilités entre catholiques et protestants. Henri s'investit alors personnellement durant les deuxième et troisième guerres de religion. Il s'illustre en remportant les batailles de Moncontour et de Jarnac, au cours de laquelle le prince de Condé est tué.

Les hauts faits militaires de Henri ainsi que son allure de prince idéal, acroissent sa popularité et rendent son frère Charles IX, à peine plus agé que lui, jaloux.

Très tôt, le duc d'Anjou est confronté à la politique. Plus proche des Guise que des Montmorency, il prône une politique de rigueur avec les protestants au sein du conseil royal, où sa mère l'a introduit. Son ambition de gouverner et ses aptitudes à le faire font de lui un successeur potentiel très attendu. Catherine de Médicis, encore, a l'ambition de lui faire épouser une haute princesse, mais Henri n'a d'yeux que pour Marie de Clèves. La reine mère aimerait donner à son fils une couronne royale en Europe, mais les tractations avec Élisabeth Ire, reine d'Angleterre échouent à cause des exigences du prince. Durant les épisodes de la Saint-Barthélemy, Henri se tient du coté du duc de Guise par haine du duc de Montmorency, mais rien ne peut prouver une quelconque participation du prince aux massacres.

1.2. Le début d'un règne chaotique

Dès son avènement à la royauté (1574), Henri III est confronté à la guerre menée par Henri de Montmorency comte de Damville, dit roi du Languedoc. A la cour, il doit faire face aux complots formentés par son frère François d’Alençon et par le roi de Navarre, le futur Henri IV, lesquels finissent par quitter la capitale et par prendre les armes contre lui.

La campagne qui s'engage alors est désastreuse pour le roi. Son frère François, Damville, le roi de Navarre et le prince de Condé font appel au comte palatin du Rhin, Jean Casimir, qui vient avec son armée menacer Paris. Henri III doit s'incliner et accorde le 6 mai 1576 la paix dite « paix de Monsieur », tant son frère François en est le principal gagnant. Henri III, en effet, lui accorde bon nombre de titres dont celui de duc d'Anjou. Les protestants obtiennent quant à eux de très nombreux avantages, ce qui renforce la rancœur des catholiques et contribue à faire apparaitre les premières Ligues.

Humilié, Henri III ne cherche plus qu'à prendre sa vengeance. Il doit tout d'abord réunir à la fin de l'année les États généraux à Blois, dans le but de combler les déficits budgétaires causés par la guerre. Sous la pression des représentants catholiques, Henri III décide alors de reprendre la guerre contre les protestants. Auparavant, il a pris soin de se réconcilier avec son frère qui participe à ses cotés. La campagne est victorieuse pour le roi et, le 17 septembre 1577, l'Édit de Poitiers supprime les libertés accordées aux protestants dans l'édit précédent.

Henri III laisse à sa mère le soin de parfaire la paix. Après un séjour à Nérac, où elle réconcilie le couple Navarre, elle entreprend un grand tour de France. Elle conseille aussi au roi de soutenir les ambitions de François d'Anjou aux Pays-Bas. Henri III ferme donc les yeux sur les activités politiques de son frère, au grand dépit des espagnols : l'hypocrisie de la diplomatie française provoque la colère de Philippe II et ravive les tensions avec l'Espagne.

1.3. La victoire de la Ligue

La paix relative qui s'est installée pendant quelques années dans le royaume est minée lorsque François d'Anjou meurt en 1584, sans enfants. Henri III lui même ne parvient pas à avoir une descendance, aussi, la lignée des Valois paraît condamnée à s'éteindre au quel cas, selon la loi salique, l'héritage de la couronne reviendrait à la maison de Bourbon dont le chef est Henri, roi de Navarre. Le fait que celui-ci soit protestant inquiète les catholiques au plus haut point. Aussi, à leurs yeux, la réconciliation entre le roi de France et le roi de Navarre est en elle-même inacceptable.

Sous la pression de la Ligue et de son chef, le très puissant et très populaire duc de Guise, Henri III se voît dès lors contraint de signer le traité de Nemours (7 juillet 1585), selon lequel Le roi doit « bouter les hérétiques hors du royaume » et faire la guerre à Henri de Navarre, son propre héritier. La huitième et dernière Guerre de religion commence.

Les ambitions de la Ligue catholique et son ampleur font de l'ombre au roi qui prend en haine ce mouvement. Il tente alors par tous les moyens de limiter l'influence des ligueurs. Très vite, un fossé se creuse entre lui et les milieux catholiques urbains. Les catholiques lui reprochent son manque de vitalité et d'utilité dans la guerre contre les protestants. Henri III, en effet, est plus préocuppé des ambitions de la Ligue que des protestants. Ridiculisé par les pamphlets de celle-ci et par les sermons des curés parisiens, l'image du roi se détériore considérablement dans les milieux populaires. Le 12 mai 1588, les extrémistes catholiques parisiens provoquent une insurrection : c'est la journée des Barricades. Le 13 mai, le roi, contraint, s'enfuit de Paris.

N'ayant plus rien à perdre, il convoque les États généraux à Blois et y fait assassiner Henri de Guise. Privé de son principal meneur, la France ligueuse destitue le roi. Henri III, isolé, se voit contraint de se réconcilier avec le roi de Navarre. Les troupes royales et les troupes protestantes s'unissent alors pour mettre fin à la Ligue.

Le Modèle:1er août 1589, Henri III meurt, assassiné par Jacques Clément, un moine dominicain ligueur. Son cousin Henri de Navarre lui succède sous le nom de Henri IV. Henri III est le dernier roi de la dynastie des Valois, qui a régné en France de 1328 à 1589.

2. L'image d'Henri III

Pendant près de quatres siècles, l’image du dernier Valois a été très négative. En particulier, ses mignons ont été tournés en dérision. Au XIXe siècle, plusieurs peintres romantiques ont ainsi représenté le roi entouré d’éphèbes efféminés, aux costumes excentriques et grotesques. En réalité, Henri III apparaît comme un homme de contrastes.

Homme intelligent, il fut formé à l'art de gouverner dès sa jeunesse. Il reprit à son compte la politique de sa mère, Catherine de Médicis, en écartant des affaires de l'État les nobles de grande famille qui ne cessaient de se quereller depuis le début des guerres de religion. À leur place, il promouvit à la cour des hommes de petite noblesse, à qui il confèra de hautes responsabilités, et sur lesquels il s'appuya pour gouverner, allant jusqu'à réunir ces « proches » au sein d'un Ordre du Saint-Esprit, créé en 1578. Ces hommes, dont l'ascension fut fulgurante, sont ses « mignons ».

Son dégoût pour la chasse et pour les activités guerrières, privilèges des nobles auxquels il préfèrait les fêtes de palais et les réunions de cabinet lui valut également des critiques acerbes de la part de ses adversaires et probablement l'incompréhension du peuple. Afin de satisfaire son entourage, il organisa des fêtes majestueuses, comme celle données en l'honneur du duc de Joyeuse en 1581. Il offrit également en récompense à ses serviteurs les plus zélés des sommes importantes d'argent. Ces dépenses ne manquèrent pas d'alourdir la dette du royaume, mais pour lui la restauration du prestige royal demeurait une priorité. D'ailleurs, il entreprit plusieurs réformes importantes, notamment monétaires, qui visaient à régler les problèmes financiers du royaume. Il rendit aussi l'étiquette de la cour plus stricte, préfigurant ainsi celle de Versailles un siècle plus tard.

Enfin, profondément catholique, il s'adonna de manière ostentatoire aux processions des pénitents. Avec l'âge, sa piété se développa, ainsi que son goût pour le macabre. Pendant ses dernières années, il crut que ses malheurs (notamment, l'absence d'héritiers) et ceux de son royaume étaient causés par ses péchés : il passa donc du temps à se mortifier dans des monastères où, pendant quelques jours, il faisait une retraite.

3. Voir aussi

  • Agostino Ramelli
Chronologie des rois de France de 987 à 1830

Hugues Capet
987-996

Robert II
996-1031

Henri Ier
1031-1060

Philippe Ier
1060-1108

Louis VI
1108-1137

Louis VII
1137-1180

Philippe II
1180-1223

Louis VIII
1223-1226

Louis IX
1226-1270

Philippe III
1270-1285

Philippe IV
1285-1314

Louis X
1314-1316

Jean Ier
1316-1316

Philippe V
1316-1322

Charles IV
1322-1328

Philippe VI
1328-1350

Jean II
1350-1364

Charles V
1364-1380

Charles VI
1380-1422

Charles VII
1422-1461

Louis XI
1461-1483

Charles VIII
1483-1498

Louis XII
1498-1515

François Ier
1515-1547

Henri II
1547-1559

François II
1559-1560

Charles IX
1560-1574

Henri III
1574-1589

Henri IV
1589-1610

Louis XIII
1610-1643

Louis XIV
1643-1715

Louis XV
1715-1774

Louis XVI
1774-1791

Louis XVIII
1814-1824

Charles X
1824-1830

Histoire de France - Mérovingiens - Carolingiens - Capétiens - Valois - Bourbons



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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2010-06-03 16:41:35




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