Grégoire Moulin contre l'humanité d'Artus de Penguern

Intérêt
Artus de Penguern - récemment décédé - avait réalisé, en 2001, un film plutôt insolite dans la production française cinématographique. Cette comédie mérite d'être découverte pour qui aime le comique absurde et volontiers délirant.


Table des matières

1. ANALYSE


Artus de Penguern propose un film irrésistible placé sous le signe du burlesque. Dès le récit de l’enfance du personnage – qui n’est pas sans rappeler celle d’Amélie Poulain - décrite sur le mode du cocasse et de l’humour noir, le ton est donné

Prenant comme fil conducteur - outre une profonde allergie à la mode du football - un rendez-vous amoureux entre son personnage d’employé et la jeune fille de son cœur (Odile), le réalisateur n’a de cesse de multiplier les imprévus tous plus insolites et loufoques les uns que les autres, afin de retarder le moment des retrouvailles avec sa chère Odile. Croisant sur sa route, qui l’éloigne de sa dulcinée – alors qu’il veut la rejoindre -, des individus particulièrement étranges, délirants, extravagants, déments, voire patibulaires, Grégoire Moulin est le jouet d’un destin qui s’acharne contre lui.

Artus de Penguern organise une irrésistible course nocturne contre le temps, qui semble perdue d’avance pour son héros et qui l’entraîne dans les lieux les plus rocambolesques assorties aux personnages qu’il rencontre et dont il ne peut se défaire sans dommages. C’est d’ailleurs l’un des points forts du film : chaque rencontre lui fait découvrir de nouveaux personnages qui s’ajoutent les uns aux autres et qu’il retrouve de façon récurrente jusqu’à une scène ultime des plus délirantes, véritable holocauste qui marque une première fin du cauchemar.

A mi-chemin entre Buster Keaton et Pierre Etaix, le réalisateur-acteur nous offre un film rare à découvrir, qui n’est d’ailleurs pas sans subtilité. En effet, le nom même de « Grégoire Moulin » évoque phonétiquement celui de Amélie Poulain et les destins des deux personnages sont tout en contrastes : « fabuleux destin » pour l’une à qui tout finit par sourire car "l’humanité" qui l’entoure est plutôt sympathique ; « humanité contre Moulin » pour l’autre qui subit les pires horreurs de la part des autres, car "l’humanité" qu’il croise est très antipathique. Un second point commun aux deux films réside dans le fait que Artus de Penguern a interprété le rôle de l’écrivain dans le film de Jeunet et qu’il est Grégoire Moulin dans son propre film.

Au final, le film s’apparente à une nuit de cauchemar, en une sorte de version comique de After Hours (1985) de Martin Scorsese.


2. SYNOPSIS


Il faut toujours se méfier des premières heures de notre apparition à la vie. C’est ce que démontre dramatiquement la naissance de Grégoire Moulin : le lieu (la clinique nommée Frank Kafka) et le jour (un vendredi 13) ne sont que les signes forcément absurdes et dramatiques d’un destin éminemment tragique. Une malencontreuse dispute entre ses parents le laisse, en effet, aussitôt orphelin.

Il est alors élevé par un oncle peu rassurant qui s’adonne avec ivresse à la boisson et une tante dont le caractère revêche ne permet pas un développement harmonieux de sa personnalité. Bref – si l’on peut dire ! -, à trente cinq ans passés, il vit toujours en célibataire chez sa grand-mère et mène une vie de modeste employé dans une compagnie d’assurances – lui qui en manque tant…

Mais il arrive que les hasards de la vie chamboulent les destins tracés d’avance. Cupidon lui fait découvrir, par la fenêtre de son bureau, l’existence de l’attrayant professeur de danse, Odile Bonheur. Dès lors, sa vie tourne autour d’elle, qu’il ne parvient pas à aborder. Pourtant, il obtient un rendez-vous avec la belle dans un bar, « Le Pénalty ». Hélas pour lui, une incroyable malchance ajoutée à son manque d’assurance et aux rencontres malencontreuses qui s’enchaînent de façon inattendue transforment sa vie en un véritable cauchemar : parviendra-t-il jamais à arriver à temps à son rendez-vous ?


3. FICHE TECHNIQUE


  • Réalisation : Artus de Penguern.
  • Année : 2001.
  • Scénario : Artus de Penguern, Jérôme L’Hotsky.
  • Directeur de la photographie : Vincent Mathias.
  • Musique : Benoît Pimont.
  • Production : LGM Prod.
  • Distribution : UIP.
  • Durée : 90 minutes.

Distribution :

  • Grégoire Moulin : Artus de Penguern.
  • Odile Bonheur : Pascale Arbillot.
  • Jean-François : Didier Bénureau.
  • Hélène : Elisabeth Vitali.
  • Solange : Marie-Armelle Deguy.
  • Emmanuel Lacarrière : Antoine Duléry.
  • Le chauffeur de taxi : Serge Riaboukine.
  • Le patron du Penalty : François Berland.
  • Jacky : Clovis Cornillac.
  • Jérôme : le commissaire Philippe Magnan.
  • Adolf Hitler : Michel Bompoil.




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Droits d'auteur © Henri PHILIBERT-CAILLAT


4. BANDE ANNONCE





 
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