Goths

Intérêt
Les Goths étaient vraisemblablement un ensemble de tribus germaniques. Originaires de « l’île de Scandinavie », selon leur propre tradition tardive du VIe siècle, probablement du Gotland actuel, ces derniers migrèrent par étapes des rives de la mer Baltique (Biélorussie) jusqu’au nord de la mer Noire (Ukraine), où ils formèrent un peuple uni jusqu’au IIIe siècle de notre ère.

Par la suite, les Goths se divisèrent en Ostrogoths ou « Goths brillants », à l'Est, et en Wisigoths ou « Goths sages » à l'Ouest : il est possible, toutefois, que cette division en ait recoupée une plus ancienne.

1. Histoire

Installés aux frontières de l'empire romain, les Goths furent, dès 230, à l'origine des premières grandes invasions barbares que subit l'empire. En 267, les Goths pillèrent la Thrace, la Macédoine et la Grèce. En 269, les Romains, menés par l'empereur Claude II le Gothique, leur firent subir une terrible défaite à la bataille de Naissus et, en 271, ils furent repoussés jusqu'au Danube.

Ce groupe, les futurs Wisigoths, s'installa alors de l'autre côté du Danube et établit un royaume indépendant dans la province romaine abandonnée de Dacie. Pendant ce temps, les Goths demeurés en Ukraine établirent un vaste et puissant royaume le long de la mer Noire : ils formèrent les Ostrogoths lorsque les Huns mirent un terme à leur domination.

Après cette division, les Goths furent brièvement unis, au début du VIe siècle, sous le règne du roi ostrogoth Théodoric le Grand : ce dernier, en effet, assura la régence du royaume wisigoth pendant presque deux décennies.

Fait notable, les Goths furent aussi le premier peuple barbare a être christianisé : l'évêque Wulfila traduisit la Bible en gotique et les convertit à l'arianisme, une des premières hérésies du christianisme alors largement suivie en Orient. Cette religion, abandonnée ensuite dans les mondes grec et romain, contribua à marquer durablement une différence importante entre les Romains et les Germains orientaux.

2. Origine

La question de l'origine des Goths est un puzzle historique et philologique important.

L'historien d'origine gotique Jordanes rapporte au VIe siècle dans son œuvre que, selon leurs traditions et leurs légendes, le lieu d'origine des Goths est l'« île de Scandie », probablement identifiable à l'actuelle Scandinavie. Jordanes s'appuie en grande partie sur les écrits disparus du Romain Cassiodore, partisan de Théodoric le Grand à la cour de Ravenne.

Il faut noter que la racine reconstruite du mot goth, *Gut-, est identique à celle du nom Gotland, une île de la mer Baltique. D’autre part, il existe des correspondances intéressantes entre le gotique, la langue des Goths, et le gutnisk, le dialecte suédois du Gotland.

Les premières mentions écrites des Goths permettent quant à elles de les situer en Pologne, à l'embouchure de la Vistule, au IIe siècle avant notre ère.

Enfin, vers 150 – 200, au moment où ils entrent dans l'histoire, les Goths occupent les régions situées au nord de la mer Noire, en Ukraine.

3. Chronologie

  • 180 : Installation des Goths sur les rives de la Mer Noire.
  • 200 : L'empire des Goths se constitue sur les bords de la Mer Noire.
  • 220 : Les Goths envahissent l'Asie Mineure et la péninsule des Balkans.
  • 238 : En dépit du paiement d'un tribut, les Romains échouent à persuader les Goths et Carpi de se retirer de la province de Moesie.
  • 247 : Débuts des invasions des Goths.
  • 250 : Dans les Balkans, les Carpi envahissent la Dacie et les Goths la Moesie.
  • 250 : Début de la première guerre des Goths (fin en 269).
  • 257 : Les Goths construisent une flotte sur la Mer Noire.
  • 257 : Les Goths se séparent en Ostrogoths et Wisigoths.
  • 267 : Les Goths pillent la Thrace, la Macédoine et la Grèce.
  • 269 : Fin de la première guerre des Goths.
  • 332 : Les Goths alliés à Rome protègent les frontières du Danube.
  • 332 : Les Romains sous Constantin Ier battent les Goths sur le Bas-Danube.
  • 334 : Les Goths protègent l'Empire romain contre une invasion vandale dans la région danubienne.
  • 350 : Début de la deuxième guerre des Goths (fin en 360).
  • 350 : Fondation de Kiev, la capitale de l'Empire goth de Russie.
  • 360 : Fin de la deuxième guerre des Goths.
  • 369 : L'évêque goth Wulfila (ou Ulfilas) compose un alphabet gotique à partir des lettres grecques et latines ainsi que de quelques runes germaniques.
  • 379 : Théodose Ier prend en charge la guerre contre les Goths.
  • 401 : Début de la Quatrième guerre des Goths.
  • 413 : Fin de la Quatrième guerre des Goths.
  • 512 : Théodoric publie son Edictum Theodorici, code pour les Romains et les Goths.
  • 531 : L'écrivain latin Cassiodore, historien des Goths, en fait les égaux des Romains.

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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2010-06-08 10:42:09

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Cet article traite du système phonologique et phonétique de la langue gotique.

L’alphabet gotique est un alphabet utilisé exclusivement pour noter la langue gotique de Wulfila, de la Skeireins et de divers manuscrits en langue gotique. C’est un alphabet original inventé vraisemblablement par Wulfila lui-même et qui n’a rien à voir avec ce qu’on appelle communémment les « lettres gothiques », qui sont, elles, des lettres de l’alphabet latin telle qu’écrites en Occident dans les manuscrits du XIIe au XIVe siècles, devenues plus tard ce que l’on désigne en Allemagne sous le terme de Fraktur.

Le gotique (cette orthographe est utilisée, en français exclusivement, par opposition à gothique afin d’éviter les confusions) est une langue germanique aujourd’hui éteinte, celle des Goths et, plus particulièrement, des Wisigoths. Le gotique est donc une langue indo-européenne. C’est la plus ancienne des langues germaniques attestées mais elle n’a donné naissance à aucune langue germanique actuelle ; les documents les plus anciens datent du IVe siècle de notre ère ; il aurait été parlé jusqu’au VIIIe siècle, bien que certains termes semblant appartenir au gotique aient été retrouvés dans des manuscrits postérieurs de Crimée ; il est cependant possible que ceux-ci ne correspondent pas exactement à la même langue. Le caractère archaïque du gotique en fait l’intérêt principal en linguistique comparée.

Wulfila (ou Ulfilas, né v. 311 – ✝ v. 383) est d’origine grecque, plus précisément cappadocienne : sous son influence, les Goths se convertissent au christianisme arien vers le milieu du IVe siècle.

L’expression migrations germaniques désigne l’ensemble des mouvements que des peuples germaniques accomplirent à partir du Ier millénaire avant notre ère et jusque vers le VIIe siècle.

Les Ostrogoths étaient un peuple germanique. Ils jouèrent un rôle considérable dans les événements de la fin de l’empire romain.

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Boèce ou Anicius Manlius Torquatus Severinus Boetius né à Rome vers 445 et mort en 524, à Ticinum, près de Pavie, était un philosophe, poète et politicien latin, et l’un des Pères de l’Église. Comme d’autres, Boèce est parfois suspecté dans son orthodoxie à l’égard de la théologie chrétienne, du fait de sa culture philosophique néoplatonicienne (cf. Pierre Courcelle, Les Lettres Grecques en Occident de Macrobe à Cassiodore. Référence complète dans la bibliographie ci-dessous). Boèce est surtout connu pour sa Consolation de la Philosophie, ouvrage rédigé en prison, peu de temps avant sa mise à mort.

Jordanès ou Jornandès est un historien du VIe siècle, écrivant en latin. D’origine ostrogothique mais converti à l’arianisme, on sait peu de choses sur lui. Il est un temps notaire d’un prince inconnu, puis il devient peut-être évêque de Crotone, en Calabre. Il séjourne à Constantinople en 551, accompagnant le pape Vigile, et à Ravenne, capitale de l’Italie ostrogothique, puis de l’Exarchat de Ravenne à l’époque byzantine. Il se donne pour peu cultivé, mais il manie cependant bien la langue latine et entend le grec.




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