Germains

Intérêt
Les peuples germaniques ou Germains (latin germani, d’étymologie incertaine, peut-être celtique) sont des ethnies ou des confédérations ethniques établies originellement à l’Est du Rhin et du Danube, au-delà du limes romain.

Leur préhistoire se situe dans les territoires connus sous le nom de Germanie (latin Germania), de Thulé (terme grec désignant probablement la Scandinavie ou le nord de l’Allemagne), ou encore sur les rives de la Mer Noire (voir notamment l’article Goths).

Mieux connus dans le monde latin à partir du Ier siècle, principalement à travers l'œuvre de l'historien Tacite, ces peuples sont agités par des migrations internes importantes à l'époque romaine et sans doute dès le IIIe siècle av. J.-C. : c'est à cette période que la linguistique fait remonter la différenciation entre ces populations en trois grands groupes : les Germains orientaux, les Germains occidentaux et les Germains septentrionaux.

Table des matières

1. Origines

À partir de l'âge du bronze, d'après l'archéologie allemande et scandinave, des « cultures » matérielles (au sens anglo-saxon) issues du sud de la Scandinavie et des rives méridionales de la mer Baltique se répandent progressivement vers le sud, dans la grande plaine européenne, pour gagner au début du second âge du fer (v. 500 av. J.-C.) les franges du monde celtique : le Rhin inférieur, la Thuringe et la basse Silésie. À ce phénomène correspondrait peut-être une expansion démographique engendrant un peuplement nouveau de régions jusque-là presque vides d'hommes. En tous cas, à partir du IIIe siècle avant notre ère, a lieu une période de formation de peuples qui s'achève quand les Germains entrent dans l'Histoire.

2. Données historiques

Dès le IIe siècle avant notre ère ont lieu des déplacements massifs de populations et de bandes armées en provenance des confins de ce « monde germanique ». Ils peuvent s'expliquer notamment par des causes naturelles (refroidissement climatique, mauvaises récoltes, montée des eaux …) ou démographiques (un accroissement des populations au delà du seuil que les ressources naturelles peuvent supporter). Les premiers contacts avec les mondes celtique et méditerranéen sont violents. Vers -110, par exemple, a lieu l'invasion de la Gaule par les Ambrons, les Cimbres et les Teutons : le général romain Marius les affronte non loin d'Aix-en-Provence, en -102 (le nom de la montagne Sainte-Victoire commémore sa victoire), puis il les arrête à Verceuil, en Italie, en -101. Ultérieurement, l'irruption de bandes germaniques à proximité de la Suisse actuelle provoque la migration des Helvètes. Ces derniers sont stoppés par Jules César à Bibracte (sur le mont Beuvray, dans le Morvan) en -58.

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Les Germains au Ier siècle de notre ère

A partir du Ier siècle, l’Empire romain adopte à l’égard des Germains une politique qui vise à les contenir derrière une frontière fortifiée : le limes. Cette frontière est double, établie le long du Rhin et du Danube ; la défense de l’Empire contre les peuples d’au delà de ses frontières, notamment, aboutit à la division de celui-ci en deux parties : l’Empire romain d’Occident et l’Empire romain d’Orient. Néanmoins, les Germains franchissent massivement les deux frontières à plusieurs reprises, en particulier au IIIe siècle, puis au IVe siècle ; les Romains, au sens large, adoptent alors une politique de clientélisme à l’égard des peuples les plus proches de l’Empire : nombreux sont, dès lors, les Germains qui servent dans l’armée romaine, participant à une certaine « barbarisation » de l’Empire (même si cette barbarisation est surtout due, en dernière analyse, à la taille et à la diversité des territoires soumis à Rome).

Enfin, une dernière phase a lieu lorsque l'Empire romain disparaît en Occident, vers la fin du Ve siècle : certains des peuples germaniques, soit anciennement fédérés, soit jusque-là totalement étrangers au monde romain établissent alors des royaumes plus ou moins durables sur ses anciens territoires : notamment en Gaule (Francs, Wisigoths et Burgondes), dans la péninsule ibérique (Suèves, Wisigoths), dans l'île de Bretagne (Anglo-Saxons), en Italie (Ostrogoths et plus tardivement, Lombards) et en Afrique du nord (Vandales et Alains).

L'Histoire de chacun des peuples germaniques est détaillée dans les articles qui leur sont consacrés.

Voir également : Migrations germaniques.

3. Données géographiques, linguistiques et culturelles

Les peuples germaniques sont divisés en 2 ou 3 branches principales, selon la période considérée et pour des raisons ethnolinguistiques :

  • le rameau nordique ou Scandinaves
  • le rameau westique ou Germains occidentaux
  • le rameau ostique ou Germains orientaux

Voici une liste des principaux de ces peuples, ainsi que les dates auxquelles leur existence est connue par les sources historiques.

3.1. Germains septentrionaux ou Scandinaves

Dans l’état des connaissances actuelles, il est admis que des populations habituellement qualifiées de « germaniques » formèrent le premier peuplement du sud de la Scandinavie à l’âge du bronze, tandis que le nord de celle-ci (majeure partie de la Suède, de la Norvège et la Finlande) était peuplé de Finnois (voir Lapons). Toutefois, le rattachement des premiers Scandinaves aux « Germains », terme qui ne les engloba jamais, doit beaucoup a posteriori aux historiographies nationales à caractère mythologique du haut Moyen Âge et à l’historiographie allemande du XIXe siècle. Aussi, le qualificatif de « scandinaves », plus précis et moins connoté, est plus adapté pour ces populations.

  • Danois
  • Goths (Scandinavie)
  • Suédois

3.2. Germains occidentaux

Paradoxalement, ce sont ceux dont la préhistoire et la protohistoire sont les moins bien connues à cause des mouvements de populations dont il a été question précédemment et des brassages de populations que ces mouvements entraînèrent à la lisière du monde romain. En raison de leur diversité, les Germains occidentaux sont subdivisés en trois sous-groupes par les linguistes : les Germains de Rhénanie (établis entre le Rhin et le Weser), les Germains de l’Elbe et les Germains de la mer du Nord. Les principales sources dont nous disposons sur ces peuples sont les sources romaines, notamment l’œuvre à caractère ethnographique de Tacite (La Germanie) et les écrits de Pline l’Ancien.

  • Germains de Rhénanie : Cherusques, Bataves, Bructères, Chamaves, Chattuaires, Chattes, Ubiens, Sicambres, etc.
    • Certains de ces Germains formèrent au début de l’ère chrétienne une confédération de peuples importante pour l’histoire du haut Moyen Âge : les Francs (franci, à l’étymologie, incertaine : les « hardis, vaillants » ou « hommes libres » ). Les Saliens, une partie de ces derniers, servirent comme auxiliaires de Rome sans être réellement soumis à l’Empire au Ve siècle. Depuis les provinces de Belgique première et seconde, où certains de leurs « rois » avaient un commandement militaire (duc), ils constituèrent ensuite un royaume qui s’étendit au VIe siècle sur la majeure partie des Gaules.
    • D’autres, alors établis alors en Bohême, prirent le nom de Bavarois (Bai a Warjoz : les « descendants des habitants de Bohême » (Patrick Périn)), à une date indéterminée. Ils franchirent le Danube sur son cours moyen vers la fin du Ve siècle et furent successivement soumis aux Alamans, aux Ostrogoths, puis aux Francs avant de gagner leur indépendance à la fin du VIIe siècle.
  • Germains de l’Elbe : Marcomans, Quades, Hermundures ou Hermondures, Semmons et Lombards.
    • Certains de ces Germains, notamment des Quades et des Marcomans désignés sous le nom de Suèves (« Souabes »), prirent part à l’invasion de la Gaule aux côtés des Vandales et des Alains, en 406409, avant de gagner la péninsule ibérique et de s’établir en Galice.
    • D’autres, demeurés au-delà de la frontière romaine dans les champs Décumates, entre Danube et Rhin supérieurs, formèrent la ligue des Alamans (Allmannen : « tous les hommes »), mentionnée pour la première fois au début du IIIe siècle. Cette ligue étendit considérablement son territoire au Ve siècle, après la destruction de l’empire des Huns ; les Alamans se heurtèrent ensuite aux Francs et furent vaincus à plusieurs reprise, notamment lors de la bataille de Tolbiac, en 496. Placés sous protectorat franc, ils se révoltèrent en vain avant de disparaître en tant que nation à la suite d’une dernière défaite en 746.
  • Germains de la mer du Nord : Chauques, Angles, Jutes, Warnes, Frisons et Saxons.
    • Certaines de ces tribus, notamment des Angles et des Warnes se regroupèrent au IVe siècle pour former la ligue des Thuringiens. Établis entre l’Elbe et le Main au début du Ve siècle, ils furent soumis au protectorat des Huns avant de créer un éphémère royaume en Germanie intérieure, une fois émancipés de la domination de ces derniers (ap. 453) ; se heurtant aux Francs au début du VIe siècle, ils disparurent en tant que nation avant la fin du VIIe siècle.
    • D’autres s’établirent dans l’île de Bretagne à partir du premier tiers du Ve siècle ; ils y fondèrent les royaumes anglo-saxons durant le haut Moyen Âge avant de donner naissance à la nation anglaise, principalement au contact des autres peuples de l’île, entre le VIIe et le Xe siècle (voir Anglo-Saxons).

3.3. Germains orientaux

Il s’agit du groupe le plus homogène qui réunit les peuples qui conservèrent le mieux leur culture, leur langue et leur unicité durant le Moyen Âge. Des histoires ou Historiae à caractère ethnique rédigées durant cette période nous renseignent sur les origines de certains d’entre eux, tandis que d’autres disparurent précocément. Il est communément admis que ces Germains, ou du moins une partie d’entre eux, sont originaires de Scandinavie.

L'appartenance des Taïfales aux peuples germaniques pose problème, même s'ils sont mentionnés comme faisant partie de la nation des Goths.

4. Sources

  • Tacite, Origine et territoire des Germains, dit La Germanie (latin Germaniae - édition électronique commentée avec cartes disponible sur Bibliotheca Classica Selecta)

5. Bibliographie et liens

5.1. Articles connexes

Peuples non-germaniques ayant participé aux invasions barbares au contact des Germains :

Vikings et Varègues sont des noms donnés tardivement à des groupes de pillards scandinaves qui participèrent à une deuxième vague d'invasions dans les îles Britanniques, le nord-ouest de l'Europe carolingienne et la grande plaine européenne, aux IXe–XIe siècles.




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Germanique, peuple Thème:Rome antique







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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2010-06-07 17:06:50




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