Gaulois (peuple)

Intérêt
Le nom « Gaulois », formé à partir du latin galli, désigne les habitants de la Gaule (Gallia), c’est-à-dire les populations qui occupent vers la fin de la protohistoire les territoires correspondant à la France, à la Belgique, et à l’Italie du nord actuelles, probablement depuis le premier âge du fer (vers -800).
Table des matières


1. Identité

Les Gaulois sont rattachés par l'archéologie à la civilisation celtique de La Tène (du nom d'un site découvert sur le lac de Neuchâtel, en Suisse) qui se développa en Europe au deuxième âge du fer et disparut en Irlande durant le haut Moyen-Âge.

Il est communément admis qu'ils se confondent avec les Celtes de La Tène, qui s'établissent dans différentes régions sur le continent européen à partir du cinquième siècle avant notre ère.

Les débuts d'une « période celtique » sont difficiles à dater et varient selon les régions et la chronologie considérées. Certains archéologues font remonter les origines de la civilisation celtique aux VIIIe–VIIe siècles (période de Hallstatt) : les sources archéologiques de cette période, telles que le tombeau de la « princesse » de Vix (Côte d'Or), daté du VIIIe siècle avant notre ère, offrent l'image d'une société marquée par la domination d'une caste aristocratique et guerrière faisant usage du char et de l'épée longue.

Dans les sources grecques, en particulier de la période héllenistique, plusieurs mentions des « Celtes » – certains de ces derniers étant vraisemblablement originaires des territoires correspondant à la France actuelle – sont faites : il est surtout fait référence à leur courage et à leur valeur guerrière. Ces mentions correspondent à la période de la plus grande expansion celtique (IVe – IIIe siècles avant notre ère).

Dans les sources latines postérieures, les « Gaulois » des IIe – Ier siècles avant notre ère sont distingués des Cimbres, des Teutons (peuplades germano-celtiques), des Bretons et des Helvètes (peuplades celtiques de Grande-Bretagne et de Suisse) : le nom « Gaulois » est donc réservé aux seuls habitants des territoires compris entre les Pyrénées et le Rhin, ainsi qu'aux descendants des envahisseurs celtes qui s'étaient établis dans le nord de l'Italie en « Gaule transalpine ».

Article détaillé : Celtes

2. Géographie

Au sens strict, il n'existe un espace nommé « Gaule » qu'à partir de Caton l'Ancien, premier auteur qui emploie le nom « gaulois » ; d'autre part, la Gaule qui précède la conquête romaine n'est connue qu'indirectement à travers le regard que lui porte son conquérant : aussi, seul le recours à des sources extérieures ou postérieures permet d'aborder la géographie des peuples gaulois.

2.1. La Gaule indépendante

Avant la conquête romaine, les Gaulois sont divisés en de multiples tribus ou peuples, parfois fédérés, chaque entité possédant vraisemblablement des traits culturels et des institutions propres. Les ethnonymes – noms de tribus, de peuples, ou de confédérations – de peuples gaulois qui sont parvenus jusqu'à nous sont nombreux. Ils sont souvent à l'origine de toponymes français forgés au Moyen Âge. Il convient de citer les plus importants d'entre eux :

  • Allobroges (Dauphiné et Savoie)
  • Arvernes (Auvergne)
  • Bellovaques (Beauvais)
  • Bituriges (Berry)
  • Boïens
  • Cadurques (Quercy)
  • Carnutes (Orléans)
  • Eduens (Bourgogne)
  • Helvètes (Suisse)
  • Rèmes
  • Salyens (Bouches du Rhône)
  • Séquanes (Lyonnais)
  • Senons
  • Parisii (Paris)
  • Pétrocores
  • Trévires (Trèves)
  • Voloques
  • Vénètes (Bretagne)

Au premier siècle avant notre ère, les plus puissantes de ces entités sont celles formées par les Éduens et par les Arvernes, peuples qui ont de nombreuses tribus dans leur clientèle.

Selon ce système répandu dans le monde antique, les clients servent des patrons, originellement afin de rembourser d’anciennes dettes, de réparer certaines fautes, ou pour d’autres raisons à caractère social et ce lien se transmet héréditairement. L’homme ou le peuple client demeure libre (le clientélisme antique est différent de l’esclavage) mais il doit rendre des services ou s’acquitter de tributs. Un patron peut avoir plusieurs clients. Il peut, enfin, défaire le lien qui pèse sur sa clientèle ou bien transmettre sa clientèle à un autre. Une gens, une famille entière, peut ainsi être cliente d’une personne ou d’une famille puis d’une autre.

Ce lien social très fort apparu sans doute avant le IIIe siècle perdura lorsque le pouvoir de notables locaux (les « Vergobrets », sortes de « magistrats » équivalents aux maires) se substitua à la monarchie chez les Arvernes, vers la fin du IIe siècle et aboutit à la constitution d'une véritable hégémonie sur le reste de la Gaule, à laquelle s'opposèrent les Éduens.

Au contraire de cette évolution, l'organisation sociale que connaissent les peuples belges semble demeurer relativement stable du IIIe jusqu'au Ier siècle, la tribu ou le clan constituant chez ces derniers le lieu du pouvoir. Le détail des changements que connaît le monde celtique durant cette période nous échappe.

Article détaillé : Peuples gaulois

2.2. La conquête romaine

Comme l'ensemble des Celtes du continent, les Gaulois perdirent leur « autonomie » avant le début de l'ère chrétienne. Ceux entrés en Italie furent soumis par Rome lors de la conquête de la péninsule dès le IIIe siècle avant notre ère.

Indépendante sans être pour autant unifiée, la Gaule transalpine fut quant à elle incorporée militairement à la république romaine en deux étapes : la Gaule méridionale située au-delà des Alpes (Gallia bracata, c’est-à-dire Gaule en braies) fut conquise dès la fin du IIe siècle av. J.-C. et « romanisée », semble-t-il, en moins d’un siècle. Elle devint la première province romaine hors d’Italie : la Narbonnaise, et compta la première cité de droit romain hors d’Italie (Narbonne).

La Gaule septentrionale (nommée Gallia comata, c’est-à-dire Gaule chevelue, par Jules César) fut soumise entre -58 et -51 par les légions de ce dernier. Cette « Guerre des Gaules » culmina avec la défaite d’une coalition gauloise menée par l’Arverne Vercingétorix, à Alésia, en -52. L’historiographie romaine ne situe toutefois la fin de la pacification qu’en -51, à la suite d’une ultime victoire sur les restes des coalisés rassemblés sous les ordres du chef Lucterios. La présence de nombreux lieux-dits « camps de César » en France ne doit pas tromper : la plupart d’entre eux sont des sites postérieurs, datant parfois du Moyen Âge. Cependant, il est probable que la pacification donna lieu à une « paix en armes » (Michel Reddé) au moins jusqu’à l’imperium d’Auguste.

2.3. La Gaule romaine

En archéologie et en histoire, les Gaulois de la période romaine sont désignés par le néologisme Gallo-romains pour les distinguer des habitants de la Gaule protohistorique. Cependant, les noms « gaulois » et « Gaule », ainsi que l’essentiel des noms de confédérations, de peuples ou de tribus (regroupés en cités par Jules César) de cette période restèrent en usage pour désigner à la fois peuples et territoires au moins jusqu’au VIIe siècle de notre ère, pendant la période mérovingienne.

3. Héritage

L'héritage que les Gaulois transmirent au reste du monde antique concerne principalement les domaines de l'artisanat (menuiserie, forge, etc.) dans lesquels les Celtes excellaient : le tonneau, entre autres, serait une invention gauloise. Il est également perceptible dans les arts culinaires (la charcuterie), dans le domaine militaire (la cotte de mailles celtique servit très probablement de modèle aux Romains), dans l'organisation du territoire français et dans la langue française.

Dans un but de propagande nationale, l'idéologie issue de l'école de Jules Michelet – notamment dans le contexte de l'esprit de revanche contre l'Allemagne – a propagé une vision ethnocentriste de l'histoire de France, faisant de la défaite d'Alésia en 52 avant J.-C. un mythe fondateur de l'identité nationale. En fait, Napoléon III, grand admirateur et auteur d'une biographie de Jules César, a ironiquement été celui qui a le plus contribué à faire de la figure de Vercingétorix un héros national par son implication dans les chantiers de fouille qui visaient à exhumer les sites de la guerre des Gaules et par les répercussions qu'eut son engouement dans l'art.

Trace notable, dans la Turquie actuelle, la Galatie est un lointain témoignage de la présence de Gaulois (Galates) qui servirent Alexandre le Grand comme mercenaires avant de s’établir dans cette région d’Asie mineure. Un quartier d’Istamboul leur aurait été réservé et aurait pris leur nom, celui de Galatasaray, littéralement le « palais des Galates », où auraient résidé les mercenaires engagés par le pouvoir byzantin. C’est du moins l’une des origines possibles du toponyme. Quoi qu’il en soit, l’Épître aux Galates de saint Paul était bien destiné aux descendants de ces Celtes établis en Asie mineure.

4. Langue

Les Gaulois parlaient vraisemblablement plusieurs dialectes d'une même langue celtique indo-européenne qui s'est éteinte pendant le haut Moyen Âge. Aucune des langues celtiques actuelles n'en est issue : le breton, par exemple, dérive de langues parlées en Grande-Bretagne au Ve siècle de notre ère et introduites en Armorique à la même période. Certains mots ou tournures proches du latin ont longtemps fait penser que les deux langues faisaient parties d'une même sous-famille linguistique, l'« italo-celtique ». Cette théorie est aujourd'hui abandonnée.

Il n’a été que très peu écrit, sans doute principalement pour des raisons de tabou religieux. Lorsqu’il l’a été, l’alphabet grec, connu grâce à l’influence de Marseille (Massalia en grec, Massilia en latin) dès le VIIe siècle avant notre ère, a le plus souvent été utilisé.

Article détaillé : gaulois (langue)


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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2016-10-24 16:44:27




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