Dal Riada

Intérêt
Le Dal Riada (puis Dal Riata, en vieil irlandais) constitua un royaume celtique important au haut Moyen Âge : initialement situé sur la côte nord-est de l’Irlande, il fut déplacé sur la côte ouest de l’Écosse actuelle lorsque celle-ci fut envahie par les Scots irlandais.

Les Scots (scotti) d’Irlande étaient originaires de la région de l’Ulster. Durant les années 360, ils purent participer à une série d’incursions pirates irlandaises sur les côtes occidentales de la province romaine de Bretagne : les sources emploient le nom d’Hibernii pour en désigner les auteurs.

Chassés en 369 par Théodose l’Ancien, les Irlandais continuèrent néanmoins à exercer une pression régulière sur les Bretons (ou Brittons), qui occupaient la partie occidentale de l’île de Bretagne (Grande Bretagne actuelle).

Après le retrait de la dernière légion romaine de l’île de Bretagne, survenu en 407 – l’épisode marque, selon l’historien breton Nennius, la fin de l’empire romain en Grande-Bretagne – ceux que les sources nommèrent désormais scotti multiplièrent leurs raids avant d’envahir effectivement, vers la fin du cinquième siècle, l’ouest de l’île au nord du Firth of Forth (tracé du mur d’Antonin). La période mal connue de l’histoire de la Grande-Bretagne qui débuta alors est celle des « Âges sombres » (Dark Ages).

Outre le vide laissé par l’effondrement des équilibres antiques en Bretagne, c’est probablement la pression exercée dans l’Ulster sur les Scots du Dal Riada qui peut expliquer, en définitive, leur invasion : ces derniers, en effet, eurent à subir les effets de l’expansion d’un autre clan irlandais entre 480 et 550. C’est durant cette période que les Ui Neill, d’où étaient issus les « hauts-rois » de l’Irlande (Tara), soumirent le nord et l’est de l’île d’Hibernia.

Les Pictes et les Scots déferlèrent dans le sud. En 446, les Bretons durent faire appel à l'aide d'Aetius, le gouverneur de la Gaule, contre eux : en vain. Ils remportèrent néanmoins une victoire en 447, lors d'une bataille à laquelle participa saint Germain d'Auxerre : l'évêque avait peut-être été dépêché dans l'île à la suite de l'appel à l'aide des Bretons. L'historien northumbrien du VIIIe siècle, Bède le Vénérable, a seulement retenu que ce dernier était venu en Grande-Bretagne pour lutter contre l'hérésie de Pélage.

Le répit des Bretons fut néanmoins de courte durée et, en 448, une épidémie de peste associée à des troubles civils assurèrent la dissolution rapide des cadres de vie du Bas-Empire. Après 449 (selon la date traditionnellement retenue par l’historiographie), des bandes germaniques repoussèrent les Bretons à partir du sud-est de l’île (du Kent) : les Anglo-Saxons, qui étaient probablement d’abord entrés dans l’île comme fédérés de Rome, finirent ainsi de rompre l’équilibre politique de Grande-Bretagne.

Dès lors, tandis que Bretons et Anglo-Saxons s'affrontaient, les Scots disputèrent le nord-ouest de l'île aux Pictes.

Le Dal Riada, dont la capitale avait été établie à Dunadd, progressa jusqu'au cœur de l'ancienne Calédonie. Cette progression fut sans aucun doute difficile : sous le règne du roi picte Brudei mac Maelcon (553 – 584), une bataille coûta la vie au roi des Scots.

Néanmoins, trois facteurs de première importance permirent à l’influence des Scots de s’installer durablement en Grande-Bretagne : le premier fut la règle de dévolution du pouvoir qu’observaient les Pictes. Cette dernière étant matrilinéaire, elle permit aux Scots de prendre le pouvoir sur les Pictes « pacifiquement » à plusieurs reprises comme, par exemple, en 584, lorsque Gartnait, fils du roi de Dal Riada Aedan mac Gabrán, hérita d’un « royaume des Pictes du nord », qu’il faut identifier avec le Cat.

Le second facteur est le rôle que jouèrent les Celtes dans la conversion des Pictes au christianisme : en 565, en effet, un Scot – le moine irlandais saint Columba – s'établit sur l'île de Iona. C'est à partir du monastère qui y fut fondé qu'il entreprit avec succès l'évangélisation des Pictes.

Le troisième facteur, enfin, est la pression northumbrienne qui s'exerça sur les Pictes à partir du milieu du VIIe siècle.

Les Scots de Dal Riada affrontèrent les Pictes à de multiples reprises durant les VIIe et VIIIe siècles et le Dal Riada s'effondra plusieurs fois, en raison de divisions internes et de la pression de ces « voisins », notamment en 721–741, puis en 741–748. À partir de la restauration de l'indépendance du Dal Riada par Aed Finn, en 768, les territoires des Scots et une partie de plus en plus importante des royaumes pictes furent fréquemment soumis à l'autorité d'un seul souverain : soit picte (de 811 à 839), soit scot (768-811 et à partir de 839)

À cette date, le dernier roi picte Eoganan ayant été tué par les Danois, les royaumes de Dal Riata et des Pictes du sud finirent par être fondus en une seule entité « politique », dénommée Alba et placée sous l’autorité du souverain scot Kenneth mac Alpin (Kinet).


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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2016-10-26 21:17:41




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