City Hall de Harold Becker

Intérêt
Ce film de Harold Baker, interprété par d’excellents acteurs, s’interroge sur la part respective de l’idéalisme et du réalisme en politique à travers une histoire dense et dramatique.


Table des matières

1. ANALYSE


Harold Becker avait déjà utilisé Al Pacino dans Mélodie pour un meurtre (Sea of love), il récidive dans City Hall en lui offrant le rôle du maire de New York, John Pappas, assisté par un adjoint idéaliste Kvin Calhoun (John Cusack) qui lui est entièrement dévoué et fidèle.

Un policier est abattu lors d’une interpellation et l’échange de coups de feu provoque la mort d’un enfant. Cet accident sert de point de départ à une réflexion sur les liens entre policiers, politiciens, juges et mafieux dans le fonctionnement d’une grande ville : l’idéalisme a-t-il sa place en politique face aux enjeux financiers, aux ambitions personnelles et aux compromissions inévitables ? Le réalisme, à l’inverse, ne s’apparente-t-il pas à une démission morale et n’ouvre-t-il pas la porte, à long terme, au cynisme ?

L’intérêt du film est, aussi, dans un montage nerveux et rapide : l’enquête et la complexité des découvertes qui s’ensuivent donnent lieu – qu’elles soient bâties sur des dialogues ou des scènes d’action – à de courtes séquences justifiées à la fois par le situation (il faut que l’incendie qui couve soit rapidement circonscrit et que la vérité soit mise à jour dans les meilleurs délais) et par le choix du réalisateur qui maintient ainsi avec brio un intérêt qui eût pu s’émousser tant, le film avançant, chaque révélation en induit une nouvelle qui, à son tour, mène à une autre piste, etc.

La réalisation montre, par ailleurs, un vrai souci de diversité et chaque scène est l’objet d’une composition particulière et a sa propre tonalité. A titre d’exemples, on peut rappeler la scène où le juge Walter Stern, poussé dans ses derniers retranchements, reçoit son visiteur dans un bureau confortable aux couleurs rouge sombre qui signifient sa culpabilité ; ou bien celle où le maffieux pousse son complice, conseiller municipal, à prendre la terrible décision, alors que sa femme lui prépare son repas préféré, dans une pièce à la lumière symboliquement tamisée, comme l’est désormais son avenir en train de s’assombrir ; ou encore celle du face à face pathétique entre Pappas et Calhoun filmée en très gros plans, comme pour mieux saisir, intimement, sur les visages cet amour quasiment « filial » qui ne résiste pas à la faillite des idéaux.

Enfin, le film nous présente un New York sans doute plus vrai que l’image qu’en donne la plupart des films : ici, point de sirènes de police hurlantes ; nul coup de feu récurrent ; aucune violence omniprésente. Mais, bien au contraire, une ville saisie dans sa vie quotidienne, une ville où se croisent les milieux sociaux (marginaux délinquants, employés, officiels, etc.), une ville aux quartiers différents les uns des autres (Bronx, Mairie, port, etc.), une ville illustrée musicalement d’airs nostalgiques.

On l’aura compris, ce film est hautement recommandable et tous les acteurs – Al Pacino et John Cusack en tête -, parfaitement dirigés, contribuent à renforcer le pouvoir de séduction du film.


2. SYNOPSIS


Homme politique doué et efficace, le maire de New York, John Pappas s’est voué à ses électeurs et, au faîte de sa popularité, entretient de bons rapports même avec ses rivaux au nombre desquels on trouve le conseiller municipal Frank Anselmo. Figure emblématique, il est tout naturellement admiré par ses collaborateurs les plus proches et, notamment, Kevin Calhoun, son jeune adjoint, qui voit en lui le futur président des Etats-Unis.

Mais une bavure policière déclenche un processus qui va remettre en question cette réputation sans tache du maire. En effet, l’inspecteur Eddie Santos décidé à arrêter un trafiquant notoire, Tino Zapatti, est à l’origine d’un véritable massacre qui coûte la vie au gangster, à lui-même et à un enfant noir, victime d’une balle perdue.

L’avocate de la femme du policier, Marybeth Cogan, entend obtenir des autorités la promesse que la pension d’Eddie Santos sera bien versée à sa cliente. Mais Paul Zapatti, l’oncle de Tino, gangster lui-même, met au point, avec l’aide d’Anselmo, une machination : placer en secret chez la veuve une forte somme d’argent de façon à déconsidérer Eddie Santos en le présentant comme un policier corrompu.

Par ailleurs, Kevin Calhoun découvre que la liberté conditionnelle de Tino Zapatti – signé par le juge Stern - est le fait d’un trafic d’influence puisque le vrai rapport concluait au maintien en détention du gangster.

Dès lors, l’avocate, Marybeth Cogan, et Kevin Calhoun unissent leurs efforts pour rechercher une vérité qui va éclabousser tous les protagonistes de cette machination, y compris des proches du maire : un autre neveu de Paul Zapatti est assassiné avant de pouvoir parler ; le maire lui-même, sur les conseils de Kevin, doit désavouer son ami le juge Stern ; Anselmo est poussé par Paul Zapatti à se suicider. Mais le vrai rapport est retrouvé dans sa voiture et Kevin Calhoun finit par découvrir l’inimaginable, selon lui, vérité : c’est le maire lui-même qui a intercédé auprès du juge Stern pour complaire au gangster.

Kevin Calhoun, désabusé, pousse Pappas à se retirer de la vie politique et, toujours idéaliste, décide de se lancer dans la politique et de se faire élire pour voir triompher ses idées.


3. FICHE TECHNIQUE


  • Réalisation et production : Harold Becker.
  • Année : 1995.
  • Scénario : Ken LIPPER, Paul SCHRADER, Nicholas PILEGGI, Bo GOLDMAN.
  • Directeur de la photographie : Michael SERESIN.
  • Musique : Jerry GOLDSMITH.
  • Production : Edward R PRESSMAN, Ken LIPPER, Charles MULVEHILL/Castle Rock.
  • Distribution : UGC-Ph / UFD.
  • Durée : 103 minutes.

Distribution :

  • John Pappas : Al PACINO.
  • Kevin Calhoun : John CUSACK.
  • Marybeth Cogan : Bridget FONDA.
  • Frank Anselmo : Danny AIELLO.
  • Le juge Walter Stern : Martin LANDAU.
  • Abe Goodman : David PAYMER.
  • Paul Zapatti : Tony FRANCIOSA.
  • L’inspecteur Eddie Santos : Nestor SERRANO.
  • Elaine Santos : Lauren VELEZ.
  • Vinnie Zapatti : Angel DAVID.
  • Tino Zapatti : Larry ROMANO.




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4. BANDE ANNONCE





  Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2015-02-05 15:44:45




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