Charles le Chauve

Intérêt
Charles II, dit le Chauve (823 – ✝ 877), roi des Francs (840-877), empereur des romains (875-877) est le fils cadet de Louis le Pieux, unique héritier de l’Empire de Charlemagne après la mort de ses frères, et de l’impératrice Judith de Bavière.

La vie de Charles le Chauve, comme celle de ses frères, nous est principalement connue à travers l’œuvre de Nithard, moine à Jumièges, petit-fils de Charlemagne et l’auteur d’une Histoire des fils de Louis le Pieux.

En 840, à la mort de Louis le Pieux, la guerre entre ses fils commence immédiatement pour le partage de l'Empire. Louis II « le Germanique », fils d'un premier mariage de Louis le Pieux, s'allie avec Charles contre leur aîné, Lothaire, après que ce dernier se soit posé en héritier de l'unité impériale : Lothaire est battu à Fontenoy-en-Puisaye, dans l'Auxerrois (le 25 juin 841) et sa défaite est considérée comme un jugement de Dieu. Le 14 février 842, à Strasbourg, Charles et Louis prononcent des serments de fidélité et d'assistance mutuelles, chacun le faisant dans la langue vernaculaire des sujets de l'autre : le critère linguistique devient donc celui du partage des peuples. En 843, le traité de Verdun entérine le partage définitif de l'empire : Lothaire, qui garde le titre impérial parce qu'il est l'aîné, conserve la Francie médiane, qui s'étend de la mer du Nord jusqu'à l'Italie ; Louis le Germanique reçoit la Francie orientale – ou Germanie – qui correspond à la future Allemagne ; enfin, Charles reçoit la Francie occidentale (la future France)

Charles s'emploie alors à rétablir son pouvoir, ne pouvant plus guère compter que sur le soutien de l'Église : son surnom vient du fait qu'il se rase le crâne lors d'une cérémonie religieuse en signe de soumission à celle-ci.

Les obstacles se multiplient : en 858, Charles doit faire face à Louis le Germanique lorsque ce dernier envahit le royaume, mais le soutien de l'Église lui permet de résister. En 862, il est battu par une coallition formée entre les Bretons, menés par Nominoë et son propre fils cadet, Louis le Bègue, qui s'estime lésé par rapport à son frère, Charles III, précédemment couronné roi d'Aquitaine : la marche de Bretagne échappe à Charles le Chauve (il doit céder les comtés de Rennes, de Rézé et de Nantes). Il doit encore se faire reconnaître roi d'Aquitaine à son tour lorsque son fils aîné meurt prématurément, en 867, reconnaissant ainsi le particularisme de cette région.

Surtout, il est confronté aux Normands, qui pillent Nantes en 843 et s'aventurent de plus en plus loin à l'intérieur des terres, créant un climat d'insécurité permanente. Le roi leur verse un tribut à plusieurs reprises de 845 à 861, afin qu'ils cessent leurs raids sur les côtes de la Manche et le long de la Seine. Néanmoins, Saint-Martin de Tours est incendiée et la cité ne doit son salut qu'à la résistance du comte Robert le Fort (853). Paris, également, est menacée (à plusieurs reprises, en 852, 856, 858 et en 861).

Le roi, discrédité, se heurte de plus en plus à l'insubordination des Grands du royaume : celle-ci se traduit par la rébellion, menée par Eudes et par Robert le Fort, en 856 : pour faire face, Charles multiplie les bénéfices : ainsi, il cède l'Anjou à Robert le Fort, en 864.

Cependant, il tente d'agrandir son royaume vers l'est. En 869, après la mort de Lothaire II, qui a succédé son père en tant que roi de Lotharingie, Charles entre en Lorraine et s'y fait couronner roi. Louis le Germanique réagit aussitôt et s'empare à son tour de la majeure partie du royaume. Finalement, le traité de Mersen, en 870, instaure un partage plus équitable : Charles conserve les territoires occidentaux entre Rhône, Alpes et Durance.

En 875, Louis II d'Italie, fils aîné de Lothaire qui avait été couronné empereur, meurt à son tour : Charles lui succède en étant couronné empereur par le pape Jean VIII, mais il n'a plus les moyens d'une quelconque unité impériale. En 876, alors qu'il tente une nouvelle fois de s'emparer de l'est de la Lotharingie, sa défaite à Andernach, devant les troupes de son neveu, Louis de Saxe, marque la limite de cette expansion.

En 877, un capitulaire est publié par lui lors de l'assemblée d'été qui se tient à Quiercy-sur-Oise : dans celui-ci, il reconnaît l'hérédité des charges et des bénéfices comtaux, afin d'apaiser l'aristocratie. Pour cette raison, le texte constitue l'acte de naissance de la féodalité et marque une étape importante dans le déclin du pouvoir carolingien.

Charles-le-Chauve meurt la même année, près de Modane, non sans avoir auparavant préparé à la demande du Pape une expédition en Italie. La révolte des Grands, en son absence, le contraint à faire marche arrière, puis il franchit les Alpes une seconde fois avant de reculer devant les troupes germaniques. Son fils unique, Louis II « le Bègue » lui succède, mais le pouvoir carolingien est durablement ébranlé : en 880, le comte de Flandre déclare son indépendance, bientôt suivi par le duc de Bourgogne...

L'éducation de Charles et son goût pour les lettres lui permit de faire de sa cour un centre culturel important : Scot Érigène, notamment, y enseigna de 845 à 867 et les scriptoria de son royaume connurent une période faste d'activités sous son règne.

1. Généalogie

Article principal : Carolingiens (généalogie)

Charles II dit le Chauve est né en 823 à Francfort-sur-le-Main et il est mort le 6 octobre 877 à Avrieux.

    ┌─ Charles Ier dit le Grand ou Charlemagne (747-✝ 814), roi des Francs (768), roi des Lombards (774), 
                                  empereur d'Occident (800) et principal souverain de la dynastie carolingienne.
 ┌─ Louis Ier dit le Pieux (778-✝ 840), roi d’Aquitaine (781-814), empereur d’Occident (814-840). 
 │  └─ Hildegarde de Vintzgau (v.757-✝ 783). 
 │
 Charles II dit le Chauve
 │
 │  ┌─ Welf Ier (?-?). 
 └─ Judith (?-?). 
    └─ Heilwich (?-?). 
 Charles II dit le Chauve
  1) ép. Ermentrude d’Orléans (cf. Agilofing)
  2) ép. Richilde (cf. Bosonides)
  │
  ├─De 1 Judith (?-?). 
  │ 1) ép. en 856 Aethelwulf de Wessex (cf. Maison de Wessex)
  │ 2) ép. en 858 Aethbald de Wessex (cf. Maison de Wessex)
  │ 3) ép. Baudouin Ier dit Bras de Fer (cf. Maison de Flandre)
  │
  ├─De 1 Louis II dit le Bègue (846-✝ 879), roi de France (877-879). 
  │ 1) ép. en 862 Ansgarde
  │ 2) ép. en 878 Adélaïde de Frioul
  │
  ├─De 1 Charles dit l’Enfant (?-✝ 866). 
  ├─De 1 Carloman (?-✝ 876). 
  ├─De 1 Ermentrude (?-?). 
  ├─De 1 Hildegarde (?-?). 
  ├─De 1 Rotrude (?-?). 
  ├─De 1 Lothaire (?-✝ 865), abbé de Saint-Germain. 
  └─De 2 Rothilde (v.871-✝ v.928). 
    ép. Roger du Maine (cf. Maison du Maine)

2. Articles connexes

3. Bibliographie et liens

  • Pierre Riché, Les Carolingiens, une famille qui fit l’Europe. ISBN 2-012788513



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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2010-06-03 16:41:18




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