Charlemagne

Intérêt
Charlemagne ou Charles « le Grand » (latin Carolus Magnus, allemand Karl der Große) (2 avril 747 ? - 28 janvier 814, Aix-la-Chapelle), est le principal souverain de la dynastie carolingienne, à laquelle il prête son nom.

Il est roi des Francs de 768 à 814, roi des Lombards de 774 à 814 et empereur d’Occident de 800 à 814, s’intitulant en latin : Karolus, serenissimus augustus, a Deo coronatus, magnus et pacificus imperator, Romanum gubernans imperium, qui et per misericordiam Dei rex Francorum et Langobardorum).


Table des matières

1. Biographie

La vie de Charlemagne est principalement connue grâce à l’œuvre de son biographe, le moine Éginhard, auteur d’une vitae karoli.

Sa naissance et son enfance demeurent obscures, faute de sources : on ignore notamment son lieu de naissance (Quierzy-sur-Oise ou Herstal, près de Liège ?).

À la mort de leur père, Pépin le Bref, Charles et son frère aîné, Carloman, sont tous deux élus rois par une assemblée ; Charles se voit attribuer les terres que possédait son père et Carloman reçoit le royaume de son oncle éponyme. En 771, soit après un peu plus de trois années de règne et de paix relative entre les deux frères, Carloman meurt, vraisemblablement empoisonné. Sa veuve, Gerbera, se réfugie en Italie avec ses fils et quelques partisans, et Charles, alors âgé de vingt-neuf ans, est élu souverain pour tout le royaume des Francs.

Charlemagne répond alors à l'appel à l'aide lancé par le pape contre les Lombards en Italie et consolide l'alliance des Francs avec la papauté : en 778, il prend le titre de « roi des Lombards ». Son règne est ensuite marqué par de nombreuses campagnes militaires pour étendre le royaume et des efforts continus pour administrer des territoires toujours plus étendus.

1.1. La dilatation du royaume

Charlemagne doit lutter contre les ducs présents au temps de son père mais rebelles à son autorité (Tassilon III en Bavière, Fénelon en Aquitaine).

Il entreprend également une série de campagnes militaires, qui visent à étendre le royaume, principalement en Germanie, continuant en cela la politique franque entreprise par ses ancêtres depuis le temps où ils étaients maires du palais. La Frise orientale, puis la Saxe sont soumises à grand-peine par la force, n'étant pacifiées qu'au début du IXe siècle. Le nord de l'Espagne est également conquis jusqu'à l'Ebre.

Cette dilatatio regni, selon l’expression des sources, correspond également à une expansion de la chrétienté : l’avancée franque s’accompagne de la création d’évêchés en Germanie, renforçant le poids de l’Église romaine et profitant à l’alliance avec la papauté. Sur le plan administratif, des comtés organisent le territoire pacifié alors que les marges du royaume sont attribuées à des marquis (ou margraves, pour les allemands), qui y détiennent un commandement renforcé sur le plan militaire.

1.2. Les efforts pour administrer le royaume

À travers l'expansion du royaume des Francs se pose avec plus d'acuité la question de son administration.

En la matière, Charlemagne ne semble pas vouloir innover : ne pouvant compter que sur les liens personnels qu’il entretient avec les Grands du royaume, réunis chaque année en assemblée (les plaids, en moyenne trois fois par an), il gouverne à l’aide d’outils qui existaient durant la période mérovingienne, comme les missi, au départ envoyés extraordinaires du roi, ou les capitulaires, sortes d’édits publiés lors des assemblées du royaume et dont son père a fait usage avant lui.

Toutefois, avec Charlemagne, ces outils sont institutionnalisés, notamment grâce au concours des scribes de la chapelle palatine : les missi dominici, paire théoriquement formée d’un évêque et d’un comte selon sa volonté (802) deviennent les envoyés réguliers du roi auprès des comtes et dans le même temps, le nombre des comtés connaît une spectaculaire augmentation. Pour relayer les instructions du roi, près de 200 capitulaires sont rédigés pendant son règne. Et ils touchent au domaine juridique, Charlemagne affichant le souci de rendre plus cohérentes les lois de chacun de ses peuples : clarifiées, elles font l’objet d’instructions spécifiques.

Au final, l'embryon d'administration qui résulte de ces efforts a un impact vraisemblablement limité – les sources pour l'évaluer font défaut –, mais la volonté du souverain contribue à fournir un cadre nouveau au royaume.

1.3. La « renaissance carolingienne » et l'empire chrétien

Auteur d'une alliance renforcée avec la papauté, peut-être uniquement pour honorer les engagements de son père, Charlemagne soutient la réforme de l'Église commencée au temps de Pépin par Chrodegang de Metz. Il s'appuie aussi sur les abbayes : celles-ci étaient souvent lésées par ses prédécesseurs, qui n'hésitaient pas à distribuer les terres ecclésiastiques à des laïcs pour récompenser l'aristocratie. En compensation, le souverain restitue une partie des terres confisquées et institue la dîme (voir précaire)

C’est dans ce contexte, qu’il réunit dans son entourage – c’est-à-dire le palais – des lettrés, qui sont alors les moines et les clercs : l’influence de ces derniers, dont la figure la plus célèbre est Alcuin, s’avère déterminante durant tout son règne : Charlemagne veut réformer. Il encourage les lettres, bien qu’étant lui-même illetré, et l’éducation, que les lettrés entendent restaurer sous sa forme classique (trivium et quadrivium), donnant ainsi naissance à ce que l’historiographie nomme « renaissance carolingienne ». Celle-ci gagne également les domaines artistiques, à travers l’architecture impériale, ou techniques, à travers l’invention de l’écriture caroline, plus simple que l’onciale. La culture des élites du Moyen Âge, à la fois latine et chrétienne, a ainsi des racines carolingiennes.

Dans le domaine de l’idéologie, enfin, le roi – qui est sacré depuis Pépin (754) – est comparé, avec Charlemagne, à un « nouveau David ». Ce dernier – ou du moins son entourage érudit – inscrit donc son action dans un cadre chrétien, dont la référence dernière est l’empire de Constantin. L’évolution conduit, éventuellement, au couronnement impérial de Charles par le pape Léon III, le 25 décembre 800, geste par lequel les élites chrétiennes entendent restaurer l’empire en Occident. Ce faisant, elles contribuent à forger une idéologie nouvelle du pouvoir qui puise ses sources dans la Cité de Dieu de saint Augustin (Éginhard mentionne que l’œuvre était lue au souverain), et qui place l’unité, mais aussi la « paix et la concorde » au cœur des préoccupations du roi.

2. Généalogie

Charlemagne est le fils de Pépin III, dit le bref et Berthe de Laon dite au Grand Pied.

    ┌─ Charles dit Martel (v.685-✝ 741), maire du palais d’Austrasie (719),  
    │        maire du palais de Neustrie (719), maire du palais de Bourgogne (719). 
 ┌─ Pépin III dit le Bref (v.715-✝ 768), maire du palais de Bourgogne (741), 
 │  │        maire du palais de Neustrie (741), maire du palais d'Austrasie (747), 
 │  │        roi des Francs (751). 
 │  └─ Rotrude de Tréves (?-?). 
 │
 Charles Ier dit le Grand ou Charlemagne
 │
 │  ┌─ Héribert de Laon (?-?), comte de Laon. 
 └─ Bertrade ou Berthe de Laon dite au Grand Pied (?-✝ 783). 
    └─ Bertrade de Bavière (?-?). 

2.1. Descendance

 Charles Ier dit le Grand ou Charlemagne
 1) ép. en 768 Himiltrude
   ├─ Alpaïs (?-?) 
   └─ Pépin dit le Bossu (v.770-811). Enfermé à l’abbaye de Prüm en 792 après une révolte contre 
   │         son père Charlemagne en 791.
   │
 2) ép. en 770 Désirée de Lombardie (cf. Lombardie) pas d’enfants, il la répudia, on ne sait pour
   │         quel motif, au bout d'un an.
   │
 3) ép. en v.771 Hildegarde de Vintzgau (cf. Agilolfing) femme d’une des plus nobles familles de la 
   │         nation des Suèves.
   │
   ├─ Charles le jeune (?-?). (v.772-✝811)
   ├─ Adélaïde (?-?). (?-✝774)
   ├─ Rotrude (v.775-✝ 6 juin 810). 
   │   ép. Rorgon Ier du Maine (cf. Rorgonides) Fiancée pendant six ans à Constantin VI de Byzance, 
   │         fils de l'impératrice Irène. Elle a eu du comte du Maine, Rorgon Ier, un enfant, Louis. 
   │
   ├─ Pépin d'Italie (777-✝ 810), roi d'Italie (781-810). dynastie des Herbertiens.
   │   ép. Rothais, avec qui il a Bernard d'Italie.
   │
   ├─ Louis Ier dit le Pieux (778-✝ 840), roi d’Aquitaine (781-814), empereur d’Occident (814-840). 
   │   1) ép. en 793 Theudelinde de Sens
   │   2) ép. en 798 Ermengarde de Hesbaye
   │   3) ép. en 819 Judith (cf. Welfs)
   │
   ├─ Lothaire (?-?). (778-✝779), frère jumeau de Louis
   ├─ Berthe (v.779-✝ 823). 
   │   ép. en 795 Angilbert dit saint Angilbert, abbé de Saint-Riquier, 
   │   enfants Nithard et Harmid. 
   │
   ├─ Gisèle (?-?). (781-ap.814)
   └─ Hildegarde (782-✝783)
 4) ép. en 783 Fastrade de Franconie
   │
   ├─ Théodrade (v.785-v.853). abbesse d'Argenteuil
   └─ Hiltrude ou Rotrude, (v.787-?), abbesse de Faremoutiers. 
 5) ép. en v.795 Liutgarde d'Alémanie, pas d'enfants
 6) concubine Madelgarde
   │
   └─ Rothilde ou Ruothilde, Clothilde (790-852), abbesse de Faremoutiers
 7) concubine ???    
   │
   └─ Rothaide (?-?).
 8) concubine v.808 Gerswinde de Saxe ou Gersuinthe,
   │
   └─ Adeltrude (?-?). 

 9) concubine v.800 Régina
   │
   ├─ Drogon (?-?). abbé de Luxeuil (820), puis évêque de Metz, vicaire du Saint-Siège (844)
   └─ Hugues (?-?). (802-844), abbé de Saint-Quentin (822-823), abbé de Lobbes (836), 
   │        abbé de Saint-Bertin (836), archichancelier de Louis le Pieux (834-840).
   │
 10) concubine v.806 Adelinde ou Adélaïde.
   │
   └─ Thierry ou Théodoric , (807-ap.818), clerc

3. Sources

3.1. Portrait de Charlemagne

D'une large et robuste carrure, il était d'une taille élevée, sans rien d'excessif d'ailleurs, car il mesurait sept pieds de haut. Il avait le sommet de la tête arrondi, de grands yeux vifs, le nez un peu plus long que la moyenne, de beaux cheveux blancs, la physionomie gaie et ouverte. Aussi donnait-il, extérieurement, assis comme debout, une forte impression d'autorité et de dignité. On ne remarquait même pas que son cou était gras et trop court et son ventre trop saillant, tant étaient harmonieuses les proportions de son corps. Il avait la démarche assurée, une allure virile. La voix était claire, sans convenir cependant tout à fait à son physique. Doté d'une belle santé, il ne fut malade que dans les quatre dernières années de sa vie, où il fut pris de fréquents accès de fièvre et finit même par boiter. Mais il n'en faisait guère alors qu'à sa tête, au lieu d'écouter l'avis de ses médecins, qu'il avait pris en aversion parce qu'ils lui conseillaient de renoncer aux mets rôtis auxquels il était habitué et d'y substituer des mets bouillis. Il s'adonnait assidûment à l'équitation et à la chasse. C'était un goût qu'il tenait de naissance, car il n'y a peut-être pas un peuple au monde qui, dans ces exercices, puisse égaler les Francs. Il aimait aussi les eaux thermales et s'y livrait souvent au plaisir de la natation, où il excellait au point de n'être surpassé par personne. C'est ce qui l'amena à bâtir un palais, à Aix et à y résider constamment dans les dernières années de sa vie. Quand il se baignait, la société était nombreuse : outre ses fils, ses grands, ses amis et même de temps à autre la foule de ses gardes du corps étaient conviés à partager ses ébats et il arrivait qu'il y eût dans l'eau avec lui jusqu'à cent personnes ou même davantage.
Il portait le costume national des Francs : sur le corps, une chemise et un caleçon de toile de lin ; par-dessus, une tunique bordée de soie et une culotte ; des bandelettes autour des jambes et des pieds ; un gilet en peau de loutre ou de rat lui protégeait en hiver les épaules et la poitrine ; il s'enveloppait d'une saie bleue et avait toujours suspendu au côté un glaive dont la poignée et le baudrier étaient d'or ou d'argent. Parfois il ceignait une épée ornée de pierreries, mais seulement les jours de grandes fêtes ou quand il avait à recevoir des ambassadeurs étrangers. Mais il dédaignait les costumes des autres nations, même les plus beaux, et, quelles que fussent les circonstances, se refusait à les mettre. Il ne fit d'exception qu'à Rome où, une première fois à la demande du pape Hadrien et une seconde fois sur les instances de son successeur Léon, il revêtit la longue tunique et la chlamyde et chaussa des souliers à la mode romaine. Les jours de Fête, il portait un vêtement tissé d'or, des chaussures décorées de pierreries, une fibule d'or pour agrafer sa saie, un diadème du même métal et orné lui aussi de pierreries ; mais les autres jours, son costume différait peu de celui des hommes du peuple ou du commun. Il se montrait sobre de nourriture et de boisson, surtout de boisson car l'ivresse, qu'il proscrivait tant chez lui que chez les siens, lui faisait horreur chez qui que ce fût. Pour la nourriture, il lui était difficile de se limiter autant, et il se plaignait même souvent d'être incommodé par les jeûnes. Il banquetait très rarement, et seulement aux grandes fêtes, mais alors en nombreuse compagnie. Normalement, le dîner ne se composait que de quatre plats, en dehors du rôti que les veneurs avaient l'habitude de mettre à la broche et qui était son plat de prédilection. Pendant le repas, il écoutait un peu de musique ou quelque lecture. On lui lisait l'histoire et les récits de l'antiquité. Il aimait aussi se faire lire les ouvrages de saint Augustin et, en particulier, celui qui est intitulé la Cité de Dieu.

3.2. Sur le couronnement impérial

Venant à Rome pour rétablir la situation de l'église, qui avait été fort compromise, il y a toute la saison hivernale. Et, à cette époque, il reçut le titre d'empereur et d'auguste. Il y fut d'abord si opposé qu'il s'affirmait ce jour-là, bien que ce fut celui de la fête majeure, qu'il ne serait pas entré dans l'église, s'il avait pu savoir à l'avance le dessein du pontife.

4. Articles complémentaires

5. Bibliographie

6. Liens


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