Athènes

Intérêt
Athènes (en grec ancien Ἀθῆναι Athễnai ─ le nom est toujours au pluriel ─, en grec moderne Αθήνα [a’θina] Athína) est aujoud’hui la capitale de la Grèce et la principale ville grecque. Elle fut une cité antique renommée, longtemps rivale de Sparte pour la domination de la Grèce antique et adversaire de l’Empire perse.
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Ruines de l'Acropole d'Athènes
Table des matières

1. Étymologie

  • Le pluriel du mot Athènes, d'après Thucydide, est une trace des anciens villages qui fusionnèrent pour fonder la cité (voir synœcisme).
  • En grec ancien, la cité s’appelait Ἀθῆναι Athễnai et c’est sous ce nom qu’elle est devenue la capitale de l’État grec moderne. Cependant, depuis l’abandon de la katharevousa, dans les années 1970, la forme moderne Αθήνα Athína est devenue le nom officiel de la ville (et de la mégalopole).

2. Population

À son apogée pendant la période classique, la cité athénienne a pu compter près de 300 000 habitants.

Aujourd'hui, la mégalopole athénienne est le principal foyer de population en Grèce, avec 3,7 millions d'habitants, sur un total de 10 millions de Grecs environ.

3. Géographie

Athènes s'étend sur la plaine d'Attique, dominée par le mont Aegalien à l'Ouest, le mont Parnitha au nord, le mont Pentélique au nord-est, le mont Hymettus à l'est, et le golfe de Saronique au sud-ouest. En raison de ces limites naturelles, il est peu probable de voir la mégalopole s'étendre beaucoup plus qu'elle ne l'est aujourd'hui. Par ailleurs, la géomorphologie d'Athènes contribue beaucoup aux problèmes de pollution atmosphérique dont elle souffre aujourd'hui (la mégalopole de Los Angeles aux États-Unis connaît la même géomorphologie et les mêmes conséquences).

Les terres sont rocailleuses et peu fertiles. La ville antique était groupée au pied de l'Acropole. Dans l'Antiquité, le port du Pirée (en grec, Pireas) était une ville bien distincte mais il fait aujourd'hui partie de la mégalopole.

Le centre de la ville moderne est la place de la Constitution, où se situaient autrefois notamment le palais royal et le Parlement. La plupart des monuments et musées se situent également dans ce quartier.

Les parties nouvelles de la mégalopole sont pour la plupart en béton gris et souffrent d'un manque d'espaces verts.

3.1. Administration

Dans le langage courant, le nom d’Athènes peut désigner indifféremment la mégalopole entière (le « grand Athènes »), la ville d’Athènes proprement-dite, ou simplement le centre historique de celle-ci (l’Athènes antique).

L’agglomération d’Athènes, en effet, est constituée de villes et villages autrefois distincts qui ont fini par former une mégalopole avec l’expansion démographique du XXe siècle. Cette dernière comprend aujourd’hui 54 municipalités, la plus importante étant la ville d’Athènes (Dhimos Athinaïon), avec près d’un million d’habitants (la deuxième est Le Pirée).

Chaque municipalité possède ses propres institutions, à la tête desquelles se trouve un maire (le maire actuel d’Athènes est Dora Bakoyannis, du parti Nea Dimokratia). La ville d’Athènes est par ailleurs le siège des institutions nationales grecques.

Comme chacune des municipalités du « grand Athènes », Athènes est jumelée ou a des partenariats avec de nombreuses villes étrangères :

  • Chicago, États-Unis, depuis 1997 ;
  • Los Angeles, Californie, États-Unis ;
  • Paris, France, depuis 2000.

3.1.1. Municipalités

Les 54 municipalités (dont 45 villes – Δήμος – et 3 communautés – Κοινότητα) qui forment la mégalopole d'Athènes (l'Attique) sont (par ordre alphabétique en grec, liste incomplète) :

  • Saint Anargyron (Δήμος Αγίου Αναργύρων) ;
  • Sainte Barbara (Δήμος Αγίας Βαρβάρας) ;
  • Saint Dimitris (Δήμος Αγίου Δημητρίου) ;
  • Sainte Paraskevi (Δήμος Αγίας Παρασκευής)  ;
  • Athènes (Δήμος Αθηναίων) ;
  • Aigaleo (Δήμος Αιγάλεω) ;
  • Alimos (Δήμος Αλίμου) ;
  • Maroussi (Δήμος Αμαρουσίου) ;
  • Argyroupoli (Δήμος Αργυρούπολης) ;
  • Vrilissia (Δήμος Βριλησσίων) ;
  • Byrona (Δήμος Βύρωνα) ;
  • Galatsi (Δήμος Γαλατσίου) ;
  • Glyphada (Δήμος Γλυφάδας) ;
  • Daphni (Δήμος Δάφνης) ;
  • Elliniko (Δήμος Ελληνικού) ;
  • Zographou (Δήμος Ζωγράφου) ;
  • Ilioupoli (Δήμος Ηλιούπολης) ;
  • Iraklio (Δήμος Ηρακλείου) ;
  • Ilion (Δήμος Ιλίου) ;
  • Kallithéa (Δήμος Καλλιθέας) ;
  • Kessariani (Δήμος Καισαριανής) ;
  • Kamatéros (Δήμος Καματερού) ;
  • Kiphissia (Δήμος Κηφισιάς) ;
  • Lycovrysi (Δήμος Λυκοβρύσεως) ;
  • Mélissia (Δήμος Μελισσίων) ;
  • Métamorphosi (Δήμος Μεταμορφώσεως) ;
  • Moschato (Δήμος Μοσχάτου) ;
  • Nouvelle Érythrée (Δήμος Νέας Ερυθραίας) ;
  • Nouvelle Ionie (Δήμος Νέας Ιωνίας) ;
  • Nouvelle Smyrne (Δήμος Νέας Σμύρνης) ;
  • Nouvelle Philadelphie (Δήμος Νέας Φιλαδέλφειας) ;
  • Nouvelle Halkidona (Δήμος Νέας Χαλκηδόνας) ;
  • Nouveau Psychiko (Δήμος Νέου Ψυχικού) ;
  • Papagou (Δήμος Παπάγου) ;
  • Peristeri (Δήμος Περιστερίου) ;
  • Petroupoli (Πετρούπολης) ;
  • Pevki (Δήμος Πεύκης) ;
  • Phaliro (Δήμος Π.Φαλήρου) ;
  • Tavros (Δήμος Ταύρου) ;
  • Ymittos (Δήμος Υμηττού) ;
  • Philothéi (Δήμος Φιλοθέης) ;
  • Chaïdari (Χαϊδαρίου) ;
  • Chalandri (Δήμος Χαλανδρίου) ;
  • Cholargos (Δήμος Χολαργού) ;
  • Psychiko (Δήμος Ψυχικού)
  • Ekali (Κοινότητα Εκάλης).
  • Nouvelle Pentéli (Κοινότητα Νέας Πεντέλης) ;
  • Pentéli (Κοινότητα Πεντέλης) ;
  • Le Pirée (Πειραιάς).

3.2. Transports

Athènes dispose d'un réseau dense de trolleybus et d'autobus. Afin de lutter contre la pollution, une part croissante des autobus fonctionne au gaz naturel pour véhicules (GNV). Le métro, dont la première ligne, nommée ISAP, date de 1904, a été complété en 2000 par deux lignes modernes et s'étend jusqu'à l'aéroport. Une ligne de tramway est en construction et a été mise en service pour les Jeux olympiques de 2004. Un RER, de type français relie également la gare centrale (Larisis) à la banlieue attique en direction de l'aéroport - il emprunte la même voie que le métro entre Doukissis Plakentias et l'aéroport international Elefthérios-Vénizélos. Ce dernier, construit par une entreprise allemande, est très récent et a remplacé l'ancien Elliniko. À ces transports en commun, il faut ajouter les taxis, omniprésents dans la capitale héllène.

Avant ces développements, se déplacer à Athènes s'avérait très problématique, que ce soit à cause de la vétusté des équipements ou de la lenteur du trafic. Un apport des JO de 2004 consiste donc en ce réseau efficace métro-tramway-bus qui semble avoir apporté une solution au problème du transport athénien.

3.3. Lieux d'intérêt

3.3.1. Monuments et musées

  • le Parthénon et l'Acropole ;
  • l'Agora (centre névralgique de la cité antique) et son temple ;
  • l'Agora romaine et la Tour des Vents (une horloge hydraulique construite au Ier siècle av. J.-C.);
  • le Théséion ;
  • le théâtre de Dionysos ;
  • le stade Panathénaïque, refait par Hadrien et Hérode Atticus et rénové en 1896 ;
  • le Musée national, avec ses magnifiques collections de sculptures, céramiques et poteries de la Grèce antique ;
  • L' Olympion, ou temple de Zeus.

3.3.2. Institutions

  • École française d'Athènes : institution renommée pour ses travaux archéologiques.
  • port du Pirée.
3.3.2.1. Universités

3.3.3. Divers

  • le grand marché d'Athènes ;
  • le marché aux puces de Monastiraki ;
  • les rues de Kolonaki avec ses boutiques chic et ses musées d'art contemporain ;
  • le mont Lycabette, d'où l'on a une vue panoramique de la ville ;
  • le quartier du Plaka, l'un des plus animés d'Athènes ;
  • la place Syntagma et l'ancien Palais Royal qui abrite le Parlement.

4. Histoire

Plusieurs mythes fondateurs expliquent l’origine d’Athènes. La ville aurait été fondée par Cécrops, être à corps de serpent issu de la terre de l’Attique et premier roi des lieux. Pour Hérodote (Modèle:Sa), ainsi qu’il le rapporte dans ses Ἱστορίαι Historíai, (« Enquêtes » ; de là vient le mot histoire), les dieux de l’Olympe ne seraient pas absents de cette fondation. L’Érechthéion, en effet, temple de l’Acropole, en porterait encore les traces puisqu’on y trouvait (ce que confirme l’historien) un olivier et de l’eau salée. L’olivier aurait été apporté par Athéna et l’eau salée par Poséidon, qui se disputaient l’attribution de la ville. Les deux présents devaient les départager : Cécrops choisit l’olivier, plus utile pour son peuple. Cet olivier, toujours d’après Hérodote, aurait d’ailleurs résisté à l’incendie de l’Acropole déclenché par les Perses en 480 avant notre ère. Sous la conduite de Cécrops, les Athéniens auraient donné à leur ville le nom de la déesse, appris à ne plus pratiquer le sacrifice humain et révéré Zeus comme roi des dieux. Il est notable que l’emblème de la ville soit la chouette, animal d’Athéna.

Outre Cécrops, Érichthonios, autre roi légendaire d'Athènes, est dit être le fondateur de la fête des Panathénées et l'inventeur du char, que lui aurait inspiré Athéna. On lui a construit l'Érechthéion de l'Acropole.

Enfin, Thésée serait le responsable du synœcisme, après avoir libéré sa ville du joug crétois (cf. Minotaure). Le souvenir du synœcisme était gardé par les Synœcies (συνοικίαι sunoikíai), fêtées tous les ans, le seizième jour du mois d’hécatombéon (Ἑκατομϐαιών, premier mois de l’année attique, équivalent à la deuxième moitié de notre mois de juillet actuel).

En réalité, l'archéologie a montré que des traces d'occupation humaine existent dès le néolithique sur le site de l'Acropole (voir Pélasges). Mais ce n'est qu'à la suite des invasions ioniennes que l'Attique fut organisée en cités : l'une d'elle, Cécropia, occupa alors le site de la future Athènes.

Athènes proprement-dite fut fondée formellement vers 800 avant notre ère par le synœcisme de plusieurs villages, partiellement préservés par l’invasion des Doriens. Ce faisant, en tirant parti de la forteresse naturelle de l’Acropole, ils purent résister aux hordes de pillards qui terrorisaient la région. Le pluriel du mot Athènes, d’après Thucydide, est une trace des anciens villages qui fusionnèrent pour fonder la cité.

Athènes devint l’une des cités dominantes en Grèce au cours du Ier millénaire avant J.-C. Son âge d’or fut atteint sous Périclès, au Modèle:Sa, où sa domination était à la fois politique (ligue de Délos), financière (grâce aux mines d’argent du Laurion et au tribut), militaire et culturelle. C’est à cette époque qu’Athènes fut qualifiée de « capitale (ἄστυ [astu]) de la Grèce » (Isocrate). Rapidement, Athènes transforma la ligue de Délos en un véritable empire qui fut dissout à la fin de la guerre du Péloponnèse qui l’opposa à Sparte.

Après ses jours de grandeur, Athènes continua à prospérer au sein de l'Empire romain où elle jouissait du prestige de sa culture. Aux alentours de l'an 1, elle comptait ainsi environ 300 000 habitants.

Sous l'Empire byzantin, Athènes perdit une grande partie de sa gloire pour ne devenir qu'une petite ville de province. Après l'établissement de l'empire latin de Constantinople en 1204, les Français mirent en place un duché d'Athènes qui fut conquis par des aventuriers catalans, les Almugavares, avant d'être repris par des Florentins. En 1458 la ville tomba entre les mains de l'Empire Ottoman et sa population déclina fortement, chose qui s'aggrava avec le déclin de l'Empire lui-même. Des quartiers entiers de la ville furent détruits entre le XVIIe et le XIXe siècle dans des guerres de factions.

La ville était quasiment inhabitée lorsqu'elle fut proclamée capitale du Royaume de Grèce en 1833, mais elle fut rebâtie dans les décennies qui suivirent. Un afflux de réfugiés, plus d'un million, en provenance de l'Asie Mineure suite à la guerre contre la Turquie entraîna dans les années 1920 la construction de quartiers entiers. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville fut occupée par l'Allemagne nazie et sa croissance a été très faible pendant les premières années post-guerre. Puis la cité recommenca à croître. Enfin, l'entrée de la Grèce dans l'Union européenne en 1981 apporta de nouveaux investissements à la ville.

5. Influence culturelle

Athènes a été le centre culturel de la Grèce classique, et ce dans tous les domaines. Sa conception du « beau et du bon » (voir Alcibiade) a influencé durablement le reste du monde grec, puis romain, et enfin l'Occident moderne.

  • sculpture (Phidias, Céphisodote, Praxitèle, Léocharès)
  • céramique
  • théâtre (Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane)
  • rhétorique (orateurs attiques)
  • histoire (Thucydide)
  • philosophie (Socrate, sophistes, Platon)
  • architecture (constructions de l'Acropole).

C'est à Athènes que sont notamment nées la démocratie et la philosophie. De fait, la civilisation athénienne est l'un des fondements de la culture européenne et c'est en mémoire de cela que le projet de constitution européenne rédigé par Valéry Giscard d'Estaing cite en préambule l'historien Thucydide :

Χρώμεθα γὰρ πολιτείᾳ [...] καὶ ὄνομα μὲν διὰ τὸ μὴ ἐς ὀλίγους ἀλλ' ἐς πλείονας οἰκεῖν δημοκρατία κέκληται.
Notre Constitution... est appelée démocratie parce que le pouvoir est entre les mains non d’une minorité, mais du plus grand nombre.

Athènes a enfin accueilli les premiers Jeux Olympiques modernes en 1896, en souvenir des Jeux Olympiques de la Grèce antique (la ville a accueilli de nouveau les Jeux d'été en 2004).

6. Voir aussi

6.1. Articles connexes

  • Démocratie athénienne
  • Grèce
  • L'Agora d'Athènes
  • Complexe olympique d'Athènes
  • Jeux Olympiques d'été de 1896
  • Jeux Olympiques d'été de 2004

6.2. Ressources externes


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