Apocalypse now de Francis Ford Coppola

Intérêt
Ce film de Francis Ford Coppola, présenté à sa sortie dans une version de 150 minutes environ, a fait l'objet d'un net allongement de sa durée (197mn, désormais) à l'occasion d'une Édition Collector en Dvd. Ce sont quatorze scènes qui ont été rajoutées pour environ cinquante minutes supplémentaires. Il va sans dire que l'œuvre gagne en richesse, notamment grâce à l'addition d'une longue séquence qui se déroule chez les planteurs français.


Table des matières

1. ANALYSE


Avec ce film tourné en 1979, et inspiré, pour l’essentiel, de l’œuvre de Joseph Conrad (Au cœur des ténèbres,1902), Francis Ford Coppola poursuit une réflexion sur l’Amérique qu’il avait entamée avec Le Parrain [1] en 1972. Il observait alors son pays de l’intérieur à travers une métaphore transparente sur les États-Unis (liens étroits et secrets entre mafia et monde politique). Apocalypse now, par contre, décrit les États-Unis de l’extérieur en train d’exporter leur culture de la violence.

Une guerre absurde

Dès l’ouverture du film, Coppola évoque le mal-être, qui naît de ce sentiment d’une présence injustifiée dans un conflit sans fondement, en une suite de plans en surimpression : images de la beauté naturelle d’un pays à travers sa jungle aussitôt enflammée par le feu de la guerre, sur lesquelles se juxtapose le visage renversé de Willard, tandis que s’égrènent les premières notes qui introduisent la chanson des Doors

« This is the end, my only friend, the end (« C’est la fin, mon seul ami, la fin)
Of our elaborate plans, the end (De nos plans élaborés, la fin)
Of everything that stands [...] » (De tout ce qui a un sens [...] »).

Sur l’écran se déchaîne alors l’apocalypse annoncée par le titre. Bel exemple de cinéma qui dit par la seule force des images. Analysons la séquence : elle montre un pays (la caméra donne à voir la jungle naturelle et paisible) qui est détruit par un autre pays (la jungle vietnamienne est brûlée au napalm par l’aviation américaine) dont les soldats ne comprennent pas la politique (la tête de Willard est filmée à l’envers) et qui ont le sentiment que leur jeunesse et leur vie sont gâchées (Cf. les paroles chantées par Jim Morisson).

Mais ce n’est pourtant là qu’un simple avant-goût de l’apocalypse. Et la rencontre de Willard, au cours de sa mission, avec le colonel Kilgore marque, dans le récit même, la plongée dans un cauchemar qui ne s’achèvera qu’avec le film. Une séquence parmi les plus inattendues de l’histoire du cinéma dénonce une folie belliciste qui touche à son paroxysme. Mais il faut bien convenir que l’horreur montrée - et dénoncée, bien sûr - se pare malgré tout d’une beauté sauvage. Qu’on en juge : dans le ciel d’une aube pure, un ballet, d’abord majestueux, d’oiseaux-hélicoptères se métamorphose, au son de la chevauchée des Walkyries de Wagner, en une abominable tuerie sauvage et gratuite, aussi barbare qu’absurde. L’allusion à la culture américaine est claire : le lieutenant-colonel Kilgore qui dirige l’opération s’est affublé du chapeau de la cavalerie américaine du XIX° siècle (1) et il fait sonner la charge au clairon, tel le trop fameux général Custer de la bataille de Little Big Horn (Cf. le film Little Big Man [2] d’Arthur Penn qui évoque ce fait historique.). Bref, les Vietnamiens ont simplement remplacé les Indiens, et les hélicoptères, les chevaux. La guerre, à travers cette attaque, s’apparente à un jeu, voire à un divertissement ! Le film glisse ainsi de la dénonciation de l’intervention militaire des États-Unis au Vietnam à une mise en question de ceux qui dirigent les opérations, c’est-à-dire les officiers supérieurs ivres de leur pouvoir et animés d’un instinct meurtrier ; plus généralement le film débouche sur la dénonciation d’une constante, à travers les époques, des mentalités qui génèrent la politique extérieure américaine depuis les origines.

Un périple symbolique

C'est que le périple de Willard vers Kurtz est hautement symbolique. Il remonte un fleuve, c'est-à-dire qu'il remonte aux sources du fleuve et, métaphoriquement, ce voyage l'approchant de Kurtz, son itinéraire devient une interrogation sur l'essence de la nature humaine dans sa violence primitive. A mesure que son personnage s'enfonce dans la jungle, Coppola approfondit parallèlement sa réflexion : après avoir, dans un premier temps, remis en question histoire, culture et géopolitique de son pays, il se place désormais au cœur de l'être humain et analyse comment la guerre le métamorphose. L'odyssée de Willard devient alors un voyage qui le conduit à la découverte de lui-même. A mesure qu'il prend conscience de l'absurdité de la guerre, il s'aperçoit qu'il comprend mieux Kurtz.

Et deux événements vont renforcer ce sentiment. D'abord, l'image d'un passé révolu qui surgit, de la façon la plus irréelle qui soit, comme à travers les brumes d'un cauchemar, lorsqu'il rencontre la famille des planteurs français et qu'il écoute, ébahi, un discours colonialiste insensé. Ce retour morbide sur le passé - passage heureusement rajouté dans cette nouvelle édition DVD - met parfaitement en valeur toute l'absurdité d'une guerre recommencée par les Américains alors qu'elle avait déjà historiquement échoué avec les Français ! Ensuite, lorsqu'il rencontre les soldats américains en première ligne apparemment privés de chef et abandonnés mais continuant un combat pourtant désormais inutile puisque privé de sens.

Il découvre même, selon le propos de la Française de la plantation (interprétée par Aurore Clément), la dualité de l'homme à la fois mi-dieu, et mi-animal, découverte qui prélude à la rencontre finale avec Kurtz, précisément adoré comme une divinité mais capable de la plus grande des cruautés (dualité qui s'exprime, au cours de la séquence entière, dans une magnifique photographie toute en clairs-obscurs). Un Kurtz qui lui offre un miroir repoussant dans lequel il peut reconnaître l'humanité. Le geste final de Willard se mêle d'ailleurs, en un montage alterné de plans, avec l'antique et barbare sacrifice du bœuf. Le recours au bouc émissaire pour laver sa bonne conscience ne cessera jamais et Kurtz, produit de la guerre, doit payer pour ceux qui l'ont formé à tuer.

Le film peut, alors, s’achever sur un dernier mot, chuchoté et répété par Kurtz, « The Horror/l’Horreur », qui sanctionne la folie des hommes conduisant l’humanité à l’Apocalypse, tandis que s’éloigne un Willard devenu physiquement - donc moralement - le jumeau de Kurtz, et sans doute prêt, désormais, à sombrer lui aussi dans la même folie meurtrière.

Mais Willard s’éloigne au milieu des villageois pourtant prêts à le déifier : il emporte avec lui le dossier rédigé par Kurtz contre la guerre et ceux qui la font faire sans aller jusqu’au bout de leurs intentions criminelles. A-t-il ainsi l’intention d’honorer la mémoire du soldat perdu en faisant connaître son histoire ?...

A l'évidence, un chef-d'œuvre !


NOTE :

(1) : « Le Septième de cavalerie » est, aux États-Unis, un régiment de légende. Créé en 1866, il s’est illustré dans l’histoire de ce pays depuis la bataille de Little Big Horn, le 25 juin 1876, contre les tribus Sioux et Cheyenne au cours de laquelle le général Custer trouva la mort, jusqu’à la Corée, les Philippines, le Vietnam ou l’Irak. Le chapeau de cow-boy porté par le lieutenant-colonel Kilgore (Robert Duvall) dans le film trouve ainsi sa justification en tant que référence aux origines du régiment.

Francis Ford Coppola fait sans doute aussi allusion au film d’Arthur Penn, Little Big Man (1971) [3] au cours duquel le général Custer est montré comme un boucher exterminant les Indiens lors de la bataille sanglante de Little big Horn. Des événements de 1850 (la guerre contre les Indiens) à ceux des années 1970 (la guerre contre le Vietnam), le même lien - « Le Septième de cavalerie » - assure une parenté historique et idéologique évidente.


COMPLÉMENT :

Un long - et documenté - article de Xavier Leherpeur (in Marianne N° 905 du 15 au 20 août 2014) révèle combien le tournage du film a rencontré de grandes difficultés. En voici un court résumé. Le choix de Francis Ford Coppola pour jouer le personnage du capitaine Willard a été successivement refusé par Steve McQueen, Jack Nicholson, Robert Redford et Clint Eastwood. C’est finalement Harvey Keitel qui hérite du rôle mais il est finalement renvoyé après seulement deux semaines de tournage. C’est alors Martin Sheen qui le remplace et se prend si bien au jeu qu’il se veut le personnage de Willard et ingurgite force quantité d’alcool, se bat avec Coppola et finit par être terrassé par une crise cardiaque, occasionnant ainsi un retard de cinq semaines au tournage. Quant à Marlon Brando, grassement payé (1 million de dollars) pour être l’interprète de Kurtz, il joue les divas, boit plus que de mesure, grossit de 40 kilos et joue sans même apprendre ses dialogues. Le climat des Philippines (déluges d’eau, typhons et maladies diverses) ajoute encore aux difficultés et seize mois seront nécessaires au réalisateur pour achever le film : le budget est alors passé des 17 millions de dollars initiaux à plus de 30 millions. Fort heureusement, les recettes, pour les seuls États-Unis, s’élèveront à plus de 80 millions de dollars. Et, surtout, le film est considéré comme un chef-d’œuvre.


2. SYNOPSIS DÉTAILLÉ


Le capitaine Willard des Forces Spéciales (173ème aéroportée), enfermé dans sa chambre à Saigon, supporte de plus en plus mal sa présence au Vietnam : nu et transpirant d’abondance, une bouteille à la main qu’il vide d’un trait, il semble le jouet de visions cauchemardesques de guerre dans la jungle. Son monologue en témoigne quand il affirme vouloir à tout prix une mission. [7ème mn]

Précisément, deux officiers se présentent à sa porte pour lui proposer de les accompagner jusqu’à l’aéroport. Un hélicoptère le conduit au PC du 2ème bureau à Nha Trang, où l’attend une mission secrète commandée par le général Corman : remonter le cours de la rivière Nung sur un aviso de la marine jusqu’au Cambodge, à No Mung Ba, pour éliminer le colonel Kurtz qui s’est coupé de l’armée américaine et qui, adulé tel un Dieu par sa propre armée de montagnards autochtones et de soldats mercenaires, mène, depuis le territoire du Cambodge, une guerre toute personnelle contre le Viet-Cong. Sa voix off avertit que l’histoire de Kurtz et sa confession sont les siennes. [18ème mn]

Avec les quatre hommes choisis pour sa mission, il opère la jonction avec Le Septième de cavalerie (1) aéroporté - chargé de lui fournir une escorte - qui est en opération contre le Vietcong. Mais le lieutenant-colonel Bill Kilgore, coiffé d’un chapeau de cow-boy et renseigné par Willard prétend qu’il n’est pas au courant de la mission et qu’on ne doit pas le déranger pour l’instant. Il trouve toutefois le temps, en tant qu’amateur de surf, de se faire présenter un soldat qui est un surfeur renommé. Puis il décide d’attaquer un village tenu par l’ennemi au simple prétexte qu’il se trouve au bord d’un ravage aux vagues magnifiques. Le raid des hélicoptères se fait, au son de la musique de Wagner (la Chevauchée des Walkyries), dans une incroyable sauvagerie qui n’épargne ni les enfants ni les femmes. [37ème mn] Kilgore décide ensuite de sécuriser le bord de l’océan pour y faire du surf. Aussi demande-t-il l’intervention des avions pour qu’ils déversent du napalm pour anéantir toute résistance. Mais les vagues disparaissent alors sous l’effet de souffle déclenché par les bombardements et interrompent les surfeurs. Entre-temps, Willard, révolté par ce qu’il voit et se demandant ce qui distingue Kurtz – qui doit être éliminé – de Kilgore – que l’on laisse faire -, décide de partir sans plus tarder sur l’aviso transporté par hélicoptère et mis à sa disposition, non sans emporter la planche de surf de Kilmore à titre de représailles envers ses méthodes de cow-boy pour le moins expéditives et sanglantes. [50ème mn]

Willard et ses quatre soldats remontent donc la rivière Nung, s’arrêtent pour cueillir des mangues à la demande du cuisinier et sont attaqués par un tigre : ils décident de retourner au bateau et de n’en plus descendre. La vie à bord s’installe : les hommes évoquent des permissions impossibles, écrivent à leur famille ou à leur femme, perdent leur sang-froid. Quant à Willard, il lit le dossier qu’on lui a confié sur Kurtz et essaie de comprendre comment un officier aussi brillant, avec des faits d’arme aussi valeureux, a pu en arriver à devoir être exécuté par ses supérieurs. [60ème mn]

L’aviso débarque, en pleine nuit, dans un camp violemment éclairé où ils se ravitaillent en faisant valoir leur ordre de mission. C’est l’effervescence parmi les soldats du camp car un spectacle de danseuses doit être donné la nuit même. Un hélicoptère amène un présentateur et trois filles qui chantent et dansent sur une vaste scène le temps de mettre en transe les spectateurs, mais qui repartent aussitôt vers d’autres camps. Le jour se lève et l’aviso reprend sa remontée de la rivière Nung. Les hommes se distraient comme ils peuvent en parlant de filles, en racontant des anecdotes de la guerre, en écoutant les nouvelles et la musique à la radio ou en faisant du ski nautique. Willard lit les rapports de Kurtz sur la méthode à suivre pour gagner la guerre : ne jamais laisser le moindre répit à l’ennemi et mener une guerre véritable sans état d’âme. Dans une lettre envoyée à sa famille, il révèle qu’on a essayé de l’éliminer. A mesure que se dévoile la vie de Kurtz, Willard avoue se mettre à l’admirer. Ils croisent des bateaux qui descendent le cours d’eau. Willard confie au pilote qu’ils doivent s’aventurer au Cambodge. Puis ils accostent au niveau d’un camp qui semble déserté. [80ème mn]

Le commandant ayant été tué, les hommes sont livrés à eux-mêmes et vivent sans la moindre discipline. L’équipage retrouve l’hélicoptère de la tournée des danseuses - dont une ancienne playmate - qui servent désormais de prostituées. Willard échange deux bidons de gasoil contre deux heures avec les filles. [90ème mn] L’aviso repart et arraisonne une pirogue de Vietnamiens pour le contrôler. Dans l’énervement général, une fusillade se déclenche qui tue tous les occupants. La nuit tombe de nouveau et le bateau atteint le poste militaire le plus avancé, chargé de surveiller un pont, en plein combat contre les francs-tireurs Vietcongs. [95ème mn] L’aviso reprend la mission que le capitaine Willard veut conduire à son terme. Mais l’équipage est attaqué par un ennemi invisible qui tue le pilote.

Plus tard, Willard et ses hommes sont arrêtés par un groupe d’hommes armés en tenue de combat : ce sont des Français qui les invitent dans leur plantation créée il y a plus de soixante-dix ans. [113ème mn] Le pilote est inhumé sur la plantation, à proximité de la maison coloniale où un repas réunit Français et Américains autour d’une table. Les hôtes exposent leurs idées colonialistes, refont l’Histoire de la France et évoquent leur vie difficile dans cette période de guerre. A la fin du repas, Mme Sarrault, une jeune veuve compatissante, essaie de réconforter Willard en le faisant fumer de l’opium et en s’offrant à lui, après lui avoir confié qu’il y a deux hommes en lui : « Celui qui tue et celui qui aime. ». [134ème mn]

L’équipage arrive au terme de sa mission après avoir été attaqué par des tireurs à l’arc qui tuent l’un d’entre eux. Willard révèle alors aux deux survivants de son équipage le but de sa mission : tuer un colonel devenu fou. Il s’aventure sur un territoire sauvage où des crânes semblent marquer des limites, cependant que les rives de la rivière se resserrent. Enfin, Willard et ses hommes découvrent le village des montagnards de Kurtz. [143ème mn] Une multitude d’indigènes occupe un escalier monumental agrémenté de statues qui descend à la rivière. La sirène de l’aviso est déclenchée pour les faire fuir. Mais un reporter photo américain les attend qui les guide, au milieu des mines, pendant l’accostage. Il couvre la guerre depuis 1973 et précise que tous les soldats de son armée et lui-même se considèrent comme les enfants de Kurtz et qu’ils ont peur que les soldats américains ne viennent le leur enlever. Willard demande à parler à son chef et le photographe de presse de le prévenir qu’on ne lui parle pas, mais qu’on l’écoute. Et il se lance dans un dithyrambe de Kurtz, un grand homme, un poète guerrier, selon lui, qui lui a ouvert l’esprit. Il ajoute qu’il peut être terrible, méchant et juste. Tout en parlant, il le conduit, sous les yeux ébahis de Willard, au milieu de cadavres, de têtes coupées, de dizaines de soldats lourdement armés, de femmes et d’enfants, dans un décor de cases, d’autels et de jungle et dans une atmosphère enfumée et trouble de fin du monde. De retour à l’aviso, Willard donne ses ordres : s’il n’est pas de retour à 22 heures, ses soldats doivent appeler l’aviation pour qu’elle détruise le repaire de Kurtz. [150ème mn]

Il retourne ensuite vers le camp, persuadé que l’homme qu’il recherche est devenu fou. Il est bientôt empoigné par les mercenaires de Kurtz et conduit vers lui. Dans la pénombre, il distingue un homme au crâne rasé qui l’interroge sur son lieu de naissance, puis lui demande directement s’il sait pourquoi on l’envoie le liquider. Willard se réfugie derrière le secret de sa mission. Mais Kurtz lui dénie l’épithète de soldat ou d’assassin et lui dit le considérer comme un vulgaire garçon de courses envoyé par des commis pour encaisser la facture. [155ème mn]

Willard se retrouve enfermé dans une cage en bambou. Au réveil, il découvre l’un de ses hommes mort à ses côtés. Puis le reporter-photo vient lui tenir des propos de plus en plus exaltés avant que Kurtz, entouré d’enfants, ne s’en vienne lui lire des articles de journaux datant de 1967 concernant la guerre du Viet-Nâm et lui demande de les méditer. Il ajoute qu’il est libre de circuler dans le camp mais qu’il sera abattu s’il cherche à s’évader. Willard sort de la cage et s’évanouit. Il est transporté dans le palais de Kurtz. Il reste là des jours sans garde. Au cours de l’un de leurs échanges, Kurtz lui précise qu’il a le droit de le tuer mais pas celui de le juger. Il lui confie comment il est devenu ce qu’il est : le jour où il a compris devant des bras d’enfants vaccinés coupés par les Vietcongs qu’il fallait dépasser les sentiments pour ne plus être capable que d’instinct de tuer. Il a alors décidé qu’il lui fallait des guerriers qui aient une moralité, mais dotés en même temps d’une force qui leur permette d’utiliser leur instinct primordial de tuer sans le moindre sentiment ou la moindre passion et, surtout, sans le moindre jugement. Avec dix divisions de tels hommes, la guerre changerait de visage. Il dit clairement à Willard qu’il compte sur lui pour être arraché à sa douleur et mis à mort en soldat, debout. Il le charge même de dire la vérité à son fils. [177ème mn]


Au cours d’une fête, Willard se glisse dans le palais et abat Kurtz à coups de machette comme on abat les bœufs à l’extérieur. Kurtz expire en prononçant à deux reprises le même mot : « L’horreur. » [180ème mn] Puis Willard émerge de l’obscurité et son visage, de façon saisissante, ressemble à celui de Kurtz. Il descend les marches du palais en portant sous le bras les dossiers de Kurtz et traverse les rangs des guerriers de Kurtz qui se prosternent devant lui, puis ouvrent leurs rangs. L’aviso quitte le camp et redescend le fleuve. Le mot « Horreur » précède le fondu au noir qui ferme le film. [188ème mn]


3. FICHE TECHNIQUE


  • Réalisation et production : Francis Ford COPPOLA.
  • Année : 1979.
  • Scénario : John MILIUS, Francis Ford COPPOLA.
  • Directeur de la photographie : Vittorio STORARO.
  • Musique : Carmine COPPOLA, Francis Ford COPPOLA.
  • Production : Omni Zoetrope.
  • Distribution : AKLF.
  • Durée : 146 mn 55 s (en 70 mm) et 153 mn (en 35 mm).

Distribution :

  • Colonel Kurtz : Marlon BRANDO.
  • Lieutenant-colonel Kilgore : Robert DUVALL.
  • Capitaine Willard : Martin SHEEN.
  • Hicks : Frederic FORREST.
  • Commandant Philips : Albert HALL.
  • Lance Sam : BOTTOMS.
  • Clean Larry : FISHBURNE.
  • Le photographe de presse : Dennis HOPPER.
  • Général Corman : GD SPRADLIN.
  • Colonel Lucas : Harrison FORD.
  • Capitaine Colby : Scott GLENN.
  • Le réalisateur TV : Francis Ford COPPOLA.


4. EDITION DVD zone 2


  • Image : réétalonnée par le chef-opérateur Vittorio Storaro selon la technique de « couleur par couleur » qui permet une extrême précision, l’image est tout simplement remarquable. La compression est parfaite et les contrastes, si importants pour le sens du film (l’homme est à la fois un ange et un démon), sont d’une rare qualité. Une copie sans fautes !
  • Son : il a été, lui aussi, remasterisé avec bonheur et le DD 5.1 proposé est particulièrement efficace et présent, qu’il s’agisse de retranscrire les effets ravageurs des scènes-chocs (attaque des hélicoptères, napalm et explosions dans la forêt) ou d’inonder la pièce sous des thèmes musicaux percutants (la chanson des Doors ou la chevauchée des Walkyries).
  • Coffret : il propose deux DVD et offre malgré tout peu de suppléments. Sur le DVD 1 on trouve la version allongée à 197’ (on peut toutefois regretter que ne soit pas proposée - aussi - la version de 1979). Sur le DVD 2 sont offerts un extrait de la conférence de presse de 1979 ; la conférence de presse de 2001 à Cannes ; une interview de Claude Berri (distributeur du film en 1979) et une scène commentée par F.F. Coppola : la destruction du camp de Kurtz). Le tout en VOST. Le coffret est de qualité. On trouve, omniprésent (jaquette, sérigraphie, fond de coffret), le coucher de soleil qui rappelle le sens du film : le thème de la Fin et de l’Apocalypse à venir.



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Droits d'auteur © Henri PHILIBERT-CAILLAT


5. BANDE ANNONCE





 
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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2016-11-13 09:49:53




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