Antiquité tardive

Intérêt
L’Antiquité tardive est la période historique de la fin de l’Antiquité, suivie par le Moyen Âge en Europe. Cette dénomination fut empruntée aux historiens allemands (Spätantike) par l’historien français Henri-Irénée Marrou qui voulait neutraliser le caractère péjoratif des expressions couramment utilisées jusqu’alors pour désigner les derniers siècles d’existence de l’empire romain d’Occident (« Décadence », mais aussi « Déclin », « Chute », etc. (notamment, les idées qui se trouvent au cœur de l’ouvrage d’Edward Gibbons, The History Of The Decline And Fall Of The Roman Empire publié en 1776 – 1788).
Table des matières

1. Limites

L'Antiquité tardive – en tenant compte du fait que toute période est une convention qui ne remet pas en cause la continuité du temps historique – correspond à une période d'environ cinq siècles, qui s'étend du IVe jusqu'au VIIIe siècle environ.

Au commencement de celle-ci, il faut citer un certain nombre de changements : l’armée romaine, qui fait et défait les empereurs au IIIe siècle est réorganisée pour être plus efficace à partir de Gallien (253 – 268), avec un spécialisation renforcée par la création de corps d’élite mobiles (le comitatus), la promotion des officiers sortis du rang et la création d’une réserve.

Les réformes de Dioclétien (284 – 305) sont, à la fin du siècle (293), à l'origine d'une réorganisation durable de l'empire qui repose sur une réduction de la taille des provinces, la création des diocèses, la perte d'importance de Rome et la première division entre l'Occident et l'Orient avec les Tétrarques.

Avec Constantin (306 – 337), l'empire, enfin, se convertit au christianisme et la figure de l'empereur peut désormais se trouver au centre d'une tradition qui le place à la tête de l'Église.

S'agissant de la fin de l'Antiquité, les changements ne s'appliquent pas à l'ensemble de l'ancien monde gréco-romain et de ses composantes.

Ainsi, la Bretagne (Grande-Bretagne) plonge dans les « Âges sombres » (Dark Ages en anglais) vers le milieu du Ve siècle, lorsqu’elle se trouve livrée à elle-même pour assurer sa défense, étant isolée par les royaumes barbares qui se créent sur le continent. En Gaule et en Italie, les caractéristiques fondamentales du monde antique restent en place jusqu’au VIIe siècle et ce, malgré les conséquences des « invasions barbares » (la pertinence de cette expression est aujourd’hui contestée) vécues dans l’historiographie antérieure comme une rupture majeure : les souverains barbares, notamment, perpétuent la fiction qui fait d’eux les serviteurs de l’empereur d’Orient. L’empire romain d’Orient, enfin, ne se transforme en « empire grec » ou « empire byzantin » qu’après le règne de Justinien (527 – 565), lorsqu’il est amputé des Balkans envahis par les Slaves, et après que de nouvelles mesures, prises par l’empereur Héraclius (610 – 641), l’éloignent du modèle constantinien.

Il faut noter que la période nommée « haut Moyen Âge » par les médiévistes recoupe l'Antiquité tardive. Son existence indique combien la rupture chronologique traditionnelle, qui fait de la déposition de Romulus Augustule (476) l'événement de la fin de l'Empire romain d'Occident, est impropre pour saisir la complexité des changements politiques, économiques, sociaux et idéologiques d'où naît l'Occident médiéval.

Parmi les spécialistes de cette période, Peter Brown s'est attaché à montrer, depuis une vingtaine d'années, combien les acquis antiques demeurent fondamentaux – notamment en droit et dans les domaines culturel et artistique – et d'autre part, combien la mise en place de caractéristiques purement médiévales est lente – en particulier, l'essor de la Chrétienté occidentale et le développement de l'Islam – sur une période qui s'étend du milieu du IIIe siècle jusqu'au milieu du VIIIe siècle.

2. Auteurs

Note : Cette liste des « grands auteurs de l’Antiquité tardive » est celle proposée sur son site par Pierre-Louis Mallos. (voir Liens)

  • En grec :
    • Libanios,
    • Thémistios,
    • Julien,
    • Zosime,
    • Basile de Césarée,
    • Grégoire de Nysse,
    • Grégoire de Nazianze,
    • Eusèbe de Césarée,
    • saint Jean Chrysostome,
    • Athanase d'Alexandrie,
    • Socrate d'Apamée.
  • En latin :
    • Ammien Marcellin,
    • Symmaque,
    • Claudien,
    • Cassiodore,
    • saint Augustin,
    • Ambroise de Milan,
    • saint Jérôme,
    • Hilaire de Poitiers

3. Articles complémentaires

3.1. Bibliographie

  • Aloïs Riegl, Spätrömische Kunstindustrie, Vienne, 1901
  • Henri-Irénée Marrou, Décadence romaine ou Antiquité tardive ?, Paris, 1977
  • Régine Pernoud, Pour en finir avec le Moyen Âge, Paris, 1977
  • Peter Brown, The world of late antiquity: AD 150-750, 2° éd., New-York, 1989
  • Peter Brown, The rise of Western Christendom: triumph and diversity, 200-1000 A.D., Cambridge, 1996

3.2. Liens externes



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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2016-10-24 16:50:46




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