Albert Camus : biographie

Intérêt
La récente publication d’un ouvrage sur Albert Camus (Michel Onfray, L’Ordre libertaire) démontre, à l’évidence, l’actualité de l’écrivain. En voici une biographie succincte en forme de chronologie.


1. BIOGRAPHIE-CHRONOLOGIE


1913 - Albert Camus naît le 7 novembre en Algérie à Mondovi dans le département de Constantine. Son père, Lucien Camus, ouvrier caviste, est issu d’une famille alsacienne venue en Algérie en 1971. Sa mère, Catherine Sintès, est d’origine majorquine. Ils ont un autre fils, Lucien.
1914 – Le père d’Albert Camus est tué lors de la bataille de la Marne. Sa mère s’installe alors à Alger dans le quartier Belcourt. L’enfant Camus y vit pauvrement avec sa mère et sa grand-mère, son oncle infirme et son frère. (1)
1918 - Camus entre à l’école communale de Belcourt.
1923 - Son instituteur, Louis Germain, s’intéresse à lui, lui donne des cours supplémentaires et lui fait passer l’examen des bourses en mai. En octobre, il entre au lycée.
1930 - Camus fait partie de l’équipe de football du Racing universitaire d’Alger dont il est le gardien de but. Il passe son baccalauréat. Il ressent les premières atteintes de la tuberculose.
1931 - Il est élève de Premières Lettres supérieures et a pour professeur Jean Grenier qui sera son maître à penser.
1932 - Camus publie quatre articles dans la revue Sud.
1933 - Après l’avènement d’Hitler au pouvoir, Camus rejoindra le mouvement antifasciste Amsterdam Pleyel fondé par Romain Rolland et Henri Barbusse. La même année, il se marie.
1934 - Il divorce un an plus tard. Il adhère au Parti communiste qui le charge de la propagande dans les milieux musulmans.
1935 - Après le voyage de Laval à Moscou, l’action en direction des Musulmans est mise en sommeil ; ce que Camus vit mal. Mais il reste à la tête de la Maison de la Culture contrôlée par les communistes. Il fonde le Théâtre du Travail et rédige avec trois camarades « Révolte dans les Asturies » publiée par l’éditeur Charlot mais interdite de représentation. Il poursuit des études grâce à des prêts d’honneur mais il doit effectuer des travaux pour vivre (service météorologique de la Faculté ; vendeur de pièces pour voitures ; employé de préfecture ; employé d’agence maritime).
1936 - Camus soutient son Diplôme d’Etudes supérieures de philosophie (« Rapports de l’Hellénisme et du Christianisme à travers les œuvres de Plotin et de Saint Augustin ») Il voyage en Europe centrale. Initié par Gabriel Audisio et l’éditeur Charlot se développe un mouvement littéraire méditerranéen, « Vraies richesses ». Camus est engagé comme acteur par la troupe théâtrale de Radio-Alger.
1937 - Sa mauvaise santé lui interdit de postuler à l’agrégation de philosophie. Il part se soigner à Embrun en août. Puis il visite, en septembre, Florence, Gênes et Pise. A la rentrée, il refuse un poste de professeur au lycée de Sidi-bel-Abbès de peur de tomber dans la routine. Le Théâtre du Travail est remplacé par le Théâtre de l’Equipe. Camus publie L’envers et l’Endroit chez Charlot et songe à quitter l’Algérie et à s’établir en métropole.
1938 - Pascal Pia, fondateur d’Alger républicain, engage Camus comme rédacteur-reporter ; en fait, il y occupe toutes sortes de fonctions
1939 - Il enquête sur la misère en Kabylie. Son projet de voyage en Grèce est annulé en raison de la tension internationale qui débouche sur la déclaration de guerre le 3 septembre. Il veut s’engager comme volontaire mais il est refusé en raison de son état de santé. Il fait un voyage à Oran. Publication de Noces.
1940 - Camus se remarie avec Francine Faure. Il refuse de se plier à la censure et, recommandé par Pascal Pia, entre à la rédaction de Paris-Soir. Puis, l’offensive allemande pousse le journal à s’installer à Clermont-Ferrand. Camus quitte Paris-Soir et vit quelques mois à Lyon. Il écrit Le Mythe de Sisyphe.
1941 - Il retourne à Oran et enseigne dans un établissement privé, avant de terminer Le Mythe de Sisyphe en février. Influencé par la lecture de Moby Dick, il s’attelle à la rédaction de La Peste.
1942 - Il participe à la Résistance à l’intérieur du réseau « Combat ». En juillet, publication de L’Etranger [1]. Ses problèmes de santé s’accentuent (hémoptysie), qui l’obligent à une cure à Chambon-sur-Lignon. Le débarquement des Alliés en Algérie en novembre l’empêche de rejoindre sa femme qu’il ne reverra qu’à la Libération. Publication de son essai Le Mythe de Sisyphe. [2]
1943 - Les dirigeants de « Combat » se regroupent à Paris et Camus devient lecteur aux éditions Gallimard.
1944 - Il rencontre Jean-Paul Sartre. Paris est libéré le 21 août. Camus dirige Combat avec Pascal Pia. Sa pièce Le Malentendu est créée aux Mathurins et reçoit un succès d’estime.
1945 - Camus est aux côtés de Gide lors de l’armistice. En mai ont lieu en Algérie les massacres de Sétif, qu’il dénonce, comme les bombardements sur Hiroshima et Nagasaki. En septembre naissent ses deux enfants, Jean et Catherine. Il rencontre Gérard Philippe et fait représenter Caligula au théâtre Hébertot. Le succès est au rendez-vous. Il signe de nombreux éditoriaux de Combat.
1946 - Camus se rend aux Etats-Unis et prend la parole devant les étudiants à New York. Il se lie à René Char qui publie Les Feuillets d’Hypnos.
1947 - Camus quitte Combat suite à des dissensions politiques et financières au sein de l’équipe. En juin, publication de La Peste [3] qui connaît un grand succès. Camus reçoit le Prix des Critiques. Il dénonce la répression qui suit les révoltes à Madagascar
1948 : Camus fait représenter L’Etat de siège au théâtre Marigny. Camus séjourne de nouveau à Lourmarin pendant l’été.
1949 - Camus effectue un voyage en Amérique du Sud, qu’il évoquera dans une nouvelle de L’Exil et le Royaume (La Pierre qui pousse) [4]. Son état de santé s’aggrave. Mais il assiste à la représentation de sa pièce Les Justes au théâtre Hébertot.
1950 - Camus se repose sur la Côte d’azur. Puis il passe l’été dans les Vosges. Il se consacre à la rédaction de L’Homme révolté.
1951 - En octobre, paraît L’Homme révolté. Une longue polémique avec l’extrême gauche s’ensuit. La revue Les Temps modernes critique violemment l’essai de Camus qui rompt alors avec Jean-Paul Sartre.
1952 - Camus se rend en Algérie. Il démissionne de l’Unesco lorsqu’elle admet l’Espagne de Franco.
1953 - Camus prend position en faveur des émeutiers de Berlin-Est. Il met en scène La Dévotion à la Croix et Les Esprits.
1954 - Débuts de la guerre d’Algérie. Camus publie L’Eté. Il fait un voyage en Italie.
1955 - Camus adapte Un Cas intéressant de Dino Buzzati. Il voyage en Grèce. Il écrit dans L’Express des articles sur la guerre en Algérie.
1956 - Camus se rend à Alger. Et lance un appel à la trêve mal accueilli par les pieds-noirs. Il cesse sa collaboration à L’Express. Il publie La Chute. Représentation de Requiem pour une nonne’. Il soutient les insurgés hongrois de Budapest.
1957 - Camus publie en mars L’Exil et le Royaume [5] et, en mai, Réflexions sur la peine capitale en collaboration avec Arthur Koestler. Le 17 octobre, il reçoit le Prix Nobel de littérature « pour l’ensemble d’une œuvre mettant en lumière les problèmes qui se posent de nos jours à la conscience des hommes ». Il prononce Le discours de Suède lors de la remise du Prix le 10 décembre. :1958 - Il publie ses Chroniques algériennes qui proposent des solutions au conflit algérien. Sa santé se dégrade de nouveau. En novembre, avec l’argent du Prix Nobel, Camus achète une maison à Lourmarin, dans le Luberon, en Provence.
1959 - Mise en scène et représentation de la pièce Les Possédés adapté de l’œuvre de Dostoïevski. Il travaille à ses projets et, notamment, à un roman Le Premier Homme.
1960 - Le 4 janvier, alors que Camus se trouve à Lourmarin et qu’il doit se rendre à Paris en train, il reçoit la visite de Michel Gallimard qui lui propose de le ramener à Paris. Camus, bien qu’il ait déjà acheté son ticket de train, accepte.

A Villeblevin, dans une ligne droite, la Facel Véga conduite par Michel Gallimard quitte, pour une raison inconnue, la route et percute contre un arbre, blessant grièvement le conducteur et tuant le passager, Albert Camus.

Dans la sacoche de l’écrivain, on trouve le manuscrit de son futur nouveau roman, Le Premier Homme qui est consacré à son enfance (2) et le billet de train pour Paris inutilisé.

NOTES :

(1) Francine Camus, la femme de Camus qui est à l’origine de la publication du roman inachevé Le Premier Homme confie, après avoir découvert et mis en forme le manuscrit : « Je savais qu’il avait eu une jeunesse pauvre, mais je n’avais pas imaginé à quel point il avait vécu dans un état de nécessité première. Et je me demande comment, plus tard, il a pu faire le lien entre son milieu parisien et l’univers de son enfance. Ça a dû être douloureux. Il n’a jamais renié sa famille, il a même écrit : "Ils étaient et ils sont plus grands que moi." »

(2) Paul Maillot, un adjoint du cabinet Malraux alors Ministre de la culture, est dépêché à Villeblevin où a été transporté le corps d’Albert Camus, il redoute la disparition de ses papiers personnels en découvrant déjà quelques badauds. Accompagné du maire, il décide de tout enfermer à clef dans un bureau. Quelques heures plus tard, la sacoche noire est remise à Francine Camus, la femme de l’écrivain.


2. Albert Camus sur Libre Savoir


Consulter aussi sur Libre Savoir les articles sur Albert Camus : Le Mythe de Sisyphe [6] ; L’Étranger [7] ; La Peste [8] et L’Exil et le Royaume [9].


3. BIBLIOGRAPHIE SUCCINCTE


  • Révolte dans les Asturies (1936) : Théâtre.
  • L’Envers et l’Endroit (1937) : Essai.
  • Noces (1939) : Essai.
  • L’Étranger (1942) [10] : Récit.
  • Le Mythe de Sisyphe (1942) [11]: Essai.
  • Le Malentendu (1944) : Théâtre.
  • Caligula (1945) : Théâtre.
  • La Peste (1947) [12]: Chronique.
  • L’État de siège (1948) : Théâtre.
  • Les Justes (1949) : Théâtre.
  • L’Homme révolté (1951) : Essai.
  • La Dévotion à la Croix (1953) : Théâtre.
  • Les Esprits (1953) : Théâtre.
  • L’Été (1954) : Essai.
  • La Chute (1956) : Récit.
  • Requiem pour une nonne (1956) : Théâtre.
  • L’Exil et le Royaume (1957) [13] : Nouvelles.
  • Réflexions sur la peine capitale (1957) : Essai.
  • Discours de Suède (1958)
  • Chroniques algériennes (1958)
  • Les Possédés (1959) : Théâtre.
  • Carnets (1935-1959)
  • Le Premier homme (1994) : (manuscrit inachevé).




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