A.I. Intelligence Artificielle de Steven Spielberg

Intérêt
A.I. Intelligence Artificielle de Spielberg propose, à travers l’habillage de la science-fiction, un film émouvant sur le monde de l’enfance dans ses rapports avec celui des adultes, et, plus généralement, sur la place de l’être humain dans l’univers.


Table des matières

1. ANALYSE


On ne reviendra pas sur le débat interminable et, selon nous, assez vain qui a agité la critique à propos de la paternité du film - quelle est la part respective de Stanley Kubrick et celle de Spielberg dans la genèse et la réalisation du film ? -, pour s’intéresser au film tel qu’il est.

Une interrogation sur le devenir du monde scientifique et technique

De même, on signalera pour mémoire que ce film est, une nouvelle fois, pour Spielberg l’occasion de s’interroger sur la science et ses applications : le préambule évoque en quelques images commentées par une voix off un avenir apocalyptique engendré par les gaz à effet de serre (fonte des calottes glaciaires, océan recouvrant toutes les villes côtières, déplacement de populations, bouleversements climatiques, famines dans les pays pauvres, maintien de la richesse dans les pays développés mais s’accompagnant d’une stricte limitation des naissances qui pousse au développement des robots). En toute logique, Spielberg annonce la fin de l’Humanité au profit des seuls robots nommés dans le film les Mécas, et pose ainsi la question de savoir ce qu’il restera de notre mémoire collective lorsque nous ne serons plus là (Cf. la fin du film avec l’apparition des créatures filiformes). Il aborde donc, une fois de plus, le thème récurrent en littérature et dans son cinéma (Cf. Duel [1]), du rôle des machines dans leur rapport avec l’homme qui les a créées à travers une réflexion sur les robots. Certes, il évoque cette question en se plaçant du point de vue des robots, ce qui est plus original : autrement dit, si le robot représente un bienfait pour l’être humain, que peut ressentir, de son côté, le robot ? Il faut noter toutefois que Kubrick dans 2001, l’Odyssée de l’espace [2] avait déjà montré, à travers l’agonie de Hall, la souffrance de l’ordinateur. De même, Ridley Scott, en une séquence profondément émouvante de Blade Runner, montrait la fin de Roy, le réplicant. Enfin, L’homme bicentenaire de Chris Colombus (1989), d’après une nouvelle de Assimov, avait déjà développé, mutatis mutandis, cette idée d’une machine inusable qui aspire à la simple mortalité du vivant. Or, dans A.I. Intelligence artificielle, le robot souhaite devenir un petit garçon comme les autres. Mais l’originalité du film est sans doute ailleurs, précisément dans ce que A.I. Intelligence artificielle révèle des préoccupations intimes de son auteur et de ses réflexions sur la création et le sens de l’univers.

Le thème - essentiel - de l’enfance

Spielberg a souvent insisté sur sa solitude lorsqu'il était enfant, notamment au milieu des gamins dans la cour de l'école, en butte à la moquerie des autres élèves et rejeté, entre autres, pour son absence de talent et de goût sportifs. Il a d'autre part confié combien le divorce de ses parents l'avait marqué. Or ce robot qui est rejeté par ses parents - abandonné brutalement et cruellement par sa mère - évoque à n'en pas douter ce déchirement affectif qu'il vécut alors.

Les images de la séparation et de la solitude jalonnent le film et insistent sur le mal-être du personnage : séquence filmée en contre-plongée de David voyant l'eau se troubler et faire disparaître Martin à son regard/plongée sur David immobile, les bras symboliquement en croix, immergé sous l'eau/portière d'auto à laquelle il veut s'accrocher quand Monica l'abandonne/plan de David qui s'éloigne dans le rétroviseur de cette même auto/glissement dans les abysses océanes. On notera en outre que le seul compagnon et confident de l'enfant est un ours. De même, cette obsession à devenir - et à rester - un garçon rapproche David d'un réalisateur pour qui le monde de l'enfance a toujours été la source vive d'inspiration. A titre d'exemple, on signalera que David reste pendant la durée du film un éternel enfant qui pose inlassablement la même question, si universelle, d'amour et de reconnaissance, comme le fait tout adulte à jamais marqué par cette enfance originelle où l'on commence à sentir et à penser le monde et dont parfois on ne peut se détacher, même arrivé à l'âge adulte.

Le récit s’ouvre sur un préambule (la brutale transformation de la Terre et son appauvrissement pousse au contrôle des naissances et nécessite le développement des robots plus économiques), se développe en trois parties (David le robot qui aime ses parents ; David chassé de chez ses parents ; David à la recherche de la fée bleue) et s’achève sur un épilogue (David trouve le bonheur). Cette structure assez linéaire se caractérise toutefois par son rythme particulier. D’abord, Spielberg met en place une première partie sous la forme d’un huis clos psychologique situé dans la maison des Swinton au cours duquel les séquences se succèdent selon un rythme lent dans une atmosphère de plus en plus étouffante et tendue jusqu’au drame de la piscine. Puis l’abandon de David dans la forêt (50ème mn.) introduit brutalement le monde extérieur et le mouvement dans le film, déclenchant alors une narration chaotique dont les personnages (David et Joe) paraissent être les jouets du hasard, de la violence et de l’arbitraire. Cette odyssée s’achève dans l’immobilité de profondeurs de l’océan, et, surtout, dans la douceur, la sérénité et l’intimité d’une chambre (de la 126ème mn. à la 132ème). Bref, une structure dont la ligne générale (mouvement dans un espace changeant s’achevant sur l’immobilité d’un lieu clos) évoque étrangement celle du film qui succède à A.I. Intelligence Artificielle, Arrête-moi si tu peux [3], et qui calque de façon troublante le cours de la vie.

C'est pourquoi, au-delà de la simple histoire du robot David qui se voulait un garçon normal pour être aimé, se dessine, en filigrane du film, une parabole sur l'histoire de l'humanité et sur ce que nous sommes au sein de l'univers, doublée d'une réflexion sur l'existence individuelle.

Une réflexion sur l’humanité

L’histoire de l’humanité est la toile de fond du film. Le film s’ouvre sur des images de l’océan -montré sous la forme primitive du fracas des vagues déferlantes- qui renvoient à cette matrice originelle dans laquelle la vie est d’abord apparue avant de s’en échapper pour se multiplier et se diversifier à l’infini. Berceau de la Vie et de l’Humanité, cet océan est aussi, sur la fin du film, le tombeau de cette même humanité ballottée selon les cycles récurrents du déluge et de la glaciation qui ont rythmé le passé de notre planète et annoncent son futur. Ce sont d’ailleurs ces mêmes vagues qui introduisent à la création de David (début du film) et ce même océan glacé qui lui sert de linceul pendant deux mille ans (fin du film). Parodiant les textes religieux sur la Création, Spielberg présente un savant, le professeur Hobby, dont l’ambition est d’améliorer les robots Mécas en créant un enfant-robot qui pourra aimer les parents artificiellement imprimés en lui. Cet amour sera pour lui, pense-t-il, la clé d’une forme d’inconscient inconnue jusque là et il sera capable de rêves. Sûr de lui, Hobby balaie toute objection et se voit tel un démiurge : « Après tout, Dieu n’a-t-il pas créé Adam pour être aimé de lui ? ». Dès les premières minutes du film, le propos de Spielberg -s’il n’est pas original- se révèle foncièrement critique : l’homme, par sa mégalomanie, joue les apprentis sorciers. Se voulant l’égal de Dieu, il a laissé les gaz à effet de serre détruire l’équilibre naturel. Par ailleurs, à travers le professeur Hobby (dont le nom même traduit bien la légèreté, voire l’irresponsabilité !), il crée un être, l’enfant-robot, qui va se révéler profondément imparfait et malheureux, puisqu’il est fait pour aimer et donner de l’amour sans être aimé en retour pour ce qu’il est ! Spielberg affine sa critique : cet éminent chercheur apparemment mû par le seul souci scientifique travaille en fait pour la société privée Cybertronics du New Jersey et les raisons qu’il invoque pour ses recherches sur les robots sont doubles : elles répondent à un « marché » et à « un besoin humain » : l’intérêt mercantile est ainsi travesti en souci humaniste, selon un procédé souvent utilisé au cours de l’Histoire des hommes !!! On conclura cette première lecture du film en rappelant les troublantes références temporelles évoqués par le film : un peu plus de deux mille ans se sont écoulés depuis la naissance du fils de ce Créateur revendiqué par le professeur Hobby (début du film) et deux mille ans se passent avant que David ne soit réveillé par les descendants des mécas (fin du film). On ne peut qu’être sensible à l’ironie de Spielberg. Ce Créateur qui a envoyé aux hommes le Messie, Jésus-Christ, si longtemps attendu par l’humanité et célébré pendant deux millénaires, aura donc eu sa réplique : les hommes, à leur tour démiurges, ont créé les Robots qui leur succèdent ! Un autre référence à l’Histoire s’impose lorsque la séquence des motards - ces anges de la mort - nous rappelle la permanence des traditionnelles chasses à l’homme, notamment lors de cette Foire à la Chair directement inspirée des pires cauchemars des jeux antiques des cirques romains ou de la barbarie des camps de concentration. L'histoire de l'Humanité sert donc bien de toile de fond au film, mais ce dernier propose, à travers les aventures de cet enfant-robot, un regard sur l'être humain dans sa quête identitaire et dans ses rapports avec autrui. Et cette histoire humaine trouve sa source dans l'enfance qui sécrète le besoin de rêve, moteur même de la vie.

De l’individu à l’humanité, une réflexion désenchantée en forme de va-et-vient

David, c’est en effet l’enfance selon Spielberg ; c’est aussi Spielberg (le robot porte le même prénom, « David », que lui); c’est enfin nous-mêmes. Son aspiration à être tout à la fois comme les autres enfants et pourtant seul, unique pour ce qui est de l’amour maternel, et centre de son affection, fait écho, à de très anciens souvenirs de la vie familiale ou encore des cours de récréation. Des souvenirs que les difficultés que rencontre David ressuscitent. Surgissent alors en nous, à mesure que David découvre les arcanes de la vie chez les Swinton, des bouffées d’émotion à revivre avec lui les élans irrépressibles de l’enfance qui poussent vers les autres, souvent dissipées par le rejet indifférent ou cruel. Ouverture et don de soi se heurtant à l’égoïsme et à la méchanceté. David, dès le retour de Martin, le fils guéri, auprès de ses parents les Swinton, se trouve confronté au problème de son identité, de la même façon que tout enfant doit composer avec son physique ou son caractère. Le propos est limpide : le refus de l’altérité débouche plutôt sur le rejet que sur l’acceptation. Il est significatif que, dans sa propre famille d’adoption, le procès de David jusqu’à sa condamnation soit instruit par les Swinton sur le simple jeu des apparences comme le montre Spielberg à travers la machination ourdie par Martin pour déconsidérer David (épisode de la mèche de cheveu coupée) et la méprise sur l’attitude de David (épisode de la piscine), sans que soit jamais pris en compte l’être David dans ses qualités. Il suffit de rappeler les détails de la vie de David dans sa famille d’adoption. D’abord, il fait l’apprentissage de son humanité comme tout enfant. On évoquera la découverte du rire à table et l’intrusion dans les toilettes où se trouve sa mère comme autant d’exemples facétieux d’initiation à la civilité. On rappellera la séquence, plus grave, de la prise de conscience de la mort et du questionnement immédiat qui s’ensuit (« Maman, est-ce que tu mourras ? Est-ce que je serai seul alors ? Combien de temps tu vivras ? Est-ce que cinquante ans, c’est long ? »). Cette découverte de ce qu’est la cruauté de la condition humaine s’accompagne ensuite, lors du retour de Martin le vrai fils, de l’expérience conflictuelle des relations humaines dans lesquelles la candeur de David sera retournée contre lui par Martin et par ses amis. Enfin, la double révélation du mystère de sa création par le professeur Hobby et de l’inexistence de cette fée bleue à l’origine de sa quête (à rapprocher bien sûr du Père Noël et du drame que vivent certains enfants lorsqu’ils apprennent la vérité) achèvent la longue quête des désillusions.

On ne manquera pas d'insister sur la réussite formelle de la séquence où la beauté glacée de la fée bleue se désagrège sous l'intensité du regard de David. Il en découle chez le spectateur - conformément à une constante des films de Spielberg - une compassion pour sa souffrance qui ne prendra pas fin avec le film, mais se prolongera ensuite parce que le réalisateur a ravivé au plus profond de nous, malgré la double carapace de l'âge et de l'expérience, le feu du désir de justice et du besoin d'amour allumé dans l'enfance, que la vie a fait vaciller, mais dont le souvenir couve toujours en nous.

Ce besoin de fusion affective et vitale avec la mère (dont le prénom Monica n’est pas choisi au hasard puisqu’il signifie étymologiquement unique) - véritable fil d’Ariane du récit- fait écho, symboliquement, à l’histoire de l’humanité : qu’il s’agisse de la dimension maternelle (Cf. la Vénus de Lespugue des hommes préhistoriques) rattachant l’humanité à son lien charnel avec la Terre nourricière et féconde ; qu’il s’agisse encore de la dimension religieuse de la Vierge Marie (sous la forme de Notre Dame du Cœur Immaculé rencontrée dans le film au cœur même de la dépravée Rouge city comme une promesse de Rédemption possible) ; qu’il s’agisse enfin de la dimension culturelle avec la Fée Bleue des contes pour enfants (Pinocchio et tant d’autres). Omniprésente, l’image de la Mère et de la Femme, génératrice de bonheur et/ou de malheur, traverse le film en un saisissant raccourci : de la vie qu’elle dispense à la mort qu’elle adoucit, elle apparaît comme la médiatrice entre l’univers protégé de l’enfance et le réalisme trivial des adultes. Que l’on songe à cet amour, seulement physique et dévoyé, que dispense mécaniquement Joe, comme une illustration au terrible aveu de Monica à David lors de l’abandon : « Evite les gens. Pardon de ne pas t’avoir expliqué le monde. » Le monde de l’enfance est bien antinomique à celui des adultes. Montrant la permanence des mythes culturels universels, Spielberg s’en inspire et ressuscite même la figure antique de l’oracle (Pythie/Œdipe) et de l’énigme à résoudre avec ce Dr SaisTout, mais - satire pertinente du monde moderne et de l’omnipotence des médias - manipulé par le professeur Hobby.

Ce va-et-vient du général au particulier, entre destin individuel et histoire de l’humanité, l’un se nourrissant de l’autre, donne au film sa structure, sa profondeur et l’enrichit dans ce qui est son propos : la condition de l’être humain est bien marquée du sceau de l’insatisfaction et de la souffrance. Le professeur Hobby confie à David la raison paradoxale de tout : « La Fée (c’est-à-dire l’espérance) est née du défaut humain de désirer ce qui n’est pas. Ou du plus grand don humain : la capacité de poursuivre nos rêves. » Aussi la quête de David (de la naissance à l’éducation, de la découverte de ses lacunes à la révélation de l’injustice et de la cruauté du monde, de l’illusion à la réalité finale) est-elle illustrée de contes qui rattachent le film aux mythes occidentaux de l’enfance : il est perdu comme Le petit Poucet dans la forêt avec un Teddy en guise de cailloux ; il n’est qu’un robot comme Pinocchio n’est qu’un pantin et, à son image, il cherche sa fée bleue ; enfin, il réveillera, tel le Prince de la Belle au bois dormant, Monica La Belle endormie).

Une fin éprouvante

La recherche de David s’apparente à une quête philosophique et poétique de recherche de ses origines pour s’accepter et accéder au bonheur : il découvrira une vérité qui le pousse au désespoir (on songe à la superbe séquence où, assis au bord du vide, il semble attendre - moment de la réflexion -, puis finit par se laisser glisser dans les abysses - prise de décision -), avant de trouver, non ce Bonheur qu’il espérait vainement - puisque tout ce qui est humain est mortel -, mais un rêve de bonheur dans la fusion avec cet amour maternel, certes plein, mais réduit à l’éphémère et débarrassé de toute notion d’éternité, du moins consciente.

Alors que dans les films de Spielberg, l’un des thèmes récurrents est le problème des relations entre les parents et les enfants par la seule alternative possible - l’enfant est reconnu comme adulte par ses parents (Cf.Indiana Jones [4]) ou bien les parents retrouvent leur âme d’enfant -, A.I. Intelligence artificielle propose un nouveau mode de résolution du conflit. Monica et David se retrouvent pour une exceptionnelle journée, enfin sentimentalement fusionnelle, mais éphémère. Le contenu du rêve de David est révélé dans la toute dernière séquence du film : on assiste au réveil de Monica, au café du petit déjeuner, aux jeux, au gâteau d’anniversaire (les cinq bougies, comme un souvenir personnel de Spielberg ??) et à l’endormissement de la mère et du fils.

La source de cette mélancolie finale qui accompagne les dernières images n’est-elle pas dans ce sentiment qu’il faut aimer ce qui n’arrivera qu’une fois, qui va disparaître dans le néant et qu’il nous reste à recréer par le souvenir ? La preuve en est que les créatures filiformes réalisent le rêve de David parce que «nous lisons dans ton esprit et tout y est. Tu as gardé jusqu’au plus petit détail pour que nous la (Monica) retrouvions.» C’est bien la magie du souvenir. Cette journée qui commence dans le clair-obscur du matin pour se finir dans la pénombre du soir n’est-elle pas, enfin, le raccourci même de la vie résumée à l’essentiel de l’amour d’une mère ? Après le double échec à vouloir être - vouloir être aimé comme une vrai garçon par Monica/espérer devenir un vrai garçon grâce à la fée bleue -, David finit par se contenter de vivre une journée avec sa mère. En somme, la conclusion du film - en forme d’une courte séquence de sept minutes si belle par l’émotion brève, intense et maîtrisée toute en douceur qu’elle fait naître - est d’une infinie tristesse. L’univers que nous connaissons ne cesse de se métamorphoser ; l’humanité est vouée à la souffrance et au néant alors qu’elle aspire au bonheur et à l’immortalité. Il lui reste ses rêves, et à habiller sa vie du tissu des rêves. La vie comme un songe. Ou plutôt comme l’accomplissement de la quête et la réalisation du rêve : « Je t’ai trouvée (...). C’était l’instant éternel qu’il avait toujours attendu. Et, pour la première fois, il alla dans ce lieu où naissent les rêves », conclut sobrement le film.


2. FICHE TECHNIQUE


  • Titre original : Artificial Intelligence : AI.
  • Réalisation et scénario : Steven SPIELBERG (2001), d’après un sujet de Ian WATSON. Adapté de la nouvelle Des Jouets pour l’été de Brian ALDISS.
  • Année : 2001.
  • Directeur de la photographie : Janusz KAMINSKI.
  • Musique : John WILLIAMS.
  • Effets spéciaux : Industrial Light and Magic.
  • Production : Amblin / DreamWorks / Warner Bros.
  • Distribution : Warner Bros.
  • Durée : 136 minutes.

Distribution :

  • David Haley : Joel OSMENT.
  • Gigolo Joe : Jude LAW.
  • Monica Swinton : Frances O’CONNOR.
  • Lord Johnson-Johnson : Brendan GLEESON.
  • Le professeur Hobby : William HURT.
  • Henry Swinton : Sam ROBARDS.
  • Martin Swinton : Jake THOMAS.
  • La voix du docteur « Je Sais Tout » : Robin WILLIAMS.
  • Le narrateur : Ben KINGSLEY.


3. SYNOPSIS


Dans un futur proche, les gaz à effet de serre ont provoqué la fonte des calottes glaciaires avec des répercussions catastrophiques à l'échelle mondiale : la hausse du niveau des océans a submergé les grandes villes situées sur les littoraux. Il s'en est suivi de graves bouleversements climatiques entraînant de vastes mouvements de population et une famine durable dans les pays les plus pauvres. Dans les pays riches, l'heure est à la stricte limitation des naissances de façon à conserver le même niveau de vie. Le robot, solution économique s'il en est, devient un élément essentiel de la chaîne sociale. Mais le professeur Hobby veut améliorer ces machines « indifférentes » et consacre ses recherches à la mise au point d'un enfant-robot capable d'aimer ses parents adoptifs.

Vingt mois plus tard, le premier spécimen, David, est proposé au couple Monica et Henry Swinton dont le fils se trouve plongé dans un coma profond. Malgré ses réticences, Monica finit par s’habituer à un David plein d’une bonne volonté maladroite. Aussi lui confie-t-elle Teddy, l’ours-robot de son fils, pour qu’il l’accompagne dans son apprentissage d’enfant-robot. [28’]

Mais leur fils Martin sort du coma et revient chez ses parents où il considère David à la fois comme un souffre-douleur et un rival. De pièges tendus par martin en méprises quant à ses réactions, David se voit progressivement rejeté par ses parents adoptifs jusqu’à ce que, suite à un incident au cours duquel la réaction de David est mal comprise, Monica prenne la décision de l’abandonner dans une forêt pour lui laisser une chance de survie. [50’]

Dès lors, au cœur d'un monde hostile où s'affrontent robots (les Mécas) et humains, David accompagné de Teddy n'a de cesse de trouver la fée bleue pour qu'elle le transforme en vrai garçon comme elle l'a fait du pantin Pinocchio. Il rencontre un Méca d'amour, Joe, dont la fonction est de donner du plaisir aux femmes. Tous deux sont capturés par les humains pour servir de distraction aux hommes dans une Foire à la chair qui s'apparente aux jeux du cirque avec mise à mort des Mécas. Ils parviennent à échapper à leurs gardiens [74’] et Joe les conduit vers Rouge city pour trouver la Fée bleue, que David croit reconnaître dans la statue de Notre Dame du Cœur immaculé. Puis ils se rendent auprès du Dr Sait Tout, sorte d’oracle renommé que David interroge naïvement sans obtenir de réponse claire. Ils échappent tous deux aux humains qui traquent Joe à l’aide d’un hélicoptère et s’enfuient vers Man-hattan la cité engloutie au bout du monde. [91’]

En fait, David se retrouve chez le professeur Hobby qui lui révèle le mystère de ses origines à son grand désespoir. Il se laisse alors glisser dans les profondeurs de l'océan où, les yeux ouverts, sur une vision souriante de la fée bleue, il la prie de bien vouloir faire de lui un vrai garçon.

Deux mille ans plus tard, une période glaciaire a figé les océans. D'étranges créatures filiformes s'affairent autour de David, l'extraient de sa gangue de glace et le transporte dans une habitation familière. Réveillé par ces êtres doux pleins d'une sollicitude toute maternelle dont il apprend qu'ils sont les descendants des robots, David reconnaît la maison des Swinton, sa maison. Ces créatures ont le pouvoir de lui faire revivre une journée entière avec Monica recréée pour la circonstance grâce à une mèche de cheveux conservée par Teddy. [126’]

David est - enfin - le petit garçon aimé de sa mère qu'il rêvait d'être. Il s’endort avec elle dans son lit et « pour la première fois, il alla dans ce lieu où naissent les rêves. »


4. EDITION DVD zone 2


Image: l’image proposée (Widescreen anamorphic - 1.77:1) par le DVD restitue de façon satisfaisante les couleurs contrastées du film et les nombreuses images de synthèse. On peut toutefois noter un grain un peu trop présent.

Son: langues et formats sonores : français (Dolby Digital 5.1 EX), anglais (Dolby Digital 5.1 EX), italien(DolbyDigital5.1EX) Sous-titres : français, anglais, espagnol, allemand, hollandais, italien, portugais, arabe, bulgare, roumain La bande-son contribue à enrichir la tonalité particulière du film qui oppose de longues séquences intimistes à l’atmosphère musicalement ouatée (les premiers pas de David dans la maison des Swinton , sa veille de deux mille ans dans les abysses ou les retrouvailles finales) aux prémisses du drame à venir suggérées par des sons plus inquiétants (notamment dans les basses), avant que des effets percutants n’agitent les enceintes lors de la Foire à la Chair ou à Rouge city (basses souterraines et aigus survoltés).

Présentation et suppléments : le boîtier Digipack avec fourreau, d’un beau gris bleuté, se déplie en trois volets. Celui de gauche présente les trente deux chapitres du film illustrés d’images du film. Les deux autres volets offrent les deux disques sur un fond de ville moderne vue de nuit avec, au premier plan, une sorte de tunnel-minotaure dévorant les véhicules. La sérigraphie du premier disque reprend cette même image ; celle du second reprend le beau plan du film qui donne à voir la silhouette stylisée de Joe saisie sur fond d’immense globe lunaire émergeant de l’horizon. Le DVD 1 propose le film et le sujet Le développement de A.I. (12’07). Le DVD 2 est réservé aux suppléments. On y trouve, dans l’ordre, les sujets suivants : les acteurs de A.I. : portraits de David (9’07) et de Gigolo Joe (6’02) ; la création de A.I. : des dessins aux décors (7’27) et les costumes (5’30) ; les éclairages de A.I. (4’25) ; les effets spéciaux de A.I. (7’45) ; les robots de A.I. (13’44) ; les effets spéciaux visuels et les animations de A.I. : une vue globale (5’12), les robots (3’25), les miniatures (4’18), séquence de New York (2’53) et les animations (8’07) ; le son et la musique de A.I. : la création du son (6’46) et la bande musicale (5’49) ; Steven Spielberg : notre responsabilité envers l’intelligence artificielle (2’28) ; les archives de A.I. : bandes-annonces, galeries de storyboards, de croquis et de photos ; les filmographies des acteurs, du réalisateur et du producteur. L’intérêt en est plus ou moins inégal. Si l’on attend une réflexion sur les thèmes du film, on restera sur sa faim. Spielberg aborde bien le thème de la responsabilité humaine quant au développement des robots. Mais il ne s’agit là (comme pour ses propos concernant le DVD de Duel) que de remarques, certes intéressantes, mais assez superficielles puisque l’interview dépasse tout juste les deux minutes ! Tous les sujets des Suppléments sont d’ailleurs décevants : très nombreux, ils abordent bien des questions qui peuvent se poser sur le film ; mais de durée trop courte, la plupart ne fait qu’effleurer les questions. Bref, c’est bel et bien la méthode utilisée (interviews/extraits/interviews/extraits, etc.), trop conventionnelle, qui est à reconsidérer.



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et plus précisement par le contrat Creative Commons Paternité - Partage des Conditions Initiales à l’Identique Licence France 2.0 de Creative Commons, plus connue sous le nom de "CC-BY-SA".


Droits d'auteur © Henri PHILIBERT-CAILLAT


5. BANDE ANNONCE





 
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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2017-10-24 09:17:13




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