7h58, ce samedi-là de Lumet

Intérêt
A quatre-vingt quatre ans, Sidney Lumet signe un film noir et éprouvant qui captive autant par le pessimisme de son propos que par une mise en scène inventive et moderne. Une indéniable réussite !


Table des matières

1. Analyse


Sidney Lumet propose un film éprouvant qui lie étroitement le fond et la forme : composition, découpage et montage, réalisation et musique s’assemblent en un propos foncièrement pessimiste.

C’est, d’abord, une structure de récit qui ne respecte pas la chronologie comme le montre ci-dessous le détail du synopsis. Discontinue, elle est ponctuée par des titres de chapitre qui s’affichent à l’écran et annoncent les différentes parties du film : le jour du cambriolage/Hank : trois jours avant le cambriolage/Andy : quatre jours avant le cambriolage/Charles : la veille du cambriolage/Hank : le jour du cambriolage/Andy : le jour du cambriolage/Charles : une semaine après le cambriolage. Ce procédé d’une narration construite sur des retours en arrière n’a rien de gratuit. Bien au contraire, Sidney Lumet sa réalisation est parfaitement accordée à son propos : la rupture de la narration chronologique est, en effet, le parfait reflet du chaos mental de ses personnages à la dérive, tiraillés par des désirs contraires.

Si l’on excepte la scène du rapport sexuel entre Andy et Gina – précédant le film, elle n’est pas datée et n’a pas de rapport direct avec les événements – et le cambriolage lui-même, les six chapitres se partagent équitablement entre Hank, Andy et Charles, leur père, qui sont représentés à deux reprises chacun. Ce sont, en effet, ces trois personnages qui focalisent l’attention et concentrent sur eux le regard du spectateur. Pourtant cette technique du récit fragmenté ne va pas jusqu’à offrir trois points de vue croisés sur les mêmes péripéties ; il s’agit plutôt pour le réalisateur de pouvoir s’attarder sur chacun des protagonistes et montrer le dessous des choses (avec prises de vue différentes d’un même événement induisant une nouvelle perception ou encore indices repris dans une autre séquence), ce qu’une narration chronologique classique interdirait dans la mesure où elle ne permet pas de s’attarder sans nuire au rythme du film.

Le film s’ouvre dans la pénombre d’une chambre d’hôtel où un couple marié fait l’amour dans un plaisir partagé et s’achève par la séquence d’une effroyable mise à mort. Entre-temps, Sidney Lumet déroule le fil implacable d’une terrible histoire familiale sur fond de cambriolage.

« Puissiez-vous être déjà au paradis avant que le diable n’apprenne votre mort. » s’inscrit sur l’écran après la scène préliminaire au film, juste avant le générique. Et, précisément, les notions religieuses ainsi évoquées (« paradis et diable ») oriente l’analyse vers une lecture appropriée sur le Bien et le Mal.

Si l’on fait référence à « La Divine Comédie » de Dante et si l’on en reprend la figure de l’abîme en forme d’entonnoir qui conduit au Mal – pour rappeler la terminologie religieuse de la citation -, on proposera un premier cercle avec Andy et Hank qui, sans avoir coupé les liens avec leurs parents et leur soeur, ont avec eux des rapports distendus et les voient assez peu, car, dit ironiquement leur sœur, « Ils sont débordés ! ». Bref, ils contreviennent au «  Tes père et mère honoreras. ». Un second niveau concerne l’adultère de Hank avec sa belle-sœur (or, « Tu ne commettras pas l’adultère./Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain. »). Le projet de cambriolage de la bijouterie parentale constitue le troisième cercle (à l’inverse du « Tu ne voleras point. »). Avant qu’un nouveau degré ne soit atteint avec le matricide, suivi de multiples meurtres, et – ultime étape - de l’infanticide final (contrairement au « Tu ne tueras pas. »).

Bref, le besoin d’argent et le projet de cambriolage de la bijouterie parentale ne servent finalement qu’à révéler les bas-fonds de la nature humaine toujours prompte à transgresser les interdits moraux (qu’érige la société) ou à désobéir aux Commandements religieux (la Bible). Le propos pessimiste du réalisateur – loin d’être innovant - pointe l’enfance comme source de névroses et du malheur à venir. Une fois le puzzle du passé reconstitué, on comprend que le fils aîné (Andy) a été négligé par ses parents au profit du cadet (Hank), ou l’éternelle histoire d’Œdipe, ou encore d’Abel et Caïn.

Hank, protégé à l’excès et sans doute surestimé par ses parents, manque de maturité et de volonté. Il est méprisé par sa femme et sa fille le considère comme un « perdant ». Andy, en revanche, porte sur lui un regard ambivalent : il le voit, certes, comme le petit frère qu'il doit sans cesse protéger, mais aussi comme celui que ses parents lui ont préféré.

Quant à Andy, sa façade de hâbleur sûr de lui se lézarde peu à peu au fil des événements. En témoignent ses visites chez un gigolo qui lui fournit une évasion indispensable par le sexe anonyme et la drogue. Mais cela n’est qu’un pis-aller, comme le montre la terrible lucidité dont il fait preuve lorsqu’il éprouve le besoin de se confier au gigolo : «  Mais moi, ma vie, elle s’additionne pas. Rien n’est connecté à rien. Je ne suis pas la somme des éléments qu’elle compose. Mes éléments ne s’additionnent pas pour faire un seul moi, je suppose. » S’il est comptable de profession, n’est-ce pas, précisément, un antidote à ses angoisses (les chiffres s’additionnent et donnent un résultat). Son discours de frère aîné sur lequel ont pesé trop de responsabilités (« Je vais trouver une solution. » est l’une de ses phrases récurrentes face à Hank) qu’il tient à son cadet ne suffit plus à dissimuler de graves failles psychologiques lorsqu’il est confronté à son père : après lui avoir reproché de préférer Hank et lui demandé s’il était son vrai père, il lui avoue ne jamais s’être senti appartenir à sa famille (« Qui se ressemble, s’assemble. » ajoute-t-il même.). C’est alors à Gina, médusée, qu’il dévoile, en pleurs, sa peur originelle de devenir comme son père, voire sa peur d’elle, sa femme ! D’ailleurs, ce geste du lit qu’il défait aussitôt que Gina l’a quitté, ne traduit-il pas un soulagement, voire la fin d’une corvée ? Ce geste n’est-il pas la métaphore de son impuissance - ou de son homosexualité ?

Sa femme, enfin, a une piètre opinion d’elle-même comme le révèle la scène sexuelle qui précède le film : commencée dans la joie du plaisir, elle s’achève avec les pleurs de Gina qui se considère comme « une merde ». Il est vrai que sa situation est difficile à vivre : elle n’est pas satisfaite par son mari et le trompe clandestinement avec son beau-frère !

Les femmes, dans le film, n’ont, par ailleurs, aucune illusion sur leurs maris ou amant : qu’il s’agisse de la sœur hostile à ses deux frères, de Gina qui ne croit plus en Andy, son mari, et n’attend rien de son amant, Hank ; ou de Chris qui semble indifférente à Bobbie ; ou encore de la femme de Hank qui semble le mépriser, leurs rapports avec les hommes sont placés sous le double signe de l’indifférence, au mieux, et de la haine, au pire. A travers leurs yeux se lit la certitude que les hommes sont décevants et qu'il est impossible de compter sur eux. L’unique exception concerne le couple formé par Charles et Nanette qui représente à n’en pas douter le seul signe d’espoir dans le film.

La vengeance est d’ailleurs présentée comme le ressort des actions humaines quand l’espoir disparaît : le bijoutier-recéleur se venge du mépris de Charles à son encontre ; Andy se venge du gigolo et de son indifférence ; Gina se venge de l’insensibilité d’Andy lorsqu’elle le quitte et Charles se venge sur son fils de la mort de sa femme.

La fin du film, en effet, montre Charles, le père Créateur, sous sa vraie nature du Dieu vengeur de l’Ancien Testament prêt à sacrifier sa propre créature. Ne faut-il pas y voir – en une cruelle et terrible métaphore – le message délivré par Sidney Lumet qui, à la fin de sa vie, ne proposerait rien de moins que l’anéantissement d’une création imparfaite par le créateur ?... Une ultime vengeance…

La réalisation multiplie les résonances entre les séquences pour mieux tisser cette toile du malheur dans laquelle, pris au piège, les personnages se débattent en vain : une conversation d’Andy avec sa femme au cours de laquelle, quatre jours avant le cambriolage, il évoque le projet d’une nouvelle vie à Rio fait directement écho à la séquence d’ouverture entre Andy et Gina dans la chambre d’hôtel à Rio. De même, les pleurs inattendus de Gina à la fin de cette même scène renvoient explicitement à ceux d’Andy et à la séparation du couple bien plus tard [1h23mn]. Autre exemple, la visite d’Andy chez le bijoutier-recéleur [40mn16] annonce celle du père une semaine après le cambriolage [1h28mn] ; ce qui va orienter le récit vers une fin inattendue. On notera, aussi, que le sentiment qu’éprouve Andy (la confession-monologue faite en présence du gigolo [39èmemn]) d’être fait d’éléments antagonistes est, plus tard dans le récit [1h25mn], illustré visuellement à un moment clé du film. Après que sa femme l’a quitté, il soulève une coupe et en renverse le contenu sur une table basse, c’est-à-dire des pierres décoratives qui tombent en pluie et s’éparpillent, comme se diluent, à ce moment-là, les éléments de sa personnalité.

Un dernier exemple de cette résonance entre les séquences est à souligner. Lassé de ne pouvoir obtenir de rendez-vous avec le policier chargé de l’enquête, Charles se venge en percutant sa voiture contre la sienne. Plus tard dans le récit, sa voiture est filmée de façon que l’on voie – écho à cet incident – le coffre déboîté et le pare-choc faussé, comme une traduction visuelle du désarroi de Charles meurtri par la disparition de sa femme. Bien d’autres exemples pourraient être cités…

La musique de Carter Burwell sobre, discrète, s’écoule en sourdine pour accompagner la dissolution des personnages tout au long de leur descente aux enfers. Le leitmotiv envoûtant, tantôt lent et grave, tantôt allegro en une suite de notes répétées, rythme l’enchaînement inéluctable des faits jusqu’à l’horreur finale.


2. Synopsis


Dans une chambre d’hôtel, Gina et Andy, un couple marié, en vacances à Rio, fait l’amour. Mais, dans les instants qui suivent, la femme se met à pleurer. [4mn]

Le jour du cambriolage : à 7h58, ce samedi-là, deux hommes, Hank Hanson et son ami Bobbie, doivent cambrioler une bijouterie. Hank fait le guet dans la voiture. Bobbie s’introduit dans la boutique une fois que la propriétaire l’a ouverte. Il la menace, s’empare de la recette de la veille, et se détourne d’elle pour essayer de briser les vitrines pour prendre les bijoux. Elle en profite pour se saisir d’une arme et tire sur le cambrioleur qui, touché, fait feu sur elle. Elle vide alors l’arme et le tue. Hank s’enfuit. [8mn49]

Hank : trois jours avant le cambriolage : Hank assiste à une rencontre sportive à laquelle participe sa fille qu’il ramène au domicile de sa femme dont il est séparé. Elle lui reproche de ne pas avoir versé la pension alimentaire qu’il lui doit depuis trois mois. Puis il retrouve Andy Hanson, son frère, qui lui propose un cambriolage pouvant rapporter jusqu’à 600.000 dollars, ce qui réglerait leurs problèmes d’argent. [13mn37] Hank, qui s’absente souvent de son travail, a rendez-vous avec Gina, la femme de son frère Andy, devenue sa maîtresse. Ce dernier lui exprime son souhait de vivre avec elle. Mais elle refuse ses projets de fuite avec lui en lui assurant qu’elle n’attend de lui que du plaisir sexuel. [14mn56] Hank assiste à un spectacle d’enfants dans lequel joue sa fille. Sont présents sa femme et ses parents, Charles et Nannette. La fillette souhaite participer à une sortie scolaire mais Hank n’a pas les 130 dollars nécessaires. Il décide donc d’accepter l’offre de son frère et apprend qu’il s’agit de cambrioler la bijouterie de leurs parents. Andy insiste sur l’absence de danger et le fait que l’employée des parents ne posera aucun problème. Par ailleurs, l’assurance remboursera leurs parents. Il lui avance 2.000 dollars. [20mn86] Hank donne 900 $ à sa femme. Comme il ne sent pas de force à réaliser le cambriolage seul, il sollicite l’aide d’un ami, Bobby à qui il donne 1.000 $. Le jour fixé, dans une voiture louée pour l’occasion, il se rend chez Bobby qui vit avec sa femme Chris et son enfant, mais qui n’est même pas réveillé. En chemin, Bobby met son propre CD dans l’autoradio ; Hank se déguise pour ne pas être reconnu et Bobby, hilare, lui propose de faire le cambriolage à sa place. Il lui montre un pistolet pour le rassurer. Arrivés sur les lieux, ils assistent à l’ouverture de la boutique. Bobby entre. Hank fait le guet lorsqu’il entend une série de coups de feu et voit Bobby projeté à travers la porte par la violence d’un impact de balle. Pris de panique, Hank s’enfuit et téléphone à Andy pour l’informer des événements. [28mn53]

Andy : quatre jours avant le cambriolage : Andy, à son bureau, rassure sa femme par téléphone sur l’état de son compte en banque. Mais, après avoir raccroché, il inhale de la drogue, signe d’un certain malaise. Et, précisément, convoqué à une réunion de travail, il apprend que son service comptable va faire l’objet d’un contrôle fiscal le lundi suivant ! La réunion achevée, il prend de l’argent dans une caisse qui semble appartenir à l’entreprise qui l’emploie, puis se rend chez un jeune homme nu sous un peignoir (est-ce un gigolo ?) qu’il connaît, qui semble l’attendre et lui injecte une piqûre de drogue. Manifestement en plein désarroi, il se confie et monologue en présence de son hôte : «  Les chiffres, c’est facile, ils s’additionnent. Mais moi, ma vie, elle s’additionne pas. Rien n’est connecté à rien. Je ne suis pas la somme des éléments qu’elles compose. Mes éléments ne s’additionnent pas pour faire mon Moi, je crois. » Le gigolo, très sèchement, lui conseille un psy et une femme. De retour chez lui, Andy fait miroiter à sa femme une nouvelle vie à Rio. Mais Gina, lucide, remarque que le Brésil, surtout, n’extrade pas vers les Etats-Unis, ce qui amuse beaucoup Andy, surpris des connaissances de Gina. Elle essaie vainement d’obtenir un moment intime. Andy se rend ensuite chez une sorte de bijoutier-recéleur à qui il pense revendre le butin et lui laisse sa carte. Puis, au téléphone, il explique à Hank les détails de l’opération et le conseille sur la procédure à suivre. Cet épisode s’achève par la reprise de la séquence précédente du cambriolage qui tourne mal et l’appel téléphonique affolé de Hank prévenant Andy de l’échec sanglant du plan. [45mn17] Après quoi, on se retrouve en compagnie de Hank, Andy et Gina au service d’accueil d’un hôpital où les attend Charles. Leur père leur apprend que Nanette – leur mère – grièvement blessée par balles, trois heures auparavant, lors du braquage de sa bijouterie se trouve dans le coma. [46ème mn]

Charles : la veille du cambriolage : Charles doit passer un bilan de santé le jour de son anniversaire. Au téléphone avec sa fille – qui semble avoir peu de considération pour ses deux frères -, il déplore son âge et se plaint de ses problèmes de mémoire. On apprend que Doris, l’employée habituelle de la bijouterie, s’est décommandée pour le samedi et que Nanette, sa femme, assurera l’intérim. Charles lui propose donc de l’y conduire. Ce samedi-là, comme prévu, Charles dépose sa femme devant leur magasin. Mais un camion qui manœuvre devant la bijouterie cache aux yeux d’Ethan (accompagné de Bobbie dans la voiture louée) que c’est sa mère qui entre dans la bijouterie et non Doris, l’employée de ses parents, contrairement à ce qu’il croyait. Lorsque Charles arrive à l’heure de la fermeture pour reprendre sa femme, il découvre le drame. A l’hôpital, le médecin dresse un tableau désespéré de l’état de Nanette (activité cérébrale nulle et dommages irréversibles) et lui demande de prendre une décision. Charles, bien que sous le choc, cherche à comprendre les raisons qu’avait ce Bobbie, le cambrioleur, pour choisir leur bijouterie. Mais il se heurte à la passivité de la police qu’il importune avec ses questions sans réponse. De leur côté, Andy et sa sœur s’affrontent à propos de la décision à prendre. Finalement, pressé par Andy, Charles décide d’interrompre les soins. Les obsèques de Nanette s’ensuivent… [57mn]

Hank : le jour du cambriolage : Hank efface les empreintes laissées dans la voiture par Bobbie avant de la rendre au loueur. Sa fille, faute d’avoir pu obtenir de son père les 160 $ nécessaires, ne pourra participer à la sortie envisagée et traite de son père de « raté ». Hank et Andy ont besoin de se rencontrer pour décider d’une conduite à tenir. Pressé de questions, Hank finit par se rappeler qu’il a laissé le CD de Bobbie dans le lecteur de la voiture. Mais les bureaux de l’agence de location sont fermés jusqu’au lundi. Plus grave, Chris, la femme de Bobbie, lui donne rendez-vous avec son frère. Cet homme déterminé cherche à savoir pourquoi son beau-frère, parti avec Hank le matin même, a été tué à 11h58, alors que lui est toujours vivant. Hank ment, mais le frère ne s’en laisse pas conter et exige 10.000 $ pour Chris comme prix de son silence payables le surlendemain, faute de quoi la police sera mise au courant. Assommé par cette nouvelle complication, Hank se tourne vers sa femme pour se faire prêter la somme, mais s’entend répondre qu’il lui doit encore des arriérés sur la pension qu’il lui doit lui verser. Au bord du suicide, il appelle Gina et finit par décider d’aller récupérer le CD. [1h10]

Andy, le jour du cambriolage : son supérieur appelle, en urgence et à plusieurs reprises, Andy chez lui et chez son père pour lui demander des explications sur d’apparentes malversations décelées par le contrôle fiscal : deux employés qu’il a licenciés ont continué à percevoir leur salaire ; des taxes n’ont pas été payées à la sécurité sociale. Andy propose à son père de s’occuper de la bijouterie au moins quelques heures par semaine, sans obtenir de réponse. Abattu, il se rend chez le gigolo qui lui reproche de venir sans rendez-vous. Puis Andy insulte Hank et menace de le tuer. Après l’enterrement, une discussion avec son père révèle le fossé qui les sépare. Alors que Charles s’excuse de ne pas avoir été le père qu’il attendait, Andy lui reproche de lui avoir préféré son frère, lui précise qu’il ne s’est jamais senti vraiment appartenir à sa famille et lui demande s’il est bien son vrai père. Ulcéré, ce dernier le gifle violemment.

Suite à cette scène qui l’a meurtri, Andy clame son désespoir devant une Gina médusée, mais refuse l’aide qu’elle lui propose. Cette dernière décide alors de le quitter. Pour se venger de son apparente indifférence, elle lui révèle sa liaison avec son frère. Resté seul, en guise d’exutoire, Hank défait le lit conjugal (métaphore de son impuissance ou de son homosexualité ?), jette au sol objets et bibelots avant de couper – symboliquement – le téléphone. [1h26]

Charles : une semaine après le cambriolage : Charles, poussé par le désir de comprendre, mène sa propre enquête puisque la police refuse de l’écouter. Pour obtenir des renseignements, il se rend chez le bijoutier-recéleur – celui qu’Andy avait contacté – qu’il connaît depuis bien longtemps et qu’il tient en piètre estime. Pour se venger du mépris renouvelé de Charles, celui-ci lui donne la carte d’Andy. Charles, foudroyé, n’en croit pas ses yeux : son propre fils a organisé le cambriolage ! Entre-temps, Hank met au courant Andy du chantage que le frère de Chris exerce sur lui. Andy, à bout, imagine une solution, désespérée : s’enfuir, après avoir récupéré de l’argent chez le gigolo pourvoyeur de drogue. Mais, sans qu’il ne le sache, il est désormais suivi par son père. Il se rend à son bureau, récupère le reste de l’argent détourné, achète un billet d’avion et se rend chez Hank. Une fois de plus, il fait la leçon à Hank ; une fois de plus, il prétend pouvoir tout arranger. En compagnie de son frère, il se rend chez le gigolo, force sa porte, le frappe violemment, découvre qu’il a un amant, le tue, abat le jeune pourvoyeur et s’empare de l’argent trouvé. Après quoi les deux frères se rendent chez Chris où les attend le maître-chanteur. Andy l’abat et menace de faire de même avec son frère à qui il révèle qu’il est au courant de sa liaison avec Gina. Mais Chris profite de son inattention pour lui tirer une balle dans le dos et appelle la police. Hank en profite pour s’enfuir avec l’argent volé après en avoir donné une partie à la femme de Bobbie sans remarquer son père qui l’interpelle dans la rue. Andy, grièvement blessé, est transporté en urgence à l’hôpital. A son père qui vient à son chevet, il se confesse et insiste sur le rôle funeste du hasard dans l’enchaînement des circonstances (l’arme de Bobbie et la présence de sa mère). Son père le rassure. Et, délibérément, il débranche un à un les fils qui relient son fils aux appareils. Puis il se saisit de l’oreiller et lui applique sur le visage, malgré les « Papa ! Papa ! » d’Andy et ses bras qui se tendent vers lui, jusqu’à ce qu’il ne se débatte plus. Enfin, il s’éloigne dans le couloir vide qu’une surbrillance de lumière efface peu à peu. [1h56mn]


3. Fiche technique


  • Réalisateur : Sidney Lumet.
  • Titre original : Before the devil knows you’re dead.
  • Année : 2006.
  • Compositeur : Carter Burwell.
  • Directeur de la Photographie : Ron Fortunato.
  • Scénariste : Kelly Masterson.
  • Production : Linsefilm - Michael Cerenzie Productions - Unity Productions.
  • Société de distribution : UGC Ph.

Distribution :

  • Hank : Ethan Hawke.
  • Charles : Albert Finney.
  • Gina : Marisa Tomei.
  • Chris : Aleksa Palladino.
  • Andy : Philip Seymour Hoffman.
  • Dex : Michael Shannon.
  • Bobby : Brian F. O’byrne.
  • Danielle : Sarah Livingston.
  • Nanette : Rosemary Harris.
  • Justin : Blaine Horton.
  • Martha : Amy Ryan.




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