2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick

Intérêt
L’une des plus grandes réussites de Stanley Kubrick, L’Odyssée de l’Espace n’en finit pas de nous ravir à chaque nouvelle vision et de nous donner, grâce à une somptueuse poésie visuelle, matière à réfléchir sur l’origine et le devenir de l’humanité.


Table des matières

1. Analyse


Futuriste, poétique et énigmatique, ce film réalisé en 1968 par Stanley Kubrick n'en finit pas de nous fasciner. D'une rare beauté formelle, ce somptueux film d'anticipation retrace l'aventure de l'humanité et développe une passionnante réflexion métaphysique.

Composé sous forme de triptyque (trois parties intitulées : l’Aube de l’humanité, Mission Jupiter et Au-delà de l’infini), il établit des liens entre passé et présent, présent et avenir et, en une complexe méditation sur le Temps et l’Espace, reprend les trois questions fondamentales (déjà présentes sur les panneaux peints par Gauguin) que se pose tout être humain un jour ou l’autre : D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Kubrick ne propose pas de réponse mais illustre chacune de ces interrogations d'images et de couleurs, de silences et de musiques, qui créent un univers imaginaire propre à une rêverie féconde en réflexions.

Qu'il s'agisse des premiers hominidés découvrant l'outil, de l'extraordinaire ellipse visuelle transformant le bâton lancé dans les airs par des anthropoïdes en vaisseau spatial futuriste, du duel entre Bowman, l'astronaute, et Hall, l'ordinateur, et des métamorphoses finales du même Bowman, tous nos sens sont sollicités pour donner une interprétation à ce qui se déroule sur l'écran et qui multiplie les questions plutôt que d'apporter des réponses.

Que signifie ce monolithe géant apparu dès l'aube de l'humanité en même temps que l'intelligence et présent dans chaque épisode suivant ? Une étape sur la voie du progrès, une « présence divine » ou une représentation de l'intelligence ?

Que signifie ce fœtus qui succède au vieillissement et à la mort de Bowman ? Est-ce l'annonce d'une future dés-incarnation de l'esprit débarrassé de toute enveloppe physico-animale et la naissance d'un homme futur devenu pur esprit ? N'est-ce pas plutôt - ou aussi - le retour de cet Ulysse des temps futurs vers les nouveaux rivages d'une autre humanité ? Ou encore, le retour au début du film, c'est-à-dire la fin du temps linéaire et la représentation d'un temps circulaire, sorte de boucle dont la fin marque aussi le début ? Ce fœtus ne peut-il signifier, enfin, la marche de l'espèce humaine vers l'immortalité ?

Ce film pose bien d'autres questions toutes aussi stimulantes qui nous poussent à voir et à revoir cette œuvre magistrale et intelligente (plutôt qu'intellectuelle) née de la fusion de l'anticipation et du merveilleux.


NOTE : Les lettres qui composent le nom de l’ordinateur HAL 9000 ont été obtenues à partir du sigle de la compagnie IBM (en écrivant les lettres précédant IBM, c’est-à-dire H pour I, A pour B, L pour M).


2. Synopsis détaillé


L’aube de l’humanité

Sur une terre nue et aride, « le combat pour la vie » oppose, sans le moindre répit, des anthropoïdes entre eux et, entre-temps, des anthropoïdes contre les animaux sauvages qui les menacent. A l’aube d’un matin comme les autres pourtant, près de la grotte où ils s’abritent, un parallélépipède noir dressé sur le sol met en émoi le groupe qui crie et s’agite tout autour, au plus fort de son excitation tout en exécutant une sorte de danse agité.

Peu après, l’un des hominidés se sert de l’os d’un squelette comme d’une arme qui lui sert à briser ce qui est sous ses yeux : le premier outil vient d’être découvert. Aussitôt, l’objet est lancé dans les airs. Un raccord associe l’outil tournoyant à un vaisseau spatial qui se dirige vers une station en forme de roue située près de la lune. [19ème mn]

Mission Jupiter

Une équipe de savants s’interrogent sur une récente découverte près du cirque de Tycho. Ils décident d’une expédition pour en savoir plus. Sur place, un parallélépipède noi, semblable à celui découvert par les anthropoïdes, les attend. Quand le soleil se lève sur l’astre mort, il se met à émettre des ondes vers la planète Jupiter. Un astronef (Discovery) abritant deux cosmonautes (Bowman et Poole) ainsi que trois savants mis en état d’hibernation se dirigent précisément vers Jupiter pour une mission scientifique. Le vaisseau se rapproche de Jupiter, lorsque l’ordinateur (Hall 9000), doué d’intelligence et de parole, qui gère l’astronef se met à exprimer une hostilité certaine envers les savants. Il provoque une panne. Bowman et Poole doivent alors sortir dans l’espace pour réparer une antenne. C’est alors que Hal 9000 décide de se débarrasser de l’équipage : il tue Poole et les trois savants en état d’hibernation, mais ne peut empêcher Bowman de regagner l’astronef. Une rapide enquête désigne Hall 9000 comme le responsable de ce tragique incident. Malgré les prières de l’ordinateur pour être épargné, Bowman, sans la moindre hésitation, débranche Hall 9000 contraint de de révéler le secret de la mission. [1h52mn]

Jupiter et au-delà de l’infini

Bowman livré à lui-même poursuit sa route vers Jupiter pour tenter de comprendre le mystère des ondes envoyées par le parallélépipède noir. Arrivé à proximité de la planète, il s’installe dans une capsule pour s’y rendre. Au cours de sa descente, il croise un parallélépipède noir semblable à celui trouvé sur la lune. Puis sa descente s’accélère vertigineusement cependant qu’un maelström de formes, de couleurs et de paysages défile sous ses yeux. Il se retrouve ensuite, vieilli, en combinaison de cosmonaute, dans un appartement de style Louis XVI où il se voit sous l’apparence d’un vieillard à l’article de la mort. Il assiste ainsi à son agonie. Enfin, allongé dans un lit, il contemple un même nouveau monolithe noir qui trône au centre de la chambre et vers lequel il tend une main tremblante… Bowman meurt et redevient un fœtus qui traverse l’espace pour contempler, yeux grands ouverts, la Terre... [2h14mn]


3. Fiche technique


  • Titre original : 2001, A Space Odyssey.
  • Année : 1968.
  • Réalisation et scénario : Stanley KUBRICK et Arthur C. Clarke Co-scénariste, d’après son roman The Sentinel.
  • Directeur de la photographie : Geoffrey UNSWORTH.
  • Photo additionelle : John ALCOTT.
  • Couleur : Metrocolor.
  • Film en cinérama, super pana-vision.
  • Trucages : Stanley KUBRICK, Wally VEEVERS, Douglas TRUMBULL.
  • Montage : Ray LOVEJOY.
  • Décors et maquettes : Tony MASTERS, Douglas TRUMBULL, CONFEDERSON et Tom HOWARD.
  • Costumes : Hardy AMIES.
  • Musique : Johann STRAUSS (Le beau Danube bleu), Richard STRAUSS (Ainsi parlait Zarathoustra), Aram KHATCHATURIAN (Gayaneh), György LIGETI (Requiem ; Atmosphere).
  • Production : Metro-Goldwyn-Mayer.
  • Durée : 141 minutes.

Distribution :

  • David Bowman: Keir DULLEA.
  • Frank Poole : Gary LOCKWOOD.
  • Père de Poole : Alan Gifford
  • Le docteur Heywood : Floyd William SYLVESTER.
  • L’homme primitif ("Moon-Watcher"): Daniel RICHTER.
  • Halvorsen : Robert Beatty.
  • Smyslov : Leonard ROSSITER.
  • Michaels : Sean SULLIVAN.
  • Elena : Margaret TYZACK.
  • Halvorsen : Robert BEATTY.
  • La voix de Hal (Carl) 9000 : Douglas RAIN.


4. Edition DVD zone 2


  • Image : cette édition (2003) offre une copie restaurée et remasterisée du film. Aussi les couleurs sont-elles merveilleusement saturées pour une superbe image qui contribue à nous envoûter : des noirs profonds et une luminosité exceptionnelle. Une parfaite réussite.
  • Son : la nouvelle édition offre également un DD 5.1 et nous immerge encore davantage dans un univers que le son (silences et bruits naturels de la première partie) et les musiques de Johan et Richard Strauss rendent tout à la fois infiniment déroutant et fascinant. Une simple bande-annonce en guise de suppléments pour un tel film surprend. Mais l’on peut penser, à la réflexion, que ce chef-d’oeuvre se suffit à lui-même et qu’il est son propre supplément!
  • Jaquette : elle privilégie bien évidemment l’aventure sidérale par la représentation d’une station spatiale en forme d’anneau, en insistant sur le mouvement circulaire, cependant qu’une fusée jaillit dans l’espace. La sérigraphie du disque reprend la même représentation. Un ensemble réussi.

NB : L’édition Blu-ray (2007) est désormais à conseiller. A titre d’exemple, on choisira la séquence de l’arrivée du vaisseau spatial bercée par la musique de Johann STRAUSS (Le beau Danube bleu) : c’est tout simplement somptueux !


5. Bande annonce




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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2016-08-16 10:02:39




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