Étymologie

Intérêt
L’étymologie est une discipline diachronique de la linguistique, qui étudie l’origine et donc la formation des mots. Elle s’appuie sur des lois de la phonétique historique et sur l’évolution sémantique des termes envisagés.
Table des matières

1. Étymologie du mot

Étymologie est un mot composé savant grec, ἐτυμολογία / etumología, lui-même formé sur les radicaux ἔτυμος étumos « véritable » et de la base -λογια -logia (dérivée de λόγος « discours, raison »), qui fournit les noms de disciplines. C’est donc, à l’origine, l’étude de la vraie signification d’un mot. Cette définition au sens strict doit cependant être dépassée : l’étymologie étudie l’origine des mots.

On considère que les mots d'une langue peuvent, d'un point de vue diachronique, avoir principalement trois origines :

  • ce sont des mots hérités d’un état plus ancien de la même langue ou d’une langue-mère, mots qui ont donc subi les processus d’évolution phonétique ; le terme ancien à l’origine du mot nouveau est nommé étymon ;
  • ce sont des mots empruntés à une autre langue, qui sont donc adaptés au système phonologique et graphique de la langue réceptrice ;
  • ce sont des créations ou « néologismes » (souvent à partir de racines grecques et latines pour les langues européennes, parfois à partir de racines propres à la langue elle-même).


2. Changements sémantiques

Le sens des mots hérités ou empruntés change au cours du temps, de telle sorte que l'on parle du « sens étymologique » (qui coïncide souvent avec le sens propre) d'un terme quand on veut souligner une différence entre le sens actuel et le sens ancien.

Parfois, cette différence va jusqu’au renversement complet. C’est par exemple le cas du mot français rien qui, étymologiquement, signifiait « quelque chose » (du latin res, comme dans « chose publique », « république », res publica). Comme la majorité des seconds termes de négation en français (pas, guère, jamais, plus, personne, aucun), il possédait à l’origine un sens positif. Facultatif, il servait seulement à préciser le sens de la particule négative ne. Nombre d’exemples de changements de ce type existent en français : ne pas aller quelque part, c’est ne (pas) faire un pas. Personne, c’est « une personne », aucun signifie étymologiquement « quelqu’un » (cf. castillan alguno ou alguién), et ainsi de suite.

Souvent, il reste des traces du sens ancien dans des archaïsmes ou des expressions idiomatiques : « trois fois rien », « un petit rien »...

La langue parlée moderne, qui se soucie peu d’étymologie a éliminé la particule ne. En chargeant la seconde particule de représenter à elle seule l’ensemble de la négation, elle a renversé complètement sa signification.

3. Doublets populaires et savants

Quand, dans une langue, un même étymon a été hérité et emprunté ultérieurement, les deux mots obtenus sont nommés doublets. On en trouve un grand nombre en français : la plupart des mots français proviennent en effet du latin ; certains se sont transmis depuis le latin vulgaire en se modifiant phonétiquement, ce sont les mots hérités ; le même étymon a parfois aussi été emprunté postérieurement, dans le vocabulaire savant ; les deux mots issus du même seul étymon latin mais ayant suivi deux voies différentes se nomment respectivement doublet populaire et doublet savant. Leurs sens sont la plupart du temps différents, le doublet savant gardant une acception plus proche du sens étymologique.

C’est le cas pour l’étymon fabrica(m) :

  • le mot hérité du latin vulgaire a donné forge après avoir suivi les lois de l’évolution phonétique ;
  • le mot latin a été emprunté au XIVe siècle pour devenir le doublet savant fabrique.

D’autres doublets importants, dans l’ordre vulgaire / savant (étymon latin) : orteil / article (articulum), chose / cause (causam), froid / frigide (frigidum), poison / potion (potionem), moule / muscle (musculum), métier / ministère (ministerium), tôle / table (tabulam), etc.

Il faut donc distinguer entre les mots hérités de la langue-mère qu'est le latin, et ceux qui ont été empruntés.

Consulter Doublet lexical pour d’autres informations.

4. Sources d'emprunts du français

La langue française a emprunté de nombreux mots à d'autres langues :

  • au francique pendant le Moyen Âge, qui a donné nombre de mots du vocabulaire de la guerre et de l'armement ;
  • à l'italien ;
  • à l'arabe, dans les domaines de l'astronomie de la chimie des mathématiques et du commerce;
  • au grec et au latin, pour former des mots savants ;
  • à l'allemand ;
  • à l'anglais, surtout durant les dernières décennies du XXe siècle ;
  • à l'espagnol, etc.

5. Articles connexes

  • Linguistique comparée ;
  • phonétique historique ;
  • emprunt lexical ;
  • doublet lexical ;
  • lexicalisation ;
  • racine (linguistique) ;
  • liste des patronymes devenus noms communs ;
  • Étymologie populaire ;

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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2010-06-03 18:30:06




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