Épée

Intérêt
L’épée est une arme blanche à double tranchant composée d’une lame droite en métal pourvue le cas échéant d’une goutière (dépression longitudinale), d’une poignée et d’une garde protégeant la main. L’extrémité de la poignée est généralement ornée d’un pommeau.

La forme de l'épée détermine son utilisation :

  • de taille : coup portée avec le fil de l’épée (l’arrête tranchante) ;
  • d’estoc : coup porté dans l’axe de l’épée pour transpercer son adversaire.
Table des matières

1. Histoire

Des épées, c'est-à-dire des armes ayant une lame d'au moins trente centimètres, sont connues dès l'âge du bronze : celles-ci sont alors réparties en quatre types, dont le plus ancien est celui des « épées à languette large » (G.Gaucher et J.-P.Mohen) du Bronze ancien ou moyen, vers -2000 avant notre ère.

À l'âge du bronze final, les « épées à languette tripartite » ont les trois parties de la poignée clairement distinctes (garde, fusée et pommeau) : c'est au plus tard à cette période et probablement plus encore au premier âge du fer que l'arme acquiert une valeur aristocratique. Coûteuse, longue et complexe à élaborer, l'épée semble en effet se trouver exclusivement dans les tombes de personnages importants.

Lourde et difficile à manier, l'épée s'affirme au départ comme une arme de prestige et devient durant l'antiquité l'arme par excellence qu'utilise le cavalier pour frapper « de taille » le fantassin. Néanmoins, Celtes, Germains et Romains l'utilisent aussi dans l'infanterie, sous différentes formes.

Dans le dernier quart du IVème siècle, l'épée celtique, d'une longueur de lame de 60cm devient un élément primordial de l'équipement standard du guerrier. Jusqu'à la période romaine, cette épée connaît un allongement de sa lame, tandis que sa pointe s'arrondit, ce qui indique un usage quasi-exclusif de taille.

Les légionnaires romains emploient le « glaive » (latin gladius), qui se porte au côté droit comme avant lui l’épée gauloise ou ibérique. Le glaive du haut Empire (type « Mayence ») est directement inspiré de l’épée hispanique avec une lame qui peut atteindre soixante centimètres. Par la suite, sa pointe se raccourcit (type « Pompéi »). Le glaive du légionnaire est peut-être l’arme qui contribue le plus à la supériorité militaire romaine des premiers siècles de notre ère, notamment en raison de sa capacité à être utilisé de taille et d’estoc.

Parallèlement, la cavalerie romaine emploie un type d’épée longue (latin spatha). Sous les Sévères, la spatha devient à son tour une arme d’infanterie, avec une lame longue de 60 à 90 cm qui s’élargit progressivement, qui se porte au côté gauche.

Sans doute à cause des traits évoqués, l’épée est une arme dont la fabrication est confiée à des spécialistes. En raison de cela, un modèle est souvent et longtemps imité avant qu’une innovation apparaisse. Ainsi, les Germains avaient emprunté l’épée longue aux Celtes. À partir du IIIème siècle environ, la spatha (l’épée longue romaine) s’inspire elle-même des armes germaniques occidentales : elle connaît son heure de gloire au moment des invasions barbares.

Exportée en Scandinavie (dans le Jutland) C'est celle-ci qui semble avoir servi de modèle originel à l'épée occidentale médiévale, dont le premier type est celui de l'épée mérovingienne, au pommeau triangulaire muni d'un anneau. L'épée longue « mérovingienne » sert à son tour de modèle à l'épée franque carolingienne, puis aux grandes épées médiévales.

1.1. Système de suspension

L'évolution de l'arme proprement dite est indissociable de celle de son système de suspension : les Celtes protohistoriques de la Tène avaient déjà su élaborer un système de suspension reposant sur deux chaînes : un brin court (15 cm) et sur un brin long (45-50 cm).

Au début du haut Moyen-Âge, les épées sont portées au côté gauche au moyen d'un double pontet vertical (sorte de boucle rigide). L'origine exacte de ce dernier est incertaine : connu des Chinois, il faut attendre pour le voir utilisé en occident que les Sarmates et les Alains l'introduisent durant les invasions barbares (IIIème-IVème siècle).

1.2. techniques de forge

Un autre aspect important de l’Histoire de l’épée est l’évolution des techniques de forge : ainsi, pour forger leurs lames, les Gaulois pratiquaient le corroyage en mélangeant eux-mêmes différents métaux, probablement dans un but de réemploi. Au haut Moyen-Âge, « une caractéristique des épées longues « mérovingiennes » est la structure composite de beaucoup de lames » (Iaroslav Lebedynsky, dans Armes et guerriers barbares au temps des grandes invasions, Paris, 2001). La technique, consistant à forger l’« âme » de la lame, puis à lui adjoindre (« rapporter ») deux tranchants à la teneur plus élevée en azote a été bien étudiée : deux bandes étroites de métal, destinées à être utilisées comme tranchants, sont soudées à une bande centrale de métal damassé (composé de bandes alternées de fer doux et de fer carburé, éventuellement torsadées avant d’être martelées). L’amélioration des métaux, soit par corroyage en occident, soit par emploi de lingots déjà prêts, en orient puis en occident, est également un souci majeur que rapportent notamment les épopées scandinaves.

1.3. Voir aussi

Au fil des siècles et des peuples, des armes qui pouvaient être regroupées sous ce terme générique ont évolué en différentes formes, devenant Sabre en Orient, Cimeterre, Katana dans le Japon médiéval, etc.

2. Types

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détail de lame damassée (Épée longue spatha germanique, VIe siècle

Épées à une main :

  • glaive : épée courte des légionnaire romains
  • spatha : épée longue romaine des grandes invasions.
  • rapière : épée longue et fine utilisée en Europe pour les duels
  • jian : épée chinoise légère utilisée notamment pour la pratique du Tai-Chi


Épées à deux mains :

  • épée bâtarde (ou épée à une main et demie), utilisable à une ou deux mains
  • claymore
  • espadon

3. Épées Célèbres

De nombreuses épées ont un nom célèbre, qu’elles soit au départ historiques, devenues des armes légendaires dans les épopées médiévales, ou bien qu’il s’agisse d’armes entièrement imaginaires qui appartenant à des œuvres fantastiques écrites après le XIXème siècle :

3.1. Épées « historiques » ou armes d'épopées médiévales

  • L'Épée de Damoclès
  • Almace : épée de l'archevêque Turpin, compagnon de Charlemagne.
  • Balmung : l'épée de Siegfrid
  • Courte : l'épée d'Ogier le Danois
  • Durandal : épée de Roland, compagnon de Charlemagne.
  • Excalibur : épée du roi Arthur
  • Flamberge : épée à deux mains de Renaud de Montauban.
  • Hauteclaire : épée du chevalier Olivier
  • Joyeuse appartenant à Charlemagne
  • Tizona : épée du Cid

3.2. Épées d'œuvres de fiction des XIXème-XXème siècles

  • Andúril : épée d’Aragorn, personnage du Seigneur des Anneaux
  • Frostmourn : épée maudite d'Arthas, prince du royaume déchu de Lordaeron dans le monde d'Azeroth.
  • Stormbringer : épée d'Elric le Nécromancien, personnage de Michael Moorcock, et sa jumelle Mournblade

4. Films de capes et d'épées

L'épée (rapière ou fleuret) est l'arme caractéristique des personnages, et en particulier des héros, des films appartenant au genre « films de capes et d'épées ». Ces films se terminent généralement par un duel à l'épée.

5. Armes apparentées

Lorsque la lame est courbe c'est un sabre.

6. Voir aussi








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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2011-06-07 02:40:55




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