Électricité de France (industrie)

Intérêt
L’entreprise Électricité de France (EDF) est une entreprise publique créée le 8 avril 1946 à la suite de la nationalisation des biens de diverses entreprises de production, de transport et de distribution d’électricité (mesure présente dans le programme du CNR) par le ministre (communiste) de la production industrielle Marcel Paul. Établissement public jusqu’en novembre 2004, elle a changé de statut devenant effectivement une société anonyme à capitaux publics le 19 novembre 2004.
  • EDF disposa du monopole de la distribution (mais pas de la production) d'électricité en France jusqu'en 1999, date à laquelle fut transposée en France la première directive européenne émise par la Commission pour instaurer des règles communes sur le marché européen de l'électricité.
  • EDF est un des premiers groupes mondiaux producteurs d'électricité. En 2003, le groupe EDF a produit 22 % de l'électricité de l'Union européenne, sous toutes ses formes, mais le nucléaire domine dans la répartition mondiale :
    • nucléaire : 74,5 %
    • hydraulique : 16,2 %
    • thermique : 9,2 %
    • éolien et autres énergies renouvelables : 0,1 %.
  • Son parc français de 58 réacteurs en fonctionnement (en 2004), est réparti sur 20 sites, dont 34 réacteurs d'une puissance de 900 MW, 20 réacteurs de 1300 MW, et 4 réacteurs de 1450 MW. Ils sont aujourd'hui bien amortis et l'entreprise dégage aujourd'hui des excédents bruts d'exploitation imposants (13 milliards d'euros). Malgré cela, son bilan est très fragile, à cause de son développement international, de sa politique tarifaire en France et de la dégradation accélérée de sa rentabilité.


1. Le groupe EDF

EDF est présente en Europe, en Amérique du Sud, en Afrique et en Chine, tant dans la production et la distribution d'électricité que dans les services.

1.1. Les principales participations (début 2004)

  • En Europe :
    • Allemagne : 45,81 % d'EnBW en 2002 (35,38 % en 2001), 100 % EDF Ostalbkreiss, 100 % EDF Weinsberg, 50 % RKI.
    • Autriche : 100 % ASA Holding, 100 % Vero, 20 % Groupe Estag
    • Belgique : 100 % Semobis
    • Espagne : 100 % Hispaelec
    • France : 100 % C2, 100 % C3, 100 % EDF (Capital Invest., Dév. Env., Intern.), 100 % Immob. Wagram Étoile, 100 % Richemont, 100 % Sapar (Finance, participations), 100 % Sofilo, 99,86 % Gérance Générale Foncière, 80 % Sté Invest. en Autriche, 74,86 % Électricité de Strasbourg, 67 % Dalkia Invest., 51 % TIRU, 50 % Cerga, 50 % Edenkia, 50 % Dalkia Intern., 50 % Immob. PB6, 50 % SIIF Énergies, 34 % Dalkia Hdg,
    • Grande-Bretagne : 100 % EDF Energy, créée après l'acquisition de Seeboard par London Electricity Group en juillet 2002, 100 % EDF Trading, 100 % EDF UK.
    • Hongrie : 95,56 % Bert, 60,91 % Demasz
    • Italie :
      • 15 % Italenergiabis (holding de contrôle d’ Edison) mais seulement 2 % des droits de vote par décision du gouvernement italien, voir Négociations EDF-ENEL
      • 100 % EDF Energia Italia qui vend directement 2,2 TWh en Italie.
      • 100 % Fenice, 40 % Finei, 30 % ISE
    • Pays-Bas : 100 % Finelex, 50 % Cinergy Holding
    • Pologne : 76,63 % Rybnik, 66,08 % Eck, 49,19 % ECW, 35,42 % Kogeneracja, 24,61 % Zielona Gora
    • Slovaquie : 49 % SSE
    • Suède : 100 % Skandrenkraft, 36,32 % Groupe Graninge
    • Suisse : 50 % Chatelot, 50 % Emosson, 14,25 % Groupe ATEL, 26,26 % Motor Colombus
  • En Afrique :
    • Côte d'Ivoire : 50 % Azito O&M, 32,85 % Azito Energie
    • Égypte : 100 % Port Saïd, 100 % Port Suez
  • En Amérique :
    • Argentine : 100 % EASA, 90 % Edenor, 45 % Sodemsa, 22,95 % Edemsa
    • Brésil : 100 % Lidil, 94,79 % Light (Light Energy, Light Overseas Investment) (35,29 % en 2001), 90 % Norte Fluminense
    • États-Unis : 50 % EnXco
    • Mexique : 100 % Central Anahuac, 100 % Central Lomas del Rey, 100 % Central Saltillo, 100 % Controladora del Golfo, 100 % Rio Bravo 4, 51 % Altamira
  • En Asie :
    • Chine : 85 % Synergie, 60 % Figlec, 19,6 % Shandong Zhonghua Power Cy
    • Vietnam : 56,25 % Mecco

1.1.1. Négociations EDF-ENEL

En Italie, EDF est propriétaire de 15 % d’ Italenergiabis (holding de contrôle d’ Edison), auxquels il faut ajouter 3% depuis début 2005 mais dispose toujours de seulement 2 % des droits de vote par décision du gouvernement italien.

Des négociations avaient eu lieu en 2004 avec comme enjeux, d’une part l’entrée de l’ENEL sur le marché français, avec la liberté d’acquérir des quantités d’électricité auprès d’EDF, et d’autre part la mise en œuvre du « put » (obligation d’achat) sur Edison. Les négociations sur ce point n’ont pas abouti, ce qui a contraint EDF à racheter début 2005 3 % des parts de ses partenaires actuels (Fiat, Carlo Tassara, et des banques) pour 606 millions d’euros, mais sans récupérer les droits de vote.

Cette situation italienne est due à de la mauvaise gouvernance car la tutelle n'avait pas été prévenue de l'achat du premier bloc d'actions Montedison. Cependant, la prétention des Italiens à entrer sur le marché français paraît paradoxale, pour ne pas dire immorale, dans la mesure où l'Italie a abandonné le nucléaire par référendum, le 8 novembre 1987, sans faire les investissements de remplacement nécessaires, et importe près de 20 % de ses besoins, d'EDF précisément en grande partie.

Mais la négociation continue, car en février et avril, EDF va devoir racheter la participation des autres actionnaires majoritaires, au total et compte tenu de l'OPA qu'il devra aussi lancer sur les actionnaires minoritaires, EDF devra débourser plus de 14 milliards d'euros. EDF se trouvera alors dans une situation ubuesque, car détenant 100 % de capital, ses droits de vote seront toujours bloqués à 2 %, tant que la France n'aura pas réellement ouvert son marché énergétique hexagonal à la concurrence étrangère.

L'ancien président François Roussely avait négocié pour ENEL un droit de tirage de 4 mégawatts afin que l'entreprise italienne puisse se familiariser avec le marché français, avant d'acheter une participation dans le réseau de transport de l'électricité. Mais le nouveau président Pierre Gadonneix a coupé court à toute négociation, comme l'a confirmé un proche du groupe italien. De plus ENEL qui s'intéressait à une part de 35% de la SNET, mise en vente par Charbonnages de France, a été doublé par Gaz de France.

Les négociations se déroulent maintenant et depuis fin janvier, directement au niveau des ministères italiens et français concernés. Ces négociations tournent autour :

  • du rôle de l'ENEL sur le marché français ;
  • de l'ouverture des marchés de l'énergie entre la France et l'Italie ;
  • d'une plate-forme franco-italo-espagnole en matière de réseau électrique ;
  • d'une solution pour la participation d'EDF dans Ediso, via la financière Italenergia Bis ;
  • de l'abandon de la prétention de GDF sur la SNET, car selon un porte-parole, « l'ENEL qui n'a aucune participation minoritaire dans le monde, n'a pas l'intention de devenir un actionnaire minoritaire de EDF à l'occasion de l'ouverture de son capital », mais a l'ambition de créer une véritable concurrence à EDF sur le sol français.

1.2. Le conseil d'administration

  • Président : Pierre Gadonneix, depuis septembre 2004.

1.3. Les données chiffrées 2003

  • Clients : 41,6 millions de clients dans le monde (35,6 en Europe, dont 31 en France).
  • Chiffre d'affaires 2003 : 44,92 milliards € (dont 23 % hors de France) - 41,82 milliards € en 2002.
  • Résultat d'exploitation : 5,15 milliards € en 2002 - 6,83 milliards € en 2003.
  • Le résultat net (bénéfice) 481 millions € en 2002 - 857 millions € pour 2003.
  • L'EBITDA (résultat d'exploitation avant les amortissements) s'élève à 11 milliards € en 2003 et 13 milliards prévus en 2004.
  • L'endettement financier net 2003 est de 24 milliards € (hors engagements retraites) (26,9 milliards € en 2002 et 25,8 milliards € en 2001).
  • Ratio cashflow/dette : 36 % en 2002 (33 % en 2001).
  • La quantité d'énergie électrique produite est de près de 470 TWh. La puissance installée est de 122,6 GWe (118 GWe en Europe, 101 GWe en France).
  • L'effectif salarié : EDF emploie environ 167 300 personnes (2003), dont 110 000 en France (172 000 en 2002 et 162 000 en 2001).

2. La grande réforme (1996-2007)

2.1. L'ouverture du marché de l'électricité

L'ouverture du marché de l'électricité à la concurrence a été décidée au niveau européen : directives 96/92/CE du 19 décembre 1996 et 2003/54/CE du 26 juin 2003. Les étapes de l'ouverture du marché en France sont les suivantes :

  • Le 19 février 1999 : 20 % du marché (clients consommant plus de 100 GWh)
  • Le 29 mai 2000 : 30 % du marché (clients à plus de 16 GWh, soit 1400 sites concernés)
  • Le 10 février 2003 : 37 % du marché (clients à plus de 7 GWh)
  • Le 1er juillet 2004 : 70 % du marché (collectivités et entreprises, soit 1,3 millions de clients concernés).
  • Le 1er juillet 2007 : ouverture totale, y compris aux particuliers.

2.2. Le statut d'EDF

EDF était un EPIC (Établissement public à caractère industriel et commercial), et en tant qu'EPIC, elle était soumise au « principe de spécialité », c'est-à-dire qu'elle n'avait le droit de vendre que de l'électricité ; ce principe de spécialité avait pour but d'éviter qu'EDF ne vienne concurrencer de manière déloyale sur leurs propres marchés des entreprises de services qui, elles, ne peuvent pas s'appuyer sur un monopole.

Son changement de statut, annoncé en mars 2004 par le gouvernement français avant la fin de l’année 2004, est devenu effectif, après le vote de la « loi relative au service public de l’électricité et du gaz et aux entreprises électriques et gazières » le 9 août 2004 par la publication dans le Journal officiel du 19 novembre 2004 d’un décret du 17 novembre.

La transformation en SA (Société anonyme) a plusieurs raisons :

  • d'une part, son statut d'EPIC lui donnait un avantage sur ses concurrents dans le cadre de l'ouverture du marché de l'électricité, car bénéficiant de la garantie illimitée de l'État en tant qu'EPIC, elle pouvait emprunter à moindre coût ;
  • d'autre part, le statut de SA lui permettra de renforcer ses fonds propres grâce à l'entrée d'investisseurs au capital, et de se développer en dehors de l'électricité dans les services aux collectivités notamment, n'étant plus alors soumise au principe de spécialité.
  • le statut de société anonyme, dont on peut penser que le capital restera majoritairement public (la loi précise que l'État doit conserver 70 % des actions et des droits de vote), au moins un certain temps, n'est pas incompatible avec l'exercice de missions de service public.

2.3. Les enjeux de la réforme

Le statut d'EPIC (Établissement public à caractère industriel et commercial) créait un avantage concurrentiel qui devenait insupportable pour les producteurs installés dans les autres pays européens, surtout lorsqu'ils assistent à la multitude d'acquisitions qu'EDF avait réalisées ces dernières années en Grande-Bretagne, en Italie et en Allemagne. Ils demandaient que soient instaurées les mêmes règles du jeu pour tous.

De son côté, EDF avait réellement besoin d'une structure juridique lui permettant de renforcer ses fonds propres et d'accueillir des investisseurs. Ses besoins en fonds propres étaient estimés, en mai 2004, entre 10 et 15 milliards d'euros.

Cette réforme, très attendue, va permettre par contre à EDF de faire sauter le carcan statutaire que constituait le « principe de spécialité », et d'accéder à d'autres métiers et à d'autres marchés.

2.3.1. Les retraites

Le total des engagements EDF/GDF sur les retraites se montait à 80 milliards d'euros (mai 2004). Depuis plus de cinquante ans, ni EDF ni Gaz de France n'ont cotisé au régime général des retraites, ni provisionné dans leur compte les sommes nécessaires à leurs engagements. Si cette dette devait être intégrée au bilan, l'entreprise devrait être déclarée immédiatement en faillite.

  • La moitié de ce montant, soit 40 milliards d'euros, correspondant au régime général devrait être adossée à la Caisse nationale d'assurance-vieillesse, à l'Agirc et à l'Arrco, contre le versement d'une soulte estimée à 14 milliards d'euros (novembre 2004), dont 9 milliards pour la CNAV.
  • L'autre moitié de ce montant correspondant aux droits passés (intouchables) du « régime spécifique ». La majeure partie de cette charge (30 milliards d'euros) a été transférée sur les clients, à travers le nouvel impôt dénommé « contribution tarifaire sur le transport d'électricité et de gaz ». Ceci avec l'accord du gouvernement français et de la Commission européenne. De son côté, le nouveau président, Pierre Gadonneix, a promis d'économiser 2,5 milliards d'euros supplémentaires d'ici 2007, ce qui permettra de stabiliser les dépenses au niveau de 2003.
  • Seuls les 15 ou 16 milliards résiduels seraient donc provisionnés dans les comptes de la nouvelle entité.

Selon un accord intervenu en décembre 2004, les industries électriques et gazières ne paieront pas de soulte, mais se sont engagées à provisionner dans leurs comptes 16 milliards d'euros au titre des reprises de droits dont 13 milliards pour EDF, pour un adossement a minima, dans le cadre d'une nouvelle caisse de retraite des salariés de la branche IEG, aux régimes Agirc et Arrco.

2.3.2. La protection sociale

Le régime spécifique de protection sociale et celui de la complémentaire maladie, couvrent 300 000 électriciens et gaziers. Un accord ratifié, en novembre 2004, par seulement deux syndicats est dans l'impasse et les trois autres s'y opposent. Il s'agit là aussi d'une importante somme à provisionner d'un montant de 5,5 milliards d'euros, dont 4 milliards pour EDF, ce qui ramènerait les fonds propres à zéro.

2.3.3. Les finances

Pendant longtemps, EDF a souffert d'une rentabilité très basse pour un groupe bénéficiant d'un tel monopole, d'autant plus qu'à la faiblesse de ses résultats sur le marché domestique, s'ajoutaient les contre-performances de ses filiales étrangères. Son parc français de 58 centrales nucléaires (en 2004) est bien amorti et l'entreprise dégage aujourd'hui des excédents bruts d'exploitation imposants (13 milliards d'euros). Malgré cela, son bilan est très fragile, à cause de son développement international, de sa politique tarifaire en France et de la dégradation accélérée de sa rentabilité.

De 2001 à 2003, EDF a été contrainte de réduire ses fonds propres du fait d'écarts de conversion malencontreux en Amérique du Sud et elle a dû déprécier ses actifs en Allemagne, en Italie et au Brésil pour un total de 6,4 milliards d'euros. Cependant, selon le rapport de la commission Roulet, le développement international, bien que coûteux, doit être poursuivi, car si EDF a dépensé 15 milliards d'euros en acquisitions, ses concurrents en ont dépensé 70 milliards. La commission préconise une stratégie européenne, une présence internationale, mais ciblée, et des « ambitions gazières plus élevées ».

Mais le plus important problème (en mai 2004) est le déséquilibre du bilan entre des fonds propres de 19 milliards et une dette de 24,5 milliards d'euros (novembre 2004), à laquelle il faut ajouter :

  • près de 30 milliards d'euros pour régler ses engagements retraites propres aux industries électriques et gazières (retraite à 55 ans, taux plus favorable, etc.), qui seront apurés dans le temps par la nouvelle taxe tarifaire à la charge des consommateurs.
  • 6,4 milliards d'euros pour les engagements financiers en Italie et en Allemagne, somme qui pourrait se monter à plus de 10 milliards d'euros, dès 2005.
  • et une somme énorme pour continuer à constituer des provisions afin de financer le futur démantèlement des 58 tranches de centrales nucléaires. Certes une provision théorique cumulée de plus 28 milliards d'euros a été faite, mais elle est loin d'être suffisante et elle est en fait utilisée en grande partie pour un autre usage par de subtils jeux d'écritures, en particulier pour le développement international.

Or, selon la direction (novembre 2004), l'engagement total ne dépassera, en aucun cas, les 35 milliards d'euros, ce qui semble signifier qu'elle n'est pas prête à assumer, dans ses comptes, ni les engagements retraites ni les provisions pour le démantèlement des centrales nucléaires.

2002 avait été le « point bas » avec un petit bénéfice net de 481 millions d'euros, 2003 avait connu une petite amélioration avec un bénéfice net de 857 millions d'euros. Au premier trimestre 2004, le bénéfice net s'est élevé à environ 1,5 milliard d'euros (en hausse de 50 % par rapport au 1er trimestre 2003), semblant marquer ainsi une nette amélioration (sauf surprise), grâce surtout à la hausse des tarifs de 2003, et à une meilleure contribution de ses filiales étrangères.

La politique tarifaire commandée par le contrat d'entreprise 1997-2000 avait imposé une réduction de 14 % des tarifs soit un montant total de 8 milliards d'euros de manque à gagner. Aujourd'hui les tarifs EDF sont en France parmi les plus bas du monde, ce qui laisse une marge de manœuvre pour imposer des augmentations de tarifs, ce que la nouvelle SA ne devrait pas manquer d'exploiter.

2.3.4. La politique énergétique

Le choix du nucléaire civil a, depuis toujours, constitué pour EDF sa spécificité. Ses ingénieurs ont fait de la France le premier pays producteur d'électricité d'origine nucléaire (74,5 % de la production française en 2003) et ont assuré l'indépendance énergétique du pays.

Certes, le nucléaire produit une électricité propre, mais avec des risques immenses, même s’ils sont de mieux en mieux maîtrisés. En mai 2004, le ministre français Nicolas Sarkozy a d’ailleurs réaffirmé, devant le Parlement français, la primauté de la filière nucléaire à l’occasion de l’examen du projet de loi d’orientation sur l’énergie, ceci au grand soulagement des syndicats d’EDF. À cette occasion, le ministre avait pastiché le fameux slogan « Nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons des idées » des années 1970 en déclarant : « Nous n’avons pas de pétrole, nous n’avons pas de gaz, nous n’avons pas de charbon, mais nous avons eu des idées ».

Concrètement, la France devrait, à travers EDF, participer à la construction d'un réacteur européen à eau pressurisée (EPR) qui devrait être construit en France à Flamanville. (On construira, à cet effet, une ligne à haute tension de 400 kilovolts vers la Bretagne). Parallèlement, un effort supplémentaire sera fait sur la maîtrise de l'énergie et sur le développement des énergies renouvelables.

2.4. Les avis sur la réforme

2.4.1. Les collectivités locales

En général, les élus locaux étaient contre le changement du statut de l'entreprise publique et l'ont exprimé très fortement. Ils craignent, en particulier ceux des communes rurales, et peut-être avec raison, qu'après la disparition du bureau de poste et de l'école, survienne celle de l'agence EDF/GDF, et développent, en résumé, l'argumentaire suivant :

  • L'électricité est un besoin vital, non stockable qui ne doit pas être géré selon un principe de marché.
  • EDF et Gaz de France sont issus du Conseil national de la Résistance et ont rempli avec compétence leur mission de service public et d'aménagement du territoire.
  • De nombreux exemples existent, à l'instar de la Californie, où les entreprises privées de production et de distribution d'électricité ne sont pas la meilleure solution, et connaissent de graves échecs quand ce ne sont pas des scandales financiers et des faillites.
  • Ceux de gauche, estiment en plus que la logique de marché ne peut que systématiquement entraîner des hausses des coûts et des prix de vente.

Ils s'interrogent aussi sur le maintien du principe de la péréquation tarifaire (tarif unique sur l'ensemble du territoire et égalité des usagers), conséquence de la mission de service public, car à partir du moment où l'électricité devient une marchandise, elle est soumise à la règle de la concurrence et de prise en compte des coûts réels sur chaque segment de clientèle ou de territoire. Les zones rurales, peu peuplées et décentrées, risquent d'être, une fois de plus, les grandes perdantes.

De plus, ils s'interrogent sur la finalité réelle du gouvernement dans cette affaire, et sur la volonté stratégique de partenaires privés dans le capital d'EDF, alors que de lourdes menaces (question des retraites, démantèlement des centrales nucléaires) grèvent les bilans réels de l'entreprise.

2.4.2. La position de l'ancien président d'EDF

Selon François Roussely l'ancien président d'EDF, il n'est pas possible de concilier prix bas et concurrence en matière d'électricité. Dans tous les cas où des pays ont privatisé l'électricité, cela s'est traduit assez rapidemment par une hausse des prix et une certaine insécurité énergétique notamment en raison de la spéculation sur l'électricité (exemple d'Enron), ressource qui ne peut être stockée en masse.

Mais l'avantage avancé de cette hausse des prix et de cette insécurité énergétique serait le développement rapide des petites installations de production d'énergies renouvelables en conséquence à cette nouvelle configuration (solaire, éolien, microhydraulique), d'autant qu'EDF est contrainte de racheter l'électricité excédentaire à un prix fixe et assez avantageux pour ces nouveaux concurrents.

3. Le réseau de transport et de distribution

Le réseau électrique se subdivise en :

  • réseau de transport d'électricité à haute tension (HT) et très haute tension (THT), soit 100 000 km de lignes ; cette partie est gérée par RTE (Réseau de transport d'électricité) qui agit comme un gestionnaire d'infrastructure indépendant bien qu'il soit resté dans le giron du groupe EDF.
  • réseau de distribution à moyenne et basse tension 1 200 000 km ; la distribution de l'électricité en France est assurée par EDF-GDF Services, filiale commune avec Gaz de France.

Avant 1956, la France comptait beaucoup de compagnies d'électricité, qui n'étaient pas standardisées au niveau du voltage. Entre 1956 et 1991, une standardisation a eu lieu, et aujourd'hui la voltage est à 230 sur tout le territoire français. Le 230 volts permet d'avoir plus d'électricité à disposition avec moins de pertes sur les lignes de transport.

La migration au 220 volts avait coûté l'équivalent de 70 € par abonné au début, et 1 000 € par abonné en 1991. Le 220 volts était l'ancienne référence en France qui s'est normalisée en 230 volts pour respecter la norme européenne.

4. Les concurrents d'EDF

4.1. Deux prétendants sérieux : Electrabel et Endesa

Outre les producteurs et distributeurs étrangers, il existe déjà en France quelques sociétés importantes et qui, bien que leur part de marché soit faible au regard de celle d'EDF, servent d'appui à la création d'une concurrence significative. Ce sont :

  • SNET : Société nationale d'électricité et de thermique (Rueil-Malmaison, Hauts-de-Seine), cette société est l'héritière des anciennes houillères et produit essentiellement de l'électricité thermique (2,5 TWh). Son capital appartenait majoritairement (81 %) à Charbonnages de France et pour le solde à EDF. Une partie du capital (30 %) a été vendue à Endesa, premier électricien espagnol, qui obtient ainsi un strapontin sur le marché français.
  • CNR : la Compagnie nationale du Rhône (Lyon, Rhône), dont le capital est majoritairement public, exploite 19 usines hydro-électriques installées sur le cours du Rhône et bénéficie d'une véritable rente de situation. Sa production de 19 TWh en fait avec 4 % du marché le second producteur français. La CNR a signé un accord de partenariat avec Electrabel (société belge du Groupe Suez).
  • SHEM : la Société hydro-électrique du Midi est une filiale de la SNCF, qui produit environ 1/3 de l'électricité de traction consommée par la SNCF. Cette société va probablement être vendue à court terme dans le cadre d'une politique de recentrage de la SNCF. Un accord de partenariat a été signé avec Electrabel.

Cependant d'autres opérateurs installés en France ont déposé une déclaration pour exercer l'activité d'achat pour revente d'électricité aux clients éligibles en application du décret du 30 avril 2004 (site : [1]), dont :

  • Atel Energies (Paris, 8ème)
  • Direct Energie (Paris, 13ème)
  • Dunelys (Paris, 17ème)
  • Electrabel France (Lyon, Rhône)
  • Électricité de Strasbourg (Strasbourg, Haut-Rhin)
  • EURODIF (Vélizy-Villacoublay, Yvelines)
  • Gaselys (Paris, 17ème)
  • Gaz de France, (Paris, 17ème)
  • Gaz et Électricité de Grenoble (Grenoble, Isère)
  • HEWenergies (Thann, Haut-Rhin)
  • Poweo (Paris La Défense, Hauts-de-Seine)
  • Régie d’électricité de la Vallée de Thônes (Thônes, Haute-Savoie)
  • Régie d’électricité de Seyssel (Seyssel, Haute-Savoie)
  • Rhodia Energy (Rueil-Malmaison, Hauts-de-Seine)
  • Saint Gobain Achats (Paris La Défense, Hauts-de-Seine)
  • Sicae Somme-Cambraisis (Roisel, Somme)
  • Sicap (Pithiviers, Loiret)
  • Soregies (Poitiers)

4.2. Les régies municipales

Parmi les autres concurrents d'EDF, on peut compter un certain nombre de régies municipales, aujourd'hui appelées sous le terme générique d' entreprises locales de distribution, productrices d'électricité et exploitantes de leur réseau.

La loi de nationalisation de l'électricité et du gaz du 8 avril 1946 qui avait modifié profondément l'organisation électrique et gazière française, avait cependant reconnu le droit aux communes de conserver un rôle dans la distribution publique de l'électricité et du gaz en maintenant dans leur statuts antérieurs les réseaux de distribution exploités en régie.

Leur nombre se monte aujourd'hui à 170 et les ELD assurent 5 % de la distribution d'énergie électrique française dans 2 500 communes. Créées par les collectivités locales, elles desservent environ 3 millions d'habitants et représentent 7 000 emplois. Une trentaine d'entre elles -- 9 lors de la création en 1962 --- sont fédérées dans une entité nationale l'ANROC (site : [2])

5. Liens internes

  • compagnies productrices d'électricité
  • monopole naturel
  • services publics
  • Gaz de France
  • Enron
  • Électricité en France

6. Liens externes


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